Arch. Gén. Méd., 3e série, t. 14, 1842, cité par Gurlt
cavité nouvelle forme avec l’ancienne un tout parfaitement continu, et, dans ce cas seulement, on peut dire qu’il y a luxation intra-eotyloïdienne. Et même, dans le cas de Parise, on trouve, entre l’ancienne cavité cotyloïde et la nouvelle, façonnée en croissant, une crête cartilagineuse, où le ligament rond a imprimé son sillon. Cette crête représente évidemment le rebord postérieur, et, puisque la tête était déjà située de l’autre côté, on pouvait aussi bien dire qu’il y avait luxation complète.
Certains cas doivent être considérés comme luxation incomplète, dans lesquels la tête repose sur le rebord cotyloïdien postérieur, non encore modifié. Dans ces conditions, la tète, placée comme sur un tranchant de couteau, manque de support osseux, comme dans la luxation complète, et, comme dans la luxation complète, le poids du tronc est transmis à la tête par l’intermédiaire des muscles et des ligaments.
La distinction dont il s’agit a par conséquent un intérêt purement théorique. La luxation incomplète ne représente toujours qu’une phase très courte de la luxation complète et arrive rapidement à se transformer en cette dernière. La pression du poids du corps sur la cuisse n’est même pas nécessaire pour produire ce résultat; il suffit d’une simple contraction musculaire pour attirer en haut la tête fémorale, quand le cotvle fait primitivement défaut ou que le rebord cotyloïdien ne lui offre pas un soutien suffisant. Chez de tout petits enfants de dix à douze mois, qui ne s’étaient encore jamais tenus sur leurs pieds, j’ai pu constater d’une façon certaine l’existence d’une luxation complète. Par contre, dans mes nombreuses opérations, je n’ai jamais été assez heureux pour rencontrer un cas de luxation incomplète. Même dans les cas où une erreur clinique m’avait fait diagnostiquer une luxation incomplète, j’ai toujours trouvé la tète ayant déjà franchi le rebord cotyloïdien postérieur. En général, elle était à 1 et 2 centimètres au-dessus de ce rebord.