‹ Pathologie et traitement de la luxation congénitale de la hancheChapitre 29 sur 64 · Chir. de Dupuytren , t. III, p · texte numérisé non relu

Chir. de Dupuytren , t. III, p

ÉTIOLOGIE 109

avec une diminution du calibre des vaisseaux nourriciers de l’os iliaque.

Dans son ouvrage bien connu i, Von Ammon a parfaitement étudié les malformations de la hanche, parmi lesquelles figure l’ectopie congénitale de la tête fémorale. D’après Ammon, l’expression de luxation ne peut être employée ici que par abus de langage, car « il y a des cas de luxation dite congénitale, où la tête fémorale ne s’est jamais trouvée en contact avec la surface articulaire correspondante, et ne peut par conséquent pas avoir perdu avec celle-ci des rapports normaux qu’elle n’a jamais eus, ce qui pourtant est le propre de la luxation ».

Ammon s’exprime ainsi au sujet du développement de la cavité cotyloïde : « Au début de son développement, la cavité cotyloïde ne représente pas encore la cavité régulièrement arrondie et suffisamment profonde qu’elle sera plus tard. Elle est plutôt comparable à une dépression en forme d’écuelle, située en bas et en avant, sur la face externe de la paroi latérale du bassin. Le travail d’ossification y est très lent pendant toute la période fœtale; ce n’est qu’après la naissance, et même dans les premières années de la vie, qu’une véritable ossification envahit les tissus, restés jusque-là cartilagineux. A ce moment, la cavité cotyloïde se creuse davantage et devient plus spacieuse, de façon à ce que la tête fémorale, qui tout d’abord n’avait qu’un léger contact avec elle, puisse de plus en plus y pénétrer, etc. » Si le cotyle garde ses dimensions primitives, alors que la tête fémorale se développe normalement, celle-ci ne peut être contenue par la loge qui lui était destinée, et reste par conséquent en ectopie.

D’après Ammon, c’est encore un trouble dans le développement qui explique certains faits relatifs à la tète fémorale et au ligament rond.

Suivant cet auteur, au début de la vie fœtale, le fémur est un os absolument rectiligne. A son extrémité supérieure, la tête est déjà nettement différenciée ; mais il n’y a pas encore

1. Von Ammon. — Des affections chirurgicales congénitales de l’homme. Berlin, 1842.

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de col, et la tête est située dans le prolongement de l’axe du fémur. A mesure que le cotyle se forme, le col fémoral se développe également. Mais, au début, ce col reste vertical, et il est encore très court et de nature cartilagineuse. Peu à peu il prend une direction oblique, ymmon fait observer que plusieurs auteurs ont rapporté des faits semblables sur le développement du col fémoral. Depuis, ces observations se sont multipliées.

Le ligament rond, d’après Ammon, est non seulement visible dès les premiers temps du développement, mais il est encore plus long et plus large qu’il ne doit l’être normalement. Ammon voit encore dans ce fait une preuve de l’arrêt de développement qui se produit dans la luxation congénitale de la hanche.

Cette théorie de l’arrêt de développement primitif aurait pu depuis longtemps s’appuyer sur le rôle que joue l’hérédité dans l’étiologie de la luxation congénitale de la hanche, rôle contesté à tort par quelques auteurs, notamment par Ketsch. Déjà, en 1678, Paré avait fait la remarque que les boiteux engendrent très souvent des boiteux. On trouve dans le traité de Krœnlein, une série d’observations très instructives, où l’on voit l’affection se transmettre de génération en génération (cas de Maissiat d’après Dupuytren, Bouvier, Yerneuil, Statfeldt). Le même auteur rapporte encore une observation personnelle, dans laquelle deux sœurs, atteintes de luxation congénitale, ont une tante souffrant de la même infirmité. Il cite aussi le cas d’une jeune fdle qui, seule sur sept sœurs, avait une luxation congénitale, et dont la grand’mère présentait la même affection. Schreger, Camper, Marjolin, Volkmann, etc., ont rapporté d’autres faits de ce genre.

L’observation citée par Malgaigne est également très intéressante1 : une dame se fit, par accident, une luxation traumatique, qui ne fut jamais réduite. Elle eut plus tard six enfants, dont trois fils et trois fdles. Les trois fils vinrent au monde avec une luxation de la hanche. Moi-même, je connais un

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