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de sa mobilité. C’est ainsi que la hanche se place en hyperextension, que le genu recurvatum se produit de la même façon.
La théorie de Yerneuil repose donc sur l’antagonisme musculaire et suppose des paralysies partielles. Ces dernières ne sont pas absolument rares et déterminent dans certaines circonstances des luxations. Mais ces luxations paralytiques offrent un tableau symptomatique essentiellement différent de celui de la luxation congénitale.
C’est un fait connu de tout le monde, bien qu’encore inexpliqué, que certains muscles ou certains groupes de muscles se trouvent frappés de préférence par la paralysie spinale, alors que les autres restent intacts. C’est ainsi que, pour le membre inférieur, la paralysie atteint surtout les muscles superficiels, tandis que les muscles profonds restent relativement indemnes. C’est le quadriceps fémoral qui est pris le plus souvent, alors que les fléchisseurs du genou conservent une certaine contractilité et ne sont complètement paralysés que dans les cas de monoplégie totale.
Quand la paralysie est plus étendue, les adducteurs se trouvent également paralysés et, en général, d’une façon complète. L’affection se caractérise, au point de vue clinique, par une abduction typique du membre malade. Seuls, les muscles tenseur du fascia lata et psoas-iliaque semblent jouir, vis-h-vis de la paralysie infantile, d’une immunité aussi incontestable qu’inexpliquée. Même quand le membre est tout h fait inerte, on peut provoquer des mouvements de flexion avec abduction.
C’est également un fait clinique acquis, encore que dépourvu d’explication anatomique, que les muscles fessiers ne sont qu’exceptionnellement frappés dans les paralysies infantiles partielles. J’ai depuis longtemps fixé mon attention sur ce point et je n’ai pu constater une seule fois la paralysie complète des fessiers, dans les cas où le membre servait encore dans la station debout et dans la marche.
Dans les rares exceptions où les muscles pelvi-trochantériens sont paralysés alors que leurs antagonistes restent indemnes, il peut se produire une luxation paralytique en
ÉTIOLOGIE
arrière, mais ces faits sont très rares. Reclus 1 2 a commis une erreur inconcevable en décrivant comme luxations congénitales des cas incontestables de luxation paralytique. Karewski % sur 6 cas de luxation paralytique de la hanche, n’a relevé qu’une fois le déplacement en arrière de la tête fémorale. Quant à moi, je n’en ai pas vu un seul exemple.
On sait que la luxation pubienne, en dedans et en bas, représente le type de la luxation paralytique de la hanche. La raison de cette variété de luxation est précisément dans l’action, élective pour certains muscles, de la paralysie infantile. Le membre se place en flexion avec abduction par suite de la contracture et de la rétraction secondaire du muscle tenseur du fascia lata, du muscle psoas-iliaque et des muscles pelvitrochantériens, muscles dont l’action n’est plus contre-balancée par celle des adducteurs paralysés. Le malade étant couché sur le dos, le membre frappé se place en flexion et en abduction avec flexion du genou et repose sur le lit par sa face externe. Si le membre peut encore servir à porter le poids du corps, il ne se place pas moins dans la même attitude de flexion avec abduction. Or, dans ces conditions, il ne peut se produire qu’une luxation pubienne.
Karewski le premier a traité par la voie sanglante des luxations paralytiques de ce genre. Dans un cas où la luxation datait de six ans, la cavité cotyloïde était devenue trop petite et dut être agrandie; mais jamais il ne trouva des cotyles rudimentaires, comme on en rencontre dans la luxation congénitale.
En somme, les luxations paralytiques de la hanche sont de véritables raretés. Et, en effet, la réalisation des conditions nécessaires à leur apparition n’est pas suffisante pour qu’elles se produisent d’une façon constante. Sur un millier d’observations orthopédiques, je n’ai eu que quatre cas de subluxation paralytique pubienne.
Il arrive parfois que la lésion spinale, qui laisse à sa suite une paralysie infantile, donne lieu à des symptômes si peu