II. - FRACTURES DE LA ROTULE
%'«riété». — Ces fractures sont verticales, transversales, obliques ou comminutives. Les fractures transversales s'accompagnent souvent de déplacement.
CAunen. — Des chocs directs peuvent produire cette fracture ; elle reconnaît souvent pour cause une chute sur le genou, ou la contraction violente du muscle triceps crural; cette dernière produit toujours une fracture transversale.
DéplAcement. — Dans les fractures verticales, il n'existe pas de déplacement, si ce n'est pendant la flexion du genou, car. dans ce mouvement, les deux fragments latéraux sont écartés , étant maintenus par les ligaments latéraux de la rotule. Dans les fractures transversales, de même (jue dans les précédentes, les tissus fibreux qui entourent la rotule peuvent être intacts; mais, lorstju'ils sont déchirés, on observe le déplacement suivant : le fragment supérieur est soulevé par le triceps, et récartement qui sépare les fragments peut être considérable. Chaque fragment est sollicité en arrière , Finférieur par le tendon rotulien . et le supérieur par le triceps ; il en résulte que les surfaces fracturées ne sont pas exactement parallèles . elles regardent un peu en avant, comme on peut le voir dans la figure 125.
FiG. 125. — Fracture transvci-sale de la rotule.
1 . Surface fracturée du firaglueiil su|iérieur. — S. Surface fracturée du fragment inférieur.
— 3. Kcartement du bord antérieur des surfaces fracturées. — 4. Écarteroent du bord postérieur.
— 5. Tendon rotulien.
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têymptôme: — Douleur au niveau de la fracture. Après la chute, il est rare que le malade puisse se relever. 11 lui est impossible de marcher, si ce n'est à reculons, car, dans ce mouvement, le triceps est à l'état de repos. U est queI(|uefois facile de placer les doigts dans l'espace qui sépare tes deux fragments de la rotule, et s'il n'y a pas de déplacement, on peut encore, à moins ({uon n'en soit empêché par le gonflement , sentir une rainure au
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niveau de la fracture. La crépitation n'est pas toujours facile à obtenir, surtout s'il se trouve une distance considérable entre les deux fragments. Pour la percevoir, il faudrait les rapprocher, et leur imprimer de légers mouvements de latéralité en sens inverse. Mais ce signe, dans les fractures avec écartement, est absolument inutile à rechercher, puisque cet écartement seul met la solution de continuité hors de doute.
ComplicAtions. —il existe les complications suivantes, beaucoup plus fréquentes que dans les autres fractures articulaires : épanchement sanguin dans l'articulation, arthrite.
Pronostic, lUArche et terminAisoii. — Ces fractures guérissent lentement, et il n'est pas rare de voir la consolidation ne se faire qu'au bout de deux mois. Lorsqu'il n'y a pas de déplacement, il se fait une consolidation osseuse; mais, lorsque la fracture est transversale avec déplacement, il reste une pseudarthrose caractérisée par la production (l'une grande quantité de tissu libreux étendu entre les deux fragments. La présence de ce cal fibreux ne gêne pas considérablement la marche . et les malades s'y habituent au bout d'un certain temps. Ces fractures récidivent (fuelquefois. Leur récidive est surtout fréquente lorsqu'elles sont transversales et produites par la contraction du triceps; il n'est pas rare, dans ces cas , de voir les deux rotules se fracturer en même temps par la contraction simultanée des deux triceps.
nîmgno^iïe. — On peut méconnaître une fracture de la rotule , lorsqu'on ne porte pas une grande attention à l'examen du malade; mais nous ne comprenons pas qu'on puisse prendre cette lésion pour une hydarthrose, comme nous l'avons vu faire.
TrAitement. — Dans tous les cas de fractures de la rotule, il faut donner au membre la position qui serait la moins gênante , s'il était ankylosé : l'extension. Lorsqu'il n'y a pas de déplacement, il suftit de placer le membre dans une gouttière jus(|u'à consolidation complète.
Lorsqu'il y a déplacement, les chirurgiens ont employé plusieurs appareils pour rapprocher les fragments; mais la plupart sont infidèles. De nos jours, il est fréquent de voir placer le membre simplement dans l'extension et dans l'immobilité, jusqu'à la guérison.
FiG. 126. — Griffes de Malgaignc pour les fractures de la rotule . et instrument pour le^
rapprocher.
Malgaigne a imaginé , pour maintenir en rapport les deux fragments de la rotule, de pi(|uer chacun d'eux avec un crochet qui traverse la peau ifig. Ii6); les deux crochets (griffes) sont ensuite rapprochés au moyen d'une vis de rappel, pour ramener les fragments en contact.
Les gi'iffes de Malgaigne ont causé des accidents; on les emploie rarement.
Tout dernièrement, nous avons obtenu le^ meilleurs résultats de Tappareil suivant, que nous avons appliqué quatre ou cinq jours après laccident, dans une fracture transversale, lorsque l'inllammation, qui était imminente, eût disparu. Le membre a été mis dans l'extension complète; les deux moitiés d'un bouchon ordinaire coupé en long ont été placées du côté convexe, au-dessus et au-dessous de la rotule, avec de la ouate; par-dessus chaque moitié de bouchon , nous avons appliqué un petit coussin de ré{>aissour d'une compresse graduée : puis nous avons mis une bande roulée, en disposant les circulaires de façon à rapprocher les bouchons entraînant les deux fragments; par-dessus le tout, une baude dextrinée. Après douze jours, le go.illejnent ayant diminué, nous avons enlevé l'appareil ; tout allait bien ; nous l'avons appliqué de nouveau, et nous lavons recoiivert d'une couche de plâtre. Au bout d'un mois, le malade marchait déjà. Deux mois après, il ne restait plus quuu peu de roideur; les fragments étaient presque en contact.