KYSTES DU COU
La résorption de ces kystes a été observée. On a vu des kystes du corps Ihvroïde s'ouvrir dans la trachée.
Anatomie patholoirique. — {o Kystes du corps thyroïde. — Désignés autrefois sous les noms de goitre aqueux, d*hydrocèle du cou^ ces kystes présentent une paroi et un contenu. La paroi est formée paj le tissu même du corps thyroïde. Elle est souvent tapissée par une membrane recouverte d'épithélium et présentant une épaisseur variable. Cette membrane contient quelquefois, dans son épaisseur, des plaques fibreuses, cartilagineuses et calcaires. Le contenu est variable. Il est séreux et transparent; plus souvent, brun foncé. On y a trouvé une fois des hydatides; dans quelques cas, on y trouve du pus, du sang pur.
Lorsque du pus existe dans le kyste, cela prouve, ou que la paroi du kyste s*est enflammée, ou qu'il s'agit d'un abcès consécutif à une tliyroïdite; nous ne voyons pas la nécessité de décrire une variété de kyste purulent, comme l'a fait M. Houel.
De même, lorsqu'il existe du sang, ce qui indique une exhalation sanguine à la face interne de la poche, nous ne croyons pjas qu'il y ait lieu à décrire une variété de kyste hématique, comme M. Houel, ou A^hématocèle du cou^ à la manière de M. Michaux (de Louvain).
En résumé, les kystes du corps thyroïde sont presque toujours des kystes séreux.
2« Kystes congénitaux. — Les kystes congénitaux sont simples ou multiples.
Les kystes simples se montrent surtout en avant. Les kystes multiples siègent en avant, dans la région sous-hyoïdienne, ou en arrière, sur la ligne médiane.
Les premiers ont la même structure que les kystes séreux de Tadulte, développés dans le tissu cellulaire.
Les kystes multiples, ou composés, sont formés par plusieurs poches réunies entre elles par un tissu cellulo-fibreux vasculaire. Chaque poche, à paroi plus ou moins épaisse, contient des matières diverses : sérosité. sang, litjuide gélatiniforme rougeâtre, fragments de cartilage et d'os en évolution, etc.
30 Kystes ganglionnaires, — D'après M. A. Richard, des kystes séreux prendraient leur point de départ dans les ganglions lymphatiques cervicaux. Leur structure ne diifère pas de celle des kystes du corps thyroïde.
40 Kystes ihyro-hymdiens. — Les kystes thyro-hyoïdiens se montrent entre l'os hyoïde et le cartilage thyroïde. Ils constituent la grenouillette souS'hy&idienne^ indiquée par M. Nélaton. Le siège du kyste est. le plus souvent, la bourse séreuse décrite par Malgaigne, entre l'os hyoïde et la membrane Ihyro-hyoïdienne. La paroi et le contenu présentent les mêmes caractères que dans la véritable grenouillette.
DiAirnostic. — En étudiant les symptômes, oii a \u quels sont les
raiaclcTos des kystes du cou. Est-il possible de reconnaître à quelle variété ils appartiennent? ï^s kystes thyro-hyoïdiens se reconnaissent à leur siège. Les kystes du corps thyroïde ont pour caractère essentiel de suivre les mouvementsdu larynx pendant la déglutition. Les kystes congénitaux datent de la naissance, et de plus, s'ils sont multiples, ils pourront être bosselés et même présenter une consistance inégale au niveau des diverses poches du kyste. Les kystes simples siègent presque toujours sur la partie antéro-latérale gaucfie du cou. Les kystes composés occupent indifféremment l'un ou l'autre coté ou la ligne médiane. Ils peuvent se montrer à la partie posU»rieure.
Traitement. — Un kyste du COU ne peut guérir que par un traitement
chirurgical.
i® Kystes du corps thyroïde. — On a employé : la ponction simple^ Yincision, Y excision d'une portion de la paroi du kyste., Y extirpation^ le séton., la cautérisation. Toutes ces méthodes sont dangereuses ; la première, assez innocente par elle-même est constamment suivie de récidive.
Aujourd'hui, on traite ces kystes par la ponction et Yinjection iodée. {Voy. Hydarthrose.)
Le chirurgien doit être prévenu de la possibilité de la suppuration, à la suite de l'injection iodée, et d'un phénomène assez étrange : Tirruption d'une grande quantité de sang artériel dans le kyste, après l'évacuation du lifiuide. Ce phénomène, assez fréquent, est attribué à une exhalation sanguine déterminée par la soustraction de la pression exercée par le liquide sur la paroi du kyste.
2<* Kystes congénitaïkv. — Autant que possible, il ne faut pas opérer les enfants nouveau-nés. Lorsque l'enfant a grandi, on traite les kystes simples par la ponction et Yiîijcction iodée. On extirpe les kystes multiples. Cependant, comme ces derniers peuvent porter atteinte à la vie de l'enfant par la conq)ression <|u'ils exercent sur les organes qui traversent la région cervicale, on peut être obligé de les opérer de bonne heure. Dans ce cas, une opération sanglante, nécessitant une large solution de continuité, offrirait de grands dangers. Le mieux serait de ponctionner successivement chaciue loge de la tumeur, comme s'il s'agissait d'une réunion de plusieurs kystes simples. On pourrait aussi prati^iuer des injections i(Nlées.
> Kystes ganglionnaires et kystes thyro-hyoïdiens. — On les traite également par l'injection de teinture d'iode. Les kystes thyro-hyoïdiens se cicatrisent diflicilement ; ils restent quelcjucfois listuleux. Ce phénomène serait-il dû à la présence et au renouvellement de l'épithélium à cils vibratiles<|ue M. Kobin a constaté à la face interne d'un de ces kystes?
TORTICOLIS. i9
ARTICLE QUATRIÈME TORTICOLIS (lésions fonctionnelles)
Bxameii du malade. — Constater, par le regard, Vinclinaison et la rotatiûn de la tète, la saillie formée par les muscles contractures, quelquefois la déformation et la diminution de volume de la face du côté malade, la déviation des traits, le strabisme. Reconnaître, par le toucher, la présence d'un cordon épais, dur , tendu, occupant , le plus souvent, le trajet du stemo-mastoïdien. Par la pression, ainsi que par les mouvements imprimés à la tête, réveiller la douleur en ce point.
Rechercher avec soin si les muscles du côté opposé à Tinclinaison n'ont pas perdu leur contractUité (torticolis paralytique), s'il n'existe sur les téguments aucune trace de cicatrice (torticolis cicatriciel), si les rertèbre4t cervicales ne sont le siège d'aucune lésion (torticolis osseux).
On désigne sous le nom de torticolis Tinclinaison vicieuse, permanente ou temporaire de la tête vers Tune ou l'autre épaule.
Caufiefi. — Le torticolis peut être divisé en musculaire et non musculaire. Le premier est, sans contredit, le plus important ; c'est surtout sur lui que nous insisterons, en indiquant cependant les variétés que peuvent imprimer aux symptômes, au diagnostic et au traitement, les différentes causes qui le produisent.
Deux cas peuvent se présenter dans le torticolis musculaire : ou Tune des deux puissances est augmentée, l'autre restant normale, ou elle est diminuée : dans le premier cas, le muscle contracture entraîne la tête de son côté ; dans le second, c'est le muscle sain qui agit, et, de toute manière, l'équilibre est rompu. Cependant, disons tout de suite que le torticolis paralytique est excessivement rare, surtout comparé au précédent ; quelques auteurs disent ne l'avoir jamais rencontré.
Le torticolis musculaire peut être congénital; dans ce cas, faut- il l'attribuer aux violences exercées sur l'enfant pendant l'accouchement, au forceps, par exemple, violences portant spécialement sur le côté droit ; ou bien préexistait-il à la naissance? Faut- il, alors, l'attribuer à une position vicieuse du fœtus ou à une maladie des centres nerveux?
Chez l'adulte, les causes les plus ordinaires du torticolis sont tantôt une violence extérieure, tantôt l'impression de l'humidité et surtout du froid. Le torticolis rhutnatismal est celui qu'on rencontre le plus fréquemment ; nous avons déjà dit ce qu'il fallait penser du torticolis paralytique. L'inflammation des muscles, le développement d'une tumeur dans leur épaisseur peuvent encore produire leur raccourcissement. Notons, enfin, un torticolis par habitude vicieuse, chez les individus qui ont coutume de porter la tête penchée d'un côté ou de l'autre.
Quelle que soit la cause du torticolis musculaire, plusieurs muscles peuvent prendre part à sa formation.
Celui qui est le plus souvent en cause est le stemo-mastoïdien ; un de SCS faisceaux peut être affecté indépendamment de l'autre (J. Guérin). Quelquefois, ce[>endant. ce sont les muscles profonds du cou qui donnent
•M) PATHOI/)GIE CHIRURGICALE.
naissance au torticolis, ce qui est important à connaître au point de vue <Ju diagnostic du côté malade.
(juant au torticolis non musculaire, il peut être fibreux, osseur ou nostricieL Le premier se rencontre dans les inflammations des faisceaux li^ramenleux qui unissent les vertèbres cervicales, le second dans une foule d'affections du tissu même de celles-ci : ostéite, carie, tubercules, etc. KniJn. un déplacement traumatique (luxation) pourrait encore produire une inclinaison vicieuse de la tête. Cicatriciel, le torticolis est souvent la suite de brûlures étendues ou d'autres pertes de substance, dont la réparation ne s'est faite qu'au moyeu d*une assez grande quantité de tissu iurnlulaire qui agit par sa rétractilité.
nywmpiémem. — Le premier symptôme qui frappe chez un individu atteint de t^irticolis est le déplacement de la tête. Celle-ci est inclinée vers répaule: en même temps, elle ne regarde pas en avant, mais en haut, et du côté opiK)sé à son inclinaison, phénomène dû à l'action du sternomast^iïdien. 11 est bien entendu que cette rotation n'existerait pas si. ce inusr:]e étant intact de chaque côté, d'autres muscles seulement étaient pris. Par le palper, on sent, du côté malade, un muscle dur, rigide ; il est rc5f!OUvert par des téguments fortement plissés: du côté sain, au contraire, ils sont lisses et tendus. La maladie s'accompagne quelquefois de douleurs; elles sont réveillées par la pression, mais elles éclatent surt^Mit lorsqu'on veut faire mouvoir la tête latéralement. Aussi l'individu alfectiî de torticolis se tourne-t-il en quelque sorte tout d'une pièce quand il veut regarder un objet placé à côté de lui. En général, il n'y a pas de fiè\Te ni de troubles des principales fonctions ; dans certains cas, cependant, on comprend que la déglutition puisse être gênée, quand la déviation est {Kiussée à ses limites extrêmes.
La plupart du temps, le torticolis ne donne pas lieu à d'autres symptômes que ceux dont nous venons de parler; mais cela seulement quand il est passager, comme le torticolis rhumatismal. Pour peu qu'il se prolonge ({uelque temps, et surtout s'il devient chronique, on ne tarde pas à voir survenir des désordres plus graves. Les yeux n'étant plus sur un même plan, et perdant leurs rapports normaux, la vision commence à devenir moins nette : on a même signalé un véritable strabisme. La carotide du côté malade, cx)mprimêe, ne concourt plus aussi librement à la nutrition des parties auxquelles elle se distribue; tout un côté de la tête semble s'atrophier, et ce phénomène est rendu plus saillant encore par le développement que prend celui où rien n'entrave l'arrivée du sang. Fliitin, la colonne cervicale ne reste pas déviée si longtemps sans qu'il se pnxluise des déviations en sens contraire dans la région dorsale, de véritables courbures de comi>ensation, destinées à rétablir l'équilibre perdu. Les mus<des condamnés ù l'inaction peuvent devenir le siège d'une dégénérescence graisseuse.
Ce|»endant. dans la plupart des cas, le torticolis ne dure pas assez longtemps pour produire cet ensemble de sym])tômes graves. Le plus