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LÉSIONS INFLAMMATOIRES DE LA VESSIE

ARTICLE DEUXIEME

LÉSIONS LNFLAMMATOIRES DE LA VESSIE (cyStUe)

Nous décrirons dans cet article : !<> la cystite aiguë; 2» la cystite canthaiidienne ; 3<> la cystite chronique, ou catarrhe de la vessie. Les abcès, les ulcérations et la gangrène de la vessie trouveront leur place dans ces descriptions.

L — CYSTITE AIGUË.

On donne ce nom à Tinilammation aiguë de la muqueuse vésicale. Lorsqu'elle siège vers l'orifice uréthral, on l'appelle cystite du col,

Caases. — La cystite aiguë reconnaît pour causes les calculs, la rétention d'urine, les contusions, les plaies, le séjour d'une sonde à demeure, la pression de la tête de l'enfant pendant l'accouchement, les manœuvres pour le broiement des calculs, etc. (cystite traumatique); les hémorrhoïdes, les inflammations du périnée, de l'urèthre, des reins, da vagin, etc. (cystite symptomatique) ^ peut-être la diathèse rhumatismale. Elle se montre sans cause connue (cystite spontanée). Une cystite spéciale est déterminée par l'action des cantharides. (Voy, plus loin.)

La forme symptomatique est la plus fréquente.

AnAtomie paiholofiric|ue. — Il existe une rougeur plus ou moins vive de la muqueuse. Si la maladie est un peu ancienne , la muqueuse est épaissie. La tunique musculeuse est surtout hypertrophiée. On constate quelquefois des ulcérations de la muqueuse, des plaques gangreneuses, des perforations. Dans quelques cas, on trouve du pus infiltré entre les tuniques, ou formant un abcès au-dessous de la vessie. Cet abcès fuse parfois du côté du périnée, dans la fosse ischiorectale, etc.

mywapiàmeu. niiàgnouiie. — i*^ Symptômes fonctionnels. — La maladie débute ordinairement par une douleur .vive (jui s'irradie dans la région du périnée, vers les reins et vers le méat urinaire. Cette douleur est exas[)éréc par la marche et par la pression sur le ventre. Il y a de la dysurie, c'est-à-dire que le malade urine diflicilement. En même temps, on constate du téncsfue^ c'est-à-dire que le malade éprouve un violent besoin d'uriner, sans pouvoir y parvenir. Il y a aussi rétention d'urine., par suite de la diminution de la contractilité de la vessie.

Lurine^ extraite au moyen de la sonde, est rougcatrc. teinte de sang, un peu trouble. Par le repos, il se dépose au fond du vase une couche purulente, et dans le liquide un flocon nuageux plus ou moins abondant. L'urine se décompose promptement dans le vase.

2» Symptômes de voisinage. — Le rectum subit rinflueuce de riatlamination de la vessie ; on constate une sensation de pesanteur vci*s l'anus, des envies fréquentes d a/ter à la selle, et même du ténesme anal.

3« Symptômes physiques. — La vessie, distendue, fait saillie au-dessus du pubis ; elle forme une tumeur, comme dans la rétention d'urine. Le cathétérisme la fait disparaître et donne issue à une urine altérée.

4» Symptômes généraux. — Ce sont des symptômes fébriles, comme dans toutes les phlegmasies; ils ont pour caractère particulier deseconipli(iuer quelquefois d'accidents nerveux.

Variétés. — On peut diviser la cystite en légère, intense et de moyenne intensité. La cystite légère ne détermine pas de symptômes généraux, et souvent la rétention d'urine est insignifiante. C'est dans la cystite intense surtout qu'on observe les complications dont nous allons parler. Notre description s'applique aux cystites moyennes.

Lorsqu'il y existe une cystite du col^ on remarque les mêmes phénomènes. Voici cependant les caractères qui la distinguent : elle se développe souvent dans le cours de la blennorrhagie par extension de l'inllammation; le ténesme vésical est plus prononcé; le passage de la sonde est extrêmement douloureux, et, si Ton appuie le bec de Tinstrument contre les parois du coi*psde la vessie, on ne réveille aucune douleur. Le contraire existe pour la cystite du corps.

TermiDAUon. Complications. — Ordinairement, la cystite légère se termine par résolution; les douleurs diminuent, l'urine reprend ses caractères physiologiques, tout rentre dans l'ordre.

Si elle est intense, elle peut se terminer par suppuration, par ulcération, par péritonite, par rupture de la vessie, par gangrène, et par le passage à Y état chronique.

La suppuration peut être très-abondante à la surface muqueuse de la vessie ; elle peut se faire entre les couches de cet organe, mais bien plus fréciueniment dans le tissu cellulaire qui double la paroi vésîcale. Ces abcès sont fort graves ; ils peuvent amener une péritonite par voisinage ou une infdtration urineuse.

Les ulcérations se montrent surtout dans le bas-fond de la vessie; elles déterminent de la douleur à la fin de la miction, et souvent un écoulement de sang ; elles peuvent i>erforer la vessie et amener le développement de l'inliltration urineuse.

La péritonite est assez rare; on en comprend toute la gravité.

La rupture de la vessie s'observe surtout lorscjue la cystite est consécutive à une rétention d'urine.

La gangrène est rare ; elle est «luelquefois la conséquence de la rétention d'urine, ou bien il se forme une eschare sur le point de la vessie eu contact avec une sonde à demeure. Elle détermine des symptômes généraux graves. Nous rapi)ellerons que la gangrène de la vessie peut s'observer dans d'auU-es cas, par exemple après raccouchement, lorsque la

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tête du fœtus est restée longtemps derrière le pubis. C'est alors une véritable gangrène par compression; nous y reviendrons plus à propos en parlant des fistules vésico-vaginales.

La cystite chronique sera étudiée plus loin.

Pr«ii*stie. — Une cystite légère est peu grave. Il n'en est pas de même si Tinflammation est un peu intense. Nous avons vu les nombreuses causes de mort auxquelles le malade est exposé.

En général, elle est moins grave chez la femme, u cause de la facilité plus grande du cathétérisme. La cystite qui complique une rétention d*urine présente une grande gravité. Les complications rendent le pronostic très-fâcheux.

Enfin, le pronostic est sérieux, même dans le cas de guérison, parce que la maladie peut récidivery et que le malade peut conserver une paralysie de la vessie ou une hypertrophie de ses parois, ce qui est plus rare.

Traliement. — Il faut éloigner la cause, si c'est possible. On soumettra le malade à un traitement antiplilogistique : sangsues au périnée (ce moyen est ordinairement efficace), bains généraux prolongés, bains de siège, diète, boissons peu abondantes. Il faudra surveiller la rétention d*urine, sonder le malade de temps en temps, le moins possible, et ne pas laisser de sonde à demeure. Dans la cystite légère du col ou du corps, on se trouve bien de l'usage du bi-carbonate de soude en boisson, deux à dix grammes par jour.

U. - CYSTITE GANTHARIDIENNE.

Les cantharides exercent une action spéciale sur les voies urinaires. Elles peuvent amener la cystite aigué, soit par l'ingestion de la poudre de cantharides dans un but d'empoisonnement ou dans un but erotique, soit par la simple application d'un vésicatoire en quelque région que ce soit.

Certains sujets sont remarquables sous ce rapport; le plus petit vésicatoire provoque chez eux tous les accidents de la cystite.

AiiAtoiiiie pAtholofirlque.. — La muqueuse vésicale est enflammée, comme dans la cystite aiguë. On y observe, de plus, des placiues pseudomembraneuses de plusieurs centimètres de largeur, souvent enroulées sur elles-mêmes, blanchâtres, grisâtres, comme fibrineuses et tachées de sang. L'urine renferme quelquefois de l'albumine.

•jmptdmes. — L'inflammation peut être légère ou intense. Elle se montre de cinq à dix heures après l'application du poison.

Les symptômes sont ceux de la cystite aiguë. Cependant, la douleur du méat urinaire est plus vive et elle cesse dès que le malade a uriu^ ; les douleurs périnéales sont souvent plus vives que dans la cystite aiguë ; Furine est chargée de flocons, de lambeaux de fausses membranes qui

FOBT. ^ PATH. BT eus» CHIB. ^ T. II. 12

éprouvent (luehiuefois de la difficulté à sortir, et qui, en s'arrêtant dans le canal ou au col de la vessie, peuvent causer une rétention d'urine. Il est rare d'observer des symptômes généraux. La maladie dure rarement vingt-quatre heures.

Pronostic. Traitement. — La cystite cantliaridienne n'est pas grave, il faut, lorsqu'elle existe, supprimer le vésicatoire. On croit généralement, sans que cela soit bien prouvé , que les vésicatoires saupoudrés de poudre de camphre, ou recouverts d'un papier huilé, empêchent son développement. On peut prescrire des boissons diurétiques, un cataplasme laudanisé sur le ventre.

Lorsqu'il y a empoisonnement par les cantharides, à la suite de l'introduction d'une grande quantité de substance toxique, il y a des symptômes plus graves, et l'on doit avoir recours à une médication plus active; mais nous ne traitons pas ici des empoisonnements.

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