‹ Pathogénie et Traitement du Doigt à RessortChapitre 18 sur 31 · POLE · texte numérisé non relu

POLE

phénomène du ressort disparut en quelques jours, mais la douleur persiste et la malade ne peut pas songer à reprendre son travail.

OBS. V. — Pouce droit à ressort. Traumatisme. Amélioration. — (BLUM.

Du doigt à ressort. In Archives générales de médecine, 1882, t. I, p. 513.)

Mne X..., àgée de 50 ans, sans antécédents rhumatismaux et d’une bonne santé habituelle, vient me consulter en octobre 1879 pour une affection du pouce droit.

Le 15 mai, en voulant ouvrir une fenêtre, à la suite d'un effort violent, elle sentit dans le pouce une douleur intense qui dura pendant deux mois. Au bout de ce temps, un jour qu’elle écrivait il se produisit subitement dans l'articulation interphalangienne un craquement perceptible à l’orcille.

; Actuellement, lorsque la malade essaye de fléchir la dernière phalange du pouce, elle l'amène sans difficulté jusqu’à 145 environ; là le mouvement subit un arrêt et la malade est obligée de faire un effort pour terminer la flexion. On observe alors, dans larticulation de la première et de la deuxième phalange, un ressaut brusque qu’on ne saurait mieux comparer qu'à celui que l'on produit lorsque l’on ferme un couteau à ressort. La deuxième phalange se place à angle droit sur la première et ne peut plus se mettre dans l’extension par la simple volonté de la malade. On percoit même à distance un claquement sec; la malade accuse à ce moment des douleurs très violentes, elle a eu des sueurs froides, quelquefois même des syncopes.

Pour redresser la phalange, la malade se sert de la main gauche ou bien s’asseoit sur son pouce. Cette réduction se fait également d’une manière brusque, avec un bruit sec, et il ne reste qu'un peu de fourmillement et d’engourdissement qui ne tardent pas à disparaître.

I] n'existe pas de douleur spontanée ou à la pression au niveau de l’articulation interphalangienne qui est absolument libre de ses mouvements. Mais la malade accuse une douleur très vive quand on comprime l’articulation métacarpo-phalangienne. Les extrémités osseuses formant cette articulation sont épaissies et donnent au compas d'épaisseur 24 millimètres au lieu de 21 qu'on trouve du côté sain. À la face antérieure et supérieure de la première phalange, on constate l'existence d'un corps dur, mobile, du volume

d'une lentille.

Le massage, les bains de vapeur amènent une amélioration notable. Au bout de deux mois cependant les mouvements restent douloureux et la malade, pour les accomplir, est obligée de fixer son métacarpien contre le

reste de la main.

Ogs. VI. — Doigt à ressort -de l'annulaire de la main droite. Rhumatisme antérieur. Traitement par les révulsifs. Guérison. — (Maurice NorrTA. Le

doigt à ressort. In Union médicale, 1884, t. I, p. 949.)

Ch..., âgé de 68 ans, homme d'équipe au chemin de fer, a des rhumatismes depuis un an, et, depuis dix mois, il a été obligé de cesser tout travail. Il est en traitement depuis plusieurs semaines à l'hôpital de Lisieux (service de M. Notta) où il est soigné pour une hydarthrose du genou. Un matin, à la visite (4 décembre 1882), il se plaint d’éprouver depuis dix jours le phénomène suivant : lorsqu'il étend les doigts de la main droite après les avoir fléchis, le doigt annulaire ne suit pas le mouvement des autres doigts et reste dans la flexion, il est obligé de le relever avec son autre main; il éprouve une sorte de déclanchement, et le mouvement d'extension s'achève seul. On sent au niveau du pli palmaire inférieur une petite nodosité, située sur le tendon du fléchisseur et qui est le siège d’une douleur assez vive au moment du ressaut qu'elle produit. Il n'y a pas d'arrêt dans la flexion et pas de douleur. A la pression, cette nodosité est sensible et un peu douloureuse. C'est surtout le matin que se manifeste le phénomène que nous venons de décrire; dans la journée, le mouvement d'extension est plus facile et le temps d'arrêt se produit plus rarement. Le doigt a son aspect normal et n’est pas gonflé. Nous faisons appliquer sur la paume de la main des compresses trempées dans de l'alcool pur.

Le 11 décembre nous constatons les modifications suivantes : la nodosité qu'on sent encore est toujours sensible à la pression ; le phénomène de l'arrêt dans l'extension du doigt annulaire ne se produit plus depuis deux Jours, mais la flexion est devenue difficile pour l’annulaire et le médius, et le malade ne peut plus serrer son couteau suffisamment pour couper son pain ; les autres doigts sont libres. |

Le 30. On ne sent plus la nodosité, mais la douleur persiste au niveau du point qu'elle occupait, et le malade ne peut plus plier le doigt annulaire (vésicatoire volant, loco dolenti).

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