‹ Pathologie des tumeursChapitre 30 sur 42 · TISSU ADIPEUX SOUS-MUQUEUX · texte numérisé non relu

TISSU ADIPEUX SOUS-MUQUEUX

loniac et de la partie supérieure de l'intestiu grêle ^. Lebert^ donne le dessin d'un lipome sous-muqueux de la lèvre inférieure; Marjolin^ vit un lipome sous-muqueux sur le plancher de la cavité ^''^- '"^■ buccale, qui simulait une grenouil- ■"> i«*-"» « ^ lette; Joh. Fr. Meckel en rapporte un qui occupait l'extrémité inférieure de l'œsophage ; Rokitansky ^ un provenant d'un rameau bronchique.

Il est une autre catégorie des tissus prédisposés à la formation de la graisse: le (issu connectif interstitiel des muscles^ qui, chez les hommes et les animaux engraissés, se transforme en vrai tissu adipeux dans beaucoup d'endroits^. Certains muscles , ainsi avant tout ceux de la langue et du cœur, y sont particulièrement disposés. C'est, il est vrai, ordinairement une «infiltration )) diffuse, une obésité; mais parfois aussi on y observe de véritables lipomes. Paget "^ et Bastien^ en rapportent provenant de la langue. Il n'est pas rare de trouver dans le cœur de petits lobules de graisse, aussi bien entre les fibres musculaires qu'à la face interne de l'organe , sous l'endocarde ^ ; Albers ^ a trouvé un gros lipome fibreux dans la substance même du cœur. A ces formes se rapporte une partie des lipomes intermusculaires siégeant profondément, qui ont été si souvent observés sur le tronc et les extrémités, et dont Cruveilhier et Paget ^*^ ont réuni un grand

Mg. 90. Lipome unilobulaire sous-muqueux de l'estomac; près du pylore, de la grosseur d"une noisette. Grandeur naturelle (pièce n" 85 de l'année 1859).

' Joh. Fr. Meckel, Paihol. Anat., II, 2, p. 124. — Hodgkin, Lectures on ihe morbid anatomy of the serons and mucoiis membranes. Lond. 1840, II, 1, p. 322, — Rokitansky, Path. Anat., 1861, t. III, p. 171, 231.

^Lebert, Anat. path., t. I , p. 128, pi. XVI, fig. 4.

■'Cruveilhier, l. c, p. 312. — Cpr. Paget, Lect. on surg, path., II, p. 98.

'Rokitansky, l. c, p. 25.

--Path. celluL, p. 271, fig. 108.

** Paget, Lect. on surg. path., 11, p. 98.

'Bastien, Bullet, de la Soc. anat. de Paris, 1854, nov.

«Klob, /. c.

® Albers, Virchow's Ar eh., t. X, p. 215.

'»Cruveilhier, Traité d'anat. path., t. III, p. 306. — Paget, Lectures, II, p. 98.

nombre dans leurs ouvrages. Ils présentent quelquefois de grandes difficultés à l'opérateur, à cause du danger qu'il y aurait à léser des parties importantes. — C'est encore à cette forme, jusqu'à nouvel ordre, qu'il faut rapporter le cas observé par Lebert^ d'un lipome fibreux dans l'utérus, bien que le tissu interstitiel des muscles lisses ne soit du reste pas connu comme prédisposé à se charger de graisse.

Le mode de développement ultérieur peut à son tour servir de base à une division des lipomes en plusieurs formes , difl'érant entre elles parles phénomènes extérieurs. Nous avons d'abord le simple lipome tubéreux, qui prend une extension uniforme dans le tissu adipeux dans lequel il se développe , refoule peu à peu les parties voisines, forme une tumeur aplatie lorsqu'il siège à la surface, ne change pas du reste essentiellement de localité et ne contracte pas de rapports particuliers avec d'autres organes. Il ne présente pour ainsi dire pas d'adhérence avec les parties environnantes, jouit par suite d'une assez grande mobilité, s'énucléë facilement lorsqu'on l'opère, et semble, une fois mis à nu, couvert d'une enveloppe mince de tissu connectif avec des vaisseaux (kyste). Il est très-rare que cette enveloppe soit épaissie et adhère fortement aux parties voisines. Mais il ne faut pas confondre ce cas avec celui oii le lipome s'est développé de la profondeur et où des prolongements de celui-ci s'étendent encore jusqu'au point de départ primitif. C'est ainsi qu'un lipome peut se présenter au bassin, se faisant jour dans la région fessière en passant au travers de l'échancrure sciatique, ou bien à la partie antérieure de la paroi thoracique, tandis qu'il provient du médiastin antérieur : conditions bien importantes au point de vue de l'extirpation de ces tumeurs.

Cette première catégorie renferme le lipome ordinaire sous-cutané ; il se rencontre le plus souvent dans les endroits où le tissu graisseux est le plus lâche, notamment où la peau est moins tendue, par exemple aux alentours de l'aisselle et de l'épaule, au siège, aux cuisses; mais il peut en général se produire dans toutes les parties renfermant de la graisse. Plus la peau est tendue, plus la pression qu'elle exerce s'oppose au développement du lipome. Ainsi s'explique bien la rareté extraordinaire de ce

' Lebert, Atlas d'anal, patli., pi. XVI, fig. H, t. I, p. 128.

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