‹ Pathologie et clinique chirurgicales. v. 1Chapitre 121 sur 317 · CHANCRE MOU OU SIMPLE · texte numérisé non relu

CHANCRE MOU OU SIMPLE

Onrée. — La durée du chancre mou varie depuis quelques semaines jusqu'à plusieurs mois.

TeroilniftNon. — Il guérit ordinairement, mais des complications que nous allons étudier peuvent iniluencer sa terminaison. Dans tous les cas, après la guérison, il ne reste qu'une cicatrice sans induration.

Complications. — Les complications se montrent sur le lieu même du chancre ou à distance.

Les complications locales sont : 1^ \ induration inflammatoire, causée par rinflammation des tissus sur les(|uels repose le chancre : c'est une dureté analogue à celle qui entoure les phlegmons; 2» Vinduratioti médicamenteuse^ déterminée par les divers caustiques : nitrate d'argent , acides, etc.; 3<> \e phagédénisme^ qui consiste en une extension rapide de l'ulcération; 4« des abcès et des fusées purulentes^ etc.

La plus redoutable de ces complications est le phagédénisme. (1 se montre sous deux formes principales : tantôt il s*étend en surface, tantôt il gagne en profondeur (phagédénisme térébrant). Il peut revêtir aussi la forme gangreneuse. Sa marche est lente ou rapide; aussi est-il difficile de fixer sa durée d'une manière générale. Ses conséquences sont souvent très-graves; on a vu le phagédénisme envahir non -seulement la totalité des organes génitaux, mais encore le périnée, les cuisses, l'abdomen, etc. Les ulcérations à forme térébrante détruisent profondément les tissus ; elles laissent souvent des difformités considérables, devant lesquelles la chirurgie est impuissante. Ajoutons que, pendant la période d'état de la maladie, les sujets sont en outre exposés à des accidents immédiats, tels qu'érysipèle, phlegmon diffus, hémorrhagies. Presque toujours aussi rétat général est mauvais; le malade, tourmenté par de vives douleurs, couvert d'énormes ulcérations, s'épuise et s'affaiblit progressivement.

Le phagédénisme n'est point causé par un virus particulier, comme l'ont cru quelques auteurs; il est dû tantôt à des causes locales (irritation du chancre, malpropreté, pansements défectueux, etc.), tantôt à des causes générales (excès, mauvaise hygiène, privations, affaiblissement). Souvent on est forcé de le rattacher à une véritable prédisposition individuelle.

Les complications qui se montrent a distance sont la lympfuingite et V adénite. Celte dernière constitue le bubon cfiancreux, bubon spécial, propriété particulière du chancre mou, ne ressemblant pas au bubon simple de la blennorrhagie ni à l'adénopathie syphilitique. Le bubon chancreux siège toujours dans les ganglions inguinaux superliciels; le pus qu'il fournit est inoculable, et donne un chancre mou; lorsqu'il s'ouvre, l'ouverture prend tous les caractères de l'ulcération chancreuse. il est en général monoganglionnaire. ([uel<iuefois multiple; on Tobserve dans un grand nombre de cas (^lig. 57).

MaffMosilc. - Dans les cas douteux, l'inoculation du malade même,

S60 PATHOIAXilË CUtRURUICALE.

l'auto-iiiociilulioii. t'claire le diagiioslic. Mais il iic Tant ciiiplojer cel moyen iju'avec une ({rande réserve, puisiju'il a pour n^sultat, quand ilj réussît, de doter le malade d un nouveau clianrre dont le* rnns^(|uence!i. J ai[isi que le d(5montre une observation roiilcnue dans un nouvel ouvrage *t de M. Liui^leltert. jietivenl rtre dL-saslreuses.

no. 6T. — BuIjoiiB (d'»pii'S Cullericr).

1 non mptofi- — i' CiMKta inoùi E>aglidnii»r« à b pinoie d'êUl , CDut^nlLIi t UM a WDlllpl* chancrcuu.

tl faut l'viter do prendre pour uii cliaiicre mou les ulcérations dd Vher|i(:s et le (■hancif induré. Les ul»Htîoiis de Vherpès sont ordinai<] roment plus superlîi'iellcs, plus petites, plus nombreuses i|uo celles dul etianere mou ; ellc^ succî-dunt à des vésicules : elles ont peu de tondancal à s'étemlre en surface. eiiIiD elles se réparent rapidement, Nous ref viendrons plus loin sur le diagnoslic différentiel des deux eitpècea (* chancres.

■*r«n««ti«. — U n'est pas grave en général. Xous cuvons que ( i-hancre ne donne pas la vérole. Il faut reconnaître toutefois ijue s complications peuvent présenter un certain deyré de Bravilt!,

TraiiAMient. — Le chancre mou ne doit pus être traité par le mercure Nori-seuleniepit le mercure ne le {jucrît pas, mais son emploi exaspèl l'ulrcratiun, ijui lait de» progn-s plus rapides. En topique mi*me. lemer-j cure est détestable: le calonicl . l'onguent napolitain appliqués sur 1 plaie favorisent son extension.

Page 1