Arch. f. Kinderh., XIV, 3 et
ÉTIOLOGIE
jusqu’à ce que, distendu à l’excès, il vienne s’user par frottement contre le rebord cotyloïdien postérieur.
Une théorie pathogénique qui a dans son temps rallié tous les suffrages est celle de Dollinger1. D’après cet auteur, la luxation aurait lieu parce que le développement de la cavité cotyloïde est arrêté par une ossification prématurée des cartilages de conjugaison. La tête fémorale se luxerait, parce qu’elle ne serait plus assez solidement maintenue dans une cavité cotyloïde d’un développement relatif insuffisant. Après la sortie de la tête fémorale, le cotyle s’atrophierait au point de n’être plus qu’un petit tubercule osseux. On pourrait expliquer ce fait par une ossification défectueuse des cartilages de conjugaison. Dollinger a cherché la cause de cette ossification vicieuse, de cet arrêt de développement du cartilage en Y, dans un processus inflammatoire de voisinage. « Plus l’ossification se fait tardivement, plus la cavité cotyloïde est grande, dit-il. S’étend-elle à tout le cartilage en Y, le cotyle conserve sa forme normale; mais, si le processus se limite à une portion du cartilage, le cotyle prend .la forme de triangles d’aspects variés. » Comme la soudure prématurée a lieu après la naissance, Dollinger estime que la dénomination de congénitale, appliquée à la luxation, est impropre.
Sans doute, la théorie de Dollinger a quelque chose de séduisant. Toutefois, elle est en contradiction complète avec les faits anatomiques. Dollinger ne pouvait pas appliquer aux nouveau-nés ou aux très jeunes enfants les résultats anatomiques de l’autopsie d’un homme mort à soixante-cinq ans avec une luxation congénitale. D’autre part, à l’occasion d’évidements opératoires de la cavité cotyloïde, on n’a jamais constaté l’ossification prématurée, invoquée par l’auteur.
En tout cas, Dollinger a eu le mérite de rappeler l’attention sur la question; car, moins d’un an après (1878), Grawitz communiquait ses importantes recherches sur sept cas de luxation chez le nouveau-né2. D’après Grawitz, la cause de la