‹ Pathologie et clinique chirurgicales. v. 1Chapitre 96 sur 317 · KYSTES DU TESTICULE · texte numérisé non relu

KYSTES DU TESTICULE

nom d'hydrocèle enkystée du testicule; les autres dilatent la tunique albuginée : ce sont les kystes du testicule. On a vu, exceptionnellement, des kystes hydatiques.

io Hydrocèle enkystée du tesUcnle.

Ces kystes sont souvent multiples; leur volume varie depuis celui d'un petit pois jusqu^à celui d'un œuf et même davantage. Ils sont de deux espèces :

a. Rarement ils se développent entre la tunique albuginëe et le feuillet séreux de la tunique vaginale.

&. Le plus souvent, ces kystes se montrent au niveau de la tête de l'épididyme. Tantôt ils sont situés entre la tête de l'épididyme et le feuillet séreux de la tunique vaginale, tantôt à Tunion de l'épididyme, du testicule et de la tunique vaginale, au voisinage des cônes efférents du testicule. Ils sont sessiles, quelquefois pédicules.

Les kystes pédicules dépassent rarement le volume d'un grain de groseille (Gosseliu).

Les autres sont susceptibles d'acquérir un développement considérable. Généralement uniloculaires, quelquefois multiloculaires, ils refoulent, en se développant , l'épididyme qui est déjeté latéralement, tandis que le testicule occupe la partie antéro-inférieure de la tumeur.

La cavité de ces kystes peut contenir un liquide albumineux et des fausses membranes. Mais le plus souvent c'est un liquide opalin, dont la couleur a été attribuée exclusivement à la présence des spermatozoïdes. En réalité, il existe deux variétés de ces kystes : les uns contiennent des spermatozoïdes, tantôt inertes, tantôt normaux et mobiles; d'autres fois, la teinte opaline est due à la présence de fms granules graisseux et de nombreux noyaux sphériques très-petits, qui, d'après M. Robin, proviennent de l'épididyme.

L'origine de ces kystes n'est pas bien connue. Quelques auteurs ont pensé qu'ils se développent dans le tissu cellulaire intermédiaire aux tubes séminifères et à la tunique séreuse. D'autres admettent qu ils ont pour origine la dilatation d'un tube séminifère, ce qui expliquerait naturellement la présence des spermatozoïdes. Pour d'autres enfin, et H. Gosseliu est du nombre, les spermatozoïdes ne se mêlent au liquide du kyste qu'à la suite de la rupture d'un des conduits spermati<}ues.

On admet aussi qu'un certain nombre de ces kystes se développent aux dépens du petit appendice de la tunique vaginale situé à la partie antérieure et supérieure du testicule, et connu sous le nom d'hydatide de Horgagni ; d'autres, enfin, aux dépens du corps innominé, débris du corps de Wolf, signalé par H. Giraldès.

Symptdmes. — L'hydrocèle enkystée débute par une petite tumeur dure, arrondie, située au niveau de la tête de l'épididyme, parfois à sa partie moyenne ou postérieure, et survenant quel(|uefois à la suite

(l'un effort. Elle peut rester longtemps à cet état, sans causer ni douleur ni gêne, puis devenir tout à coup douloureuse. Le plus souvent, son développement est lent et insensible ; la gêne causée par la tumeur est proportionnée à son volume, et la douleur est éveillée seulement par la pression. Parfois lobulée, quand les kystes sont multiples et peu volumineux, elle est généralement lisse, tendue, fluctuante, accjuiert un plus grand volume que le testicule, et offre môme de la transparence. C'est alors qu'on peut la confondre avec l'hydrocele de la tunicfue vaginale.

Dia^riioïkiic. — Pour distinguer l'hydrocèle enkystée de l'hydrocèle de la tunique vaginale, il faut se rappeler que la première est ordinairement moins volumineuse, et que le testicule est placé en avant et audessous de la tumeur. Mais ces signes n*ont rien d'absolu. La douleur, (jui paraît causée par la compression qu'exerce le kysie sur le testicule, est plus prononcée dans l'hydrocèle enkystée que dans l'hydrocèle vaginale ; elle se propage quelquefois jusque dans la région lombaire. Lorsque le diagnostic est douteux, il faut faire une ponction exploratrice : si le rufuide est opalin et contient des spermatozoïdes, ou les granules et les noyaux dont nous avons parlé plus haut, on a affaire à une hydrocèle enkystée.

Le traitement est le même que celui de l'hydrocèle de la tunique va-

finale.

2* Kystes dn testicule.

Décrits par Curling sous le nom de maladie kystique du testicule^ ces kystes se développent à Tintérieur de la tunique albuginée. soit aux dépens des tubes séminifères oblitérés et dilatés consécutivement, soit dans les conduits du corps d'Highmore (Curling), soit enfin dans Tépididyme (Robin).

Variables par leur volume, ils sont quelquefois extrêmement nombreux, et refoulent la substance propre du testicule, qu'on trouve étalée en couche mince à la périphérie de la tumeur. Ils contiennent un liquide transparent et légèrement coloré, ou épais, visqueux, et parfois teint de sang. De leur paroi interne on voit souvent naître des masses polypiformes, qui oblitèrent plus ou moins leur cavité, et qui peuvent contenir dans leur épaisseur du tissu cartilagineux. Virchow admet que les noyaux d'enchondrôme , souvent très-nombreux , qui accompagnent la maladie kystique, prennent leur origine dans le tissu cellulaire interstitiel. Mais on a aussi fait remarquer que ces masses cartilagineuses paraissent, dans certains cas, occuper la lumière des vaisseaux lymphatiques, et on a conclu que les kystes du testicule pouvaient être constitués par la dilatation de ces vaisseaux. D'autres fois, on trouve, dans les cloisons libreuses plus ou moins denses séparant les cavités kystiques, de petites masses épithéliales qu'on a désignées sous le nom de tumeur perlée du testicule.

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