‹ Pathologie chirurgicale. Plan et méthode qu'il convient de suivre dans l'enseignement de cette science. Thèse présentée le 20 mars 1831 au Concours pour la Chaire de Pathologie externe près la Faculté de médecine de ParisChapitre 9 sur 17 · PLANCHE · texte numérisé non relu

PLANCHE

Elle représente la forme que prend une plaie transversale faite à une artère , et n intéressant que le quart de sa circonférence. (Cette figure, d'un tiers au-dessus de sa grandeur naturelle, est dessinée, ainsi que les figures 2, 3, 4, .5, 6 et 9, d'après des artères fémorales de gros chiens, sur lesquels j'ai répété les expériences de Jones et de Béclard. Mes résultats sont à peu près conformes à ceux qu'ils ont obtenus. )

N° 1. Extrémité supérieure , et — 2. extrémité inférieure de l'artère. ~ -3. Grandeur et direction de la plaie. — 4. Figure ovalaire que prend la plaie par la rétraction de ses lèvres, . ;

Elle représente la forme que prend une plaie transversale faite à une artère , et intéressant les trois quarts de sa circonférence.

IN° 1. Extrémité supérieure, et — 2. extrémité inférieure de l'artère. — 3. Grandeur de la plaie. — 4. La lèvre inférieure, et — 5. la lèvre supérieure de la plaie, considérablement écartées l'une de l'autre, et permettant une libre issue au sang par les deux bouts de l'artère. — 6. Portion de l'artère qui n'a pas été coupée, et s'oppose à la rétraction des extrémités de ce vaisseau dans sa gaine celluleusel

Elle représente l'artère précédente, vue de profil. Les numéros indiquent les mêmes objets.

Elle représente la forme que prend une plaie faite obliquement aux parois d'une artère.

No i. Extrémité supérieure, et — 2. extrémité inférieure de l'artère. — 3. Grandeur et direction de l'incision. — 4. Forme oblongue que prend la plaie.

Elle représente une plaie longitudinale dune artère. Cette plaie a environ trois lignes de longueur. On observe que les lèvres de l'incision s'écartent à peine : elles restent même quelquefois collées.

N*' 1. Extrémité supérieure, et — 2. extrémité inférieure de l'artère. — 3. Longueur de l'incision. — 4. La plaie, dont les lèvres sont à peine écartées.

Elle représente l'artère précédente, fendue longitudinalement sur le côté opposé à la plaie , et vue par sa face interne. Celte pièce a été dessinée d'après l'artère fémorale d'un gros dogue tué quatre jours après l'expérience. On voit que les lèvres de la plaie se sont peu écartées , et sont déjà assez solidement réunies par un épanchement de lymphe plastique et coagulable.

N" 1. Extrémité supérieure, et — 2. extrémité inférieure de l'artère. — 3. Les bords écartés de la section de l'artère. — 4. La plaie longitudinale, vue par la face interne de l'artère, et offrant, au niveau de la cicatrice commençante, une transpaj ence plus prononcée que celle des parois de ce vaisseau.

Elle représente une partie de l'artère humérale dont les deux bouts ont été tirés en sens opposés avec assez de force pour rompre les tuniques interne et moyenne et pour allonger, en tube conique, la tunique celluleuse. (Artère provenant du cadavre d'un homme âgé d'environ quarante-cinq ans).

Les effets du déchirement des artères , quand on tire leurs deux bouts en sens opposé, varient suivant le calibre de ces vaisseaux. Dans les artères très-grosses, comme la carotide et la crurale , la tunique cellulaire s'étend et se déchire irrégulièrement en lambeaux amincis, et plus ou moins longs. Les deux tuniques internes se déchirent sans présenter, d'une manière sensible du moins , la rétraction circulaire qui pourrait amener une occlusion complète ou incomplète du canal.

Dans les artères d'un médiocre calibre, comme la brachiale, les radiales , cubilales ou tibiales,des phénomènes de deux espèces sont observables ; les uns dépendent des modifications que reçoit la tunique externe ou cellulaire, et les autres des altéralions des tuniques internes. La tunique externe s'étend peu à peu et s'allonge, de manière à présenter un cône creux dont la base correspond un peu au-dessus du point où les (uniques internes se sont déchirées, et dont le sommet se prolonge en un long fil flexible , disposition assez heureusemeîit comparée à celle d'un lube de verre tiré à la lampe. Par l'insufflation de l'artère ainsi brisée, ce prolongement cellulaire se distend comme une petite vessie conique à parois demi-trans-

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parentes , et celles-ci ne deviennent perméables à l'air que lorsque l'on fait l'insufflation avrc force. Les tuniiqnes internes et moyennes sont déchirées circulairemenl, mais d'une manière qui n'est pas nette , et de telle façon qu'il y a souvent de petits anneaux incomplets qui sont entraînés par la tunique cellulaire distendue. Ces deux tuniques offrent, en outre, près du point où elles ont été déchirées, des rides parallèles h l'axe de l'artère , formant des plis dont la base se trouve vers le bord rompu du vaisseau etconcourantainsiàen diminuer lecalibre. 11 est remarquable que le cône formé par la tunique cellulaire ne commence pas brusquement au point où les tuniques internes se sont rompues , mais qu'il se confond insensiblement avec le calibre du vaisseau , de sorte que celui-ci finit lui-même en entonnoir. J'ai fait, avec M. Bompard fils, interne des hôpitaux , les expériences dont je viens de noter quelques résultats.

N"!. Extrémité supérieure, et — 2. extrémité inférieure de l'artère. — 3 , 3. Endroits où les tuniques moyennes et internes se sont rompues. — 4,-1. Tubes coniques formés par l'allongement delà tunique cellulaire. — 5. Point de réunion du sommet des deux tubes précédens, la tunique celluleuse , n'étant pas encore entièrement rompue.

Elle représente le bout supérieur de l'artère précédente fendue dans toute sa longueur, après le déchirement complet du vaisseau , et vu par sa surface interne.

N" 1. Extrémité supérieure de l'artère, — 2. Endroit où les tuniques interne et moyenne se sont rompues. — 3. Endroit où le calibre de l'artère diminue sensiblement par la compression que la tunique cellulaire allongée exerce sur les membranes internes. — 4. Pli saillant que forment, dans la cavité de l'artère, les tuniques précédentes qui sont comme froncées. — 5. Tube conique creux , formé par l'allongement de la tunique celluleuse. — 6. Extrémité filiforme qui termine le tube précédent.

Elle représente les résultats que l'on observe , après la section complète d'ime artère , lorsque les extrémités de celle-ci se sojU rétractées dans leur gaine celluleuse et que Vhcmorrhagie s est arrêtée spontanément. (Préparation faite d'après l'artère fémorale d'un chien de basse-cour, tué six jours après l'expérience).

Les résultats (juc j'ai obtenus de plusieurs expériences semblables , faites sur des vaisseaux de calibres différens, sont presque entièrement conformes à ceux que le docteur Jones a fait connaître le premier, je crois, dans son excellent Traité sur les hémorrhagies.

IN" 1. Extrémité supérieure de l'artère. — 2. Cavité de l'artère mise h découvert par une section longitudinale. Les lèvres de la division sont écartées l'une de l'autre

et tirées en dehors par des airignes. — 3. Petite artère musculaire. — 4. Extrémité inférieure de l'artère, rétractée dans la gaine celluleuse, apriBs la section transversale et complète de ses parois. — 5 , 5. Gaîne celluleuse de l'artère fendue longitudinalement comme cette dernière. Cette gaîne est fortement tirée en dehors par deux airignes , afin de laisser voir le caillot extérieur qu'elle renferme; elle est infiltrée de sang , et adhère fortement au caillot précédent. — 6. Le caillot extérieur ou de la gaîne celluleuse. — 7. Portion du caillot précédent remontant entre la gaîne celluleuse et les parois de l'artère. — 8. Caillot intérieur ou de l'artère, ayant une forme conique : sa-base arrondie adhère intimement, par une lymphe plastique et coagulable , d'une part , au caillot extérieur, et de l'autre aux bords de la plaie transversale de l'artère.

Elle représente Vartère fémorale d'un homme adulte , mort six jours après l'amputalion de la cuisse. L'artère est fendue longitudinalement, à sa partie antérieure, jusqu'à l'extrémité tronquée sur laquelle a été appliquée la ligature , afin de faire voir sa cavité et le caillot sanguin qu'elle renferme,

N" 1. Extrémité supérieure de l'artère. — 2. Extrémité tronquée du vaisseau sur laquelle est appliquée la ligature. — 3,3. Petites branches musculaires. — 4,4. Lèvres de l'incision longitudinale faite à l'artère, écartées et tirées en dehors par deux airignes. — 5. Caillot conique dont la base remplit le cul de sac de l'extrémité tronquée de l'artère el adhère à la plaie résultant de la division des membranes interne et moyenne par la ligature. Le sommet de ce caillot flotte librement dans la partie médiane de l'artère.

Artère brachiale d'un jeune homme, mort le neuvième jour après V amputation du bras pratiquée pour une carie scrophuleuse du coude.

L'artère est fendue jusqu'auprès de la ligature , afin de mettre en évidence le caillot conique qu'elle renferme. Ce caillot adhérait, dans toute sa longueur, à la paroi de l'artère opposée à l'ouverture d'une collatérale assez grosse , qui naissait à environ six lignes de l'endroit où avait été appliquée la ligature. La face du caillot correspondant à la collatérale était libre et comme taillée en biseau jusque vers la base du coagulum : celle-ci adhérait intimement à la plaie des tuniques internes de l'artère et contenait, dans son centre, de la fibrine jaune. La ligature était prête à se détacher par la section presque complète de la tunique celluleuse qu'elle embrassait seule.

N° 1. Extrémité supérieure de l'artère ouverte. — 2. Extrémité tronquée du même vaisseau. — 3. Petit rameau musculaire. — 4. Branche collatérale assez vo-

lumineuse. — 5. Ouverture de la branche précédente dans la cavité de l'artère. — 6. Base du caillot. 7. Point d'adhérence du caillot à la paroi correspondante de l'artère.

Blessure dune artère pour laquelle une seule ligature a été appliquée au-dessus de la plaie, V hémorrhagie continuant d'avoir lieu. Le sang arrive encore à la plaie par l'extrémité inférieure de l'artère qui le reçoit des collatérales.

Les flèches indiquent la direction que suit le sang pour refluer par les collatérales dans l'extrémité inférieure du vaisseau.

N" 1. Extrémité supérieure, et — 2. extrémité inférieure de l'artère — 3. Collatérale naissant de l'artère au-dessus de la ligature. — 4. Branche principale de la collatérale précédente allant s'ouvrir dans une — 5. autre collatérale, provenant de l'artère au-dessous de la plaie , et par laquelle le sang reflue dans l'extrémité inférieure de ce vaisseau. — 6. Le sang jaillissant de la plaie malgré — 7. la ligature qui est placée immédiatement au-dessus. — 8. Ligne ponctuée indiquant l'endroit où devrait être placée, dans un semblable cas, une seconde ligature au-dessous de la plaie.

Anévrysme variqueux de t artère humérale , suite d^ une plaie faite par la pointe d'un couteau , chez un homme adulte.

On avait appliqué une simple ligature au-dessus de l'ouverture de communication de l'artère brachiale avec la veine du même nom; nonobstant cette ligature, les pulsations reparurent dans la tumeur, le membre s'atrophia, les doigts devinrent d'un bleu livide, les ongles se détachèrent, et plus tard on fut obligé de pratiquer l'amputation de la partie supérieure du bras. (Pièce dessinée vingt-quatre heures après l'amputation.) L'artère et la veine sont ouvertes dans toute leur étendue, de manière à mettre en évidence l'ouverture de communication par laquelle le sang artériel passait librement dans la cavité de la veine qu'il avait considérablement dilatée, etdont4es parois étaient devenues quatre à cinq fois aussi épaisses que dans leur état normal. Ces parois étaient blanches , résistantes, et comme fibreuses. La tumeur était oblongue et son extrémité inférieure allongée se terminait au-dessus de deux valvules de la veine , qui semblaient s'être opposées au reflux du sang artériel. Toutes les veines de la partie supérieure du membre , au niveau et au-dessus de la tumeur, étaient extrêmement dilatées , mais d'une manière uniforme et sans offrir les renflemens inégaux et les flexuosités qu'elles présentent dans les varices. L'extrémité inférieurede l'artère, audessous des collatérales par lesquelles ce sang avait reflué dans la tumeur, était trèsrelrécie , et offrait tout au plus le volume de l'artère radiale à sa partie moyenne.

Sur le dessin on a supprimé l'endroit où a été faite la ligature et l'on a rétabli les

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parties telles qu'elles devaient être avant l'opération, a6n de faire mieux saisir leur disposition dans l'anévr'ysme variqueux. Les flèches indiquent le cours du sang.

N° 1. Extrémité supérieure , et — 2. extrémité inférieure de l'artère humérale. — 3. Cavité de l'artère et ouverturede communication avec celledela veine. — 4, 4. Artères collatérales dilatées, par lesquelles le sang a dù refluer dans la partie inférieure de l'artère, au-dessous de la ligature, pour passer ensuite, par l'ouverture de communication , dans la veine. — 5. Cavité de la veine à l'endroit de sa plus grande dilatation , correspondant à l'ouverture de communication. — 6. Extrémité supérieure, et — 7. extrémité inférieure de la veine. — 8. Valvules de la veine. — '.). Branche veineuse fortement dilatée , s'ouvrant dans la cavité de la tumeur.

Portion des artères /lumérale , radiale et cubitale dans un cas de dilatation anévrysmatique de tout le système artériel. ( Cadavre d'un homme âgé d'environ cinquante ans , pavillon de l'Ecole-Pratique , 1815. )

Ce cadavre avait été injecté : toutes les artères étaient couvertes de tumeurs anévrysmatiques , dont le volume variait depuis celui d'un grain de chenevis jusqu'à celui d'un gros pois. Quelques-unes existaient sur l'aorte et ses principales divisions, mais elles étaient peu saillantes etbeaucoup moins nombreuses que sur les artères des membres. Les artères axillaires, brachiales, radiales, cubitales, fémorales, poplitées, tibiales et péronièrcs, formaient, dans plusieurs points de leur longueur, des espèces de chapelets; toutes ces tumeurs étaient nombreuses et rapprochées. Celles des membres inférieurs étaient peut-être moins multipliées : on pouvait , sans exagération , les estimer à plusieurs centaines. Les parois artérielles, d'une couleur blanchâtre, ne paraissaient point altérées dans leur structure , à l'exception des endroits occupés par les tumeurs. Au niveau de celles-ci, les trois tuniques artérielles étaient dilatées et amincies. Dans aucune de ces tumeurs je n'ai observé de rupture des tuniques interne et moyenne. Les artères n'offraient ni ossification, ni dégénérescence stéalomateuse. Ces dilatations se continuaient sur les petites artères , mais elles étaient moins prononcées que sur celles d'un volume supérieur (1).

iii^ 1. Artère brachiale longitudinalement ouverte, et vue par sa face intérieure. — 2. Artère cubitale. — 3. Artère radiale. — 4, 4. Petites tumeurs anévrysmales saillantes à l'extérieur des artères précédentes. — 5,5. Cavités que présentent les parois artérielles à leur surface interne au niveau des dilatations anévrysmatiques.

(i) M. Pelletan a trouvé soixante-trois anévrysmes sur le système artériel d'un seul iadividu. Ces tumeurs avaient un volume qui variait de celui d'une aveline à celui de la moitié d'un oeuf. ( Clinique chirurgie., tom. II, pag. i.)

Double circulation collatérale , à la suite de la guérison d'un anévrysme de V artère poplilée par la ligature de Varlère fémorale, vers son tiers inférieur. (Cadavre d'iiii homme âgé d'environ soixante ans. Pavillon de l'Ecole-Pratique , 1817.)

Ce cadavre portait, à la partie interne du tiers inférieur de la cuisse droite , une cicatrice longitudinale , blanchâtre , d'environ trois pouces d'étendue. L'artère fémorale , au-dessous de cette cicatrice, devenait conique et se changeait , avant de traverser l'arcade aponévrotique du grand adducteur, en un cordon fibreux plein, du volume d'une petite bougie , et de deux pouces environ de longueur. Au-dessous de l'arcade aponévrotique , à la partie supérieure du creux poplité , l'artère semblait se renfler, ou du moins, n'avait point perdu son calibre primitif, et formait une petite tumeur fusiforme , très-allongée , de neuf à dix lignes. Dans cet endroit , elle était creuse et perméable au sang qu'elle recevait d'une collatérale assez forte, venant de la fémorale , pour le transmettre à la partie inférieure de l'artère poplitée, par deux autres collatérales inférieures d'un moindre volume, qui s'ouvraient dans sa cavité. La partie inférieure de cette petite tumeur, qui représentait une sorte de réservoir artériel, se continuait par un cordon plein, arrondi, fibreux , avec un sac anévrysmatique , oblong, rétréci sur ses extrémités, du volume d'une amende encore renfermée dans son sarcocarpe. Ce sac était complètement oblitéré et renfermait des caillots de fibrine assez denses, d'une couleur jaunâtre ; il se continuait, par un nouveau cordon fibreux plein, avec la partie la plus inférieure de l'artère poplitée qui recevait des artères collatérales considérablement dilatées. 11 y avait ainsi trois cordons fibreux dans l'artère : l'un placé entre l'artère fémorale et la cavité artérielle isolée de l'artère poplitée; un second entre celle-ci et le sac anévrysmal; et enfin un troisième entre ce dernier et la partie inférieure de la poplitée, au niveau de la naissance de la tibiale antérieure. Les flèches indiquent le cours du sang dans cette double circulation collatérale.

IN°'l. Artère fémorale. —2. Cordon fdjreux plein, unissant Tarière précédente à — 3. la cavité isolée de l'artère poplitée, ouverte de manière ù faire voir les trois collatérales qui s'ouvrent dans son inlérieur. — 4. Cordon fibreux, unissant la cavité précédente au — 5. sac anévrysmatique, ouvert dans une portion de sa longueur pour mettre en évidence les couches de fibrine qui le remplissent. — 0. Cordon fibreux qui unit le sac anévrysmal à — 7. la partie inférieure de l'artère poplitée. — 8. Origine de l'artère tibiale antérieure. — 9. Collatérale supérieure, naissant de l'artère fémorale. — 10. L'artère précédente s'ouvrant dans la cavité isolée. — II, 12. Collatérales inférieures , naissant de la même cavité. — 13. La collatérale 12 s'ouvrant dans la partie inférieure de Tarière poplitée.

Ossification et oblitération de V artère fémorale et de ses principales branches, ayant déterminé une gangrène sênile. i^Cadavre d'un homme âgé de soixante et quelques années : pavillon de l'Ecole-Pratique , 1814.)

Les trois premiers orteils et la partie interne du pied droit étaient le siège de l'affection connue sous le nom de gangrène séniîe.

Presque toutes les artères de ce cadavre offraient de nombreuses ossifications. L'artère fémorale droite, dont les parois étaient couvertes d'incrustations calcaires, de manière à représenter un tube solide dans plusieurs points de son étendue , était remplie, jusque vers la partie moyenne, par un caillot fibrineux assez compact , qui adhérait intimement à sa tunique interne. Ce caillot se prolongeait jusque dans l'artère poplitée et le commencement de ses divisions en tibiale et péronière : lesquelles étaient également couvertes de plaques osseuses. En examinant avec attention la structure de ce coagulum, je trouvai qu'il était traversé obliquement , au niveau de l'artère poplitée, par une plaque osseuse, longue de trois lignes environ et qui s'était détachée des parois artérielles auxquelles elle n'adhérait plus que par son extrémité inférieure : les fibres jaunâtres du caillot semblaient se mouler et se contourner sur cette plaque osseuse qui bouchait presque complètement la cavité du vaisseau et avait même probablement déterminé la formation du coagulum , l'oblitération de l'artère , et par conséquent la gène dans la circulation de lapartie inférieure du membre etla gangrène du pied. Les artères collatérales étaient remplies de caillots vers leur naissance : la circulation paraissait s'être continuée, bien que faiblement, par de petites anastomoses musculaires et quelques branches des collatérales qui n'étaient point oblitérées.

NO 1. Extrémité supérieure de l'artère poplitée. — 2. Extrémité inférieure de la même artère ouverte, afin de faire voir sa surface interne. — 3, 3. Coupes des parois de l'artère couvertes d'incrustations calcaires. — 4, 4. Incrustalions irrégulières visibles sur la face interne de l'artère. ■ — 5. Plaque osseuse n'adhérant plus aux parois artérielles que par son extrémité inférieure et plongée dans le caillot auquel elle adhère assez intimement. — 6, 6. Le caillot remplissant la cavité de l'artère. — 7. Extrémité inférieure du caillot coupé afin de laisser voir les incrustations, 4,4. — 8, 8. Artères collatérales oblitéréesi

Varices de la veine fémorale et commencement d'oblitération de l'artère du même nom , produite par In compression d'une hernie crurale épiploïque. (Cadavre d'une femme d'environ soixante ans. Pavillon de l'Ecole-Pratique, 1814.)

Ce cadavre présentait deux hernies crurales: l" Celle du côté droit, formée par un long appendice de l'épiploon, qui était dur et surchargé de graisse, était renfermée clans un sac globuleux assez mince, long de quinze lignes, légèrement rétréci à son collet. Ce sac descendait en dehors du ligament de Gimbernat , dans la gaîne de la veine et de l'artère fémorale , s'introduisait en partie entre ces vaisseaux , qu'il refoulait en avant et en dehors ainsi que le muscle pectine, sur lequel il reposait en arrière. L'artère fémorale offrait un rétrécissement de sa cavité, du à une transformation cartilagineuse de sa paroi interne et postérieure, précisément à l'endroit où elle était comprimée et déviée par la hernie; la transformation consistait dans une plaque cartilagineuse, blanche, solide, élastique, sorte d'épaississement de la tunique moyenne de l'artère. La membrane interne, en effet, et la tunique extérieure ou celluleuse était intacte; mais les fibres de la tunique moyenne avaient disparu , et semblaient être changées en cartilage. Cette concrétion comprenait, dans le sens transversal, à peu près la moitié de la circonférence de l'artère, et avait de neuf à dix lignes de longueur. Mince vers sa circonférence, elle était beaucoup plus épaisse à sa partie moyenne , et rétrécissait environ de moitié la cavité du vaisseau.

Le sac de la hernie du côté gauche, qui est représenté ici , avait la même forme , les mêmes rapports que dans le cas précédent, et opérait aussi une déviation de l'artère et de la veine fémorales, 11 renfermait une portion d'épiploon dure, comme squirreuse , avec laquelle il avait contracté quelques adhérences, l'artère fémorale, au niveau de sa déviation , offrait absolument le même épaississement cartilagineux de ses parois que celle du côté droit : déplus, la veine fémorale au-dessous de la hernie présentait une dilatation variqueuse assez considérable. J'ai constaté que les autres parties des artères fémorales sur ce cadavre , ainsi que les principales artères du corps , étaient exemptes de cette dégénérescence cartilagineuse, que l'on est bien en droit d'attribuer, ce me semble , à la pression locale des tumeurs herniaires sur les parois artérielles.

N" 1. Partie inférieure de l'artère iliaque externe. — 2. Artère circonflexe iliaque, coupée. — 3. Artère épigastrique , coupée. — 4, 4. Artère fémorale. — 5. Artère fémorale profonde. — 6. Ligne ponctuée indiquant l'étendue et la place qu'occupait la dégénérescence cartilagineuse des parois de l'artère fémorale. — 7. Partie inférieure de la veine iliaque externe. — 8,8. Veine fémorale. — 9. Veine saphène coupée. — 10. Dilatation variqueuse de la veine fémorale. — 11. Ouverture, et — 12. collet du sac herniaire. — 1-3. Corps du sac. — 14. Endroit où le sac passe derrière l'artère et la veine fémorales.

go

Coupe transversale de Tarière fémorale précédente au niveau de la dégénérescence cartilagineuse.

No 1 . Coupe de la dégénérescence cartilagineuse et épaisseur des parois de l'artère en cet endroit. — 2. Coupe des parois artérielles qui ont conservé leur épaisseur naturelle. — 3. Forme oblongue que présente la cavité rétrécie de l'artère.

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