ABCÈS DE LA MARGE DE L ANUS
le releveur de Tanus, en dehors par le muscle obturateur interne et l'ischion ; il peut passer d'un côté à l'autre en se frayant une voie en arrière du rectum.
Des abcès analogues peuvent se montrer plus profondément, dans le tissu cellulaire qui sépare le péritoine du rectum et du releveur de l'anus, dans l'espace pelvi-rectal supérieur décrit par M. Richet. On a vu le pus fuser du côté du bassin et se faire jour dans le péritoine.
c. Les abcès froids qui se montrent dans cette région occupent aussi la fosse ischio-rectale ; ils peuvent prendre leur source dans une cane de la partie inférieure de l'os coxal, du coccyx, du sacrum ou de la colonne vertébrale. Ce sont des abcès par congestion.
d. Les abcès urineiêx et stercoraux ont déjà été signalés avec les hernies compliquées et avec l'infiltration urineuse.
fêjmpiàmem. — Rougeur autour de l'anus, tuméfaction, induration, puis ramollissement et suppuration , telles sont les phases par lesquelles passent, comme tous les abcès en général, ceux de la marge de l'anus.
A part ces caractères communs, ils en ont qui leur sont particuliers. Ils compriment l'anus et l'extrémité inférieure du rectum et déterminent de la constipation. La défécation, d'ailleurs, est si douloureuse, que les malades s'abstiennent autant que possible d'aller à la garde-robe. Il y a souvent de la dysurie, et même de la rétention d'urine.
Dans les abcès superficiels ou tuberculeux, il y a peu de symptômes généraux. 11 n'en est pas de même dans les abcès profonds de la fosse ischio-rectale. Il n'est pas rare, en effet, de les voir se terminer par une véritable gangrène des tissus qui entourent le rectum ; il se forme en ce point une vaste cavité pleine de détritus sphacélés, d'où s'échappe un pus fétide ; des décollements très-étendus se produisent, des perforations de rintestin, etc. Le malade a une fièvre intense, la température s'élève, en un mot il y a des accidents d'infection putride.
Causes. — Les abcès superficiels et profonds peuvent être causés par toute espèce de violences extérieures, portant soit sur la marge de l'anus, soit sur la muqueuse rectale elle-même.
Ce (|ui est remarquable et ([uil ne faut pas oublier, c'est la fréquence toute spéciale de ces abcès chez les tuberculeux, sans qu'on puisse expliquer exactement quels rapports unissent les suppurations péri-rectales et anales à la phthisie pulmonaire.
PronoKilc. — il est grave toutes les fois (jue l'abcès est profond; lors même qu'il est superficiel, on peut toujours craindre la formation d'une fistule.
Traiiemeni. — 11 faut ouvrir ces abcès de bonne heure; en laissant le pus se faire jour par lui-même, on s'exposerait à voir l'abcès se vider dans le rectum ou ù la fois dans l'intestin et sur la peau; des décollements se produiraient ainsi que des trajets fistuleux, tels que nous les
étudierons dans Tarticle suivant. On peut inciser directement les abcès, au niveau de la marge de Tanus, ou les ouvrir dans l'intestin ; cette dernière méthode s'applique à ceux qui proéminent du côté de la cavité rectale.
L'opération des abcès de la marge de l'anus n'est pas toujours exempte d'accidents; les plus fréquents sont : 1® Miemorrhagie, qui se montre peu de temps après la section des tissus, ordinairement le premier ou le deuxième jour. Il suflSt, pour s'en rendre maître, de tamponner soigneusement la plaie; les tampons seront, au besoin, imbibés de perchlorure de fer. i^ La rétention burine, accident sans gravité, qu'on observe dans un grand nombre d'opérations pratiquées au voisinage de la vessie, et qui s'explique facilement par les connexions de cet organe avec le rectum. Il faut, dans ce cas, sonder le malade. Vérysipèle se montre très-rarement ; il en est de même de la péritonite et de V infection purulente.