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TUMEURS URINAIRES

Eu même temps, des symptômes généraux graves se manifestent. Âpres la déchirure, le malade peut se montrer momentanément soulagé; mais bientôt apparaissent les frissons, le refroidissement des extrémités, puis une réaction fébrile très-intense, et tous les signes d'infection putride auxquels donnent lieu la mortiiication des tissus et la décomposition de ruriue. Les symptômes généraux, souvent foudroyants, de cette maladie sont en effet attribués avec raison, par le plus grand nombre des chirurgiens, à la résorption des matériaux scptiques produits dans les vastes plaies suppurantes du phlegmon urineux.

TemlnaUoii. — Lorsque l'inhltration s'est faite avec une certaine lenteur, et lorsque l'intervention chirurgicale a pu arrêter ses progrès, la cicatrisation des foyers purulents se fait peu à peu. Quel(|uefois la suppuration se prolonge, alors même ((ue l'inilltration est arrêtée, et le malade succombe à Tépuisemeut ou à la septicémie chroniijuc ; d'autres fois, les plaies guérissent , et il en résulte de vastes cicatrices , parfois difformes et gênant les fonctions ; de toutes les parties, la peau du scrotum est celle qui se régénère avec la plus grande facilité ; on voit les testicules, complètement dénudés par la gangrène, se couvrir d'abord de bourgeons charnus, puis d'un véritable scrotum qui les protège efficacement. Quelquefois, les malades conservent des fistules urinaires plus ou moins rebelles.

Le diagnostic est des plus simples. — On voit que le pronostic est le plus souvent d'une extrême gravité.

Traitemeoi. — Il faut : 1® par des incisions sur les points tuméfiés, empêcher les progrès de l'infiltration. Il importe surtout de reconnaître la tumeur périnéale dont nous avons parlé plus haut, et (\uï marque le début de l'infdtration toutes les fois que la solution de continuité siège sur la portion membraneuse de l'urèthre. Il faut y plonger le bistouri hardiment, |)Our donner un libre écoulement à T urine ; puis on poursuit rinfiltration en incisant largement le raphé médian du scrotum, et successivement tous les points où l'empâtement se déclare; 2» enlever rapidement la cause de l'infiltration, si cela est possible, en opérant un rétrécissement infranchissable, ou en plaçant une sonde à demeure, selon les cas; 3» surveiller l'état général du malade, soutenir ses forces, en vue de la suppuration, et favoriser Téliinination des eschares.

2o Tumeurs urinaires.

La tumeur que forme l'urine en s'accumulant en arrière d'un rétrécissement de l'urèthre ou d'un calcul engagé dans ce canal, et en dilatant progressivement ses parois, n'est pas une véritable tumeur urinaire. Celle-ci est produite par une infiltration, soit ((ue l'urine s'écoule goutte à goutte, fort lentement, et indure le tissu cellulaire périphéricjue <|ui apportera une barrière à l'infiltration, soit «(ue ce li([uide filtre seulement, à travers une éraillurc de la muqueuse de l'urèthre, dans les tissus

voisins. Léraiilure de la muqueuse est quelciuefois oblitérée par la cicatrisation.

Ces tumeurs sont dures, indolentes ; elles n'altèrent pas la peau. Leur volume varie depuis celui d'un pois jus((u'à celui d'une noisette; on les rencontre particulièrement sur le trajet de Turèthre; mais on conçoit (jumelles peuvent exister sur toute l'étendue des voies urinaires.

Elles restent station naires, ou disparaissent spontanément, ou s'enflamment pour s'ouvrir à l'extérieur. Elles peuvent s'ouvrir dans l'urèthre; dans ce cas, Turine entre dans le foyer. (Voy. Abcès urineux.)

On les abandonne à elles-mêmes; cependant, si elles sont volumineuses, si elles renferment un épanchement d'urine et ne communiquent pas avec l'urèthre, il est indiqué de les ouvrir.

30 Abcès urineux.

Les abcès urineux sont des abcès consécutifs à Tépanchemeiit, à l'iniiltration de l'urine.

Ils se forment lorscjuc le tissu cellulaire induré oppose une barrière à l'infiltration, par le même mécanisme que les tumeurs urinaires. Ou les observe : i® à Vhypogastre, après la rupture de la vessie, la taille ou la {)onction sus-|)ubienne; i^ dans Idi fosse iliaque^ ti*ès-rarement ; dedans la région aiw-périnéale^ à la suite d'une solution de continuité des portions prostatique ou membraneuse de l'urèthre; le pus occupe alors la loge inférieure du j)érinée ou la fosse ischio-rectale; 4® au scrotum et à la venje. à la suite d'une fissure de la portion pénienne de Turèthre; l'abcès urineux ressemble alors beaucoup à la tumeur urinaire siégeant au même point.

Létiologie de ces sortes d'abcès est la même que celle de l'infiltration d'urine.

Les symptômes varient suivant (|ue labcès est aigu ou chronique. Dans le premier cas, sentiment de pesanteur au périnée, malaise, frissons légers; puis tumeur périnéale, empâtement, rougeur de la peau, quel- ([uefois placiues gangreneuses au pourtour de l'anus, puis élimination d une grande quantité de pus fétide; dans le second cas, tumeur dure, indolente, avec flu( tuation obscure, tels sont les signes les plus importants à noter. Ces abcès peuvent s'ouvrir : 1® à la peau, et donner lieu souvent à des fistules urinaires; 2^ dans le tissu cellulaire voisin, la poche de l'abcès ayant cédé avant la |>eau; on peut observer, dans ce cas, une infiltration d'urine avec toutes ses conséquences ; 3» dans l'urètlire. et alors l'urine pénètre dans l'abcès, qui ne se cicatrise pas.

Le traitement consiste à ouvrir l'abcès le plus tôt possible, et à placer une sonde à demeure dans la vessie, afin de détourner l'urine de la voie accidentelle, (|ui existe dans presque tous les cas.

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