‹ Pathologie des tumeurs (volume 2)Chapitre 7 sur 11 · IB · texte numérisé non relu

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Quelques variétés de sarcôme ont été présentées, précisément à tort. sous un jour trop favorable parce que d'ordinaire on en obtient la guérison durable. J'y range particulièrement les sarcômes fuso-cellulaires (la tumeur fibro-plastique) et le sarcôme giganto-cellulaire (la tumeur myéloïde). Tous deux procèdent fréquemment de parties relativement dures. le premier d’aponevroses ou de membranes. le second des os. parties qui dès le début sont enlevées dans une grande étendue. Ils ont aussi, sans nul doute. une moindre tendance à s'étendre dans le voisinage ou aux parties plus éloignées. Mais cette faculté ne leur manque pes non plus. Nous ne sommes en droit jusqu'à present de la nier presque entièrement que dans les fibro-sarcômes tout à fait durs qui se rapprochent des fibrômes, et particulièrement dans les sarcomes cicatriciels. Certains organes, en outre, par exemple le cerveau. montrent une très- faible disposition à la propagation du mal.

Le chirurgien a principalement deux signes qui l’avertissent du danger imminent de l'infection. Le premier est l’adherence, qui indique l'extension de la tumeür de son tissu matriculaire dans ke voisinage. la production de nouvelles parties de tumeur dans le tissu voisin. Ceci est évidemment un degré d'infection locale plus élevé que la zone latente. mentionnée plus haut. du tissumère lui-même. Le second est la perforation des parois de cloisons plus résistantes, qui empechaient la tumeur de se propager. L'observation montre que certains sarcômes ont été séquestrés longtemps par des parties environnantes plus résistantes. Ce sont les couches cartilagineuses qui nt le plus. Les sarcômes des extrémités articulaires sont limités presque chaque fois au cartilage articulaire, de sorte que les cavités articulaires restent longtemps protégées. Plus tard le sarcôme croit autour du cartilage, pénètre dans l'intérieur de l'articulation. et le cartilage alors peut être entièrement englobé dans une masse sarcomateuse , mais il ne montre presque aucune possibilité de se laisser infecter. Une résistance analogue, quoique plus faible, se voit dans d'autres denses, notamment dans les membranes fibreuses, dans les parois des gros vaisseaux. Tant qu'un sarcöme est enfermé dans un os. la dissémination tarde à se faire dans le voisinage. Lorsqu'enfin la couche corticale osseuse ou même le périoste est perforé, alors commence tout d’un coup une croissance

ÉCHELLE DE MALIGNITE DES SARCÔMES. 263

plus rapide. Il en est à peu près de même des sarcömes de l’interieur de l'œil, qui partent de la rétine ou de la choroide et qui restent longtemps enfermés dans le bulbe. S’ils percent enfin la sclérotique, qui oppose ordinairement une résistance assez considerable, il paraît d’abord une petite tumeur à l'extérieur de cette membrane, et seulement alors la croissance devient rapide. Il en est de même des aponévroses. Les sarcômes des extrémités articulaires des os longs, qui sont par eux-mêmes si malins, restent un certain temps sous-aponévrotiques. Plus la tumeur croit, plus l'aponévrose est tendue et plus elle réprime fortement la tumeur; aussi longtemps que l’aponévrose reste intacte, l'organisme se trouve relativement protégé. Mais une fois l'aponévrose perforée, alors la croissance locale devient très-active et la tumeur tend à se propager au loin.

C'est d'après toutes ces circonstances qu’il faut apprécier chaque cas particulier, sans jamais perdre de vue que la malignité des sarcômes ne saurait être mesurée suivant une donnée absolue et invariable, mais qu’elle doit toujours dépendre de l'examen des conditions individuelles, tant du malade que de l'organe atteint. L'observation d'un cas isolé ne conduit souvent qu'à une fausse appréciation d’un autre cas, et les règles générales de la malignité ne s'appliquent qu'aux sarcômes médullaires, surtout à ceux qui sont colorés et qu'on appelle ordinairement mélanoses.

En général, la malignité est plus grande dans les sarcömes qui sont très-riches en cellules, et surtout riches en petites cellules. Ces formes sont ordinairement en même temps molles; car plus il ya de cellules, plus la consistance est faible et moins la structure a de cohésion; ces tumeurs sont presque fluctuantes, elles se ramollissent, s’ulcerent et saignent facilement et leurs éléments ont peu de stabilité. Tous les sarcômes médullaires sont très-suspects; quand on en extirpe un, on peut toujours porter un pronostic douteux. Ce n’est que pour les tumeurs toutes récentes , encore entièrement localisées , telles qu'on les trouve surtout aux os, qu'une guérison*sûre peut être obtenue par une opération faite de très-bonne heure. Mais il arrive très-souvent que lorsque le fongus a déjà atteint, lors de l’exlirpation, une certaine dimension, il s’est déjà formé dans des organes internes de nouvelles productions analogues, qui entraînent la cachexie et

ka mort. Quant à la forme des crilul= . qu'elles séent rondes où fasiformes ou radiers. cela est indifférent ; il faut seak-ment qu'elles sent nombreuses. La zrandeur des cellues. par contre. n'est pas sons importance. Tous les saroimes à petites cellules sat plus dangerous que veux qui mi de grandes cellules. Des sarcômes mens; a cellules gigantesques multinucléaires. donnent mème comperatisement un pronostic tres-favorable ; les fibro-sarcômes à cællules fasiformes colossales sont pour la plupart solitaires; les glio- et les myxo-sarcömes à petites cellules. au contraire . ne le cent guëre aux cancers sous le rapport de la malignite.

La conformation de l'organe, ses connexions arec le reste du corps, notamment ses relatims acer le système vasculaire sanguin et lymphatique sont aussi importantes que la structure de la tumeur. Les sarcômes du testicule sont plus enclins a la metastase que ceux de l'ovaire. quoique tous deux ils possèdent ordinairement des éléments globo-cellulaires. Les sarcômes fuso-cellulaires du cerveau sont presque sans exception solitaires, tandis que ceux des os sont plus souvent multiples. Les sarcômes des aponévroses donnent un pronostic plus favorable; dans ceux des membranes muqueuses on voit les glandes Iymphatiques et les organes plus éloignés s'infecter de très-bonne heure. On peut donc dire que la méme tumeur peut avoir une valeur tres-differente suivant l'endroit où elle siège, et puis, à ce méme endroit, suivant les différentes conditions.

Des organes différents présentent toutefois une disposition trèsdifférente à produire les divers espèces de sarcômes. Des tissus mous et riches en cellules produisent plus fréquemment des sarcômes également riches en cellules. Il faut ranger parmi eux notamment le tissu interstitiel des muscles et de beaucoup de glandes, particulièrement celui du sein, du testicule et de l'ovaire; ici rentre la moelle osseuse et le tissu de certaines membranes muqueuses. Dans l'orbite, la cage thoracique et l'abdomen, on trouve quelquefois les sarcômes medullaires les plus volumineux, de la grandeur d’une tête d’holnme et encore plus grands, sans que l’on puisse souvent dire dans quelle partie ils ont eu leur point de départ. Les sarcdmes du mediastin se rangent parmi les sarcômes les plus volumineux et les plus dangereux. Ils sont presque toujours à petites cellules et d’une structure qui rappelle

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