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A la suite de ce vésicatoire, la douleur à disparu, et aujourd'hui les mou vements des doigts sont parfaitement libres, la flexion et l'extension se font normalement et il n’v a plus ni nodosité ni douleur.
O8s. VII. — Doigt à ressort. Pouce gauche. Fatigue professionnelle. G'uérison. — (MAURICE NOTTA. In thèse CARLIER. Le doigt à ressort, Paris, 1889, obs. III, p. 164.) :
Me D.., 70 ans, d’une bonne santé habituelle, n’a jamais eu de rhumatisme. Après s'être livrée avec assiduité à un travail de broderie, sur une étoffe dure, elle éprouva à la suite de ce travail une grande fatigue dans le pouce gauche, avec la face palmaire duquel elle poussait l'aiguille de bas en haut, et elle vit se développer l’infirmité suivante : les mouvements du pouce sont légèrement douloureux et de temps en temps, lorsque le mouvement de flexion de la première phalange s'accentue, la malade perçoit un ressaut brusque et elle ne peut plus rédresser son pouce. Elle est alors obligée de relever la première phalange fléchie, avec l'autre main, et ce mouvement ne peut se faire sans douleur. On sent une petite nodosité située sur le tendon fléchisseur à un centimètre au-dessus du pli palmaire, compris entre la première et la deuxième phalange. Cette nodosité est sensible à la pression, et quand nous vîimes la malade pour la première fois (juin 1882), cet état durait depuis trois mois.
Un mois après, la malade est toujours dans le même état. Il y a toujours de la sensibilité à la pression, au niveau de la nodosité; le reste du tendon est indolent. Aw moment de l'extension brusque de la dernière phalange, la malade accuse de la douleur, non point au niveau de la nodosité, mais au niveau de l'articulation des deux phalanges du pouce. La malade refuse de suivre tout traitement. A la fin de juillet, elle part pour Enghien, et quand nous la revoyons, le 20 octobre, nous constatons une amélioration notable. La malade s’est reposée à Enghien, où elle a pris les eaux et suivi un traitement local, consistant en douches sur la main et sur le pouce. On sent encore la nodosité et il y a encore un léger ressaut à chaque mouvement de flexion et d'extension, mais il n’y a plus de temps d'arrêt. Les douleurs ont beaucoup diminué.
Nous revoyons la malade le 15 janvier 1883 et nous constatons une guê-
ren rison complète. I n'y a plus de nodosité, plus de temps d'arrêt. Les mou-
véments sont libres et les douleurs ont disparu complètement.
O8Bs. VIII. — Doigt à ressort de l'annulaire de la main gauche. (ruérison spontanée, — (MARCANO. Du doigt à ressort. In Progrès médical, 1884, n° 16, 17, 19, p. 303, 321 et 366.)
Mme X..., âgée de 60 ans, sans antécédents de famille, à toujours joui d’une bonne santé. Elle n'a jamais eu d'accident rhumatismal, ni aucune autre manifestation diathésique, ni aucune affection inflammatoire des doigts de la main. Elle travaille à la broderie depuis nombre d'années. Son travail consiste à passer une aiguille à travers une toile tendue horizontalement. L'aiguille, introduite par la main droite, est reçue par la main gauche qui, placée au-dessous de la toile, la fait ensuite repasser de l’autre côté, c'est-àdire que les deux mains travaillent autant l'une que l’autre et qu'elles ne sont soumises à aucun frottement.
Pendant les mois de février et mars 1879, Mme X... eut un surcroît de de travail qui amena une grande fatigue. En avril de la même année, elle éprouva un engourdissement dans l'annulaire de la main gauche; il s'étendait tout le long de l'avant-bras et la forçait par moments à renoncer au travail. Aussitôt après se sont présentés les phénomènes du ressort. Les mouvements de la main n'étant pas devenus pour cela complètement impossibles, la maladie fut négligée. Son état ayant persisté, la malade nous consulte en janvier 1880. Elle prétend qu'actuellement les symptômes sont absolument les mêmes qu'au début, et qu'une fois la maladie déclarée, elle est demeurée stationnaire, saus aggravation et sans amélioration.
Voici quel est son état actuel (février 1880) : au premier aspect, les doigts étant tendus, on ne trouve aucune différence entre la main droite et la main gauche. Si la malade veut fléchir les doigts de la main gauche, tous exécutent le mouvement, excepté l'annulaire. Celui-ci, après avoir fléchi sa première phalange, éprouve un mouvement d'arrêt. Les efforts de volonté persistant, l'arrêt est vaineu subitement et le doigt tombe brusquement avec une violence foute mécanique sans que cependant aucune douleur ne survienne.
L'extension ne se fait jamais spontanément. Quels que soient les efforts de
là malade, l’annulaire resterait éternellement fléchi, si elle ne Lui venait en aide, en le guidant directement avec la main droite. Au moment où le doigt s'étend, on constate Le ressaut et la projection violente qui se produisent pendant la flexion, maïs avec plus d'intensité. . Les autres doigts sont complètement sains.
L’exploration de la face palmaire de la main relève, à 2 centimètres au-dessus du pli digito-palmaire, une nodosité de la grosseur d'un petit pois qui soulève légèrement la peau à ce niveau. Elle est indépendante de téguments que l’on peut faire glisser facilement sur elle, et se trouve manifeste ment située sur le fléchisseur qu’elle accompagne dans tous ses mouvements. Simultanément au brusque ressaut qui se produit pendant la flexion, on sent que la saillie s'arrête d’abord, puis glisse subitement sous le doigt explorateur. L'extension permet de constater mieux encore que la nodosité, au moment du ressaut, vient archouter un obstacle, dont la résistance finit par être vaincue, mais le mouvement est tellement rapide, qu'il est impossible de le préciser davantage. La nodosité est un peu douloureuse au toucher ; elle ne l’est pas pendant les mouvements. En examinant attentivement Pannulaire et les articulations inter-phalangiennes, on ne découvre nulle part ni douleur ni gonflement.
Nous engageons la malade à ne suivre aucun traitement, ce qu'elle accepte sans difficulté, n'éprouvant aucune souffrance réelle et pouvant mettre tout travail de côté. Cette heureuse circonstance nous a permis de suivre la marche naturelle du doigt à ressort.
14 janvier 1882. La maladie avait persisté jusqu'à hier sans aucune modification, En se levant, la malade s'aperçoit ce matin, tout à coup, que le ressort a disparu. Il est certain que la guérison s'est faite subitement, et que le ressort a été constaté la veille, au moment où la malade se mettait au lit. Aujourd'hui nous ne pouvons plus le produire, même en faisant exciter aux doigts des mouvements assez prolongés pour entrainer un certain degré de fatigue. La nodosité existe encore, mais ne présente plus de douleur,
23 septembre. La guérison s’est maintenue ; il n’y a pas eu de tendance à la récidive, queique aucune précaution n'ait été prise pour l’éviter, Tous les mouvements des doigts ont repris leur liberté. La petite nodosité est diminuée d’un tiers, mais on la retrouve toujours. Elle est du reste complètement indolente.
LApERE
Novembre 1893. Nous venons de revoir la malade, Elle a presque oublié son ancienne maladie. A la place de la nodosité, on constate à peine un léger
épaississement.
Oss. IX. — Doigt à ressort du médius droit, Fatigue fonctionnelle (pianiste). Gluérison en un mois par le massage. — (ANTON BUM. Zeitschrift für Therapie, 15 avril 1885, p. 57.)
Anna A..., 38 ans, pianiste, constata, il y a quelques semaines} une certaine raideur du médius droit lorsqu’ellejouait du piano.La malade fut adres-
sée au Dr Anton Bum, le 1er mai 1884. L'affection datait de cinq semaines
environ, pendant lesquelles Anna A..…, avait été forcée d'abandonner sa profession.
La malade pouvait fléchir tous les doigts de la main droite, sauf le médius qui s’arrêtait toujours à un angle de 120° et dont la flexion ne pouvait être complétée qu'avec l’aide de la main gauche ou en appuyant la face dorsale du doigt contre un plan résistant quelconque.
On trouve, à la face palmaire de l'articulation métacarpo-phalangienne,une petite nodosité, de la grosseur d’une lentille, dure et légèrement douloureuse à la pression.
Lorsqu'on comprime ce nodule perpendiculairement à l'axe longitudinal du doigt, celui-ci ne réagit pas ; mais vient-on à presser sur ce nodule dans une direction parallèle à l’axe longitudinal du doigt, et à la façon dont on tirerait un verrou, aussitôt la flexion a lieu brusquement et en faisant entendre un craquement.
Il m'a semblé que la cause était ici un épaississement du fléchisseur profond à l’endroit où il perfore le fléchisseur superficiel,
Comme traitement : massage.
La guérison fut obtenue après quatre semaines de traitement. Au bout de quatre mois survient une légère récidive, dont le massage triompha encore en neuf séances. ù