LUXATIONS DE L HUMÉRUS
la saillie acromiale est très-marquée^ le creux sous-acromial très-sensible^ le deltoïde tendu ; on sent la tête de Vhuinérm dans r aisselle, où elle est sous-cutanée. Le membre est toujours allongé; l'humérus, étant descendu, a entraîné les tendons du grand pectoral, du grand dorsal et du grand rond, de sorte que les parois de l'aisselle^ la paroi antérieure surtout, sont allongées ; le coude est très-écarté du tronc. Les mouvements volontaires sont impossibles; les mouvements communiqués sont possibles, excepté 1 adduction.
Dans cette variété, l'angle rentrant formé par Tinsertion du deltoïde sur l'humérus est très-accentué; l'axe de l'humérus, prolongé de bas en haut, passe manifestement au-dessous de la cavité glénoïde.
d. Luxation sous-épineuse. — La saillie acromiale et le creux sous-acromial sont mdiY(\\xés seulement en avant; la tête de l'humérus forme une tumeur^ sensible au toucher au-dessous de l'épine de (omoplate; le bras est allongé; le coud^ est porté en avant et rapproché du tronc ; les mouvements d'adduction et de projection en arrière sont impossibles.
Variétéii. Complications. — Les auteurs ont décrit d'autres variétés de luxations de Thumérus, mais à titre de faits exceptionnels. C'est ainsi que M. Sédillot a admis une luxation intercostale dans un cas oii la tète de l'humérus avait pénétré dans le thorax, etc.
Une fracture du corps ou du col chirurgical de l'humérus, de l'apophyse coracoïde ou du col de l'omoplate, peut compliquer une luxation de l'humérus. On a observé la déchirure de Tartère axillaire. La complication la plus fréquente est celle qui résulte de la compression, de la contusion du plexus brachial. Il n'est pas rare d'observer un engourdissement et même une paralysie incomplète consécutive. Le deltoïde est quelquefois paralysé. L'inflammation de l'articulation peut se montrer comme dans toutes les luxations.
DiagrnoMtic. — Une luxation de l'humérus peut être confondue avec une contusion ou avec une fracture.
Dans la contusion, il existe souvent un gonflement considérable qui déforme l'épaule et masque les saillies osseuses; les mouvements peuvent être complètement impossibles. Mais, en examinant attentivement le moignon de l'épaule, on reconnaîtra toujours que la tète de l'humérus occupe sa position normale; jamais il n'y aura de dépression sousacromiale. Si les mouvements spontanés ne peuvent être exécutés par le malade, le chirurgien mettra facilement en jeu l'articulation ; il causera de la douleur, mais il constatera la conservation du rapport normal des surfaces articulaires.
Dans la fracture de l'extrémité supérieure de l'humérus, pas de dépression sous-acromiale. pas de saillie volumineuse, arrondie, dans le creux de l'aisselle. Le membre n'est jamais allongé; souvent même, il est raccourci. On peut le rapprocher facilement du tronc; enfin, la réduction se fait aisément, mais elle se maintient très-difiicilement, et le déplacement se reproduit.
i7i PATHOLUGIE CHiRURmCALK.
Quant au diagnostic des différentes espèces de luxations entre elles, il suffit de se rappeler les caractères que nous avons assignes à chacune d'elles, et sur lesquels il est inutile de revenir.
Praa*Btic. — Lorsqu'on réduit la luxation, les mouvements de l'articulation se rétablissent. Si on ne la réduit pas, il se fait une fausse articulation, et plus tard la luxation est irréductible. La luxation iiitracoracoïdienne est celle qui offre le plus d'obstacles à la réduction, à cautie de l'éloigneinent de la léte; la luxation sous-épineuse .se réduit plus facilement ijue toutes les autres.
TraUemeni. — Le traitement consiste à réduire la luxation. Lurs-
Fie. 8fi. — Réducticm d'une luxation de l'épnulu par le procédé de White. (Extcneion en haut.)
qu'elle est réduite, on rapproche le bras du tronc, et on l'immobilise a\ec une bande ou une écharpe pendant deux fi trois semaines, avant de permettre au malade d'exécuter des mouvements.