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LUXATIONS DU COUDE

partie inférieure de la poulie humérale, sur laquelle elle demeure fixée par les muscles triceps et brachial antérieur. L*avant-bras est allongé ; on peut le porter en arrière, c'est-à-dire lui faire dépasser de beaucoup le mouvement d'extension physiologique; on peut même imprimer à l'articulation des mouvements de latéralité. La réduction s'obtient plus facilement que ([ans la luxation complète.

B. i^uiLation en arrière. — Cette variété est la plus fréquente. Elle est complète ou incomplète.

Dans la luxation complète, la cavité sygmoïde du cubitus quitte la trochlée ; l'apophyse coronoïde se place dans la cavité olécranienne. Le cubitus entraine dans le même sens le radius, dont le ligament annulaire n'est pas déchiré, et qui vient se mettre en contact avec la partie postérieure du condyle. Les ligaments sont rompus, sui*tout le ligament antérieur. Les muscles sont tendus en avant, relâchés en arrière. Les vaisseaux et les nerfs sont tiraillés ; ils peuvent être rompus.

Dans la luxation incomplète, l'apophyse coronoïde, au lieu de passer dans la fossette olécranienne, demeure au-dessous de la trochlée.

La cause de cette luxation est ordinairement une chute sur la main, Tavant-bras étant fortement étendu. Le ligament antérieur se distend outre mesure, se rompt; l'humérus abandonne la cavité sygmoïde du cubitus et passe en avant de cet os.

Les symptômes sont les suivants : le coude est demi-fléchi, et le membre raccourci. Si l'on mesure de Tune des tubérosités humérales à Tune des apophyses styloïdes, radiale ou cubitale, on voit que l'avant-bras est moins long que du côté opposé. Le coude est déformé : saillie considérable de l'olécrane en arrière, dépression au-dessus de cette apophyse ; saillie antérieure, large, arrondie, due à l'extrémité inférieure de Thumérus qui soulève les parties molles de la région ; l'épitrochlée et l'épicondyle ne sont pas sur le même plan que l'olécrane. Celle-ci est située plus en arrière que les deux tubérosités pendant la demi-flexion, et plus haut pendant l'extension. Les mouvements spontanés sont impossibles.

On peut imprimer à l'articulation quelques mouvements anormaux, tels que ceux de latéralité.

Ces symptômes sont ceux de la luxation complète. Dans la luxation incomplète, on les trouve tout à fait semblables; ils sont seulement moins accusés.

On peut observer des complications^ qui consistent surtout dans une fracture des éminences osseuses voisines : tête du radius, olécrane, épitrochlée, apophyse coronoïde. Cette dernière fracture a de graves inconvénients, car, si elle rend la réduction plus facile, elle permet aussi au déplacement de se reproduire, le cubitus n'étant plus retenu à sa place par le bec de cette apophyse.

Le pronostic n'est pas grave ordinairement; il ne le devient que dans le (îas de désordres très-étendus du côté des parties molles péri-articulaires, des vaisseaux et des nerfs.

FOBT. — PATH. ST CLDf. OHIB. — T. XX.

On peut réduire de plusieurs manières : i^^ en prenant le poignet d^une main, le bras de Tautre, et en appuyant avec le genou sur la partie supérieure de Favant-bras, pour le porter en arrière, pendant que la main exerce des tractions : c'est le procédé d'A. Cooper ; — i^ en embrassant la partie inférieure du bras avec les deux mains, et repoussant Tolécrane avec les deux pouces; — 3<> en fixant en arrière du bras, au moyen d*une bande roulée, une attelle qui repousse insensiblement lolécrane en avant : cette méthode appartient à M. NYlalon. Lorsque ces procédés ne réussissent pas, on est quelquefois obligé d'avoir recours à des moyens plus puissants, et d'employer soit les mouffles, soit un appareil spécial, tel que celui de Jarvis.

L'avant-bras sera maintenu immobile dans la demi-flexion. S'il existe une fracture de l'apophyse corono'ide, il faut garder l'immobilité absolue pendant un mois au moins.

€. i^uiKatioDs latérales. — Ces luxations sont très-rares; elles peuvent se faire en dedans ou en dehors, t'tre complètes ou incomplètes. Les luxations complètes sont extrêmement rares; il faut des délabrements considérables pour que les deux os de lavant-bras puissent se déplacer complètement en dehors ou en dedans. Le plus souvent, elles sont incomplètes; si la luxation se fait en dedans, le cubitus abandonne l'humérus, mais le radius ne le quitte pas ; il vient seulement se placer sous la trochlée^ après avoir abandonné lecondyle. L'inverse a lieu dans la luxation incomplète en dehors : c'est la cavité sygmo'ide du cubitus qui vient prendre la place de la cupule radiale.

Cette dernière variété est la plus fréquente. Elle est caractérisée par rélargissement du coude, la demi-flexion de l'avant-bras, la saillie de lepitrochlée en dedans et du radius qui déborde l'articulation en dehors. L'avant-bras a quelquefois subi un mouvement de rotation sur son axe, en vertu duquel sa face antérieure regarde en dedans, tandis que sa face postérieure devient externe.

Les symptômes de la luxation en dedans sont tout à fait analogues; alors la saillie externe est ici formée par Tépicondyle , l'interne par le cubitus déplacé.

Le traitement ne présente aucune indication particulière. Seulement, il faut repousser latéralement les os luxés, soit de dehors en dedans, soit de dedans en dehors.

D. IjUiiattoD du cubitus et du radlun en «eus Inverse. — On a VU.

rarement il est vrai, le cubitus se porter en arrirre et le radius en avant. Les symptômes sont la réunion de ceux de la luxation du cubitus en arrière et de celle du radius en avant, que nous étudierons plus loin. On réduit d'abord le cubitus, puis le radius.

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