‹ Pathologie et thérapeutique verbalesChapitre 17 sur 80 · Mori-, Zur sprachlichen Glieâemng Franhreichs · texte numérisé non relu

Mori-, Zur sprachlichen Glieâemng Franhreichs

si (si écluse, si armoire). Il importe de noter que 297 représente une colonie de marins venue, dit-on, du Pas-de- Calais.

295 dit à s poteau, 282 à è poteau. Si 295 dit 1% anges et si avoine, 282 dit £e% anges et / avoine.

Pour l'adj. dém. 295 et 282 reproduisent exactement l'état de 272 (voir plus haut le tableau), sauf que chelchelle y sont il et que che est / à 282 .

Comme 272, 295 et 282 ont deux adj. dém., qui ne sauraient tous deux remonter au latin, chel-chelle et chest-cheste. Le dernier est sûrement un intrus et formellement il se comporte inversement au point 271, qui dit chon pour son, st pour ceste, alors que 295 et 282 disent son pour son, et pour ceste el M pour chel-chelle.

Le mélange constaté dans les 3 points de l'aire 2 (272, 271, 261), avec conservation de l'adj. poss. non envahi sémantiquement par l'adj . dém . ou sans cette conservation, forme une ligne droite qui longe la limite de l'aire picarde et se poursuit dans l'aire 1 (appelée ici improprement aire 1, parce que notre carte I trace la limite maxima) jusqu'à 295. Cette ligne parfaitement droite marque évidemment la zone intermédiaire, la zone de mélange, entre l'ouest du territoire où l'adj . poss . se conserve intact à côté de l'adj. dém. et l'est du territoire où la confusion des deux adj. est complète.

Ainsi, — si nous faisons abstraction du point 291, en

dehors de la limite—^— qui a celle année et que nous ne

€, c pourrions analyser sans avoir étudié à fond son patois et

celui de ses voisins — , nous avons reporté, sans nous en

douter, la limite orientale de che-chel-chelle jusqu'à la

limite actuelle de — — ■

Le traitement par Fart. déni, a donc très probablement existé dans notre aire à régime incomplet, et l'on voit, par* ce qui précède, que, devenu inefficace, il obligea la langue à s'en retourner a son ancien état :

ce patron il vend son vin était devenu :

s patron il vend s vin, qui pouvait avoir tous les sens que l'on peut obtenir par la substitution à l'un et l'autre s de « son » et de « ce », voire même de « 1 », et devait redevenir:

/ patron il vend / vin ou même / patron vend / vin.

Que fût-il arrivé si la langue n'avait eu en réserve l'art. déf. qu'elle continuait à employer lorsque le subst. n'était pas susceptible de démonstration ? A-t-elle effectué ce retour sans tutelle ? L7 qu'elle allait retrouver n'était plus celui qu'elle avait abandonné. Nous avons de la peine à concevoir une langue mécontente de son état et retournant à l'état qui a motivé son mécontentement (page 21). Ici encore nous croyons entrevoir l'intervention — bien tardive — de la langue littéraire.

L'inefficacité de l'art, dém. entraîna, par contre-coup, la disgrâce des deux autres traitements, désormais insuffisants, mais dans une mesure tout autre et leur état actuel, dans l'aire 2, nous en offre l'écho sincère. En effet;

La collision de « ce » avec « son » détruisait l'efficacité d'un mot qui, frappé, périssait sans laisser de trace. Il n'en est pas de même des deux autres traitements qui se basaient, non pas sur la fragilité d'un seul mot, mais sur un facteur syntaxique commun à toute la Gaule romane, où il était constamment mis en œuvre dans certaines conditions.

L'homme, il est mortel; la vérité, elle est immortelle n'est pas plus étranger à l'aire 2 qu'au français littéraire. Dans l'aire 2 on pouvait donc continuer à dire,

par accoutumance, le blé il est mur à côté de l'enfant crie, et vice-versa.

Le français qui dit il ne se tenait plus sur jambes ou sur les jambes ou encore sur ses jambes autorisait nos gens de l'aire 2 à continuer à dire j'ai mal a mon bras.

Dépourvus de leur fonction utilitaire, le pron. explétif, l'art, poss. restent encore, de même que nos jaquettes portent toutes encore les deux boutons autrefois pourvus de fonction ou que, encore, les boutons à bretelles ne sauraient manquer au pantalon de ceux qui n'ont de leur vie porté des bretelles. Boutons, pron. expl.,art. poss- n'en sont pas moins des témoignages de fonctions disparues. Il se peut que longtemps encore, après l'extinction des patois, les tournures avec pron. expl. et art. poss. restent dans le français régional comme derniers vestiges de la collision de l'art, la avec le.

Dans un conflit aussi grave que celui où la mettait la confusion de « son » avec « ce » il est explicable que dans l'aire 2 on ait tenté de se sauver sur n'importe quelle planche de salut qui s'offrait, qu'on ait adopté l'adj. cestceste, alors que cependant l'adj. autochtone eût la même efficacité, chél-chelle (> sel).

Dans les 3 exemples de cette année (2 ex.), cet endroit du tableau ci-dessus

son est en concurrence avec cel-celle (294, 281) » » » cet-cettë et cel-celle (293,

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