‹ Pathologie et traitement de la luxation congénitale de la hancheChapitre 40 sur 64 · Traité d’ Orthop., p · texte numérisé non relu

Traité d’ Orthop., p

genbeck la couche des muscles fessiers, autant que possible parallèlement à leurs fibres, et, mettant à nu la face postérieure de la capsule, il ouvre l’articulation dans le sens de l’incision cutanée. Avec un bistouri boutonné, il fait la désinsertion sous-périostique des muscles pelvi-trochantériens en cc enlevant au besoin une couche d’os ou de cartilage ». Puis, il sectionne le tendon du muscle psoas-iliaque inséré au petit trochanter et il dénude à la rugine l’extrémité supérieure du fémur aussi bas que possible au-dessous du petit trochanter. Pour abréger, on pourrait appeler ce temps opératoire « la mise à nu du squelette de l’extrémité supérieure du fémur ».

La tète fémorale est rendue si mobile par cette opération qu’on peut aisément faire sortir de la plaie la portion dénudée du fémur; on la maintient au dehors, en l’enveloppant avec de la gaze iodoformée, de façon à pouvoir facilement introduire une curette-baïonnette dans le cotyle pour le creuser. On dirige la curette avec l’index et l’on apprécie avec ce doigt quand la cavité est suffisamment profonde et quand les bords en sont assez marqués. On procède ensuite, de la façon déjà indiquée, à l’emboîtement de la tête fémorale dans la nouvelle cavité cotyloïde.

On enlève les esquilles osseuses avec un fort jet d’eau stérilisée ; on résèque les portions exubérantes de la capsule et on tamponne la plaie avec de la gaze iodoformée.

Hoffa place les tout petits enfants dans unegouttière de Phelps et les enfants plus âgés dans un appareil à extension. Les petits opérés restent ainsi couchés pendant quatre à six semaines après l’opération. Les enfants opérés d’une luxation double marchent avec un corset. Pour ceux qui n’avaient qu’une luxation unilatérale, on emploie l’attelle dont nous avons déjà parlé.

Jusqu’à la publication de la 2e édition de son Traité , Hoffa a pratiqué son opération 75 fois sur 54 malades, 42 fois pour une luxation double et 33 fois pour une luxation unilatérale.

Il y a eu, sur ces 54 opérés, 5 morts, dont deux non imputables à l’opération : une mort par pneumonie grippale quatorze jours après l’opération et une mort par diarrhée trois semaines après l’opération. Par contre, trois enfants moururent des suites opératoires : l’un vingt-quatre heures après

et les deux autres au bout de quelques heures seulement. Hoffa attribue ces morts à la grande perte de sang, au choc opératoire, à l’anesthésie trop prolongée et enfin à l’intoxication iodoformique.

L’auteur ne préconise l’intervention sanglante que jusqu’à la dixième année. Passé cet âge, et chez les malades porteurs d’une luxation bilatérale, on tiendra une autre conduite opératoire, qui a pour but de créer une pseudarthrose au point où la tête fémorale est en contact anormal avec l’os iliaque. Dans ce but, on sectionne la peau suivant le tracé de Langenbeck, on fait la désinsertion sous-périostique des muscles pelvi-trochantériens, et on libère les insertions de la capsule au col du fémur, de façon à luxer la tête fémorale hors de la plaie. On sectionne en biseau la tète fémorale au-dessous de la ligne inter-trochantérienne. Puis, tendant fortement le manchon capsulaire, on en fend la face postérieure, de façon à le réséquer entièrement après l’avoir désinséré au niveau du pourtour cotyloïdien. Cela fait, le périoste de l’os iliaque étant mis à découvert, on place le fémur en extension et abduction. Au bout de trois mois, les malades se lèvent, munis du corset imaginé par Hoffa 4. Cette opération a pour but d’assurer le contact immédiat entre l’os iliaque et la surface de section du fémur, et de supprimer l’interposition de la capsule, qui empêcherait la formation d’une néarthrose. Cette manière de faire est également rationnelle pour la luxation bilatérale et donne de bons résultats d’après Hoffa.

Pour corriger la flexion avec adduction dans les anciennes luxations bilatérales, Kirmisson a préconisé l’ostéotomie soustrochantérienne 1 2. Je crois qu’une telle correction, qu’on peut d’ailleurs obtenir par une simple ténotomie, ne présente pas d’avantages pour le malade.

Hoffa donne une analyse détaillée de tous les cas opérés par sa méthode. Il a présenté aux XXIe et XXIIe congrès allemands de chirurgie les résultats qu’il a obtenus chez un enfant por-

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