‹ Pathologie des tumeurs (volume 2)Chapitre 9 sur 11 · VINGTIÈME LEÇON · texte numérisé non relu

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contraire, un tissu conneclif plus dense et calleux (vol. 1, p- 303); mais jamais il n'en résulte de tumeur dans le sens moderne du mot, et si de semblables maladies ont été désignées autrefois! sous le nom de fongus articulaire, cette dénomination n'a plus pour nous qu'un intérêt historique. — On peut ranger dans la même catégorie plusieurs inflammations granuleuses ettrachomateuses des muqueuses, par exemple l'ophthalmie d'Égypte, certaines granulations du col de l'utérus. En les mentionnant ici, je liens à rappeler que la structure anatomique ne révèle pas l'étiologie de ces affections, mais que le caractère inflammatoire de l'affection locale réunit les affections qui ont l’&tiologie la plus différente.

Dans certaines circonstances, les granulations qui se trouvent habituellement à la surface des plaies peuvent proliferer davantage, prendre la forme d'un fongus ou, comme on dit, d'une fongosite, et se rapprocher par là de l'aspect d'une tumeur, quoique d’un pelit ‚volume?. C'est ce qui arrive le plus souvent dans les granulations des formations fihreuses, par exemple sur les tendons, les aponévroses, le perioste. Cela peut rendre le diagnostic difficile. J'ai vu, à plusieurs reprises, des tumeurs fongueuses de la sclérotique , survenues à la suite de blessures et d'opérations, ressembler assez, par leur aspect extérieur, à un sarcôme ou à un cancer, Il peut même arriver que, sans cause traumatique appréciable, un fongus granulant apparaisse et se développe sur un tissu qui ne présente du reste aucune lésion de continuité, et revête un aspect trös-inquidtant, Telles sont certaines exeroissances de la pulpe dentaire dans les dents cariéesi, ainsi que diverses épulis intra et extra-alvéolaires, que

*Grashuis, Eteroitatio med. chir. de seirrho et eureinomate, p.88. — 3. B. Böttcher, Abhandlung von den Krankheiten der Knochen, Knorpel und Sehnen. Königsb. und Leipe. 4709, Ill, 2, p. 228,

* pr. ce qui a été dit sur le fongus Lenin du testicule (p. 467).

U y a très-peu de temps que M. de Grafe me montra un homme qui portait près du bord de la cornée, sous la conjonetive, une Lumeur plato, d'un jaune blanchAlre, que nous regordämes tous les deux comme un cancroïde. Une partie de Ja tumeur ayant ed enlerée, je n'y trouvai qu'un tissu de granulation avec des cellules rondes à un où plusieurs noyaux, et la plupart Irös-petites. Une opération plus profonde mit à nu de peus foyers purulents.

*Boll, On the teelh, 9* bdit,, 1838, p. 207. — James Salter, Guy’s Hosp. Rep,, 3" sé0, vol. IV, p. 281, pl. II. —E, Albrecht, Die Krankheiten der Zahnpulpa, Berlin 1838, p. 73, — Magitot, Mém. sur les tumeurs du périoste, p. 86.

nn.

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L'importance du phénomène me fait de suite ajouter que, selon moi. cette périostite ne provient pas directement de la dyscrasie, mais qu'elle fait supposer de son côté des causes occasionnelles locales. On peut démontrer tres-souvent une influence traumatique, ou bien, comme John Hunter! Le fit surtout ressortir, une influence rhumatismale? (p. 75). Cette influence n'aurait, sans la présence simultanée de la syphilis, donné lieu qu'à des troubles tres-passagers. J'ai cherché a expliquer que si tout choc, tout refroidissement éprouvé par un syphilitique ne produit pas une periostite spécifique, cela vient de ce que, dans la syphilis, la dyscrasie n’est pas non plus permanentes, mais que. partant des foyers d'infection eux-mêmes. elle parait ou disparaît, suivant la quantité de matériaux virulents qui sont alors mis en liberté. C'est la virulence de ces matériaux qui explique pourquoi la périostile est tantôt gommeuse (spécifique) et tantôt ne l’est pas.

Cette manière de voir est, sans doute, tres-hypothetique; mais, assurément, elle n'a rien d’arbitraire. L'observation ultérieure montrera si elle peut subsister, ou s’il faut la remplacer par une autre. Elle me semble dès a présent avoir cette valeur, qu'aucun fait ne lui est contraire, et qu’elle permet de résoudre toutes les questions principales.

Ainsi que je l'ai déjà fait voir (p. 394), la périostite syphilitique a pour pendant l’osteite et l’osteomyelite syphilitiques. La seconde surtout présente une tres-grande importance pour l'étude des nécroses syphilitiques qui produisent quelquefois des désordres si grands dans le système osseux. C'est ici la moelle osseuse, surtout celle de la substance spongieuse et du diploë, qui est le siége de l'affection. Quand celle-ci atteint un certain degré de spécificité, il se produit des tumeurs gommeuses # avec dégénérescence caséeuse ; dans leur intérieur, le tissu osseux meurt (nécrose), tandis que tout autour se développe un travail de dé-

philitique du sommet du crâne, qui, d'après sa description, présente les caractères d'un grand ostéôme.

* John Hunter, A frealise on the veneral disease. Lond. 1786, p. 807.

* Virchow's Archiv, t. XV, p. 256.

*Ibid., t. XV, p. 882.

+ Ricord , Clinique icosographique , pl. 28 bis et 89 bis. — Rouget, Bull. de la Soc, anat., 26% année, p. 363. — Dittrich, Prager Vierteljahrsschr., 4849, 1.1, p. 90. — Pièces de notre collection nes 87 a et 45 de l'année 1859.

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tiellement passif, qui ne doit pas être considéré comme syphilitique, mais plutôt comme cachectique.

Ce n'est pas ici le lieu de traiter plus longuement de ces processus, qui ne produisent en général rien qui ressemble à une tumeur, Je devais seulement les mentionner pour faire voir qu'il faut distinguer dans le foie des processus tantôt plus simples, tantôt plus spécifiques, et que la syphilis du foie ne montre pas moins de variétés que la syphilis cutanée, qui est plus facile à observer et que, pour ce motif, on connaît mieux. L'évolution des phénomènes, telle qu'elle a lieu dans le foie, est encore dans bien des endroits très-peu tirée au clair. Ainsi il n’est pas encore possible de déterminer avec exactitude, ce que, du reste, je regarde comme probable, que les formes simples sont, en général, primitives, et que les formes gommeuses ne se développent que sur le terrain que les premières ont préparé; que les premières répondent à la forme secondaire et les autres à la forme tertiaire de l'affection locale.

Sous ce rapport, la syphilis congénitale et, dans beaucoup de cas, la syphilis héréditaire du foie présentent un intérêt tout partieulier. Gubler4 en a le premier constaté l'existence avec assez de précision, et il a le mieux décrit une de ses formes. Depuis lors, les observations se sont multipliées, et j'ai eu moi-même de très-nombreuses occasions d'en examiner? J'ai reconnu ainsi que la forme gommeuse était assez rare ? et qu’en général elle ne forme pas de tumeurs sèches et jaunes, mais ou bien des tumeurs plus solides, blanchätres, plutôt fibreuses, ou des tumeurs plus molles, rougeätres ou brunätres, et renfermant de plus nombreuses cellules. Les éléments cellulaires atteignent en même temps parfois un degré de développement bien plus avancé‘. On rencontre plus souvent une hépatite intersti=

*Gubler, Mém. de la Sue. de Biologie, 185%, 1. IV, p. 25. # Virchow, Gesammelte Abhandl., 1856, p. 505. Une partie des cas que j'ai vus de syphilis congénitale se trouve da:

1863, L IV, p. 15) sous les ne 20-30; une autre partie dans l'ouvrage posthume ds, F, v. Bæreasprung (Die hereditære Syphilis. Reclin 1464), Bamberger, Handbuch der spec. Path. und Therapie, Se édit Erlangen 4868. £ VI, 4, p. 308. — Tastelin et Thiry, Gas. hebd. de med. et de chir., A889, pi AML,

Proust, Bullet. de la Soc. anat., 1869 , p. 398, — Canton, Transact, o/ the Path. Soe, v. Berensprung, I. 40, 189, tab, L, fig. 4:

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