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RÉTENTION DU CONTENU DES GLANDES MUQUEUSES

glandes apparaissent comme des organes indépendants à côté du canal tapissé par la muqueuse , comme dans la paroi postérieure de la trachée, où les glandes traversent toute l'épaisseur de la paroi trachéale et forment en dehors d'elle de grands appendices libres appliqués contre l'œsophage.

On comprend aisément, .par suite, que dans tous ces points où existent des difTérences tout aussi grandes, plus grandes même que dans les follicules pileux des diverses régions de la peau extérieure et que dans les glandes cutanées, on comprend, dis-je, que toutes ces variétés se rencontrent aussi dans les muqueuses , telles que nous avons appris à les connaître dans le tégument cutané externe. Lorsqu'il se fait une rétention dans les simples cryptes de la vessie urinaire ou dans des glandes aussi simples que le sont celles de Liberkühn dans le gros intestin , il est trèsprobable que cette rétention, dans le plus grand nombre des cas, ne se lie pas aussi facilement à une occlusion des orifices que lorsqu'une rétention semblable se ftùt dans les glandes beaucoup plus allongées de l'estomac ou de l'utérus, ou même dans les prolongements que les glandes rétro-trachéales forment vers l'extérieur. Le siège du kyste sera très-différent lorsqu'il y a eu dilatation à la suite d'une rétention et qu'il s'est formé une poche cystique. Dans l'un des cas, il sera tout à fait superficiel ; dans le second , il sera profondément situé dans la muqueuse ; dans le troisième , il gît tout à fait en dehors de la muqueuse.

Mais il est naturel que les rétentions avec perméabilité de l'orifice soient comparativement beaucoup plus rares dans les glandes muqueuses que dans les follicules pileux, parce que le produit de sécrétion y est plus mou, plus mobile, qu'il peut être bien plus facilement éliminé et qu'il est déjà expulsé par sa masse seule lorsque celle-ci est grande. Dans le fait, la rétention s'observe néanmoins souvent avec des orifices ouverts , et nous trouvons des comédons des muqueuses comme de la peau extérieure. Dans la vessie et l'urèthre on voit souvent de petites masses muqueuses ou de véritables concrétions s'accumuler, tandis que les orifices sont encore ouverts^. J'ai observé la même chose à plusieurs reprises dans la muqueuse du gros intestin, où la grosseur

* Virchow's Archiv, 1853, t. V, p. 4.03.

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des comédons mii({ueux ^ renfermés dans les glandes isolées de Lieberkühn était telle que l'on pouvait très-aisément reconnaître les orifices à l'œil nu.

Mais le plus souvent les orifices ne sont pas visiblement perméables. Je ne veux pas dire pour cela qu'ils soient en réalité chaque fois oblitérés; ils peuvent n'être que déplacés par suite d'une disposition en forme de soupape, et plus la dilatation grandit, plus l'orifice se resserre, de telle sorte qu'on ne le trouve pas aussi facilement. Mais dans d'autres cas il se fait de véritables atrésies des orifices, comme dans les catarrhes chroniques qui se compliquent de prolifération et épaississement de la surface muqueuse, qui finit par se rétracter.

Ainsi se forment les kystes, tantôt superficiellement, tantôt dans la profondeur. Il peut arriver qu'une muqueuse qui contient beaucoup de glandes, comme l'estomac, semble comme entièrement parsemée de grains de mil muqueux , apparaissant comme de petites perles ou des gouttes de rosée, ou farcie d'œufs de Naboth , comme on peut le voir directement sur le col utérin au moyen du spéculum. Car ces œufs, ainsi que déjà Ruysch^ l'a montré, et contrairement à l'opinion de Naboth^ et d'Ettmüller^, sont des kystes muqueux, et ils sont d'une telle fréquence que même les anatomistes tendent depuis longtemps à les décrire comme des éléments normaux. Morgagni^ en a donné une remarquable description.

En considérant les différentes formes de ces produits de muqueuses, on voit que, dans le même processus morbide, il peut y avoir des kystes plus superficiels ou plus profonds, suivant que la dilatation porte sur la partie supérieure ou inférieure de la glande. Dans l'estomac la plupart dés kystes sont situés si superficiellement qu'ils peuvent simultanément apparaître comme de petites saillies transparentes et comme des grains assez durs et arrondis. Mais parfois la même coupe microscopique montre en un endroit un kyste situé tout superficiellement, faisant même saillie au-dessus de la surface et, dans un autre point, un kyste

* Verhandlungen der Berliner Geburtshülß. Gesellseh., IStS, t. III, p. 204. - Ruysch, Adversaria anatotnica, dec. I, p. 4.

= Martin Naboth, Diss. de sterililaie mulierum. Lips. 1707.

* Ettinüller, Epistola problematica de ovario novo. Amstel. 1715. 'Morgagni, Advers. anal, prima. I.ugd. P.at. 1723, p. 47.

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