COMPARAISON DES MÉTHODES DE LORENZ ET HOFFA
devrait en être écartée. Ce n’est du reste pas une telle considération qui doit indiquer le tracé de l’incision ; on doit plutôt s’inspirer, pour le choix de la voie à suivre, du précepte d’épargner le plus possible l’appareil musculaire. A cet égard, ma méthode a cette supériorité qu’elle remplit tout à fait cette indication, tout en donnant large accès sur le cotyle. Le reproche de ne pas donner assez de jour ne saurait être fondé que s’il s’agissait d’une résection, alors que, les surfaces articulaires étant en rapports normaux, il faut enlever aussi complètement que possible les tissus malades. Mais, dans la luxation congénitale, les choses se passent tout autrement : la voie antérieure pour arriver au cotyle est tout à fait libre, puisque la tête luxée est toujours plus ou moins éloignée, tandis que par la voie postérieure on trouve tout d’abord cette dernière devant soi, ce qui oblige, pour arriver au cotyle, à dégager l’extrémité supérieure du fémur des parties molles qui s’y insèrent.
Dans le procédé de IIofFa, on sacrifie dix muscles rien que pour arriver au cotyle, alors qu’en suivant la voie antérieure, comme je l’ai indiqué, on arrive au même résultat sans blesser un seul muscle. Si l’on considère, en outre, que la section musculaire ne facilite pas la réduction, on peut dire avec raison que la dénudation de l’épiphyse supérieure du fémur est une pratique aussi brutale que contraire au but qu’on se propose d’atteindre. Cela est d’autant plus vrai que la tête et le col du fémur sont, par suite de cette dénudation, exposé^ à une nécrose complète, au moins dans les cas de suppuration. C. Bayer signale un fait semblable, qui s’est terminé par la mort b
Enfin, l’on ne doit pas perdre de vue qu’il est d’une importance capitale de conserver les muscles pelvi-trochantériens pour assurer à la jointure sa fonction normale dans la marche, car c’est à ces muscles que revient le rôle de fixer solidement le membre contre le bassin, quand le poids du corps porte sur lui. Tout récemment encore 1 2, Trendelenburg a insisté sur l’importance fonctionnelle des muscles abducteurs.