II. TUMEURS BLANCHES DES ARTICULATtONS OCCIPITO-ATLOIDIENNE
ET ATLOIDO-AXOIDIENNE.
Désignées aussi sous le nom de mal de Pott cervical, ces tumeurs blanches s'observent assez souvent. Elles présentent des phénomènes particuliers que leur importance nous force à décrire séparément.
L'inflammation chronique, qui les constitue , peut débuter par les os , ou, plus fréquemment, par la synoviale.
Ces lésions ne diff'èrent pas de celles que nous avons étudiées sous le titre de Tumeurs blanches en général.
Il en est de même des causes.
Nous aurons à dire quelques mots des symptômes, de la marche, de la terminaison , du diagnostic et du traitenipnt.
Symptômes. — Il existe une douleur , d'intensité variable , partant du point malade pour s'irradier vers la tête ou vers le cou. La pression sur le cou , sur la tête , de haut en bas . et la déglutition l'exaspèrent. Pendant longtemps, les symptômes se bornent à cette douleur , qui s'accompagne d'un certain degré de rigidité , due à la contracture instinctive des muscles sous l'influence de la douleur.
i^ PATHOLOGIE CHIRURGICALE.
Plus tard- la région se déforme, et cette déformation tient au gonflement'périphérique , aux abcès par congestion et au déplacement des os.
Le gonflement siège à la partie supérieure , latérale et postérieure du cou 5 où Ton trouve même de l'empâtement. Il est déterminé par un afflux de sang vers le tissu cellulaire sous l'influence de l'inflammation profonde.
Les abcès par congestion^ qui prennent leur origine au niveau des articulations malades, se montrent sur les parties latérales du cou, audessous du sterno-mastoïdien, ({uelquefois au niveau de la nuque ou en arrière du pharynx . où ils constituent une variété d'abcès rétro-pharyngiens.
Le déplacement des os est variable et dépend de la carie , de l'usure qui frappe plus ou moins profondément certaines parties de ces vertèbres. Tous les déplacements sont possibles. On a vu l'occipital se porter eu arrière, en avant et à droite de l'atlas, celui-ci s'incliner en avant ou eu arrière sur l'axis , sur un côté, ou décrire un mouvement de rotation ; enfin on a observé une luxation double de l'occipital sur l'atlas et de celui-ci sur l'axis.
lo Si le déplacement se fait en avant , la tête est fléchie sur le cou et ne peut être redressée ; l'apophyse épineuse de l'axis forme une tumeur au niveau de la nuque.
2o S'il a lieu en arrière, ce qui est rare , la tête est étendue.
3® Lorsque les os sont fortement altérés sur un côté, ils peuvent se luxer ou simplement s'incliner; il y a un torticolis du même côté.
40 Si le déplacement se fait par rotation , la tête tourne sur son axe, et la face regarde le plus souvent du côté opposé à la lésion.
Nous avons déjà dit que les muscles sont contractures dans le voisinage et qu'ils maintiennent la tête et le cou immobiles, de sorte que le malade ne peut pas faire exécuter à sa tête des mouvements de rotation.
Marehe. — Terminaison. — Dans certains cas , la marche de cette maladie est plus simple, et les malades guérissent avec une ankylose plus ou moins complète. Il arrive souvent que , dans les déplacements des os, le bulbe se trouve comprimé , principalement par Tapophyse odontoïde. Si cette compression est brusque, la mort est subite; mais si elle est lente, le malade peut s'y habituer, vi\Te un certain temps, en présentant des symptômes plus ou moins accentués de paralysie. Il n'est pas rare d'observer l'inflammation du bulbe et de ses enveloppes. La mort peut sur>'enir par asphyxie, celle-ci étant causée par un abcès rétropharyngien qui soulève le pharynx et comprime l'orifice supérieur du larynx. Enfin, la terminaison funeste peut se montrer, comme dans les autres tumeurs blanches, par infection purulente ou putride, etc.
Dia^nosiie. — La déformation , l'absence de tout mouvement , la présence des abcès , empêcheront de confondre ces tumeurs blanches avec un simple torticolis. (F. Abcès rétro-pharyngiens, pour le diagnostic de l'abcès.)
SPINA-BIFIDA OU IIVDRORACHIS. 15
TrAltcneni. — En général , on ne réduit pas ces luxations ï<|)ontaiiées; on ne serait autorisé à le faire que dans le cas oii la compression du bulbe existe et où la mort est im- ,
minente. En effet, en cherchant à \^ /■? ^ /
réduire . on peut amener des dépla- Itl ^T"^ /
céments qui n'existaieilt pas. et tuer ° ' w^iïlk '^^y /
Le plus souvent on se contente » '"^Sl^SÊÊÊÊ^-- '
d'appliquer un appareil, collier, au- ^^gnâlSj^^B^^'
tour du cou , ou barre métallique le "^^iKH^^^^Sil^Kl' '
lont; de la colonne vertébrale, avec ^^^l^^^^lKnwl^^^lL
uu cercle également métallique qui j"' /^^S^^^'i \ \^^^^
lîxe la tête sur la colonne verte- ■" r e* i '
brale. Le meilleur appareil est celui „,„ , r, „■ j .- ,. - ^ - ,
. . , '^•^ , Pin. 3. — Collier destiné à maintenir la
qui maintient le mieux dans I im- tête dans une position llie, de manière
mobilité. C'est ainsi qu'on peut ob- ù immobiliser les articulstioQB de la tenir l'ankylose. ^'^ ^"""^ '^ colonne Tert^bralc.
(Juant aux abcès , il ne faut les ouvrir que si l'on ne peut pas s'en dis^ penser, car on les voit quelquefois disparaître spontanément. (V. les leçons de M. Dolbeau.)
ARTICLE TROISIÈME