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FISSURES A L ANUS

Cette variété de fissure se cicatrise souvent assez facilement ; la cicatrisation est favorisée par quelques la vemTents laxatifs qui font cesser la constipation, au moins pour quelque temps, car elle récidive souvent.

Dans cette variété comme dans la suivante , la fissure occupe le plus souvent la partie postérieure de la marge de Tanus, elle s'étend de la peau à la muqueuse. Quelquefois, on ne peut voir son extrémité supérieure qu'en engageant le malade à faire un effort comme pour aller à la selle; sa surface est rosée et située au même niveau que la peau de la marge, ou gi'isàtre et limitée par des bords taillés à pic.

2» La fissure intolérante ne se distingue de la précédente que par ses symptômes fonctionnels. Des trois éléments quil faut considérer dans son étude, le premier nous est déjà connu, c'est la fissure elle-même; il faut ajouter la contracture et la névralgie.

La contracture anale n'est ici que ce qu'elle est dans la variété précédente, c'est-à-dire continue avec de légères exacerbations pendant la défécation ; M. Gosselin, comme nous l'avons dit, ne l'admet pas.

La ikfrra/gfi^ doit nous arrêter. Chaque défécation est accompagnée d'un suintement sanguinolent et d'une douleur parfois excessive. Celle-ci est continue, exacerbante, elle dure de une à cinq ou six heures après l'acte accompli; souvent elle n'atteint son maximum d'intensité que dix, quinze, vingt minutes après la défécation , ce qui prouve bien que c'est une douleur essentiellement névralgique.

Les malades ne peuvent rester assis, ils éprouvent des élancements, une sensation de pesanteur extrême. deconstriction,de brûlure; l'exploration par le toucher serait alors impossible. Ils redoutent le moment où ils seront obligés d'aller à la selle, ils le retardent sans cesse, ce qui augmente et entretient la constipation.

Ilssont, à la longue, épuisés par ces douleurs, par l'abstinence à laquelle ils se condamnent pour éviter le retour des selles, et tombent dans un état chloro-anémique des plus rebelles.

Pour les auteurs qui admettent la contracture anale, c'est elle qui est la cause essentielle de la névralgie, et on s'explique ainsi que la dilatation et la section du sphincter, en faisant cesser la contracture, enlèvent la douleur. Pour ceux qui ne l'admettent pas, le sphincter ne contribue qu'accessoirement à la douleur des fissures, par sa tonicité normale, en maintenant l'occlusion permanente de l'anus et rendant le passage des selles plus difficile que s'il était dans le relâchement.

Cette seconde variété de fissure peut à la rigueur devenir tolérante, et même guérir spontanément; mais cela est rare. Elle est généralement beaucoup plus rebelle que la précédente.

DiAi^nosiic. — La fissure douloureuse pourrait être confondue avec une névralgie sans lésion. L'exploration directe suffit toujours dans ce cas pour faire le diagnostic.

Le chancre à l'état de progrès offre des caractères qui empêchent de le confondre avec la tissure ; mais, à la tin de sa période de réparation, il

peut offrir tous les <;aractères de celle-ci. On le distingue alors par les commémoratifs, si le malade ne refuse pas de les donner, et surtout par Tabsence de douleurs, qui est la règle dans le chancre devenu fissurique. De plus, il siège sur une tumeur arrondie et dure, non violacée comme les hémorrhoïdes, qui porte le nom de condylôme.

Traitement. — On peut guérir les fissures tolérantes avec le crayon de nitrate d'argent, avec de petites mèches enduites de pommade à l'extrait de ratanhia ou de monésia,et mieux avec des lavements pris tous les matins et contenant 4 grammes d'extrait de ratanhia.

Pour guérir les fissures intolérantes, les laxatifs, aidés des moyens que nous venons d'indiquer, peuvent suffire à la longue; souvent une opération est nécessaire.

Si l'on doit opérer, on peut choisir entre : 1» Vincision^ par laquelle on divise tout le sphincter ou une partie seulement de son épaisseur, à l'aide du bistouri; on panse ensuite à l'aide de mèches peu volumineuses; et i^ la dilatation, opération duc à Récamier.

Opération de la dilatation, — Le chirurgien, après avoir graissé ses deux pouces de cérat, les introduit Tun après l'autre dans l'anus; puis, prenant un point d'appui avec les autres doigts sur les ischions, il écarte les deux pouces par une traction lente et soutenue jusqu'à ce qu'ils rencontrent ces deux os; il amène ensuite les doigts l'un en avant , l'autre en arrière, et dilate l'anus dans le sens antéro-postérieur.

On peut se servir aussi des deux indicateurs. Le sphincter, dans cette opération, est déchiré en partie. Il n'est pas besojn de pansement consécutif.

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