HEREDITE
plus d'eux les tumeurs épidermoïdales et les fibromes héréditaires , toutes tumeurs qui se lient à des tissus très-déterminés et qui ne réveillent aucun soupçon de germe dyscrasique. La syphilis est presque la seule qui, dans quelques-unes de ses iormes congénitales, donne prise à cette opinion. uo ^ioon'jn'xizy b , L'autre série, beaucoup plus importante, des tumeurs hérédi^ taires renferme de ces cas où la maladie est , il est vrai , transmise par hérédité, mais n apparaît ou ne se développe qu'après la naissance ou à une période ultérieure de la vie^; trente années et plus peuvent se passer avant que le mal se déclare. Dans cette classe se rangent les tumeurs héréditaires du sein et de l'utérus, de la peau et de l'estomac, des glandes lymphatiques et des poumons. On sait que toutes ces formes se représentent fréquemment dans certaines familles. Le tubercule et la scrofule, la lèpre, lamélanose, le cancer et le cancroïde en fournissent des exemples. Ici il n'y a certainement qu une prédisposition. C'est de la prédisposition et non de la maladie que l'on hérite; car si c'était de la maladie elle-même , on devrait en reconnaître déjà quelque chose plus tôt. .Mais nous voyons que la maladie ne se développe qu'après une certaine durée de la vie extra-utérine, souvent à des périodes précises : par exemple chez les femmes aux périodes critiques de la vie sexuelle , lors de l'établissement de la menstruation , à l'occasion de la puerpuéralité ou bien lors de la ménopause. Dans ces cas, il nous faut bien admettre que les tissus de certaines parties du corps sont empreints d'une fâcheuse disposition, en vertu de laquelle, lorsqu'ils ont subi certaines actions extérieures ou qu'ils ont été atteints de certaines lésions, ils ne peuvent rentrer dans l'équilibre normal et revenir entièrement à leur état normal. On a souvent regardé une telle imperfection comme de la faiblesse, et ces phénomènes rentraient dès lors dans le domaine physiologique. Mais il est indubitable qu'ils doivent avoir un point de départ anatomique ou , comme on dit d'ordinaire , organique , qui ne peut être recherché que dans la structure intime et fine des parties 2. D'ordinaire il s'agit, dans ces cas,
•. ' Virchow, Gesammelte Abhandlungen, p. 51.
- J'ai traité avec plus de détails cette question à l'occasion d'un travail sur la différence entre la phtliisie et la tuberculose (W«rz6. Verh., 1852, t. III, p. 101), ainsi que dans mon Handbuch der spec. Palhol. u. Therap., I, p, 341.
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d'organes déterminés , tels que les poumons , la peau , les muqueuses de certaines régions; ou bien c'est un système déterminé , comme le squelette , le système uro-génital , le système vasculaire. Les faits les mieux observés à ce sujet concernent les animaux domestiques, par exemple dans la pommelière [morbus gallicuSj, Perlsucht) et dans la méianose, dont il sera traité plus tard avec plus de détail. Qu'il suftise ici de renvoyer à la disposition morbide particulière (prédisposition, vulnérabilité) des. animaux blancs (albinos)^. •Vv\\n\r>ut ob o^.oi?.*^! jnemonuoiiotoB - Mais une pareille imperfection peut aussi être acquise. Certaines maladies graves, en particulier celles qui s'accompagnent de lésions de nutrition , exercent une puissante action prédisposante. C'est ce que démontre, avant tout, l'histoire de la tuberculose. Mais, même en l'absence de maladie particulière, un âge avancé s'accompagne, dans le déclin naturel des choses, d'une somme toujours croissante de lésions, qui placent les tissus dans une prédisposition croissante. On connaît assez la forte proportion des cancroïdes dans la seconde moitié de la vie , et nous aurons plus tard encore occasion d'en parler.
D'autres observations viennent contirmer celles-là: il se développe plus tard des tumeurs dans les points qui ont été antérieurement le siège d'une maladie réelle de l'individu. Ainsi, il est bien établi que les cicatrices sont, dans certaines circonstances, le point de départ positif du développement de tumeurs (excroissances, kéloïdes, gommes). Mais une cicatrice consiste en un tissu qui, généralement, est incomplètement formé; en effet, elle ne reproduit pas d'ordinaire parfaitement dans sa texture la disposition type de la partie. C'est donc un cas bien distinct, où l'imperfection du tissu existant devient la cause du développement d'une tumeur.
Nous avons ensuite un cas déterminé dans les nœvi^ dans ces vices de conformation congénitaux, qui montrent visiblement une déviation de la disposition type de la partie. Les naevi peuvent , à un âge plus avancé, devenir le siège du développement d'une tumeur qui s'étendra plus loin, et alors elle est ordinairement
■ ;i3li( 'Kveuizer, G rundriss der gesainmten Velerinärmedbin. Erlangen 1853, p. 27. — Erdt, Der Albinismus der Thiere. Pommersche landwirthsch. Monatsscitr. 1861, p. 230,