POLYPES DU RECTUM
rare : de là vient qu on peut facilement la confondre avec des maladies plus souvent observées dans la pratique, telles que cancer, chute du rectum, hémorrhoïdes. Elle a cependant des symptômes propres, qui s'observent surtout lorsque la tumeur a acquis un certain développement, et {{m doivent alors, surtout à l'exploration physique, empêcher de la confondre avec aucune autre maladie de la même région.
Etioloffie. — Les causes de cette affection sont fort obscures. M. Stoltz (de Strasbourg), qui les a bien étudiées, admet que la chute du rectum y prédispose. Il est difficile d'avoir à cet égard une opinion bien arrêtée ; ce qui est certain, c'est que les polypes du rectum sont fréquents surtout chez les enfants.
Il importe de faire ici une distinction importante, sinon absolue : les polypes muqueux sont surtout une affection de l'enfance; les polypes fibreux surviennent chez les adultes. Ces derniers sont d'ailleurs d'une grande rareté. Nous décrirons à part les deux variétés.
Anatomie pathologique. — Polypes muqueux. — Ces tumeurs siègent dans le rectum, ordinairement au-dessus du sphincter; il est rare qu'elles occupent une situation très-élevée. Elles sont le plus souvent uniques; quelquefois cependant il y en a plusieurs. Les polypes se présentent sous l'aspect de tumeurs, tantôt arrondies ou aplaties, tantôt bilobées. Ils ont une couleur rouge, rappelant celle de la muciueuse rectale, à laquelle ils adhèrent par un pédicule plus ou moins long, grêle et blanchâtre, s'implantant à 2 ou 3 centimètres au-dessus de la marge de l'anus. Ils ne dépassent guère le volume d'une noisette, d'une amande.
Ils sont composés d'une enveloppe muqueuse se continuant avec la membrane interne de l'intestin, et présentant tous les éléments de cette membrane, épithélium cylindrique , chorion sous-muqueux, papilles, follicules. Ces derniers, plus ou moins nombreux et augmentés de volume, forment la masse principale de la tumeur. Lorsque l'épithélium est détruit , on découvre à la surface du polype , qui , à première vue , était lisse et uniforme, un grand nombre de petites dépressions qui correspondent à l'ouverture des tubes glandulaires. On peut donc considérer les polypes du rectum comme le résultat d'une hypertrophie folliculaire.
Ils sont pédicules, comme nous Tavons dit; c'est l'enveloppe muqueuse qui forme ce pédicule unissant le polype k l'intestin. Le pédicule est assez volumineux lorstjue le polype n'est pas très-ancien; il est plus mince lorsqu'il date de quelcjue temps, et qu il a été allongé progressivement par la pression des matières fécales. Il contient des vaisseaux dilatés, qui, parvenus dans la tumeur, se divisent en une foule de capillaires, lesquels constiruent une des parties les plus importantes de la production morbide.
Polypes fibreux, — Il est difficile de préciser le siège le plus fréquent de ces derniers, à cause de leur rareté; généralement, ils sont situés assez bas, comme les précédents; quelques-uns cependant occupent la
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partie supérieure de Tampoule rectale, au-dessus ou au niveau du culde-sac péritonéal. Leur structure est celle de tous les polypes fibreux ; ils sont constitués par des fibres de tissu conjonctif en faisceaux entre-croisés, et constituant un tissu d'une grande densité et peu vasculaire.
Sjmptdme*. — Polypes muqneux. — Au début, avant ((ue le polype fasse saillie à Textérieur, les enfants rendent un peu de sang en allant à la selle; ils ont des épreintes, des démangeaisons, des douleurs plus ou moins vives, enfin de véritables fiemotrhagics rectales, <|ui peuvent se répéter souvent et amener une anémie très-grave.
Si l'on examine l'enfant lorsqu'il vient d'aller à la selle, on aperçoit bientôt une petite tumeur rouge^ saignante, faisant saillie liors de l'anus, et tenant évidemment par un pédicule qui ne se continue pas directement avec les téguments de la marge de l'anus.
Si le polype n'est pas sorti, il faut, pour reconnaître sa présence, introduire profondément le doigt dans le rectum, et explorer sa surface interne en faisant glisser le doigt de haut en bas; on rencontre alors le polype, qui glisse sous le doigt comme un noyau de cerise, et son pédicule dont il est facile de déterminer le point d'implantation ({ui a lieu le plus souvent sur la paroi postérieure de l'intestin.
Polypes fibreux, — Nous avons dit cju'ils ne se montrent guère (|ue chez les adultes.
Leur delnit est très-obscur, d'autant plus (|ue leur rareté empêche le chirurgien d'y songer tout d'abord.
Les symptômes qui les annoncent sont ceux d'une tumeur occupant le petit bassin, et comprimant progressivement, de manière à les gêner dans leurs fonctions, les organes qui l'environnent. Ainsi, on constate de la pesanteur au périnée, quelques douleurs dans la défécation, de la constipation, des selles sanguinolentes; quelquefois aussi un peu de dysurie; les matières fécales peuvent présenter une cannelure indiquant qu'un corps résistant leur a imprimé une dépression pendant qu'elles traversaient le rectum.
Il est quehiuefois difficile, à cette période, de trouver la tumeur par l'exploration directe; cependant le doigt peut la reconnaître, et sentir qu'elle est encore sessile, et ne se détache pas de la paroi rectale. Elle n'offre pas de bosselures aussi nombreuses et une surface aussi facile- * ment saignante ({ue la plupart des cancroïdes de cette région.
Plus tard, et quelquefois longtemps après le début, car le dévelopi)ement de cette maladie peut être très-lent, le polype se pédiculise^ et commence à faire saillie hors de l'anus à chatiue défécation. Alors la douleur, les épreintes, la constipation redoublent d'intensité, et peuvent conduire le malade à un état d épuisement et de cachexie plus ou moins grave.
Lorsque la tumeur est sortie, on lui trouve une surface plus ou moins rouge, saignante, tomenteuse; son volume varie de celui d'une noix à