TORRES
au-dessus de cette barre, s’avançait plus en avant que la partie inférieure de
cette même barre.
rs E
OBs. XII. — Doigt à ressort du médius droit. Biopsie; pas de lésions des
tendons. Variété articulaire par altération des ligaments. — (STEINTHAL.
Uber den mechanismus der schnellenden Fingers. Centralblatt für Chirurgie, 1886, n° 20, p. 497.)
Femme de 48 ans. À eu il y a quatre ans un panaris du médius droit, à la suite duquel survint peu à peu une courbature du doigt, qui finit par s'ankyloser à angle droit. L'ankylose siégeait dans les deux articulations interphalangiennes. Elle ne pouvait être réduite même pendant le sommeil chloroformique. On dut sacrifier le doigt en faisant la désarticulation intermétacarpo-phalangienne, et on fit l'examen anatomique de ce doigt.
Je sectionnai d'abord le tendon fléchisseur au niveau de l'articulation ankylosée, celle-ci recouvra alors la liberté de ses mouvements, mais ceuxci s’accompagnaieut d’un ressaut.
Un examen plus minutieux démontra que le ressaut se produisait surtout dans la première articulation interphalangienne et était sous la dépendance des ligaments latéraux. L'insertion de ces ligaments à la base de la seconde phalange, du côté palmaire, était élargie. Lorsqu'on fléchissait lentement le doigt, les fibres des ligaments latéraux se tendaient de plus en plus. Dès que la flexion avait atteint 450, la tension était à son maximum. Si l’on fléchissait davantage, les points d'insertion des ligaments commençaient à se rapprocher et leur tension était remplacée par un RROnNe MER rapide de flexion. Même mécanisme dans l'extension.
C’est dans cette alternative de tension et de détente des ligaments latéraux qu'il faut rechercher la cause principale de ressaut.
Sur ma préparation, Je n'ai constaté rien d'anormal du côté des surfaces articulaires.
\ OBS. XIIT. — Doigt à ressort de l'annulaire gauche. Nécropsie. Variété articulaire par altération des ligaments. — (ŒTTINGER. In thèse de CARLIER.
Le doigt à ressort. Paris, 1889, obs. CIT, p. 246.)
Nicolas L..…., 56 ans, cordonnier, entre le 3 février 1880 à SNS Laënnec, salle Malgaigne, n° 3, service du Dr Nicaise.
. Cet homme fut admis à l’hôpital pour une tumeur blanche de l'articulation radio-carpienne gauche. 11 nous est impossible de dire si ce malade présentait, pendant la vie, à l’annulaire gauche, les symptômes du doigt à ressort, Le malade n’ayant pas appelé l'attention sur son doigt, personne n'en fit l'examen.
Quoi qu'il en soit le malade mourut le 1er janvier 1881. On fit son autopsie,. on constata à l'articulation radio-carpienne gauche toutes les lésions caractéristiques de la tumeur blanche; on constate en outre :
Que la flexion des trois derniers doigts de la main gauche était impossible. On constata, sur le ligament glénoïde de l’auriculaire, la présence d’un petit ostéophyte. |
Le doigt annulaire gauche présente le phénomène du doigt à ressort. Les ligaments latéraux sont rétractés, le ligament glénoïdien semble également rétracté. Une incision amène un écartement des deux moitiés du ligament. Au niveau du médius les ligaments latéraux et le glénoïdien sont rétractés à tel point que toute flexion sur le métacarpien correspondant est impossible.
Ogs. XIV. — Doigt à ressort de l'annulaire. Nécropsie. Variété articulaire. — (VizLar. Dissection d’un doigt à ressort. In Bulletin de la Société anatomique, 5 juillet 1889, p. 463.)
Sur un sujet (femme) de 24 ans environ, servant aux exercices de médecine opératoire, pendant l'été 1887, nous avons pu constater que le doigt annulaire présentait dans son fonctionnement les phénomènes dits du doigt à ressort : en effet, la flexion de la deuxième phalange sur la première et de celle-ci sur le métacarpien s'exécutait d’une façon à peu près normale ; mais, laissait-on le doigt libre, dans cette position, la deuxième phalange restait fléchie sur la première. Cherchant alofs à redresser le doigt ainsi fléchi, on sentait que le mouvement d'extension se trouvait un peu entravé et qu'il fallait une certaine force pour vaincre la résistance qui s’opposait à l’extension ; ajoutons que le passage de la flexion à l’extension se faisait brusquement.
Nous avons plusieurs fois répété cette expérience, et le résultat a toujours été le même.
La dissection du doigt que nous avons pratiquée avec grand soin ne nous
a pas révélé les lésions généralement attribuées au doigt à ressort :
Les tendons extenseurs et fléchisseurs étaient normaux; les ligaments de l'articulation de la première avec la deuxième phalange n'offrait aucune altération appréciable ; enfin les tissus péri-articulaires étaient tout à fait sains.
Par contre, la tête de la première phalange était, à sa partie postérieure, un peu plus volumineuse que celle des autres doigts.
Ainsi done, le phénomène du doigt à ressort semble dû, dans ce cas particulier, à une disposition spéciale des surfaces articulaires; il s'agissait ici d'une variété de doigt à ressort d’origine osseuse.
Telle est la conclusion que nous pouvons tirer de notre examen anato-
mique.
O8s. XV. — Pouce droit à ressort. Rhumatisme. Guérison. — (POIRIER. In thèse de CARLIER. Le doigt à ressort. Paris, 1889, obs. XXI, p. 195.)
Mme M..., femme de ménage, me montre un jour par hasard, à la campagne, son fpouce droit qui présente le phénomène particulier du doigt à ressort. Elle raconte que, pendant longtemps, elle a souffert au niveau de l’articulation métacarpo-phalangienne de ce doigt, particulièrement lorsqu'elle faisait une journée au lavoir (fatigue fonctionnelle, Carlier). J’examine l’articulation et je remarque que les extrémités osseuses présentent une hypertrophie notable; d’ailleurs, tous les autres doigts et leurs articulations sont plus ou moins déformés, noueux. Je cherche en vain une nodosité accompagnant les mouvements du tendon, je ne puis en sentir d’une façon nette, tant l'articulation est déformée dans son ensemble. Je n'ai jamais revu cette malade, mais j'ai appris que le phénomène de ressaut s'était à peu près atténué, puis avait complètement disparu.
O8s. XVI. — Doigt à ressort de l'index, du médius et de l'annulaire de læ
main droite. Variété articulaire rhumatismale. — (CARLIER. Le doigt à
ressort. Thèse de Paris, 1889, obs. ©, p. 244.)
Auguste L...,46 ans, vu à l'hôpital de la Charité, salle Vulpian, n° 3. Exerce la profession de garçon de salle dans un restaurant. Mère âgée de 72 ans, bien portante. Père âgé de 82 ans, souffrait depuis longtemps de douleurs lombaires (?)
L... a un frère âgé de 24 ans, qui est fortement rhumatisant. Notre
DL Te
malade est un rhumatisant avéré, la plupart de ses grandes articulations, sont sérieusement enraidies et laissent percevoir de gros craquements pendant les mouvements, il en est de même de celle du coude droit. Les articulations des doigts offrent les déformations caractéristiques du rhumatisme chronique, doigts effilès, à peau luisante, déformés, bosselés, déjetés vers le bord cubital de la main.
Le malade fait remonter à un an environ l'apparition du phénomène du ressort dans les mouvements de l'un des doigts de la main droite.
Actuellement (janvier 1889) l'index, le médius et l’annulaire de la main droite présentent à un degré plus où moins prononcé, les symptômes atténués du doigt à ressort, mais pendant la flexion seulement; l'extension se fait normalement pour tous les doigts ; c’est à l'index que le ressaut est le plus marqué, puis vient le médius, étenfin l'annulaire qui ne présente que d’une façon bien intermittente le phénomène du ressaut.
La flexion de ces doigts produit, en même temps qu'a lieu le ressaut, un craquement sec, iénu, perceptible à distance, très nettement perçu pendant les mouvements de l'index, moins appréciable pour le médius, et manquant absolument ou à peu près à l’annulaire. Ce craquement, de même que le ressaut, ne se produit pas dans les mouvements d'extension ; ni ressaut, ni craquement n'ont lieu dans les mouvements passifs des doigts.
Nous nous sommes, assuré à plusièurs reprises que le ressaut se produisait dans l'articulation de la première phalange avec la deuxième. Ajoutons que les mouvements, pas plus que le ressaut, ne sont nullement douloureux.
Malgré une palpation très minutieusement faite, nous n'avons pas constaté quoi que ce soit qui pût nous faire admettre l'existence d’une nodosité, et nous affirmons qu'il n’en existe pas chez ce malade. Ainsi que nous l'avons dit plus haut, les doigts sont déformés, les extrémités osseuses articulaires sont tuméfiées, noueuses, et indolentes même à une palpation prolongée, On sent des craquements articulaires pendant les mouvements des doigts. Dans la paume de la main, nous avons constaté au niveau des tendons fléchisseurs des deux annulaires, l'existence de brides aponévrotiques d'ailleurs peu accusées. |
Nous avons donc bien affaire ici à la variété articulaire du doigt à ressort; qu'on compare cette description avec une observation de doigt à ressort idiopathique, et l’on verra qu'il n’y a aucune analogie à établir comme aspect général de la maladie,
< O8s. XVIT. — Doigt à ressort latéral. Arthrite déformante. Subluxation en Ag © dedans et en avait de l'articulation métacarpo-phalungienne de l'annulaire |
ét dev auriculaire droits. — (STCHERBATCHEFF. Contribution à l'étude du
doigt à ressort. Théorie articulaire. Variété synoviale. Thèse de Paris,
obs. I, p. 59.) Fe
Pauline D..., 27 ans, domestique. À 20 ans, elle eut, dit-elle, une fièvre se typhoïde (?} avec un rhumatisme articulaire aigu généralisé, dont elle a gardé un souffle d'insuffisance mitrale que nous avons parfaitement constaté. ; Un an après, elle entre dans une filature de coton, malgré la persistance d'un rhumatisme subaigu, avee gonflement des pieds, des genoux et des mains, qui d’ailleurs ne l’a jamais entièrement abandonnée. Les antécédents héréditaires sont nettement entachés d’arthritisme. État actuel, — L'ensemble des doigts de la main droite est à demi fléchi sur le plan des métacarpiens, et chacun est porté fortement en adduction, < formant avec le métacarpien correspondant un angle obtus ouvert en dedans. 2 L'adduetion est surtout prononcée pour lannulaire et l’auriculaire. Sur ces deux doigts on remarque que la glène phalangienne a abandonné presque complètement la tête métacarpienne pour se reporter en dedans et en avant. Pour peu que l’en exagère ce mouvement, les surfaces. articulaires s'abandonnent complètement ; mais, laissées à elles-mêmes, les phalanges reviennent immédiatement. et. brusquement à leur état de subluxation, comme si elles étaient mues par un ressort ; un craquement est alors perçu à distance. : Les articulations métacarpo-phalangiennes sont manifestement hypertophiées et dirigées vers le bord radial, Les mouvements sont accompagnés de craquements et d’une douleur supportable, ARR PAR S'il faut en croire la malade, il y à six ans, après son rhümatisme articulaire aigu, les quatre derniers doigts de la main droite présentaient le ressaut à la flexion ou à l'extension, avec de violentes douleurs, sueurs freides et craquements. i Aujourd'hui on ne constate le phénomène du ressort (latéral), qu'aux deux
derniers doigts, et les douleurs sont très modérées.
ou | | M &
La malade accuse, à la suite d'une marche tant soit peu longue, du gonflement et des douleurs aux deux pieds, au pied gauche surtout qui à une ARR R ee tendance marquée au valgus.
Un durillon allongé sur son bord interne en Le Ja preuve. 4
LUZ 2 ï
OBs. XVIII. — Poignet à ressort. Atrophie du membre supérieur. — (STCHERy BATCHEFF. Contribution à l'étüde du doigt à ressort. Théorie articulaire Variété synoviate. Thèse de Paris, 1890, obs. IT, p. 61.)
+ Le jeune $..., âgé de 16 ans, eut vers l’âge de 5 an$-une paralysie infanpe tile, ayant débuté brusquement par une attaque apoplectiforme, suivie - d’hémiplégie du membre supérieur et du membre inférieur gauches. Six mois après, le membre inférieur récupérait ses mouvements, tandis que le bras ( . l'avant-bras étaient graduellement envahis par l'atrophie. Actuellement on constate, outre l'atrophie de tout le membre supérieur, | Rae à | une déformation notable du squelette de l'avant-bras qui est incurvé en dedans. L’extrémité inférieure du‘radius descend beaucoup plus bas qu’elle ne devrait, si la proportion relative des deux os était restée normale. Les mouvements d’élévation du bras et de la flexion de l'avant-bras sur le bras sont impossibles. | 13 ; L’électrisation, pratiquée par M. le Dr Paul Richet, n’a révélé aucune PES trace des muscles fléchisseurs à la partie antérieure de l'avant-bras, mais di muscle court supinateur est resté assez puissant. L avant-hras est dans une attitude de prouation. Si l’on essaie de faire exécuter le mouvement de supination, il y à commencement d'exécution,
puis arrêt, et il faut une certaine violence pour que la supination s'achève brusquement avec la rapidité d'un ressort, La main qui expérimente à la | NE 0 sensation très nette d un obstacle vaincu, au niveau de l'articulation radioeubitale inférieure. \ J'y là certainement, une conformation particulière soit de la tête eubicale, soit de la cupule radiale, grâce à laquelle l'attitude dé pronation est maintenue en l'absence des muscles pronateurs, et malgré lPénergie et la persistance d'action non eontre-balaneée du court supinateur . Nous avons constaté également le phénomène du ressort at niveau de l'artiéulation phalango-phalangienne du médius du même côté.
Le TO
OBs. XIX. — Genou à ressort. — (DELORME. In Bulletins et mémoires de la Société de chirurgie de Paris, 5 avril 1894, p. 310.)
Le nommé Jean T.., soldat au 3e régiment de dragons, 24 ans, né à Theix (Morbihan), a été atteint, à la suite d’une chute de cheval, il y a trois” ans, d’uñe entorse grave du genou droit avec hémo-hydarthrose qui a laissé dans l’article des craquements articulaires. |
Il y a environ un an, il s’est aperçu de l'affection dont il est porteur. Pendant la marche, au moment où ce malade s'appuie sur le membre inférieur droit et fait passer le genou du mouvement de flexion à celui d'extension complète, on constate, surtout à l'examen de visu du creux poplité, que l'articulation éprouve un brusque ressaut, qu’elle se déclanche pour ainsi dire. C’est exactement lorsque le genou n’est plus fléchi que de 160 degrés environ, c’est-à-dire lorsqu'il a parcouru presque tout son axe excursif, que ce ressaut s'observe. 5 | 3 ;
Les caractères de ce dernier méritent d’être fixés. Il est brusque comme je viens de le dire; il se communique à toute la cuisse qu'il ébranle fortement, en présentant son maximum au niveau du genou. Le mouvement d'extension, après lui, se continue plus rapidement qu'il s’exécutait avant : cependant il n’y à pas d'arrêt dans les mouvements du genou. Le ressaut s'accompagne d’une douleur à la face interne et postéro-interne de larticulation, sans craquements perceptibles à l'oreille ou à la main. Lorsque de l'extension complète le genou passe à la flexion, le ressaut ne se produit plus. On ne l'observe que pendant la marche. Lorsqu'on imprime au genou des mouvements passifs de flexion et d'extension, lorsque le malade exécute ces mêmes mouvements, lentement ou brusquement, on ne le constate plus. J'ai vérifié le fait plusieurs fois.
Le malade accuse une gêne très marquée dans le fonctionnement du membre inférieur droit. Sans un appareil immobilisant bien son articulation, il ne pourrait faire que quelques pas; avec cet appareil, il ne peut marcher plus d’un quart d'heure.
Lorsqu'on examine le genou droit, il ne présente, au premier abord, rien d’anormal ; son volume est celui du genou opposé. Ses saillies et méplats sont conservés, la synoviale n'est épaissie, ni au niveau du cul-de-sac soustricipital, ni au niveau de l’interligne ; la surface extérieure des condyles
Pr
fémoraux, tout ce qui de leur face antérieure est accessible au toucher est régulier ; ces surfaces ne présentent pas de bosselures. Le rebord du condyle interne du tibia jusqu’à près de 1 centim. au-dessous de linterligne est quelque peu saillant, mais avec les mêmes caractères du côté opposé.
Pendant les mouvements actifs ou passifs du genou on entend'et on sent des craquements fins, multipliés. Ils sont liés à des altérations de la synoviale, car on les perçoit sous les doigts qui pressent le ligament rotulien ou le tendon du triceps, c’est-à-dire qui pressent médiatement des parties de la
__synoviale qui ne sont pas en rapport avec les surfaces articulaires. Tous ces. détails ne sont pas inutiles à noter; j'aurai à y faire appel tout à l'heure lorsque je chercherai l'explication du ressaut que présente le genou de cet homme.
J'ajouterai que, dans l'extension complète, le genou malade présente des mouvements de latéralité plus étendus et plus nets que du côté opposé ; que dans le sens antéro-postérieur, dans l'extension, ce genou offre encore des mouvements assez étendus et qui, comme les premiers, donnent, avec un bruit, une sensation très nette d’écartement des surfaces articulaires lorsqu'on les provoque. FE
Le triceps est atrophié à droite, la mensuration circulaire de la cuisse donne 2 centim. de différence à 10 centim. au-dessus de la rotule et, de ce côté, un épaississement plus notable du pannicule adipeux sous-eutané masque encore une partie de l’atrophie musculaire. Les contractions des trois portions du triceps droit sont faibles, peu persistantes ; pendant le passage du courant, le muscle n’a pas la dureté de celui du côté opposé et la chose est surtout sensible au niveau du droit antérieur.
Par contre, la jambe malade est plus grosse de 1 centim. que là jambe saine, ce qui tient à la comparaison circulaire exercéé sur le genou.
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III. — Observations avec résultat opératoire. Ogs. XX. — Doigt à ressort du médius droit. Fibrome de la gaine au niveau
de Lx première phalange. Ablation du fibrome. Disparition du ressort. Dix ans plus turd, doigt à ressort de l’annulaire, droit. Arthritisme. — (LANNELONGUE. In thèse de CaRLIER. Le doigt à ressort. Paris, 1889, obs. XV, p. 184.) |
M. X.., 60 ans environ, arthritique, vient me consulteren 1879, pour une difficulté des mouvements du doigt médius de lu maindroite, difficulté qui existe
depuis quatre ans environ. Je constate que le médius droit présente dans les
mouvements d'extension, les symptômes classiques du doigt à ressort. La flexion se fait aisément, sans rien d'anormal, mais elle paraît se faire moins
“énergiquement qu’à gauche. Si, le doigt ayant toutefois ses phalanges fléchies,
je prie M. X... de ramener le doigt dans l'extension, voici ce que } observe lorsque la première phalange est ramenée dans l'extension, que la deuxième phalange fait avec la première un. angle prèsque droit et la troisième pha+ lange avec la deuxième un angle obtus, le mouvement subit alors un temps d'arrêt, mais grâce à un effort musculaire, l'arrêt est vaineu, un ressaut brusque se produit et le doigt achève brusquement son mouvement d'extension, comme s'il était actionné par un ressort. C’est l'articulation de la première avec la deuxième phalange qui sert de pivot au ressort.
Ce phénomène est à peu près constant, il existe.depuis quelques années.
À l'examen du doigt, je note du côté de la face palmaire, l'existence d'une tuméfaction assez accusée, siégeant sur l’extrémité inférieure de la première phalange du médius, imédiatement au-dessus du pli correspondant à larticulation de la phalange avec la phalangine.
La palpation me permet de reconnaître l'existence, à ce niveau, d'une tumeur du volume d'un petit haricot, et non adhérente à la peau ; cette tumeur restait immobile pendant les mouvements de flexion du doigt emécutés par le malade, elle ne faisait done point corps aveciles tendons fléchisseurs. Je fis le diagnostic de fibrome développé aux dépens de la gaine fibreuse du doigt médius, et je proposai à M. X.., qui accepta, l'ablation de la tumeur.
Je fis l'opération avec l’aide de M. Gosselin. Après incision de la gaine
A IL DST
fibreusé sur la ligne médiane, j'arrivai sur la tumeur. Cette dernière avait
le volume ci-dessus indiqué; élle était dure, indépendante dés tendons fléchisseurs, et s'était dévéloppée dans la gaine, aux dépens de la face externe de celle-ci. J'enlevai complètement la tumeur.
Les suites opératoires furent des plus simples, et, après la cicatrisation de la plaie, je constatai que les mouvements du doigt s'exécutaient normalement, et que les-symptômes Au doigt à ressort avaient disparu.
J'ai, depuis lors, souvent revu M. X..., la guérison s’est maintenue, et la cicatrice résultant de l'opération n’est même plus apparente.
Mais, depuis quelque temps (février 1889) Ze doigt annulaire de la main
droite présente aussi, dans ses mouvements, le phénomène du ressort. Ce dernier se produit aussi bien dans l'extension que dans la flexion, mais il est plus accusé dans la flexion, et le ressaut s'accompagne alors d'un elaquement perceptible à distance. Le ressaut se produit pendant la flexion au moment où la phalangine va se mettre à angle droit sur la phalange. Conime pour le médius, la flexion de l'annuaire droit parait se faire moins énergiquement que pour l’annulaire gauche. J'ai fait un examen minutieux de ce doigt annulaire, je n’ai rien trouvé d’anormal ni dans les tendons, ni dans la gaine, ni dans les jointures. Pas la moindre induration. Quant au claquement; est-il articulaire ou non ? Je l’ignore.
OBs. XXI. — Doigt à ressort. Médius droit. Opération. Guérison. — (LEIS- RINK. Ueber den schnellenden finger, in Comptes rendus de l'Assemblée des | naturalistes et médecins allemands, session de Magdebourg, septembre . 1884 ; in Semaine médicale, 1884, p. 188.)
Il s’agit d’une fille de 10 ans, dont le médius droit était à ressort. Il existait au niveau de l'articulation métacarpo-phalangienne une petite nodosité de la grosseur d’un pois. Les phénomènes, douleur, ressaut, s’observaient surtout pendant l'extension. La nodosité n'était perceptible que lorsque le doigt était fléchi ; dans cette position une forte pression sur le bord périphérique de la nodosité déterminait l'extension du médius.
Après avoir essayé en vain plusieurs traitements, Leisrink se décida à tenter l'opération. Il fit une incision de la face palmaire de la main, au
niveau de la nodosité, jusqu'à ce qu'il fût arrivé sur le tendon du fléchis-
seur superficiel des doigts. La synoviale se présenta comme un sac herniaire et laissa échapper, quand elle fut ouverte, une certaine quantité de sérosité claire. En fléchissant le doigt, une nodosité attenant au fléchisseur profond s’échappait entre deux faisceaux du fléchisseur sublime. Cette nodosité appartenait bien au fléchisseur profond, elle était formée par un dédoublement du tendon. Ce dédoublement était adhérent au tendon du fléchisseur profond. Leisrink en.fit l'excision, puis fit la suture du tendon. La guérison se fit par première intention et le doigt à ressort disparut.
Os. XXII. — Doigt à ressort du médius droit. Végétation fibreuse du tendon du fléchisseur profond. Opération. — (CARLIER. Bulletin de la Société anatomique, 8 mars 1889, p. 185.)
Mme G..., 30 ans, couturière, mariée, sans enfants. Le médius droit pré sente depuis sept mois environ, tous les symptômes du doigt à ressort. Pas de syphilis, mais en revanche, franchement rhumatisante. Ellé a eu depuis dix ans, quatre attaques de rhumatisme articulaire aigu, qui la condamnèrent chaque fois à un séjour au lit de plusieurs mois. La dernière attaque date du commencement de 1888.
Pas de nervosisme proprement dit. :
Il y a sept mois environ, il survint une certaine difficulté des mouvements du médius droit; cette gêne s’accrut peu à peu, et les mouvements devinrent-bientôt douloureux, au point de forcer la malade à cesser de temps en temps son travail de couture; c’est alors qu’apparaît dans ce doigt le phénomène du ressort.
La malade nous raconte que, dans les mouvements de flexion ou d’extension, le médius droit ne suivait pas les autres doigts ; à un certain angle de sa course, le médius s'arrêtait et ne continuait son mouvement que grâce à un effort musculaire énergique. Il se produisait alors un ressaut très accusé tort douloureux, et le doigt achevait brusquement son mouvement de flexion ou d'extension, comme s’il eût été actionné par un solide ressort.
L'extension était plus difficile que la flexion; celle-ci, bien que douloureuse et accompagnée de ressaut, pouvait s'opérer d'une façon active; mais l'extension, pour être complétée, exigeait ordinairement l'intervention de la main opposée.
2e RNTAE
À chaque mouvement, la malade éprouvait la sensation nette qu'il y avait quelque chose d'interposé dans l’interligne articulaire qui sépare la phalange de la phalangine.
Nous voyons la malade vers la fin de février. A cette époque le phénomène du ressort existait encore, mais beaucoup moins accusé qu'autrefois. Les mouvements du doigt sont bien moins douloureux, le ressort lui-même est intermittent et ne se produit plus que dans les mouvements de flexion un peu étendus.
Notre malade paraît très anémiée, toujours tourmentée par des douleurs erratiques ; la plupart de ses articulations sont endolories à la pression, et les petites articulations sont le siège de nodosités rhumatismales. |
En examinant le médius droit, on voit à la face palmaire une légère tuméfaction siégeant au-devant de l'articulation de la première phalange avec la deuxième. À la palpation, on sent très nettement une petite nodosité qui, pendant les mouvements actifs du médius, roule sous le doigt en donnant naissance à de gros frottements.
Cette nodosité nous paraît avoir le volume d’un petit haricot : sa surface est irrégulière, bosselée, elle s'étend un peu plus sur la phalange que sur la phalangine ; elle est située exactement sur la ligne médiane, un peu mobile dans le sens transversal, et paraît siéger immédiatement au-dessous de la peau. Le siège de la nodosité, son mouvement de va-et-vient pendant les mouvements actifs de flexion et d'extension de la phalangette seule ont permis, dès ce moment, d'affirmer ses connexions avec le tendon du fléchisseur profond.
La malade accepte le traitement, chirurgical que nous lui proposons.
Opération. — Nous faisons l'opération le 4 mars, avec l’aide de notre excellent ami Boiffin, prosecteur à la Faculté, et en présence de notre ami le Dr de Pradel qui nous avait adressé la malade. Après avoir incisé la peau au-devant de la tumeur sur une étendue de trois centimètres environ, nous tombons immédiatement sur une petite tumeur daspect irrégulier, en forme de chou-fleur et qui n’adhérait nullement à la peau. Nous n’avons pas vu de trace de gaine fibreuse au-devant de la tumeur:
Afin de nous rendre un compte exact des rapports de la tumeur avec le tendon, nous incisons la gaine fibreuse au-dessus de la tumeur sur une étendue de un centimètre et demi; le tendon étant ainsi mis à nu, nous