VI. — Bouter et mettre
(Cartes II et III).
i. Constitution et lecture des cartes.
La carte II est dressée d'après la carte 847 de l'Atlas j'ai mis un verrou. Les points laissés en blanc ont mis.
On y a tenu compte de toutes les doubles formes qu'elle renferme, soit que celles-ci aient été données librement par le sujet, soit qu'elles aient été le résultat d'une seconde interrogation de la part d'Edmont. Dans ce dernier cas, la carte 847 de l'Atlas les donne entre crochets. Ainsi, Edmont a demandé d'abord j'ai mis un verrou, puis (je l'ai) mis, mise, afin d'obtenir plus particulièrement la forme féminine du participe passé, et, treize fois elle est bien mise dans le sens de elle est bien vêtue.
La carte III reproduit la présence de bouter d'après la carte II et les cas de coexistence de bouter avec mettre et
METTER.
Elle complète la carte II en y ajoutant :
1) les renseignements fournis par la demi-carte mettre
de l'Atlas, B 1627, quand ils contredisent ou paraissent contredire ceux de la carte 847 ;
2) les renseignements que nous fournissent d'autres cartes de l'Atlas dont on trouvera la nomenclature dans la Table (y. boutkr). Ces cartes n'augmentent l'étendue de bouter que de quelques points dans le voisinage immédiat de ceux où la carte II le signale. Comme elles sont assez nombreuses, elles nous permettent de croire que les cartes I et
II retracent assez fidèlement les contours de Taire bouter « mettre » à l'époque où Edmont a fait son relevé, et elles posent quelques jalons dans le rayonnement sémantique de bouter et de ses concurrents (bouter ses chaussures, se bouter au perchoir, se bouter en fleurs (fleurir), se bouter perdre (se gâter), bouter dedans (rentrer quelque chose), se bouter les mains noires (noircir), se bouter à l'abri, bouter de côté (épargner), bouter le verrou (verrouiller), bouter loin(épamprer), bouter hors(ôter), bouteraprès (exciter un chien), bouter en bas les noix, bouter en couleur (peindre), se bouter à genoux, bouter (poser). Ces jalons nous autorisent à admettre une équivalence sémantique à peu près complète entre bouter et mettre-metter dans la région dont nous allons nous occuper spécialement. Il est évident que toutes les divergences enregistrées dans cette carte II auraient pu disparaître, si Edmont avait voulu pousser à fond l'interrogation et provoquer partout plus d'une réponse. Le relevé en serait-il plus vivant et plus vrai ? Enfin la carte
III ajoute :
3) les valeurs sémantiques de bouter autres que celle de « mettre » .
Un tableau synoptique fait suite aux cartes et résume les faits que nous croyons avoir acquis.