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MAL VERTEBRAL DE POIT

passer au-dessous de l'arcade fémorale et former un abcès à la partie interne du pli de Taine, le long des vaisseaux fémoraux. Ce liquide peut s'insinuer encore dans le canal inguinal et former une tumeur au niveau de Tanneau inguinal.

Le pus des abcès par congestion est quelquefois verdâtre, bien lié, et présente les caractères du pus de bonne nature. Souvent il est séreux et mal lié ; sa couleur est noirâtre ; il renferme des détritus musculaires et des gi*umeaux caséeux. Il n'est pas toujours possible de constater la communication de la cavité purulente avec la lésion osseuse, attendu que le trajet suivi par le pus s'oblitère quelquefois, se transforme en cordon fibreux, et subit une résorption plus ou moins complète.

Bym^iômem. — Le début est lent. On peut constater au niveau du point malade, avant la formation de la gibbosité, une douleur d'intensité variable, augmentant souvent avec les variations de l'atmosphère, et s'irradiant en forme de ceinture ; cette douleur peut persister pendant toute la durée de la maladie, et elle est exaspérée par la pression sur les apophyses épineuses des vertèbres malades et par une pression exercée de haut eu bas sur les deux épaules.

Le malade présente un peu d'incertitude dans les grands mouvements et une démarche chancelante ; cette difficulté des mouvements se fait surtout sentir dan^la flexion dû tronc.

La gibbosité se forme au niveau du point malade, le plus souvent à la partie supérieure de la région lombaire ; nous avons déjà vu qu'elle peut être arrondie et régulière, ou bien anguleuse. Le plus souvent elle se produit graduellement; quelquefois elle apparaît subitement, par exemple pendant un effort, lorsque les vertèbres sont réduites à une mince coque osseuse.

Cette incurvation de la colonne vertébrale amène des symptômes particuliers, qu'il faut examiner du côté de la moelle et des viscères comprimés.

La moelle ne présente pas toujours d'altération. Le plus souvent, on constate un affaiblissement des membres inférieurs, affaiblissement pouvant aller jusqu'à Idi paraplégie. Celle-ci peut être plus ou moins complète, affecter le rectum et la vessie, et s'accompagner de rétraction des membres. Ces symptômes tiennent à la compression de la moelle, de même que les mouvements réflexes (|ui succèdent aux excitations de la peau des membres inférieurs.

La compression des viscères thoraci({ues , résultant de l'incurvation de la colonne, détermine de la dyspnée, quelquefois de la toux.

Les abcès par congestion,, en quelque lieu qu'ils se produisent, se forment lentement et presque toujours sans douleur ; ils n'altèrent pas la couleur de la peau, ils présentent de la fluctuation, et, lors(|u'ils siègent au pli de l'aine, ils sont réductibles, comme les hernies.

■arche. Durée. Terminaisoii. — La marche est lente, surtout lorsque la lésion est très-limitée. La maladie dure rarement moins de

cinq à six mois; il est fréquent de la voir persister pendant plusieurs années. Elle peut se terminer par la guérison ; la gibbosité persiste, et les abcès par congestion se tarissent. Ce mode de terminaison s'observe surtout dans la forme enkystée.

Lorsque la mort survient, elle peut être due à des phlegmasies viscérales par propagation de Tinflammation, à des complications tenant à l'ouverture des abcès, à l'abondance de la suppuration , à l'infection purulente, à l'infection putride, ou au progrès de tubercules pulmonaires ([ue Ton observe quelquefois chez les malades.

C«a«e«. — On ne connaît pas la cause iminédiate du mal de Pott ; il parait se développer chez des sujets prédisposés, sous l'influence de causes débilitantes, et c'est probablement à ce titre qu'on a accusé la masturbation. Il est certain qu'il est plus fréquent chez les enfants, et particulièrement chez les lymphatiques et les scrofuleux. On peut donc, dans la plupart des cas, considérer cette maladie comme une expression de la scrofule, au même titre que la carie et les tumeurs blanches, dont elle ne diifère pas.

Di«irno«iic. — Au début, il suffit d'examiner attentivement le malade pour ne point confondre le mal de Pott avec le lumbago ou une névralgie. Lorsque la déformation existe, on peut confondre la maladie avec une difformité rachitique; dans ce dernier cas, le malade .présente une foule d'autres lésions osseuses, et l'on ne trouve pas les symptômes locaux du mal de Pott, ni des abcès par congestion. Il faut être prévenu qu'il existe quelquefois des anomalies anatomiques consistant en des saillies plus ou moins prononcées des apophyses épineuses.

Pronofltie. — Cette maladie est grave. On considère généralement la production de la gibbosité comme une circonstance heureuse et favorisant jusqu'à un certain point la guérison.

Traitement. — Le traitement doit être dirigé vers l'état général, vers l'état local et vers les abcès par congestion.

Traitement général. — Placer le malade dans de bonnes conditions hygiéni(|ues. le soumettre à un traitement tonique et aux diverses préparations iodées ou ferrugineuses, selon les cas.

Traitement locaL — Beaucoup de chirurgiens ont fait usage de révulsifs au niveau du point malade : cautérisation transcurrente, cautères, moxas. vésicatoires: mais ces moyens sont app1i(|ués trop loin du siège de la lésion pour être efficaces. Le seul traitement rationnel consiste à immobiliser complètement la colonne vertébrale dans sa position normale, et ù favoriser ainsi la disparition des phénomènes inflammatoires et la formation de Tankylose.

Traitement des abcès. — Lorsque l'abcès est de petit volume, on réussit, dans quelques cas rares, à déterminer la résorption du pus, en traitant l'état général, en comprimant doucement l'abcès, en appliquant des vésicatoires volants ou en badigeonnant tous les jours la surface de la [)eau avec de la teinture d'iode.

TUSfEURS BLANCHES DES ARTICULATIONS. 13

Si l'abcès continue à se développer, on ne peut plus espérer la résorption du pus. Dans ce cas, il vaut mieux, en général, faire un traitement palliatif que d'avoir recours à une opération, car il est très-fréquent d*obser>'er des accidents à la suite de l'ouverture de ces abcès. D'après M. Billroth, la vie des malades se prolonge, en général, davantage, si l'on n'agit pas directement sur l'abcès. Cependant, il est des circonstances qui forcent la main : par exemple, lorsqu'un abcès, venu des vertèbres cervicales, soulève la partie postérieure du pharynx et menace le malade d'asphyxie ; lorsqu'un abcès du pli de l'aine menace de s'ouvrir spontanément, ou qu'on a quelque raison de craindre l'ouverture de l'abcès dans une cavité splanchnique.

Lorsqu'on a résolu l'opération , il ne faut avoir recours à aucun des procédés qui mettent directement la cavité de l'abcès en communication avec l'air, afin d'éviter l'infection purulente ou l'infection putride. On rejettera, par conséquent, les caustiques, le fer rouge et les incisions. On donnera la préférence à la ponction sous-cutanée, faite avec un trocart, et, mieux encore, avec la seringue à aspiration de M. Dieulafoy, appareil fort bien confectionné, qui permet de retirer le pus de l'abcès par aspiration, de rejeter ce pus à l'extérieur, de laver à l'eau l'intérieur de l'abcès, et même de faire une injection de teinture d'iode, et de retirer ce liquide ; le tout, sans déplacer une seule fois l'instrument et sans laisser pénétrer une bulle d'air. Toutefois, on ne devra pas injecter la teinture d'iode dans tous les cas ; on s'en abstiendra, par exemple, s'il existe une inflammation circonvoisine, et l'on réservera son usage pour les vieux abcès qui auront récidivé plusieurs fois.

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