PLANCHE IX
Hernie inguinale interne du côté droit faite à travers un éraillement des fibres de î aponévrose Jascia transversalis. ( Observée sur le cadavre d'un homme âgé d'environ cinquante ans. Pavillon de l'Ecole-Pratique , 1816. )
La tumeur est vue par-devant, et disséquée de manière à faire voir successivement ses enveloppes de dehors en dedans.
N°' 1 , 1. Partie inférieure des muscles droits de l'abdomen. — 2,2. Les muscles pyramidaux. — 3. Partie antérieure de la symphise des pubis. — 4. Partie gauche du scrotum. — 5. La verge. — 6,6,6. L'enveloppe extérieure de la hernie formée par la peau de l'aine et du scrotum. — 7. Aponévrose du grand oblique détachée et renversée, — 8. Pilier interne de l'anneau inguinal. — 9. Portion de l'anneau inguinal. — 10, 10. Fascia superficialis et expansion celluleuse du pourtour de l'anneau inguinal, formant la seconde enveloppe de la tumeur. — 11. Muscle petit oblique de l'abdomen, coupé et renversé. — 12. Les fibres charnues et aponévrotiques du muscle précédent, formant la troisième enveloppe de la tumeur. — 13. Le cordon testiculaire renfermé dans sa gaine , et au-devant duquel on voit les arcades renversées, formées par le muscle crémaster. — 14. Le testicule enveloppé par la tunique vaginale et par l'expansion celluleuse de la gaine du cordon. — 15. Portion du muscle transverse de l'abdomen laissé en place. — 16. Anneau fibreux que forme le pourtour de l'ouverture accidentelle de l'aponévrose fascia transversalis , par laquelle s'est échappé le sac herniaire. — 17, 17. Poche fibro-celluleuse mince, qui, naissant du pourtour de l'ouverture précédente, forme la quatrième enveloppe de la tumeur, et contient immédiatement le sac herniaire. — 18. Le sac herniaire qui renfermait une portion de l'épiploon. — 19. Cavité séreuse
PATHOLOGIE CHIRURGICALE. 12 y'
accolée au fond du sac herniaire , et qui en est séparée par une cloison sur laquelle on remarque de nombreux stygraales ; cette cavité n'est bien évidemment qu'un ancien sac herniaire oblitéré qui a été poussé au-devant du sac — 18. qui est de nouvelle formation. — 20. Ligne ponctuée indiquant le trajet de l'artère épigastrique derrière le fascia iransversaiis réuni à l'aponévrose du muscle transverse.
FIGU RE 2.
Hydrocèle de la tunique vaginale renfermant six concrétions cartilagineuses et osseuses. La tumeur, du volume du poing, était légèrement oblique et irrégulière à sa surface ; l'expansion de la gaine propre du cordon lesliculaire qui l'entourait était fort mince. La tunique vaginale était fine, bosselée, demi-transparente, et offrait une teinte noirâtre due à la couleur du fluide qu'elle renfermait ; à sa partie supérieure était une cavité secondaire avec laquelle elle communiquait par deux petites ouvertures allongées. Le testicule placé en arrière de la tumeur était légèrement aplati : le liquide renfermé dans la tunique vaginale était vert, semblable à de la bile, mais non visqueux et très-fluide. Dans ce liquide se trouvaient six concrétions cartilagineuses parfaitement rondes, lisses à leur surface, d'un blanc grisâtre, et libres de toute adhérence. Ces concrétions étaient revêtues par une pellicule fort mince , qui réunissait deux d'entre elles; formées par des couches albumineuses concrètes et superposées, elles renfermaient à leur centre un noyau calcaire. Le testicule offrait sur la tunique albuginée une plaque cartilagineuse arrondie fort épaisse , tuberculeuse il sa surface. A la réunion du testicule avec la téte de l'épidydime existait un kyste séreux, de la grosseur d'une noisette, et rempli d'une humeur limpide. La tumeur est vue par derrière, afin de montrer ses rapports avec le testicule et les vaisseaux du cordon. La gaîne propre de ce cordon est ouverte dans toute sa longueur, et écartée de manière à faire voir son prolongement sur la tunique vaginale.
N"" 1 , 1. La gaine du cordon testiculaire. — 2 , 2. La gaîne précédente se prolongeant sur la tumeur formée par la tunique vaginale. — 3. Le cordon testiculaire.
— 4 , 4. Le canal déférent , et — 5 , 5. les vaisseaux testiculaires passant à la partie postérieure de la tumeur. — 6. La tumeur formée par la tunique vaginale distendue.
— 7,7. Petite cavité située au-dessus de la tunique vaginale. — 8. Le testicule faisant saillie à la partie postérieure de la tumeur. — A. Concrétions que renfermait la tunique vaginale. — B. Deux des mêmes concrétions réunies. — C. Une des mêmes concrétions fendue par sa partie moyenne, afin de faire voir son noyau osseux.
Hydrocèle enkysté du cordon spermatique du côté gauche. ( Trouvé sur le cadavre d'un homme âgé d'environ soixante ans. Pavillons de l'Ecole Pratique, 1816. )
laS PATHOLOGIE CHIRURGICALE.
La tumeur était entourée par les enveloppes du cordon tesliculaire qui passait à sa face postérieure. Elle était volumineuse , oblongue , flasque , les parois du kyste qui la formaient n'étant que médiocrement distendues par la sérosité jaunâtre qui remplissait sa cavité. Ces parois étaient minces, demi-transparentes , et ne renfermaient dans leur épaisseur que quelques vaisseaux capillaires. Leur face interne était lisse ; l'externe adhérait à l'enveloppe du cordon tesliculaire par un tissu lamineux très-mince.
Le canal déférent avait le volume d'une plume de cygne ; ses parois étaient fort épaisses, et sa cavité n'était pas plus grande que dans son état naturel. Le muscle crémaster était situé au-devant de la tumeur ; et ses fibres étaient extrêmement prononcées. Le testicule était sain, 'et placé au-dessus de la tumeur. La tunique vaginale était comme affaissée sur elle-même par la partie inférieure de la tumeur, à laquelle elle était adossée et réunie par sa face externe , au moyen d'un tissu cellulaire lâche. La tumeur est vue par sa partie antérieure. Les enveloppes du cordon tesliculaire qui la renferment, ainsi que la tunique vaginale, sont fendues et renversées en dehors.
N" 1. Le cordon testiculaire. — 2, 2, 2, 2, 2. L'enveloppe commune au cordon testiculaire , à la tumeur et à la tunique vaginale , fendue et écartée. — 3, 3, 3, 3. Le kyste de l'hydrocèle. — 4. Le canal déférent. — 5. Ligne ponctuée, indiquant le trajet du canal déférent derrière la tumeur dont la cavité est couverte par sa partie antérieure, — 6. La tunique vaginale. — 7. Cavité de la tunique précédente. — 8. Le testicule. — 9. Cloison foririée par l'adossement de la tunique vaginale avec la partie inférieure de la tumeur.
Evenlradon congénitale avec issue d'une grande partie de T intestin grêle . (Observée avec lè docteur Flaubert, à Rouen, 1818.)
L'enfant, du sexe féminin , était né le jour précédent et appartenait à des parens bien constitués. Il était très-faible et poussait de temps à autre quelques cris plaintifs. Au côté droit de l'ombilic existait une perforation arrondie, à bords ulcéreux, rougeâtres, et par laquelle s'était échappée une grande partie de l'intestin grêle. L'anse que cet organe formait au dehors devait avoir au moins un pied et demi d'étendue ; ses circonvolutions étaient réunies entre elles en une seule masse, par des adhérences membraneuses dont les unes paraissaient récentes et pouvaient être détruites avec facilité, tandis que les autres étaient anciennes et solides ; elles étaient bien évidemment le résultat de l'exsudation albumineuse de l'intestin enflammé. La portion du mésentère qui soutenait cette grande anse adhérait fortement au pourtour de l'ulcération , et s'opposait ainsi à la réduction du paquet intestinal. L'intestin sorti était |"roid, verdâtre , rempli de mœconium, et ne présentait pas de mouvemens péristal^
tiques , du moins d'une manière sensible ; dans quelques endroits il était extrêmement dilaté, et sa grosseur égalait celle du doigt, tandis que dans d'autres il avait à peine le volume d'une plume; ses parois étaient fermes et bien plus épaisses que dans l'état naturel. Le ventre était déprimé, tendu , et comme rétréci. Le cordon ombilical , volumineux et bien conformé, était déjeté à gauche par les parties herniées» Chez cet enfant les intestins étaient déjà sortis du ventre à l'époque de la naissance , et s'étaient enflammés sans doute à cause de leur étranglement à travers l'ouverture des parois abdominales, et peut-être aussi par le contact inaccoutumé des eaux de l'aranios.
N°' 1, 1. La paroi antérieure de l'abdomen. — 2. Le paquet formé par les intestins sortis et agglutinés. — 3. Ouverture qui livrait passage au paquet intestinal. — 4. Le cordon ombilical. — 5. La cuisse droite. — 6. La cuisse gauche.
Hernie ombilicale épiploïque , renfermée dans une portion du cordon ombilical qui en formait V enveloppe extérieure . (Observée le 10 septembre 1817. )
Cette hernie existait chez une petite fille âgée de dix-huit mois , fort maigre, qui fut apportée par sa mère à la consultation publique de M. le professeur Dubois : au lieu d'être arrondie et globuleuse, comme cela s'observe ordinairement, la tumeur était allongée, cylindroïde, du volume du doigt, longue d'environ un pouce et demi, et présentait, sur sa longueur de légères dilatations, séparées par des enfoncemens peu profonds , semblables à ceux qu'on voit sur le cordon ombilical : le sommet de cette tumeur portait la cicatrice de l'ombilic ; sa base était entourée do quelques plis , et la peau des environs n'était pas tirée , et ne paraissait pas avoir été allongée. Lorsque l'épiploon fut repoussé dans le ventre, les enveloppes de la hernie parurent très-minces, et on pouvait reconnaître dans leur épaisseur, eu les pressant entre les doigts , des espèces de cordons fibreux longitudinaux, formés probablement par une partie de la veine et des artères ombilicales oblitérées. La tumeur est vue de profil.
N°' 1,1. Paroi antérieure de l'abdom.en. — 2. Le pénil. — 3. Portion de la cuisse droite. — 4. Portion de la cuisse gauche. — 5. La tumeur. — 6. Plis peu saillans qui entourent la base de la tumeur. — 7. Cicatrice ombilicale.
Persistance d' une portion dii cordon ombilical , observée chez un homme d'environ vinglcinqans. ( Hôpital Saint-Louis. )
La tumeur existait depuis la naissance ; elle était flasque et pendante, cylindroïde, de la grosseur du petit doigt, longue de plus d'un pouce, légèrement contournée
l3o PATHOLOGIE CHIRURGICALE
sur elle-même , alternativement renflée et légèrement étranglée. Elle portait à son sommet la cicatrice ombilicale ; la peau qui la recouvrait élait blanche , très-fine, peu vasculaire ; elle paraissait pleine à l'intérieur, lorsqu'on la comprimait entre les doigts, et élait peu sensible à celte pression. L'anneau ombilical paraissait exactement fermé : jamais l'individu n'avait eu de hernie dans cette région.
1,1. Paroi antérieure de l'abdomen. — 2. La tumeur. — 3. Cicatrice du cordon ombilical.
Exoslose de la face postérieure du pubis faisant saillie dans la vessie urinaire. (Observée sur le cadavre d'une femme âgée. Pavillons de l'Ecole-Pratique , 1819.)
La tumeur inégale, tubei'culeuse , à large base, faisait une saillie de quatorze lignes ; elle naissait de la partie postérieure de la symphyse pubienne qui était ossifiée. La vessie adhérait intimement , par la face antérieure , à la partie correspondante du pubis , et surtout à la base de l'exostose. Celle-ci était recouverte par une membrane très-mince, fort adhérente, fibro-celluleuse , laquelle se continuait manifestement vers sa base avec la membrane muqueuse de la vessie; elle semblait être contenue, au premier aspect, dans la cavité même de cet organe : pendant la vie, on aurait bien pu la prendre pour un calcul adhérent. La tumeur est vue de profil, et la vessie ouverte par sa partie gauche.
N"' 1, 1. Surface extérieure, et — 2. sommet de la vessie. — 3. Cavité de la vessie. — 4. Uretère droit. — 5. Uretère gauche. — 6. Ouverture de l'uretère droit dans la vessie. — 7. Le canal de l'urèthre. — 8. Le pubis droit. — 9. L'exostose proéminant dans la cavité de la vessie,