‹ Pathologie et thérapeutique verbalesChapitre 63 sur 80 · VIOLETTES · texte numérisé non relu

VIOLETTES

essotte

etchatte

alouotte

tchouotte

naviotte

violottes

alvatte

tchvatte

navotte

alouotte

tchouatte

nevatte

violattes

echatte

atchatte

olouatte

naviatte

Quelle est la loi phonétique qui régit chacun de ces parlers ? L'atlas phonétique que prépare depuis de nombreuses années la rédaction du Glossaire de la Suisse romande nous le dira-t-il ?

Mais les relevés d'Edmont peuvent paraître suspects aux yeux de quelque lecteur. Qu'à cela ne tienne ! Voici le témoignage d'un autre enquêteur. M. Bloch, dans ses Parlers des Vosges méridionales, p. 299, dit :

« Nous avons déjà eu l'occasion de signaler l'origine étrangère de cette forme p. 146 [il s'agit de hnot (= pommotle) « pomme de terre »]; il est même curieux que nos parlers n'aient pas adapté le suffixe [M. Bloch réclame le « suffixe atle]. » Nous avons vu plus haut que cette forme kmot de M. Bloch est en fort bonne compagnie avec carotte.

4). Pour être devenu atte-otte, le suffixe ette, maintenu sous sa

1. On voit que ce mot du questionnaire ne pouvait guère provoquer une réponse « extorquée » (hachette, chouette).

ESSETTE-MOVCHETTE 37

forme française, ne perd pas ses droits à l'existence dans l'aire atte-otte. Et quoi de plus naturel, puisque atte-otte ne connaissent plus la valeur de -ette, ou la connaissent imparfaitement (de là le pourtour de l'aire atte, otte sans mouchette « abeille ») ? Lorsqu'un mot en -ette, étranger à cette aire, s'y présente après l'évolution en atte-otte, il sera assimilé ou ne le sera pas, alors qu'un -ette, conçu comme diminutif, devrait être toujours assimilé par un parler ayant conscience de la diminutivité de -atte -otte.

Clarinette ne deviendra nulle part clarinatte-clarinotte ;

Omelette, bien qu'apparaissant aussi sous la forme mulet, ne sera assimilé en -atte qu'en 2 points sur 52 ;

Pâquerette le sera en deux points {-atte), en un point {-otte) sur une douzaine ;

Fauvette, allumette, violette, fourchette, etc. le seront, à divers degrés, davantage — mais n'allez pas croire que les parlers les plus assimilateurs soient les plus originaux et les plus régionalistes.

Je gage que le plus récent des mots en -ette, trottinette, n'y affecte pas les formes en -atte -otte, à moins que . . .

Dans l'appendice Mouchette en Lorraine de mon travail sur l'abeille, j'ai montré que cet état de choses créait des possibilités lexicales particulières.

Par ce qui précède, on voit que l'aire atte-otte était un enclos où un mouchette « abeille » — quelle que soit son origine (consciente ou accidentelle) — pouvait parfaitement se maintenir sans apparaître sous la forme d'un diminutif de mouche ; il pouvait se maintenir même en dépit de la présence d'un mouchette « moucheron », lequel pouvait persister ou naître (sous la forme mouchette), appuyé qu'il était par d'autres diminutifs en ette — fourchatte, fourchoile pourraient désigner une « petite fourche », tandis que fourchette désignerait une « fourchette de table ». Mouchette « abeille » était condamné ailleurs que là où il était mouchatte et mouchotte. Mouchette « abeille » n'existe réellement qu'en quatre points du Valais, où une raison particulière a permis qu'il se maintînt, et cette raison particulière est analogue à celle qui a sauvé mouchatte et mouchotte.

Mais, le mouchette « abeille », sauvé miraculeusement dans Taire atle-otte, pourrait être aussi bien le mouchette — diminutif ou caritatif — de M. J. que mon mouchette accidentel, < mouche-ep ! Il y a donc lieu d'examiner si le mouchette « abeille » de l'Est est autre chose que celui qui, à l'ouest, disparaît, précisément pour être apparu comme un diminutif, d'examiner si, comme le croit M. J., mouchette « abeille » de l'Est est antérieur à la naissance de mouche-ep, tombé accidentellement en mouchette, comme je le crois.

Examinons donc les textes qui ont permis à M. J. de remplacer une aile de mon bâtiment, de la remplacer par une aile qui est d'un tout autre style.

Ce sont les mêmes textes que ceux que j'ai eus sous les yeux en écrivant mon travail sur l'abeille — ceux qui concernent essette n'ont rien qui soit chronologiquement incompatible avec essette •< es-ep. Seuls ceux qui ont, ou que l'on dit avoir mouchette « abeille », motivent le dissentiment entre M. J. et moi.

La plus ancienne forme de l'Est que M. J. oppose à ma conception de mouchette <] mouche-ep est un mouxate de 1291. « Atte », dès cette époque, a remplacé ette. Par cette évolution phonétique, « mouchette » va acquérir, tôt ou tard, les prérogatives que j'ai signalées ci-dessus : il pourra se maintenir à l'abri des péripéties survenant à mouchette. Lès scribes et auteurs de la région nous parleront dorénavant de mouchattes et de mouchottes, alors que mouchette pourra avoir disparu ailleurs. Ils franciseront leur mot provincial en mouchette.

Ce mouxate de 1291 est-il mouchette « abeille » ? Je le conteste catégoriquement ; car il s'agit d'un geton ou essaim de mouchettes. Or, que sont ces « mouchettes » ? Ce sont « les mouches, les jeunes mouches, les mouchettes, les nouvelles mouches » qui s'envolent de la ruche, où travaillent les es. Ces mouchattes sont exactement les « nouvelles mouchettes » du texte de Brunetto Latini, qui m'a sottement embarrassé lorsque j'écrivais Y Abeille^ ce sont « les noveles moschetes » [pléonasme aussi excusable que petit bébé, petit poupon] qui « ne s'osent poser devant ce que lor maistres [la nouvelle reine] ne sois assis la ou il vuet ».

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Le mouxate de 1291 n'a pas plus à intervenir dans l'histoire de T « abeille » que le moschete de Brunetto Latini n'a à intervenir dans celle de 1' « abeille » à Paris, et n'y est intervenu : xve s. « Avettes que l'on appelle eps en France et abeilles en Poitou ».

Dans le deuxième exemple cité par M. J., celui du Psautier de Metz : ils m'ont environné com moixates, ne s'agit-il pas plutôt des jeunes abeilles, effarées, et suivant leur reine en tournoyant, n'osant se poser « devant qu'elle soit assise là où elle veut » que des abeilles de la ruche environnant l'apiculteur qui vient prendre leur miel ' .

Cette interprétation de trois mouchelte est fantaisiste, recherchée, dira peut-être M. J. Avec ma présomption habituelle, je n'hésite pas à dire qu'elle est certaine, et voici pourquoi : quand essaim « essaim » dans le nord de la France eut disparu sous le coup de sa collision avec essaim « abeille » — ce fait n'est pas contesté par M. J. — , il naquit un nouveau mot pour désigner Y « essaim », et ce nouveau mot a pour base... ma conception du mouchette de 1 291, du mouchette de Brunetto Latini, du mouchelte du Psautier de Metz. Le nouveau mot pour « essaim » est jeuneau, c'est-à-dire le groupe des jeunes mouches, des manchet les, et ce jeuneau occupe la moitié de la Wallonie, et ce jeuneau fixe définitivement des jeunes de mouches, des mouches, des mouches qui essaiment, des nids de mouches (pas de mouchettes !), toutes expressions tâtonnantes qui « environnent » jeuneau, qui se meuvent toutes dans l'orbe de mouchette, jeune abeille qui quitte le domicile maternel, fait l'école buissonnière sous la conduite de son nouveau c'maître », « environne » le passant, et est « mouchette » — ou « mouche » — tant qu'elle fera partie de « getons », voire même de « vaisseaux » — car vaisseau, en disparaissant d'un parler dans son acception de « ruche », ne vaut pas plus que « geton » ou « essaim ».

Si l'essaim ne se composait pas de « jeunes abeilles », de

1. Si d'autres psautiers disent, à ce passage, es, je n'en conclus nullement que le mouchette du Psautier de Metz soit le synonyme exact d'es. Le Psautier de Metz précise d'une façon plus parfaite et plus juste l'image qu'évoque le psalmiste.

« mouches », de « mouchettes », de « mouchons » (voir plus loin), le mot nouveau devant désigner un « essaim » perdu serait-il jeuneau, et ce jeuneau serait-il entouré de jeunes de mouches, etc. ?

Ainsi, de plein droit, j'élimine toute interprétation de mouchette, mouche par « abeille », en tant que mouchette et mouche sont des compléments de jeton, essaim, vaisseau ; car un jeton, un essaim, et même un vaisseau (celui-ci dans certaines conditions) se composent réellement de mouchettes ou de mouches et non d'abeilles.

Qui a étudié les parlers wallons et ceux qui de la Belgique se parlent le long de la frontière jusqu'à la Suisse sait dans quelle intime relation phonétique et lexicale se trouve ce territoire, récemment brisé en deux tronçons par ce que j'ai appelé ailleurs la « trouée de la Meuse ». (Cf., au point de vue phonétique, la diphtongaison de Ye entravé, le maintien de Ys devant consonnes, et dix autres faits ; au point de vue lexicologique, les mots sarrasin, cercueil, auge, arracher, et cent autres.)

Si mouchatte de 1291, moschete antérieur, mouchatte du Psautier de Metz étaient synonymes d' « abeille », je revendiquerais cette même synonymie pour mouche. Nous avons getons de mouches en 1328 (synonyme de geton des (! ?), geton de mouchettes, voire même de geton de mouchette (ruche). Je revendiquerais cette synonymie à plus juste titre encore que celle de mouchette, puisque mouche « abeille » est resté jusqu'à nos jours (Elever des mouches, dit Littré. C'est élever des mouches pour avoir des es, élever de la progéniture, comme on élève» des vers à soie — non pas pour avoir des vers, mais de la soie), alors que l'on ne dit pas aujourd'hui élever des mouchettes.

A qui le tour de prétendre que mouche désigne l'abeille dès le xive s., et que les textes permettent de reconstruire l'histoire de la terminologie de l'abeille avec plus de sûreté que la géographie linguistique ? M. J. ne dit rien de ce mouche « abeille ». Moi, je dis que la géographie linguistique est là pour qu'on interprète bien les textes et que, sans, elle, on serait semblable à celui qui prendrait une clef de porte cochère pour remonter

ESSETTE-M( WCHETTE 4 l

sa montre. Vous chercherez en vain chez Godefroy un article mouche « abeille », alors que, par hasard, il s'en trouve trois i exemples — où ? — à l'article geton, où il est bien à sa place '.

Godefroy a-t-il relevé les mouchette qui ne se recommandent pas à sa curiosité par leur forme phonétique ou leur graphie ? Les exemples de mouchette sont-ils dans son dictionnaire en proportion de leur existence réelle ?

Mouxate de 1291, moschete parisien du xme s. mouche de 1328 sont les synonymes d'un mouchon 2 beaucoup plus récent : « Quand le printemps est beau, les abeilles font plus de miel et moins de mouchons, parce que. . elles en oublient la production de leurs nymphes. »

Si je devais changer d'avis au sujet de la naissance de mouchette dans l'Est, c'est-à-dire lui attribuer une autre origine que celle de mouche-ep, je n'hésiterais pas un seul instant à voir dans mouchette et essette de l'Est de véritables diminutifs de mouche et à* es, propres à remplacer un es défaillant, quoique devenant improprement des « abeilles », de « jeunes abeilles » qu'elles étaient.

1. Godefroy n'a-t-il pas dépouillé le seul livre de textes vieux-français que j'aie ici à ma disposition : la Chrestomathie de Bartsch. J'y trouve : mouches aux aguillons Qui de beau miel leurs pavillons Firent es arbres par mesure (Alain Chartier). Les « moucherons » y sont des monschettes. Les mouches d'A. C. (né en 1386) intéressent moins Godefroy que les mouchettes de Belleau (né en 1 528).

Godefroy a deux articles indépendants : moucheté, qui comprend mouchate, et nwuchote, cette dernière forme étant aussi représentée, dans un seul et même texte, par moucheté et par mouchate. Cela enrichit le dictionnaire, et peut faire accroire que la région lorraine est plus riche en mouchatte et mouchotte que les régions à mouchette ne le sont en mouchette.

Une collaboration de quinze jours à la cueillette de M. Godefroy a suffi pour que je me rende compte comment elle se faisait et pour motiver la brièveté de cette collaboration.

2. Mouchon =« fumeron » et» petite mouche » (absolument comme moucheron) G.

Apes. Une « muschete qui fait le miel » (Glossaire de Salins). Cette mouchette est-elle une mouche qui fait le miel ou une abeille qui fait le miel. Si c'est une abeille qui fait le miel, le Glossaire de Salins dirait-il aussi : Pomus. Pommier qui porte des pommes ?

Si, comme le suppose M. J., moichotte est « abeille » dès l'an 1291, je ne comprends pas qu'en 1444 un scribe écrive :

XII vaissels d'ays alias moichotes.

Est-ce un savant connaisseur de la langue d'autrefois ? M. J. cite cet exemple en faveur de sa thèse d'après laquelle mouchette a recouvert es et essette est une imitation de mouchette. Cent cinquante ans après que mouchette « abeille » a fait son apparition, on nous parle encore à'es, dans une région dont une partie au moins « témoigne d'une conservation particulièrement tenace d'apis » (J.). Quelle est l'interprétation la plus naturelle de ce texte? Celle que lui donne M. J. ou celle d'après laquelle es est encore contemporain de mouchette, le premier désignant l'abeille en ruche, le second désignant soit la « jeune abeille » (qui est el vaisseï), soit déjà mouchette <Z mouche-ep et étant alors le synonyme parfait d'es ? Le même texte présente, dans la même année moichate, plus tard, la forme francisée moichete.

Deux ou trois des textes qu'il y aurait encore à interpréter sont obscurs pour moi I. Je ne crois pas en devoir faire plus de cas que de celui de Belleau, qui disait avette, et cependant emploie une fois mouchette à miel, sans qu'aucun parler n'ait eu à en souffrir.

• D'ailleurs, me montrât-on de véritables mouchette « abeille » antérieurs à mon mouchette <C mouche-ep que je ne m'en formaliserais pas autrement en présence de tant de mouchette et de mouche qui ne sont pas des « abeilles », mais de « jeunes abeilles » et qui pullulent de plein droit comme compléments

1. « Une petite mochette que fut trouvée d'espave es bois de monseigneur» est dans un texte qui a, d'autre part : « une petite mochette.. laquelle morut avec sesjectons. »

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de « essaim », « jeton », voire même de « vaisseau ». Que l'on ait confondu parfois les jeunes mouches futures faiseuses de miel avec les faiseuses de miel, cela serait-il inadmissible ? Pas plus que si l'on a confondu poule avec geline.

Je crois donc, et M. J. croit avec moi, que mouchette abeille, né accidentellement, a été extirpé. M. J. reste seul à croire qu'ailleurs que là où l'on a extirpé, on l'a créé pour qu'il restât.

Deux faits particulièrement — d'un troisième M. J. dit qu'il n'est pas décisif, sans proposer une autre explication — m'ont révélé que mouchette et essette étaient le produit né dans l'Est de vwuche-ep et de es-ep. Ce sont :

i) l'existence d' essette « esse »,

2) la présence d'apier « rucher » au point 77.

Ces deux faits ont naturellement aussi peu de valeur démonstrative aux yeux de M. J. que les textes qu'il interprète en ont pour moi.

1) « Essette reste une hypothèse aussi longtemps qu essette « abeille » n'est pas attesté en Lorraine ». Pas d'histoire sans documents écrits! Il n'y a au ciel que les étoiles que l'on nous montre à l'Observatoire ! Comme essette n'existe pas dans Godefroy, je ne tenterai point l'entreprise de dépouiller les textes lorrains en vue d'y trouver un mot éphémère, aussi éphémère que mouche-ep, dont M. J. admet l'existence, quoique non patentée par les textes, et qui a été fort bien remplacé par mouchattemouchotte. Je préférerais de beaucoup suivre une autre piste qui aboutirait peut-être à un résultat plus assuré : les successeurs des trois essatte, signalés à M. J., sont représentés, dans les quatre points à essette de l'Atlas, par trois essotte contre un essatte. Cela me laisse rêveur en face de quatre etchatte « hache », de quatre brouatte même. Essette est, des quatorze mots que j'ai examinés, celui qui se comporte le plus irrégulièrement vis-à-vis de la loi ette > atte. Or, j'ai dit plus haut le va-et-vient de otte et de atte,

j'ai reproduit les dires de M. Bloch au sujet de kmot, à la place duquel il attendait kmat. Est- il sûr quessotte soit « en place » et ne soit pas un lambeau d'une aire autrefois plus étendue et dont la situation géographique satisferait M. J. ï ? Il importerait à M. J. de démontrer l'inanité de mon étymologie essette « abeille » >> « esse ». Je ne puis croire à celle-ci : S majuscule Cesse) > s minuscule (essette) [!].

M. J., pour appuyer la prétendue caritativité de mouchette « abeille » nous cite des diminutifs-caritatifs romans d' « abeille » et plus particulièrement des caritatifs de son patois allemand (=z « abeillette, guêpette, frelonnet, bourdonnet »), ce qui ne l'empêche pas de prétendre que : « Essette, caritatif à' es, imite probablement mouchette, dont l'aire l'entoure ». La caritativité n'a donc pas été directe, elle a donc fait un détour pour arriver à « abeille », elle s'est attardée chez la mouche, où elle prêtait à équivoque, avant d'aller à Y « abeille », où elle ne prêtait pas à équivoque.

2) « Quant au sort de apier est-il vraiment lié aussi étroitement que le pense l'auteur au sort â'ep ? Un terme d'apiculteur, dont dans deux tiers de la France on ne sent pas la nécessité, ne peut-il pas se répandre indépendamment du mot sur lequel, selon M. G., il repose et qui, aujourd'hui, n'existe plus nulle part en France ? »

A la question rucher « endroit où sont les ruches » (D. G.), les sujets d'Edmont pouvaient alléguer leur ignorance (= ?), s'ils n'avaient pas connaissance d'un mot désignant un ensemble de ruches, placées en un lieu déterminé, soit alignées sur des

1 . Si les parlers du Jura bernois, parlers français, sont en relations plus étroites avec la Suisse franco-provençale — ce dont il est permis de douter — qu'avec l'ouest français, si Yessette du Jura Bernois s'appuie sur Y es fribourgeois, une question, peut-être embarrassante pour M. J., se poserait : un diminutif ou caritatif d'es ne serait-il pas plutôt esset qu'essette, puisque les parlers voisins du canton de Fribourg ont un es masculin ? Pour nous, cette question ne se pose pas : un es-ep qui devient accidentellement essette, comme mouche-ep > mouchette, parallèlement, et — je puis le dire maintenant après l'examen qui précède — simultanément, est un mot féminin (es a été des deux genres en français).

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