COXALGIE
meut épuise plus ou moins rapidement le malade, qui est exposé à toutes les chances de mort que présente la suppuration osseuse.
i»ia|irno"tic- — On peut prendre pour une coxalgie une carie ou une nécrose du grand trochanter, de l'ischion et de la crête iliaque ; mais ces lésions ne s'accompagnent pas de raccourcissement du membre, et les mouvements articulaires sont libres. Il en est de même dans la sacrocoxalgie.
Dans le diagnostic de la coxalgie, il faut distinguer deux périodes, selon qu'il y a ou non luxation spontanée; cette dernière est moins fré- (juente qu on ne le croit généralement. L'erreur qui se produit a pour cause un raccourcissement apparent^ que Ton prend pour un raccourcissement réel. Je m'explique :
1*^ Lorsffue le raccourcissement est réel, on peut voir que le grand trochaïiter et la crête iliaque se sont rapprochés, que l'espace situé entre la crête iliaque et la malléole externe est diminué, et que la partie supérieure du grand trochanter dépasse une ligne allant de l'ischion à l'épine iliaque.
^'^ Le raccourcissement apparent tient à plusieurs causes, a. La contracture des muscles détermine une inclinaison du baifsin. de sorte que l'épine iliaque du côté malade est en réalité plus élevée ; voilà une cause de raccourcissement apparent; il faudra donc, quand on procédera à la mensuration, s'assurer que les deux épines iliaciues sont au même niveau. b. L'articulation lésée étant le siège de roideur, le malade supplée à ses mouvements par une sorte de courbure de compensation de la partie inférieure de la colonne vertébrale ; le bassin est renversé en arrière, et la région lombaire présente une ensellure : cette déviation s'accompagne souvent d'une torsion de la colonne, torsion telle que la hanche malade devient postérieure à celle du côté sain. c. Le fémur étant dans l'adduction, l'espace qui sépare l'épine iliaque des condyles du fémur se trouve rétréci par suite de la diminution de l'angle que forme le fémur avec le bassin.
Le raccourcissement est donc rendu apparent par plusieurs causes ; on ne saurait s'entourer de trop de précautions, lorstju'on procède à la «lensuration d'un membre (|ue Ion suppose att'ecté de coxalgie.
Pronostic. — Le pronostic est grave; moins chez les enfants que chez les sujets plus âgés.
Traitement. — Au début,- il faut employer les révulsifs (vésicatoircs. cautérisations, etc.): mais ces moyens seraient insuffisants si l'on n'y joignait un traitenient général et l'immobilité absolue de l'articulation.
Le traitement général consiste dans l'emploi des médicaments toniques et anti-scrofuleux (^(juinijuina, iodure de fer, huile de foie de morue, etc.).
Lorsqu'on est appelé tout à fait au commencement de l'affection, ou peut se contenter de condamner les malades à garder le lit pendant un temps plus ou moins long. Mais, à une époque plus avancée, surtout
438 PATHOLOGIE GUIRURGIGALE.
quand la cuisse a pris une position vicieuse, il faut procéder de la manière suivante : le malade étant endormi, on cherche à redresser le membre et à faire exécuter plusieurs mouvements à l'articulation ; puis, lorsqu'on a rendu au fémur sa direction normale, on l'immobilise. Le meilleur appareil se compose de deux attelles de fil de fer, dont l'une est roulée autour de la taille, tandis que l'autre est placée verticalement le long de la face externe de la cuisse et de la jambe. On le fixe au moyen de bandes imprégnées d'une solution de dextrine : on obtient ainsi un appareil trèssolide, et qui maintient le membre dans une complète immobilité. Avant d'appliquer les attelles, il faut avoir soin de recouvrir toutes les parties sous-jacentes avec un caleçon doublé d'une couche de ouate. Cet appareil doit rester longtemps en place; on est souvent obligé de le renouveler à plusieurs reprises.
Lorsqu'il y a des fistules consécutives à l'ouverture des abcès, qu'y a-t-il à faire? Autrefois, on abandonnait les malades, qui étaient voués à une mort certaine; aujourd'hui, on fait mieux : on pratique la résection de la tête du fémur.
La cavité cotylo'ide est moins souvent atteinte; il parait que, même dans ces derniers cas, en ruginaut la carie de cette portion de l'os coxal, on a guéri quelques sujets. En Angleterre, on pratique assez souvent cette opération.