KYSTES MUQUEUX
Cille qui est situé dans le tissu sous-cutané. Sous l'influence de la pression continue sur le crâne, les os s'atrophient successivement, et il existe, dans la littérature, des exemples où l'atrophie est allée jusqu'à une véritable perforation de l'os^. —
Si l'on cherche quelque produit analogue aux athérômes dans les muqueuses, on le trouve d'une manière frappante dans une certaine catégorie de hjstes muqueux , qui présentent toutes les diverses modifications , depuis le comédon et le grain de mil jusqu'aux formes accomplies de l'athérôme. Bien que cette analogie se trouve scientifiquement établie dans l'opinion déjà relatée (p. 211) que Bœrhaave avait sur les tumeurs ampullaires, et bien que quelques observateurs plus précis de notre époque - aient de nouveau insisté sur la nécessité d'embrasser dans une seule classe les maladies « des téguments généraux » , on n'en a pas moins , malheureusement, négligé cette comparaison instructive, grâce à la partialité extraordinaire avec laquelle on traite et on divise les différents objets de la question.
Des circonstances diverses y ont contribué. La division devenant tous les jours plus profonde entre la chirurgie et la médecine interne, la scission de l'anatomie et de la clinique, la séparation des tumeurs d'avec les autres produits pathologiques étaient déjà par elles-mêmes autant d'obstacles. Ajoutez à cela que, précisément au sujet de ces kystes , les limites qui en circonscrivent le domaine et les définitions ont subi les variations les plus grandes dans le cours des siècles, et que, en réunissant dans un même groupe des choses tout à fait hétérogènes, la formule dogmatique était exposée aux plus grands changements , suivant que l'on prenait tel ou tel objet pour base de la doctrine. Le nom dliydatis (aguula), limité dans le principe^ à une certaine « tumeur graisseuse siégeant au-dessous de la paupière supérieure et produisant le larmoiement », après n'avoir désigné qu'un mal du tissu adipeux
^ Rouget, Comptes rendus de la Société de biologie, t. II, p. 121. — Lebert, Bulletin de lu Soc. anat., 1850, p. 236.
* Rayer, Traité théorique et pratique des maladies de la peau. Paris 1827, t. II, p. 591. — Hodgkin, Lectures on the morbid anatomy of the serons and mucous membranes. Lond. 1840, t. II , part. I, p. 2.
^Oalenus, Defenit. med.
de Torbite, s'est peu à peu tellement étendu que Charles le Pois^, au dix-septième siècle , comprenait sous ce nom toute espèce de vésicules scabieuses et miliaires de la peau extérieure. Les vers kystiques furent naturellement rangés dans cette même catégorie; on y fit rentrer les kystes folliculaires proprement dits, les dilatations kystiques des canaux glandulaires , l'œdème vésiculeux , et il n'y a par conséquent pas lieu de s'étonner de ce que finalement l'on crût avoir trouvé le nom génésique dans la désignation d'hydropisie enkystée. La grande autorité de Ruysch-, qui s'appuyait principalement sur ses recherches touchant les môles hydatiques, fit plus tard prévaloir la théorie d'après laquelle les hydatides se formeraient dans la tunique celluleuse des vaisseaux sanguins , tandis que Nuck et d'autres^ les faisaient remonter aux vaisseaux lymphatiques. Aucune de ces théories n'a été, à une époque quelconque, unanimement acceptée, et cela avec raison. En effet, il n'existe aucune théorie générale des hydatides ou des kystes^ comme on a l'habitude de dire de nos jours. Les différents kystes doivent être placés dans diverses catégories de tumeurs, et chaque genre particulier de kyste doit être jugé d'après un autre type. Ici nous n'avons à nous occuper que des formes procédant des formations folliculaires.
Les différents culs-de-sac qui se rencontrent dans les muqueuses présentent en elles une grande diversité. Dans certaines muqueuses, comme dans celle de la vessie, des uretères, des conduits biliaires, nous trouvons des enfoncements plus aplatis , appelés cryptes , qui ont quelquefois un orifice à peine plus étroit que ne le comporte leur étendue , et qui gisent tout aplatis dans la muqueuse ; dans d'autres parties, comme au col de l'utérus, les cryptes ou follicules muqueux atteignent déjà une profondeur un peu plus grande. Puis viennent les utricules glandulaires plus allongées, quoique simples , telles que nous les rencontrons dans la muqueuse de l'intestin et de l'utérus ; puis les glandes racémeuses, qui vont de plus en plus profondément, comme dans la muqueuse respiratoire. Il peut même enfin arriver que les
' Car. Piso, Selectioriim observationum et consiliorum Liber singul. Lugd. Bat. 1733, p. 439.
-Frid. Ruysch, Thesaurus anatomicus, VI. Amstel. 1705, p.- 71. Adversaria analomica, decas. I. Amstel. 1717, p. 7.
= Van Swieten, Commentar., t. IV, p. 168; comp. t. I, p. 165.