FISTULES URINAIRES ACCIDENTELLES
une sonde dans Turèthre, on peut sentir le contact de Tinstrument audessous et en avant de la prostate.
Par leur siège seul, on distinguera des fistules du périnée, du scrotum et du pénis. Celles du pénis (uréthro-péniennes) sont très-rarement amenées par des rétrécissements; elles ont, dans la plupart des cas, une origine traumatique. Elles peuvent siéger sur un point quelconque de la face inférieure de la verge.
Prooosiic. — Le pronostic est grave. Non -seulement une fistule urinaire est un grand inconvénient dans les diverses circonstances de la vie, mais elle amène des accidents. Nous avons déjà signalé Taltération du rectum et de la vessie dans la fistule qui fait communiquer ces deux réservoirs, l'infiltration urineuse, les abcès urineux, etc. De plus, celles du périnée et du scrotum accompagnent souvent un rétrécissement déjà grave par lui-même.
TrAiiement. — Le traitement varie pour chaque espèce de fistule.
1<> Fistules vésicchrectales, — Si elles sont larges, elles sont incurables; lorsqu'elles sont de petite dimension, on met une sonde à demeure dans la vessie, et l'on cautérise les bords de la fistule par le rectum. Ce traitement réussit rarement , parce qu'il est difficile d'empêcher l'urine de passer par la fistule , celle-ci étant située sur un plan plus déclive que l'extrémité de la sonde. La suture est à peu près impraticable.
2® Fistules uréthro-rectales. — On empêchera l'urine de passer par la fistule, en vidant la vessie par le cathétérisme , toutes les fois que le malade aura envie d'uriner. On entretiendra la liberté du ventre au moyen de laxatifs, afin d'empêcher l'écartement des bords de la fistule par des matières fécales qui dilatent le rectum. Quelquefois, ces précautions, continuées pendant plusieurs semaines, amènent le retrait et la guérison de la fistule. Si l'on ne réussit pas, il faut dilater l'anus avec le spéculum ani et toucher tous les jours les bords de l'ouverture avec le nitrate d'argent.
3« Fistules uréthropérinéales. — Traiter d'abord le rétrécissement est une condition indispensable pour guérir la fistule : c'est supprimer la cause. Ensuite, il faut empêcher l'urine de passer par la fistule, en vidant la vessie avec la sonde. On voit donc cfue les fistules guérissent facilement, à condition que le rétrécissement soit guéri. On traitera aussi les complications qui peuvent exister.
4<> Fistules uréthro-scrotalcs, — Elles se développent sous l'influence des mêmes conditions que les précédentes; on se comporte avec elles de la même manière.
50 Fistules uréthro-péniennes. — On peut les guérir par la cautérisation, la suture ou l'autoplastie.
La cautérisation n'est bonne que pour des fistules très-étroites. On cautérise avec divers causti(|ues; il faut renouveler l'opération tous les jours et laisser une sonde à demeure.
FoBT. — Path. et Cliiî. chib. — T. n. 19
La suture (uréthroraphie) varie selon les circonstances. On a employé les différents procédés de suture, entrecoupée, entortillée, etc. Le procédé de Diefienbach, suture en bourse, consiste à passer circulairement un fil autour de l'orilice fistuleux, de manière qu'en tirant sur les deux chefs, on détermine le plissement de ses bords et leur accolement. Il faut bien mettre en rapport les surfaces avivées, et laisser une sonde à demeure pour empêcher le passage de Turine par la fistule.
Vautoplastie (uréthroplastie) est la bonne méthode de guérison de ces fistules. On varie les procédés selon la disposition de la fistule. Le meilleur consiste à aviver le pourtour de la solution de continuité , à adosser les deux surfaces saignantes, et à faire ensuite, de chaque coté, une incision longitudinale intéressant la peau et le tissu sous-cutané, afin de favoriser le rapprochement et la réunion consécutive, pendant la durée de laquelle une sonde à demeure est maintenue dans Furèthre. On a pratiqué aussi Yautoplastie par dédoublement, dans laquelle on fait en avant et en arrière de la fistule deux incisions transversales qui permettent de disséquer et de séparer la peau des parties sous-jacentes. La peau, une fois décollée, glisse facilement et permet de rapprocher sans tiraillement les surfaces préalablement avivées.
Souvent, pendant le cours du traitement, Furine passe à travers les lèvres de la fistule, et la guérison demeure incomplète ; quelquefois même le résultat est nul. Pour éviter cet inconvénient, on a proposé de pratiquer au périnée une boutonnière destinée au passage des urines pendant toute la durée de la cicatrisation de la fistule. De la sorte, Turèthre demeure libre, et rien ne s*oppose à Toblitération de l'orifice anormal. La boutonnière périnéale se ferme ensuite, à la manière de la plaie qu'on pratique pour l'opération de la taille. Cette opération a donné d'excellents résultats.