‹ Pathologie et traitement de la luxation congénitale de la hancheChapitre 14 sur 64 · LUXATION INCOMPLÈTE ET LUXATION COMPLÈTE · texte numérisé non relu

LUXATION INCOMPLÈTE ET LUXATION COMPLÈTE

La différence entre la luxation incomplète et la luxation complète avait déjà été faite par Parise. x\dams le premier y a insisté. Nous disons qu’il y a luxation complète, quand la tête a complètement abandonné la cavité cotyloïde, c’est-à-dire lorsqu’elle est située au moins de l’autre côté du rebord cotyloïdien postérieur. Il y a luxation incomplète, quand la tête n’a pas encore franchi le rebord cotyloïdien postérieur et qu’elle peut être facilement replacée dans sa position normale par l’abduction du membre.

Lorsque la luxation se produit très vite, le passage de la tête sur le rebord cotyloïdien postérieur ne modifie pas essentiellement celui-ci. Cette modification se produit plutôt lorsque le ligament rond résiste longtemps.

Quand la tête fémorale reste longtemps appuyée contre le rebord cotyloïdien postérieur, peu à peu celui-ci s’atrophie et le cotyle s’étend en haut et en arrière; il se produit une sorte de déplacement de la cavité cotyloïde. Les auteurs français emploient, dans ce cas, le mot de luxation intra-cotyloïdienne. Pariserapporte un cas de ce genre1 chez une fille de deux mois et demi, atteinte d’une double luxation incomplète. La tête se trouvait sur le rebord cotyloïdien postérieur aplati et la nouvelle cavité articulaire surmontait l’ancienne à la façon d’un croissant. Le cotyle primitif était du reste trop petit pour contenir la tête fémorale; celle-ci, à tout autre égard normalement conformée, présentait un aplatissement en arrière et en dedans : sur cette portion aplatie se trouvait une gouttière, logeant le ligament rond allongé et mesurant 22 millimètres ; une seconde gouttière destinée au même ligament existait sur la crête cartilagineuse, qui séparait la nouvelle cavité cotyloïde de l’ancienne, etc.

On comprend, sans y insister, que de tels cas puissent donner lieu à des interprétations diverses. Le point essentiel est de savoir jusqu’à quel point le rebord cotyloïdien est aplati. Ce n’est que dans le cas de nivellement complet de ce rebord que la

Page 1