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821 serka
estàt-eyà
settya
pîteyâ teyârdjya
estateà
peS€yà »
htàkâ
pe-ea Uyàrdjyà
htâUyà
sekâ
pestya kàrgà
htàkà
seUyà
pçsttya »
Toute tentative d'explication conçue sur cette base échouerait. Et comment cette explication s'accommoderait-elle avec la présence de trua à 71 1 et 714 (à côté de trao, « trou »), d'une forme évidemment française qui s'explique fort bien dans la thèse que nous allons exposer, avec 711 notamment où trao représente et trabem et traucum, c'est-àdire la collision partout ailleurs intolérable. 711 et 7 14 sont des patois délaissés par la tradition de trauka, qui, dans leur abandon, se replient sur le français; 711 {trau = poutre et trou ; trua = trouver) est le pendant, avec termes renversés, de 616 (krœ et trauka).
Le verbe Irauka, relâché de son substantif trauk qui est devenu trau, ne peut suivre l'évolution à laquelle l'invite instamment la nouvelle forme, ne peut devenir trawa (cf. la création spontanée de klawa « clouer »), car il signifierait quoi ? poutrer, c'est-à-dire serait un mot vide de sens, n'ayant donc aucun droit à l'existence . Trauka survit donc, vient s'enrôler dans la catégorie de verbes en., ka, représentés au nord de la limite de c == k par des verbes tels que marquer, manquer, piquer (la faux), etc
Selon que l'appel, la naturalisation phonétique résultant, dans la zone au nord de la limite de C = k, del'assimilation de la famille des verbes en., tsa, opposée à celle des verbes en., ka, est plus ou moins impératif à l'égard du mot réfugié, il en résultera soit la résistance à l'appel, c'est-à-dire le maintien de trauka, soit son entraînement, sa naturalisation, c'est-à-dire trautsa.
Notre raisonnement est basé sur une conception de ces parlers excluant, en ce point de phonétique, toute espèce d'attache directe avec le latin. On ne saurait, en effet, s'imaginer que la limite dec = k n'ait pas varié depuis l'époque à laquelle remontent les faits à expliquer, que la limite de c = k d'aujourd'hui eût été celle d'hier, que les aires encloses par une limite maxima et une limite minima ne soient point dans un état provisoire et passager, qu'un avenir prochain ne ramène ces deux limites à une seule. Il s'agit dans
trauka
trauka < M
trautsa
non d'une marche phonétique opérée en commun avec des congénères, mais d'une attraction postérieure.
Mais, l'abri que trouve trauka dans la famille des verbes marka, manka, etc., qui eux se maintiennent avec leur k intact et ne sont point entraînés par la puissance assimilatrice de la terminaison verbale., tsa, grâce peut-être au français, mais bien plus probablement à la menace de collision avec martsa « marcher», mantsa « mancher », cet abri, dira-t-on, ne devrait être que momentané, ne saurait être définitif, puisque trauka est constamment menacé par un dénominal de trau. Pourquoi les parlers ayant trau « trou », qui se sont défaits définitivement de trabem, qui vivent bien éloignés du siège de la collision actuelle,
qui doivent avoir perdu jusqu'au souvenir d'avoir assisté à cette lutte dans leur voisinage, pourquoi ces parlers ne présentent-ils pas une nouvelle formation traua-trawa, qui serait à l'abri d'une confusion avec un verbe imaginaire tiré de trau < trabem.
C'est que d'autres dangers, d'autres luttes, d'autres collisions attendaient le dénominal traua-trawa.
A l'ouest du territoire, il allait à la rencontre d'un trawa équivalent du fr. (en)traver. Ce verbe naît à la vérité, mais le plus souvent il est répudié, précisément à cause du danger de collision qu'il présente. On remarquera, en effet, dans la carte entraver les nombreux points d'interrogation qui nous signifient que, dans cette région, Edmont n'a pu obtenir l'équivalent de entraver : ce sont des parlers en détresse lexicale.
Ailleurs il menaçait de se confondre avec un trawa, produit phonétique du verbe trouver. Comment expliquer autrement que par une menace de collision le fait que trouver soit allé se jeter dans les bras du verbe trapper (attraper à 776)? Trouver est allé phonétiquement à la rencontre de trapper jusqu'à l'étape traba. Cette étape ne figure pas dans l'Atlas, où son absence n'a rien d'étonnant, car elle a dû, par sa parenté formelle avec son aboutissement trapa, être bien éphémère ; mais elle nous est donnée par le dictionnaire de Mistral :
trapa, traba (gascon) attraper, saisir, v. atrapa; trouver, rencontrer, en Languedoc et Dauphiné, v. trouba, et à trouba il nous donne les formes suivantes : trouba, tourba (auv.), trouva (rh.), trueva (a.), troba (b.), traba (g.), trapa (1.).
Ce que nous venons de dire succinctement sur les menaces constantes d'une collision d'un verbe dénominal de trou avec un poutrer, un (en)traver et un trouver, qui
oblige trawa à rester en constante gestation et donne une survie au type trauka, exigerait un gros volume pour être
exposé en détail.
Il faudrait soumettre à un examen rigoureux les cartes très compliquées de jouer, louer, où nous rencontrerions derechef des collisions ou des menaces de collision (avec [UGER et loger) qui bouleversent complètement l'évolution régulière de leurs sons, celles de jeu, chef (tète, bout), drap, etc., qui nous renseigneraient sur le sort des finales comparées à celui du c de tram et nous diraient notamment pourquoi nous ne trouvons pas le typetrauta « trouer», les cartes de trouver, ainsi que toutes celles des mots où un v intervocaliqueoubien un a-, né en hiatus, aboutissent au b et produisent l'altération de la voyelle précédente dans traba « trouver », etc., etc., accompagner le tout de nombreuses cartes, d'un véritable atlas.
Nous l'avons tenté, quoique effrayé de voir que la question abordée nous conduisît aussi loin ; mais nous avons dû constater que notre documentation, malgré tout l'appareil critique offert par l'Atlas, était encore insuffisante et aussi que — nous devons l'avouer — nous serions obligé d'exposer des vues par trop contraires aux principes de la phonétique, tels qu'ils sont appliqués de nos jours.
C'est — sauf en un point qui est en bordure (62e) — dans cette zone intermédiaire entre le français du Nord et la langue du Midi, caractérisée par le maintien du c devant a que M. Herzog a trouvé des parlers qui seraient les uniques dépositaires d'un mot disparu de tout le reste de la Romania. Son *commexquer — sauf à 626 — y serait devenu commentsar, le serait devenu sûrement à 807 qui dit otsà pour auca et trtïtsâ pour trauka. Par quelle maille du filet aurait pu passer *commenquer pour échapper à la palatalisation, alors que celle-ci atteint des C latins d'âges aussi divers ?
Commancluer y échappait comme manquer y échappait, tous deux d'origine française ou censément française : ils ne se sont point affublés d'un masque phonétique qui les auraient apparentés à la famille de « manche » comme marquer à « marcher ».