‹ Pathologie des tumeurs (volume 2)Chapitre 10 sur 11 · VINGTIÈME LEÇON · texte numérisé non relu

VINGTIÈME LEÇON

pour le moment une plus grande importance à la concomitance d'une tuberculose générale qu'aux caractères des tubercules isolés. Toutefois on trouve, sous ce dernier rapport, un auxiliaire utile dans l’enkystement des tumeurs gommeuses par des couches charnues ou calleuses du tissu connectif, ainsi que dans les dimensions plus grandes des cellules isolées.

La présence de si grandes altérations dans le cœur, bien qu’elles ne se développent que sourdement, entraîne cependant des troubles fonctionnels considérables, surtout parcequ’il peut se faire dans les parties qui présentent ces changements des thromboses des parois et même des anévrysmes partiels du cœur. Le plus souvent il en résulte des troubles considérables de la circulation, surtout de la cyanose, de la dyspnée, de l’œdème; la mort subite par syncope? peut en être la conséquence.

J'ai déjà ailleurs ? attiré l'attention sur l'existence d'une myocardite /ibreuse simple, autre que la myocardite gommeuse. Cela est sans doute assez difficile à démontrer ; mais quand on examine, à l’autopsie, un grand nombre d'individus atteints de syphilis constitutionnelle, on en trouve assez qui présentent des cicatrices fibreuses multiples dans le tissu musculaire du cœur, sans que l'on puisse en donner une autre étiologie. Ce point mérite, du reste, un examen plus approfondi, comme aussi l'existence d’une endocardite syphilitique ®.

Ilenest de même des autres parties du système vasculaire. Dans mon grand travail, j'ai attiré l'attention sur ce fait que l'inflammation gommeuse présentait une assez grande analogie avec l’endoarterite deformante, qui conduit à la sclérose et à l'athéromasie. J'ai aussi montré que les tumeurs gommeuses peuvent affecter les parois artérielles. Depuis cette époque, j'ai vu un cas de syphilis constitutionnelle très-remarquable à ce point

* Dans lo dernier cas que j'ai observé, où l'infection primitive remontait à dix-huit ans auparavant et où le malade avait été admis à la Charité pour des ulcères de la jambe, il fut pris subitement pendant la nuit quelques jours après la guérison de ces ulcères, de palpitations et de douleurs de poitrine ; vers le matin survint une dyspnée cousidérable, et dix minutes après, le malade mourut.

* Virchow's Archiv, t. XV, p. 28

* A. Fürster (Würab. med. Zeitschr., 4863, t. IV, p. 7) parle d'une endocardite syphilitique chez un petit garçon de six semaines, sans cependant démontrer en quoi elle était syphilitique.

4 Virchow’s Archiv, t. XV, p. 824.

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