POLYPES DU RECTUM
celui d'une pomme. Le doigt peut la circonscrire, et déterminer avec plus ou moins de précision le point d'implantation sur lequel il faudra agir pour extirper la tumeur.
Dia^noiiiic. — Nous avons indiqué comment l'exploration par introduction du doigt peut indiquer la présence, le volume, le point d'implantation des polypes du rectum. Nous allons dire quelques mots du diagnostic différentiel, qui d'ailleurs est le plus souvent facile.
Au début, et avant l'exploration directe, on pourrait croire à une dysenterie^ et agir en consé([uence. Il suffit alors d'explorer directement, et d'attendre que le polype fasse saillie à l'intérieur, pour rectifier Iç diagnostic.
[1 est à peine besoin de signaler \ invagination de la muqueuse rectale, comme pouvant être confondue avec le polype. La continuité des bords de la tumeur avec la marge de l'anus, l'absence d'un pédicule, l'orifice «ïu'on remarque au centre de la muqueuse invaginée, empêcheront toute erreur.
Les hémorrhoïdes, extrêmement rares chez les enfants, forment des tumeurs bleuâtres, dues à la dilatation des veines, et sont facilement visibles aussitôt qu'on écarte les plis de la marge de l'anus. Les polypes, au contraire, constituent une masse rouge, pédiculée, etc.
Toute erreur est également difficile entre les polypes et les rhagades^ les végétations^ dont le siège est différent et qui ne se prolongent pas dans l'intérieur du rectum. Les hémorrhagies rectales, qui constituent lin bon signe des |)olypes du rectum, ne sont cependant pas patbognomoniques : car on observe quelquefois à l'anus, chez les enfants, des iongosités, des végétations qui déterminent des écoulements sanguins considérables.
Chez l'adulte, le polype fibreux pourrait être confondu avec un cancer du rectum. Mais la marche plus lente du polype, sans envahissement rapide des organes voisins, sans douleurs excessives ni hémorrhagies très-abondantes, sans écoulement sanieux fétide, enfin la constatation de la forme et du pédicule de la tumeur par l'exploration directe, suffisent pour éviter la confusion.
PronoHiic. — Le pronostic des polypes muiiueux n'est pas grave. Souvent, lorsque leur pédicule est très-mince, ils se détachent et disparaisstîiit spontanément; d'autres fois, le pédicule se rompt pendant l'exploration du chirurgien. Les polypes fibreux des adultes, par les accidents que nous avons énumérés. sont d'un pronostic plus fâcheux.
Traitement. — Aj^rès avoir administré un lavement, pour faire apparaître la tumeur, on peut l'extirper :
1° Par arrachements à l'aide des doigts ou d'une pince, lorsque le pédicule est très-mince et ne présente qu'une résistance insignifiante;
2^ Par section simple avec des ciseaux: mais l'écoulement sanguin peut être dans ce cas assez abondant:
30 Par ligature. Le polype tombe alors aussitôt, ou bien le pédicule ne se rompt qu'un peu plus tard.
On peut eniin pratiquer Vexcision au-dessous de la ligature.
Pour les polypes fibreux dont le pédicule est épais et dense, on peut être obligé d'employer Vécraseur linéaire; mais, lorsque la tumeur est peu pédiculée, et qu'elle est située assez haut, il faut craindre d'intéresser toute l'épaisseur de la paroi rectale, et même le cul-de-sac du péritoine, dont la blessure causerait inévitablement une péritonite suraiguë.