‹ Pathologie chirurgicale. Plan et méthode qu'il convient de suivre dans l'enseignement de cette science. Thèse présentée le 20 mars 1831 au Concours pour la Chaire de Pathologie externe près la Faculté de médecine de ParisChapitre 11 sur 17 · PLANCHE IV · texte numérisé non relu

PLANCHE IV

Eventralion produite par l'élargissement de la ligne blanche et l'écartement des muscles droits de l'abdomen. Pièce vue de profil par le côté gauche. (Observée sur le cadavre d'une femme , âgée environ de soixante-dix ans , venant de la Salpétrière ; pavillon de l'Ecole-Pratique , 1816. )

L'abdomen était occupé, à sa partie moyenne, par une tumeur oblongue, étendue de l'appendice xiphoïde aux pubis. La peau qui recouvrait cette tumeur était très-

(i) Il se forme quelquefois accidentellement dans les voies urinaires des poils qui sont rendus avec les urines ; cette affection, à laquelle on a donné le nom de pUi-miction , de pissement de poils , trichiasis, mictus pilaris, est fort anciennement connue. Hippocrate a plusieurs fois observé des excrétions urinaires capilliformes; il a vu sortir avec les urines des filamens semblables à des cheveux. Galien dit avoir connu des personnes qui rendaient des cheveux avec les urines, tantôt un à un, tantôt plusieurs à la fois , brouillés et mêlés ensemble, et d'une longueur Variable. Des observations semblables ont été rapportées par Schenck, Tulpius , Fabrice de Hilden, Wierus, Klett, Leuwenoeck, Young, Powell, Mœbius, Horslius, Gœlike , et plusieurs autres médecins. Cependant on révoque en doute l'existence de la pili-miction, et la plupart des médecins pensent qu'on a pris pour des poils des concrétions sanguines ou des filamens de matière albumineuse qui peuvent eu avoir l'apparence. Voici des faits qui mettent hors de doute la production accidentelle des poils dans les voies urinaires.

M. Magendie donnait ses soins , en 1820, à un homme âgé de soixante ans , qui rendait des urines fort troubles; le dépôt blanc, crétacé, très-abondant qui se formait au fond du vase était rempli d'une immense quantité de poils de quatre à cinq lignes de longueur, et de couleur claire. Ils réunissaient le dépôt urinaire, et lui donnaient de la solidité.

J'ai observé des calculs pilifères dans la collection de l'École de Médecine , et dans celle de M. Vauquelin, indépendamment des trois concrétions que j'ai représentées et que je dois à l'obligeance de M. le professeur Roux , de M. Pinel fils , et de M. le docteur Gibbings.

Les poils qu'on trouve dans les calculs manquent tous de bulbe ; on doit les considérer comme des productions pileuses accidentelles des voies urinaires, semblables à celles qu'on rencontre dans certains kystes, dans ceux des ovaires én particulier. De ces poils, les uns sont noirs, les autres châtains ; le plus souvent on les trouve blonds ; leur longueur varie depuis quelques lignes jusqu'à trois pouces et au-delà; les uns sont roides,fort durs, semblables à ceux du pénil; les autres sont doux, frisés, lanugineux , extrêmement fins. Ils attirent sur eux la cristallisation des sels urinaires , et forment, par leur entrelacement, une sorte de fçuJre.

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mince, et permettait de distinguer les circonvolutions des intestins sur lesquels elle était appliquée et en quelque sorte moulée. De chaque côté , et a la partie inférieure delà tumeur, elle formait des plis et des rides nombreuses qui l'entouraient dans une grande partie de sa circonférence. La cicatrice de l'ombilic était encore visible sur celte peau amincie et se trouvait un peu déjetée h gauche.

N" I. Paroi antérieure de l'abdomen. — 2,2. Circonvolutions intestinales se dessinant à travers les parois de la tumeur. — 3, Cicatrice de l'ombilic. — 4,4. Plis de la peau qui circonscrivent la tumeur. — 5. Cuisse droite. — G. Cuisse gauche.

FIGURE?. j

La pièce précédente, vue de face. La peau est enlevée afin de faire voir les parties sous-jacentes.

La peau qui couvrait la tumeur était extrêmement amincie et unie par un tissu cellulaire lamelleux très-lâche, à une seconde enveloppe de nature aponévrotique. Celle-ci, dépendant de l'amincissement de la ligne blanche, était fibreuse, trèsfine , demi-transparente ; elle adhérait très-intimement au péritoine au-dessus de l'ombilic, tandis qu'au-dessous on pouvait l'en isoler facilement. Le péritoine qui tapissait en dedans la lame aponévrotique précédente était très-mince et formé de fibres blanchâtres , très-fines, écartées les unes des autres , comme éraillées, et d'apparence aréolaire. Les artères ombilicales et l'ouraque étaient décomposées en fibres qui se confondaient avec celles du péritoine. En dehors, la tumeur était circonscrite par les muscles droits abdominaux, écartés l'un de l'autre par un intervalle de huit pouces. Le bord externe de ces muscles était convexe et assez épais , leur bord interne était très-mince , et les fibres qui le formaient étaient éparses et décolorées. Les muscles pyramidaux, dans leur état naturel, se perdaient en haut, par quelques filaniens, dans la membrane fibreuse.

L'artère épigaslrique, fortement déjetée en dehors avec le muscle droit, était plus petite et ses parois plus épaisses que dans l'état normal. La tumeur était formée par l'intestin grêle, le colon transversc et l'estomac qui descendait dans sa partie supérieure derrière le paquet intestinal,

N" 1, 1, 1, 1. Lambeaux de peau renversés et écartés. — 2. L'appendice xiphoïde. — 3. Le muscle pyramidal. — 4. Cicatrice de l'ombilic. — 5,5. Circonvolutions intestinales visibles à travers les deux enveloppes internes de la tumeur. — 6, G. Bords internes des muscles droits, amincis et décomposés. — 7, 7. Les muscles grands obliques de l'abdomen.

Hernies inguinales interne et externe du côté droit ( trouvées sur le cadavre d'un homme, âgé d'environ quarante ans, d'une forte constitution. Pavillon de l'Ecole-

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Pratique, 1814. Préparation déposée dans le Muséum de la Faculté. ) La pièce est vue par sa face antérieure. La peau a été enlevée. Le sac de la hernie interne passait à travers un éraillement du fascia transversalis et contenait l'épiploon; le sac de la hernie externe était vide et descendait dans la gaine propre du cordon testiculaire. L'artère épigastrique était située entre les deux sacs.

N° 1 , 1. L'aponévrose du muscle grand oblique de l'abdomen. — 2. Partie inférieure de la ligne blanche. — 3 , 3. Portion du péritoine. — 4. Portion du muscle droit de l'abdomen. — 5. L'artère épigastrique. — 6. L'anneau inguinal. — 7, 7 . Gaine commune aux deux sacs, incisée longitudinalement et renversée. — 8. Le sac de la hernie inguinale interne. — 9. Le sac delà hernie inguinale externe. — 10. Les vaisseaux testiculaires passant à la partie postérieure du sac de la hernie externe. — 1 1. Le cordon testiculaire , coupé et lié. — 12. Insertion de l'aponévrose du grand oblique au pubis.

Elle représente la pièce précédente , vue du côté de l'abdomen.

Le péritoine a été coupé au niveau du collet du sac de chaque hernie, afin délaisser voir les rapports de ces sacs entre eux et avec les parties voisines.

N° 1. Face postérieure du muscle droit de l'abdomen. — 2. Face postérieure du pubis droit. — 3. Partie du trou sous-pubien correspondant. — 4. Coupe de la branche descendante du pubis. — 5. Ligament de Gimbernat. — 7. Arcade crurale.— 8. Artère iliaque externe. — 9, 9. Artère épigastrique. — 10. Canal déférent. ■ — 11. Artères et veines spermatiques. — 12 , 12. Fascia transversalis. — 13. Portion de l'aponévrose du muscle grand oblique. — 14. Ouverture supérieure du canal inguinal. — 15. Le sac de la hernie externe descendant obliquement dans le canal inguinal. — 16. Le sac de la hernie interne traversant directement le fascia transversalis.

Hernie crurale droite contenant l'utérus , les trompes de Fallope , les ovaires , une partie du vagin et une portion considérable d'épiploon. ( Pièce présentée à la Société de l'Ecole ue Médecine, le 22 décembre 1815, par M. le professeur Lallement qui en a publié l'observation dans les bulletins de la Faculté , janvier 1816 : la hernie existait depuis quarante ans.) Devant modeler en cire cette préparation , j'en avais pris un dessin que je reproduis ici.

La peau qui formait l'enveloppe extérieure de la tumeur était saine. Au-dessous existait une quantité considérable de graisse d'une consistance ferme et serrée.

Le sac herniaire fut à peine reconnu ; les parties environnantes n'existaient plus dans leur état naturel. Plus profondément on découvrit un tissu lardacé et en niasse

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considérable , auquel venaient s'unir deux proloiigemens d'ëpiploon. On fendit cette partie et l'on ne vit point d'intestin, mais les objets suivant qui adhéraient aux graisses environnantes: la matrice, les ovaires, les trompes de Fallope , une partie du vagin , deux cordons d'ëpiploon , enfin deux kystes ou peut-être deux hydatides.

Pour bien distinguer ces objets , "^n mit d'abord à découvert l'anneau inguinal libre , on coupa le ligament de Fallope , et on reconnut une hernie crurale.

L'artère épigastrique était extérieure à toutes ces parties ; celles-ci étaient antérieures aux tendons réunis de l'iliaque et du psoas , et appuyaient, à leur passage, sur la région la plus interne de la branche horizontale du pubis; les vaisseaux cruraux étaient par conséquent externes et postérieurs aux organes déplacés.

Ces parties étaient ainsi disposées : en allant de gauche à droite , on voyait 1° un cordon d'ëpiploon partant du colon transverse et venant inférieurement se perdre dans une masse graisseuse placée à la partie inférieure de la tumeur.

2° Un peu plus à droite, un second cordon d'épiploon se terminant inférieurement comme le précédent, et partant d'un point du colon Iransverse, plus rapproché de la partie ascendente du même intestin. Ces deux cordons , dont le dernier avait une apparence charnue , semblaient tirer en bas l'arc du colon.

3° A côté et en allant toujours vers la droite, on rencontrait en haut la trompe de Fallope; en bas, l'ovaire droit et le ligament large qui était rétréci.

4° On découvrait ensuite l'ulérus donlle col était sensible supérieurement à travers les parois du vagin. Son fond , tourné en bas, répondait à la masse graisseuse dont j'ai déjà parlé. L'introduction du doigt par la vulve faisait reconnaître la direction vicieuse du vagin de gauche à droite. Une sonde, enfoncée par celte ouverture, par venait au-c!elà de l'arcade crurale; de sorte que le vagin, tres-allongé , faisait hernie par sa partie supérieure.

5° On voyait aussi la trompe du côté droit, une portion du ligament large, l'ovaire droit désorganisé et offrant une espèce de kyste ; au-dessous un second kyste indépendant du premier ou peut-être une hydatide , à laquelle était dû certainement i'écoulementd'une certaine quantité de sérosité que la malade avait rendue. Enfin, toutà-fait à droite, se trouvait du tissu cellulaire très- abondant. La vessie et le rectum conservaient leur position naturelle ; leurs fonctions n'avaient point été altérées.

N" 1. Portion gauche des parois abdominales , vue par sa face externe. — 2. Portion droite des mêmes parois , vue par sa face interne. — 3. Région pubienne. Montde Vénus. — 4. La cuisse gauche. — 5. La cuisse droite. — 6. La vulve. — 7, 7. L'enveloppe de la tumeur ouverte et renversée. — 8. La matrice renversée et offrant en avant sa face postérieure.— 9. La trompe utériiie, et — 10. l'ovaire gauches. — 11. Lu

trompe ulérine droite , et — 12. l'ovaire droit changé en un kyste. — 13. Autre kyste adhérant à l'ovaire flroil et à la matrice. — 14. Masse graisseuse adhérent fortement à la matrice , au sac , et se continuant avec — 15, 16. deux prolongemens de l'épiploon qui sont ici coupés cl renversés.

Ulcérations et rétrécissement de l'S iliaque du colon. Polysarsie des appendices graisseux de cet intestin : un de ces appendices formant une hernie crurale à gauche. ( Cadavre d'une femme, âgée d'environ soixante ans. Pavillon de l'Ecole-Pralique , 1816. )

Les rephs du péritoine étaient chargés d'une assez grande quantité de graisse. Les appendices du gros intestin en étaient distendus, mais dans aucun endroit ces appendices n'étaient aussi développés que sur l'S iliaque du colon. Us formaient autour de cet intestin une masse énorme du volume du bras, et faisaient même saillie à travers la paroi abdominale, qu'ils soulevaient. Ils étaient, pour la plupart, soutenus par un pédicule allongé et adhérent au péritoine qui les fournissait. L'un d'eux, beaucoup plus développé et supporté par un long pédicule, arrondi, d'apparence fibreuse , remplissait le sac d'une hernie crurale gauche ; le ccecum et le colon transverse étaient fort dilatés et remplis de matières fécales. Le colon lombaire gauche et surtout l'S iliaque étaient considérablement rétrécis : dans quelques endroits ils avaient au plus le volume du petit doigt, et leur cavité laissait à peine passer une sonde de femme ; au-dessus de l'endroit où l'intestin commençait à diminuer de diamètre , sa membrane muqueuse était grise , visqueuse, et séparée de la portion rétrécie par des érosions anguleuses, frangées, bornées elles-mêmes par un bord noirâtre. La portion rétrécie était formée par un tissu blanchâtre, homogène, facile à déchirer, et dans lequel on ne pouvait reconnaître aucune trace de l'organisation primitive de l'intestin. Elle olTrait à sa surface quelques lignes longitudinales, des franges d'un beau rouge , et quelques ulcérations irrégulières, assez profondes, d'une couleur grise ; le rectum était également fort rétréci et squirrheux à son extrémité inférieure. L'anus était garni de quatre excroissances fort larges, d'apparence sypliilitique ; le vagin était ulcéré et rempli de semblables excroissances.

N" 1. Extrémité inférieure du colon lombaire gauche. — 2. S. iliaque du colon. — 3,3,3. Appendices graisseux qui entourent l'intestin. — 4. Appendice plus volumineux que les autres , et qui formait la hernie. — 5. Pédicule qui soutenait l'appendice précédent. — 6. Cavité de l'intestin mise à découvert par une coupe longitudinale , et revêtue de sa membrane muqueuse. — 7. Bord ulcéré, noirâtre, des membranes de l'intestin. — 8. Surface interne de la portion rétrécie de l'intestin , offrant la dégénérescence indiquée. — 9. Llcères disséminés sur cette surface. — 10. Portion la plus rétrécie de l'intestin. — 11. Endroit où la membrane muqueuse reprend son apparence normale.

Rélrécissemenl Jïbreux de VS iliaque du colon. ( Observé sur le cadavre d'une femme âgée. Pavillons d'anatomie, 18 1 6. )

Le cœcum et les colons étaient énormément dilatés par du gaz et des matières muqueuses. L'S iliaque du colon offrait deux rétrécissemens longs chacun d'environ huit à dix lignes ; sa cavité à leur niveau admettait seulement une sonde de médiocre calibre, et ses parois étaient formées par un tissu blanc, fibreux, très-peu extensible. On n'y remarquait aucune apparence des fibres musculaires, si ce n'est à l'extérieur, quelques fibres des faisceaux longitudinaux. La membrane muqueuse , a leur intérieur, était fort mince, lisse, ne présentait aucune trace ni cicatrice d'anciennes ulcérations.

N° 1. Extrémité supérieure et — 2. extrémité inférieure de l'S iliaque du colon. — 2 , 2. L'une des bandes musculaires de cet intestin. — 3, Le rétrécissement supérieur — 4. Le rétrécissement inférieur.

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