‹ Pathogénie et Traitement du Doigt à RessortChapitre 6 sur 31 · DIE · texte numérisé non relu

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tuant à lui seul presque toute la maladie, avec intégrité presque absolue des doigts et des articulations ; ce sont des lésions variables, bien connues, des orteils en marteau, des ankyloses, des arthrites déformantes, s’accompagnant d’un mouvement de ressaut, sans grande importance, et intéressant seulement à signaler.

Nous voilà déjà bien loin de la maladie primitive décrite par Nôtta-Nélaton: l’étude du mouvement de ressaut décrit par Konig, Walther et Poirier ne nous en rapprochera guère.

Comment, en effet, et où a lieu ce ressaut? Les faits de Kônig, Walther, Steinthal, Œttinger, Villar se rapportent, à des trouvailles d’amphithéâtre, ou à des doigts amputés. Sauf le cas de Villar, où l’on manque de renseignements cliniques, on peut aflirmer que les malades n’avaient certainement pas de leur vivant de phénomène de ressaut. Ne sait-on pas que dans les orteils en marteau, il y a une fausse ankylose de l'articulation de la phalange avec la phalangine ? Ankylosés aussi étaient les doigts de Steinthal et Œttinger (obs. XII et XII), et quant à l’orteil amputé de Kônig, sur lequel nous ne connaissons rien de précis, c'était aussi infiniment probable,

Bien plus, pour déterminer ce ressaut, ne faut-il pas dans les orteils en marteau, ainsi que l’a bien montré notre excellent maître, M. Blum, sectionner les ligaments plantaires pour rendre à Particulation phalango-phalanginienne sa mobilité ? Steinthal, non plus, n’a pu provoquer le ressaut qu'après avoir sectionné le fléchisseur ; et enfin dans le cas d'Œttinger la flexion était impossible, et l'on ne pouvait avoir le ressaut

que dans l'extension,

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Les faits cliniques sont aussi instructifs. Carlier laisse entendre que le phénomène du ressaut n'était guère marqué, « ces doigts présentent à un degré plus ou moins prononcé, les symptômes atténués du doigt à ressort, maïs pendant Ja flexion seulement. L'extension se fait normalement pour les doigts ». Dans l'observation de Stcherbatcheff (v. obs. XVI), il faut « exagérer le mouvement d’adduction, les surfaces articulaires s’abandonnent alors complètement; mais laissées à elles-mêmes les phalanges reviennent immédiatement et brusquement à leur état de subluxation, comme si elles étaient mues par un ressort; un craquement est alors perçu à distance » ; et dans cette autre du même auteur (+. obs. XVI) « si l’on essaie de faire exécuter le mouvement de supination, il y a un commencement d'exécution, puis arrêt et / faut une certaine violence pour que la supination s'achève brusquement avec la rapidité d’un ressort. La main qui expérimente a la sensation très nette d’un obstacle vaincu au niveau de. l'articulation radio-cubitale inférieure ».

Cliniquement donc, ce ressaut, cet à-coup plutôt, dans les mouvements, manque le plus souvent dans les mouvements spontanés : on ne l’obtient guère que dans les mouvements provoqués, et encore nécessite-t-il des manœuvres de force.

À un examen plus strict, les différences cliniques ne font

“encore que s'accroitre. Ce ressaut n'a nullement, en effet, la physionomie du vrai mouvement de ressort : il n'en à nila difficulté évidente, ni letemps d'arrêt, ni la détente brusque, c'est ce que Carlier a fort bien exprimé dans sa thèse lors-

qu'il dit, p. 152: « A vrai dire, il n'y à pas de mouvement de

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ressort, c’est un ressaut, et rien de plus. Le malade fléchit et étend les doigts avec une facilité presque parfaite, sans présenter cette mimique que l’on observe chez les malades atteints de vrai doigt à ressort... la flexion s’accompagne bien d’un ressaut, mais sans temps d’arrét, et après le ressaut le doigt n’est pas projeté violemment dans la flexion complète... Chez notre malade, le ressaut n'avait lieu que pendant la flexion des doigts, nous nous sommes bien assuré du fait. Or, si nos souvenirs sont précis, il n'existe pas un seul cas de doigt à ressort idiopathique où le phénomène du ressort n'ait pas été constaté pendant l'extension. S'il a manqué souvent pendant la flexion, en revanche on l’a toujours noté dans l'extension. »

On le voit, les différences sont tranchées ; elles s’accentuent encore par l'examen du siège du ressaut. Nous savons, en effet, et nous avons insisté sur ce fait, que le ressort se faisait à distance de la lésion, et le plus souvent dans l'articulation interphalangienne supérieure, absolument saine (obs. IT et IV); ici, au contraire, il a lieu au niveau de la lésion même, quel que soit son siège, lésion qui intéresse l’articulation et a une importance de tout premier ordre.

Enfin, jamais on n’a constaté la moindre nodosité, en aucun point, pas même au niveau du lieu d'élection, et cela malgré les recherches les plus minutieuses.

En résumé: lésions articulaires essentielles, occupant tout à fait le premier plan (orteil en marteau, ankylose, arthrite chronique déformante, etc.); ressaut faible, sans temps

d'arrêt ni détente brusque, rarement spontané, et faisant J. 4

Crop PE souvent défaut dans l’extension ; réssaut nécessitant des manœuvres spéciales pour sa production, et ayant lieu au niveau de l’articulation malade; enfin absence de nodosité sur le trajet des tendons fléchisseurs ; telles sont les grandes lignes de ce qu’on a décrit sous le nom de doigt à ressort,

variété articulaire.

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