‹ Pathologie des tumeursChapitre 36 sur 42 · U:-\CI10.\DRÔMI<:S INTKRNES KT PATERNES DES OS · texte numérisé non relu

U:-\CI10.\DRÔMI<:S INTKRNES KT PATERNES DES OS

lantôt siiiiplenient en un tissu fibreux dense et tantôt en substance osseuse. Ce sont ces cloisons qui renferment les vaisseaux: les noyaux proprement dits sont absolument dépourvus de vaisseaux (p. 47/i). Les cloisons l'eprésentent en partie l'ancien tissu non transformé en enchondrôme, le reste du parenchyme, préexistant, et en partie elles sont formées par de nouveaux tissus hyperplasiques qui se développent à côté de l'enchondrôme et en même temps que lui. JMoins cette masse interposée est considérable, plus la coupe présente une surface pfane; plus la couche interlobulaire est lâche et épaisse , plus on voit avec netteté les différents nodules séparés les uns des autres (p. /i87).

Jusqu'à présent, dans mon exposé, je me suis tenu essentiellement à l'enchondrôme intérieur primitif des os. 11 me reste à ajouter quelques observations sur les formes extérieures. Elles diffèrent des premières en ce qu'elles manquent de période latente et de coque osseuse. Dans le fait, ce dernier caractère ne peut servir de signe distinctif véritable , puisque les enchondrômes internes peuvent aussi atteindre de bonne heure le périoste et suspenck'e sa disposition à l'ossification. La division proposée par A. Gooper en formes médullaire q[ péri astique serait en tout cas préférable s'il était certain que les enchondrômes internes proviennent toujours de la moelle et les extérieurs du périoste. La division de Jul. Vogel ^ en centrale et périphérique est meilleure, bien que l'on puisse aussi opposer à l'expression de centrale qu'elle n'est pas toujours exacte. Gruveilhier^ qui appelait autrefois ces derniers ostéochondrophytes, a proposé maintenant pour eux le nom périchondrome . Ces deux expressions ne me semblent pas convenir, la première déjà parce que l'addition du mot ostéon lui donne un sens double inadmissible, mais toutes deux parce que l'enchondrôme externe a essentiellement la même nature de tumeur que l'interne. Il ne faut seulement pas confondre avec cette espèce le Chondrome osteoide comme cela est souvent arrivé. C'est pourquoi je préfère dire dans ce cas enchondrôme externe ou périphérique.

La présomption qui place dans le périoste le point de départ régulier de cette tumeur, a en tout cas pour elle beaucoup de vrai-

' Jul. Vogel, Pathol. Anal., p. 193.

- Cruveilhier, Anal, path., livr. XXXIV, yl. 'i-ö. Traité d'anul. palli., l. 111, p. 781.

Il9'2 SEIZIÈME LEÇON.

semblance ; mais la démonstration précise n'en est souvent pas possible , et certains enchondrômes externes sont en général à considérer non pas comme périostiques , mais comme tumeurs corticales de l'os même. D'ordinaire la base de la tumeur est en corrélation intime avec le tissu osseux même, et Gruveilhier a remarqué avec raison que l'on peut souvent y distinguer trois couches différentes : une externe cartilagineuse , au-dessous de laquelle s'en trouve une crayeuse, qui en recouvre une troisième osseuse adhérant aussi solidement à l'os que l'externe cartilagineuse adhère au périoste encore persistant. Parfois même la tumeur se rattache à l'os par un pédicule ossifié i. La cavité médullaire de l'os peut être entièrement libre ou oblitérée par une ossification interne; cependant il est aussi des cas d'enchondrôme, où, bien que le développement extérieur prédomine, l'os contient également dans son intérieur, même dans la cavité médullaire, des nodules cartilagineux de nouvelle formation 2. Dans ce cas on ne rencontre pas ordinairement dans la tumeur aucune ossification ni crétification ; plusieurs cas ont présenté un ramollissement cystoïde trèsétendu.

Abstraction faite des ecchondroses, l'enchondrôme périphérique semble se distinguer essentiellement de l'interne en ce qu'il se développe à une période avancée de la vie , ce qui concorde avec cette observation que leurs sièges de prédilection ne sont pas non plus les mêmes. Ainsi le bassin ^ est souvent atteint d'enchondrôme périphérique, tandis qu'il n'est que très-rarement le siège d'enchondrômes^ internes bien reconnus pour tels. Il s'y produit des tumeurs très-volumineuses^ toutefois le plus souvent dans les endroits qui répondent aux synchondroses et aux soudures cartilagineuses antérieures, comme au pourtour postérieur de l'os iliaque et du sacrum, à la branche horizontale du pubis etc. Il en est

' Gluge, Atlas, livr. IV, tab. I, lig. 10, 11 , p. 9. — Rouyer, Bullet, de la Soc. anat., 1857, p. 50.

-Paget, Lectures, II, p. 193.

= John Hughes Bennett, On cancerous and cancroid groiuths. Edinb. 1849, p. 110. — Fichte, /. c, p. 58 (planche). — Ed. Graf, De enchondromate , p. 17. — Gruveilhier, Traité d'anat. palh., t. III, p. 792. — H. Meckel, Charité-Annahn , Vil, 2, p. 70. — H. Hildebrandt, Be enchondromate quodam in pelvi observato. Diss. inaug. Regiom. 1856. — A. Förster, Wiener Med. Wochenschrift, 1858, n« 22, p. 381.

*Dolbeau, BuUet. de la Soc. anat., 1859, déc, p. 338.

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