STRIES ET MACULES ATROPHIQUES DE LA PEAU
I l’ongle à celle d’une pièce de 5 francs en argent, — stries et macules i atrophiques de la peau, — qui se développent sur les fesses, sur les tror chanters, sur le bord antérieur du bassin, sur les cuisses, au-dessus de la rotule, mais souvent aussi sur le tronc, le cou, les bras, chez les I personnes adultes de l’un et l’autre sexe : ces stries et taches survien- ; nent sans que les malades s’en aperçoivent, et elles sont persistantes, î Les taches atrophiques sont en général isolées; les stries décrivent deux ou plusieurs lignes longitudinales et parallèles, formant un angle variable avec l’axe longitudinal du corps, suivant la direction des plis i de la région atteinte ; souvent sur les deux moitiés du corps, membres supérieurs et inférieurs, côtés de la flexion et de l’extension, i thorax, les stries sont disposées symétriquement, comme dans un cas ’ de Cantani. Au niveau de ces stries et de ces taches, la substance de la peau paraît au toucher amincie et déprimée. L’examen microscopique montre, ainsi que le prouvent surtout les belles préparations de li Langer, que les faisceaux fibreux sont écartés les uns des autres en ; forme de bandes, et que les anses de tissu cellulaire qui entrent dans ■ la composition des papilles ont subi une traction de haut en bas, de sorte que les papilles semblent presque entièrement effacées. Dans l’étendue des points atrophiques, on ne trouve qu’un’petit nombre de î vaisseaux, de glandes et de lobules graisseux.
! B. -S. Schultze invoque, avec raison, pour expliquer la formation des '■ stries et des taches atrophiques, la distension de la peau dans le dévef loppement rapide du bassin et des membres, car il a trouvé l’afî fection 36 fois sur 100 chez des personnes du sexe féminin (chez qui il n’y avait jamais eu de grossesse) et 6 fois sur 100 chez des individus . du sexe masculin.
Dans le cas très intéressant, décrit par Cantani, d’un jeune homme de vingt ans, c’est la distension brusque de la peau par suite de l’augmentation rapide de la graisse qui paraît avoir occasionné les stries atrophiques.
Mais il n’est pas rare de rencontrer des taches et des stries semblables en voie de développement récent qui se traduisent par des hémorrhagies et leurs nuances bien connues de coloration, allant du
j « lymphangiome tubéreux multiple » de Kaposi — ; nous examinerons, j à cette place, la question d’assimilation histologique proposée par j PuiLippsoN — loc. sup. cit. — pour les deux altérations.
[ La rugination suffit à la curation immédiate, mais la reproduction peut se faire sous l’action des mêmes causes, dont la principale est, peut-être, l’action solaire.
Ernest Besnier. — A. Doyon.
I KAPOSI, 2“ ÉD, — II. 16
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rouge bleu au brun, de telle sorte qu’il est incontestable que chaque tache et chaque strie atrophique sont précédées par une distension brusque ou graduelle des mailles et des faisceaux du derme avec déchirure simultanée de ses vaisseaux, tout à fait comme dans les cicatrices de grossesse dont je parlerai tout à l’heure. Tout comme la croissance rapide du squelette ou du coussinet graisseux, les tiraillements produits par l’extension forcée des mouvements, par les tractions violentes, peuvent aussi avoir le même résultat et augmenter par conséquent, avecle temps, le nombre des taches et des traînées atrophiques. Le cas de Cantani d’atrophie cutanée progressive est un exemple de ce genre, mais on n’a pas encore trouvé trace d’un véritable développement de l’atrophie partant de points isolés.
L’hémorrhagie qui accompagne la distension de la peau et la déchirure des vaisseaux est liée dans des cas rares à une tuméfaction simultanée du tissu atteint. Il en résulte la naissance de pomphi ou de stries et de taches analogues à des tumeurs avec les modifications de couleur que j’ai décrites ; ces altérations ne disparaissent qu’après des semaines et permettent de reconnaître la macule ou la strie atrophique correspondantes. Podratzkya présenté à la Société des médecins de Vienne un cas de ce genre chez un soldat, cas auquel j’ai pu donner cette interprétation ; un cas que Pelizzari a décrit comme érythème ortié atrophique appartient à la même catégorie. Il semble que, sous ce rapport, certaines personnes ont une prédisposition particulière, puisque de semblables déchirures se produisent dans une extension exagérée de la peau, dans la station verticale, en sautant, etc. Dans ces cas, le nombre et la localisation des stries deviennent par conséquent, avec les années, plus considérables et plus variés.
Des traumatismes, provenant même de causes externes, peuvent également occasionner une distension des couches profondes du chorion, sans lésion des couches supérieures (correspondant au nerf du front et de l’aile du nez) et laisser ensuite des macules et des stries atrophiques. C’est ainsi qu’Er. Wilson cite quelques cas dans lesquels l’atrophie linéaire, linear atrophy^ s’est développée à la suite d'une influence traumatique et nerveuse (1).
Chez les personnes âgées, dans le mai'asme, plus rarement chez
(1) Les éraillures du derme que l’on connaît sous les noms de vergeiures, sugillations, vibices, sU'ies livides, fausses cicatrices, cicatrices atrophiques, idiopathiques ou spontanées, stries linéaires, stries atrophiques, atrophie dermique linéaire, macules atrophiques, atrophoderme strié et maculeux, etc., sont beaucoup plus fréquentes qu’on ne semble l’avoir remarqué.
On les trouve, à l'état physiologique, comme simples stigmates de
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celles d’un âge moyen, il se produit, par suite de la disparition du tissu sous-cutané, peut-être aussi d’une modification simultanée, jjdégénérative, analogue à celles des vieillards, un aspect particulier fd’atrophie diff’use et progressive de la peau, dont des exemples ont
j|mouvements habituels ou professionnels, et on les retrouve dans les icirconstances pathologiques les plus variées, et les plus imprévues. Leur mécanisme de formation, considéré par les uns comme purement physique, par les autres comme dystrophique, a toujours été l’objet de contestations, et d’interprétations hâtives ou prématurées.
Dans une série de publications précises — Ballet, de la Soc. méd. des hôp., 1887, p. 400; 1888, p. Î291; Comptes rend, de la Soc. de Biol., 1887, p. 593; et Arch. de méd. expériment., 1889, p. 131 — Troisier et Ménétrier ont montré que, conformément aux recherches de 0. Kustner — z. Anat. d. Graviditatsnarben, Virchow's Arch. p. 210 — et en opposition avec l’opinion de Langer — U. d. Text. d. sogenn. Graviditatsnarben, Med. Jahrb. v. Stricker, 1880, p. 49 — il existait au niveau des vergetures une véritable solution de continuité du derme, une sorte de craquelure, une raréfaction, une élongation, une rupture plus ou moins complètes des fibres élastiques du chorion, les extrémités rompues se condensant sur la limite du sillon par rétraction de tissu, mais sans présenter aucune altération appréciable de leur structure normale. En 1807, Aug. Patenostre — Etudes, les altér. de la peau chez les vieillards. Thèse de Paris, avait signalé (obs. 1) l’al- [tération des fibres élastiques dans la peau sénile, où, cependant, à [notre observation, les vergetures se produisent bien rarement.
Voilà un premier point arrêté: les vergetures — stries linéaires — ;sont des éraillures du derme, avec élongation ou rupture des fibres élastiques, et dissociation lamineuse.
I L’épiderme distendu, et manquant de son élément tenseur, apparaît aminci, plicaturé à des degrés et dans des directions variables selon <^|les régions, et l’état de tension ou de flaccidité de la peau; mieux qu’au- I para vaut, il laisse voir par transparence la coloration des parties du sillon placées au-dessous de lui, rouge, rosée, livide, violacée, bleuâtre, '* pendant les premières phases, cérulescente, blanche ou blanc grisâtre dans les stades éloignés, quand l’aplasie secondaire est réalisée.
La coloration bleuâtre est celle qui a d’abord été remarquée par les 1 anciens observateurs, et quia fait comparer les stries linéaires aux \ sugillations, aux raies livides des cadavres, ou aux phénomènes qui suivent l'application sur la peau d’un coup de fouet ou de verge — I vergetures.
\ Ces divers états de l’épiderme, et des parties sous-jacentes au niveau des vergetures, peuvent être étudiés dans tous leurs détails, et dans leurs variétés, sur une série de moulages que nous avons déposés dans ce but au Musée de l’hopital Saint-Louis -—n°® 608, 817, 766, 1039, 1275 j et 1504 — et qui représentent des vergetures linéaires aiguës, lentes.
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récentes, très anciennes, etc., de différents points du tégument, et de de causes diverses.
En les confrontant avec la pièce n° 425 — voy. plus haut p. 94, 95, note 2 — on saisira du premier coup d’œil, et au toucher, les différences qui les séparent des sclérodermies linéaires (vergetures scléreuses), dans lesquelles les stries blanchâtres affectent une disposition et un aspect identiques, mais sont dures et saillantes, au lieu d’être flasques, et dépressibles au doigt.
Les altérations de structure du chorion qui succèdent à l’éraillure mécanique, les lésions consécutives du derme sont de nature aplasique. Dans les stades qui suivent l’élongation ou la rupture de la trame élastique, le champ papillaire s’atrophie, le réseau vasculaire superficiel disparaît. Quant aux altérations pj'éalables à la formation de la verge ture, dégénérescence granulo-graisseuse, etc., aux altérations des nerfs, etc., elles peuvent être supposées, mais elles restent entièrement à déterminer.
Les conditions dans lesquelles on voit les vergetures se développer sont très ; par mesure d’ordre, nous distinguons des verge-
tures articulaires, traumatiques, mécaniques et pathologiques, trophopathiques, etc., etc.
a) . Vergetures articulaires : Les plus simples représentent des élongations linéaires du tissu lamineux et élastique du chorion par tension considérable et réitérée ; on les rencontre très fréquentes, comme simple exagération des plis de mouvement, à la région lombaire, sous forme de stries allongées perpendiculaires à l’axe. On en saisira aisément le mécanisme de formation si on examine la région où elles . existent en faisant, alternativement, ployer et redresser le corps du sujet chez lequel on les observe. Nous les désignons sous le nom de vergetures articulaires, de stries linéaires physiologiques ou de mouvement.
b) . Vergetures traumatiques : Une semblable rupture linéaire de la trame conjonctivo-élastique du chorion peut être effectuée directement, sans effraction de l’épiderme, parmi traumatisme localisé, un coup de fouet, de bâton, de baguette, etc., sans qu’il soit nécessaire, ainsi que plusieurs auteurs l’ont fait, pour des cas semblables, d’invoquer le trophisme pathologique — Vergetures traumatiques.
c) . Vergetures mécaniques et pathologiques : Il est encore vraisemblable de faire intervenir la théorie mécanique pour expliquer la production des éraillures qui succèdent à des distensions plus ou moins brusques de la peau dans la croissance rapide des adolescents, malades ou non; la contraction exagérée ou V hypertrophie des muscles (?); l'hypersarcose ; V anasargue aiguë; la grossesse; Vascite; les tumeurs de l’abdomen., etc, la distension des mamelles par les congestions menstruelles, lactées, etc.; la distension de la peau par une hernie, etc.; sa tension sur le thorax dilaté par un épanchement, ou réalisée du côté opposé à
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Suite de la note des Traducteurs.
une lésion de la plèvre ou du poumon par le fait de l’hypertension idue à la suppléance fonctionnelle., etc., etc.
j Cependant déjà, pour cette catégorie de faits, il ne saurait échapper que ces causes ne produisent pas régulièrement et inévitablement les iéraillures, et qu’il faut supposer, soit une fragilité individuelle, préadable, de la trame conjonctivo-élastique du chorion, soit une altération pathologique granulo-graisseuse de cette trame, dans les maladies aiguës, ou dans les cachexies de nutrition.
« We must admit the existence of a state of the integument favourable to their development, in which slight and trivial causes might prove sufficient to set up the morbid process » Er. Wilson, Striæ atrophicæ, in Lect. on Dermatology, 1874, 1875, p. 133.
Sur les vergetures diverses, Cf. :
Verget. de croissance, Régnier, Thèse de Paris, 1860 ; v. de la fièvre typhoïde, Manotjvriez (de Valenciennes), Rec. d. trav. d. Cons. d’Hyg. d. Nord, 1879, 78, et Gaz. des hôp., 1879, p. 791 ; Bouchard, etc., Bullet. de la Soc. din. de Paris; Troisier, Bucquoy, Bullet. de la Soc. méd. des hôp., 1888; de la tuberculose aiguë, Gilbert; Beaujean, vergetures des membres, Thèse de Paris,. 1890 ; p. causes diverses, P. -J. Lavernhe, Cont. à l’ét. de l’atroph. de la peau (vergetures), Thèse de Paris, 1886; du thorax, Trossert, verget. du thorax et du membre dans un cas de pleurésie, Lyon méd., 1883 ; Thaon, verg. du thorax chez un malade atteint de pneumothorax, Bullet. de la Soc. din., 1881 ; Gdibert, pneumothorax, vergetures du côté opposé, eod. loco, 1886 ; Morel-Lavallée, verget. brachiopector. conséc. à une pleurésie, France néd., 1881; Gilbert, notes, les verget. du thorax, Arch. gén. de Med., 1887; des phthisiques, Troisier et Ménétrier, Comptes rend, de la Soc. des hôp., 1887, etc., etc.; de Vobésilé, R.-W. Taylor, New-York Med. Journ., 1886; des lésions de la moelle comparables à celles qui président à l’atrophie musculaire progressive. Gantant, un caso d’atroph. cut.progress.,ilfo?'(/ag'ni, 1881; Ch. Féré ît L. Quermonne, note sur des vergetures de la peau rencontrées chez des lévropathes, Progi'ès méd., 1881 ; des épileptiques, J. Arnould, Bidlet. de la Soc. ^nat., 1887, etc., etc.; Kaltenbach, verget. de la peau du cou d’un fœtus, lenlralhl. f. gynæcoL, 1888; du scrotum dans les cas de-hernie inguinoscrotale rolumineuse, Verchère, Bull, de la Soc. clin., 1887; de la hanche dans la '.oxalgie, Beaujean, loc. sup. cit.; des membres sup. et inf. par hypertrophie )u excès de contraction musculaire, Gilbert cIBe-aujean, ibid., etc., etc.
d). Vergetures trophopathiques : L’insuffisance de la théorie mécalique, qui a été l’occasion de toutes les dissertations faites sur le rôle le la « trophonévrose » et des « névrites périphériques », dans le léveloppement des vergetures, apparaît plus évidente encore dans, les ;as où l’on voit se développer des altérations du même ordre à la suite morbides divers ayant évolué dans le chorion, érythèmes ’clérodermie ; léprides et stjphilides non ulcéreuses ; « vitijigo » de Bateman — T. Fox, Lancet, 1879, cit. Radcliffe Crockeu j— etc., etc. ; dermatites chroniques, « chronic dry eczema » — Er. ^ViLSON, /oc. eîL, p. 134; — pityriasis rubra, dans un cas observé par jous; etc. ; et même en dehors de toute cause appréciable ou appré-
le processus r^dulaires ; ;
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ciée. Cf. les cas distincts, mais intéressants à rapprocher, de peau extensible, élastique, etc., et Voy. : O. Seiffert, u. Cutis laxa, Centralhl. f. klin. Med., 1890, n“ 3.
Dans ces cas, si la lésion cutanée est diffuse, les vergetures peuvent prendre la disposition typique de stries, comme dans notre cas de pityriasis rubra, où nous avons vu la face interne des cuisses se vergeter de stries linéaires arborescentes Unes et élégantes ; mais, le plus ordinairement, elles prennent la forme arrondie de la lésion préalable — vergetures arrondies. ■-
La première observation relative à cette forme est de 1867 ; elle appartient à Erasmus Wilson : On striæ et maculæ atrophicæ cutis, false cicatrices of tbe skin, Journ. of eut. ined. and. Bis. of the skin, 1887, 68, vol. I, p. 146; et Striæ atroph. minimæ, eod. loc., p. 209. — Après avoir décrit les trois variétés de « stries et macules atrophiques, d’atrophie linéaire de la peau, de fausses cicatrices, » traumatiques, neurotiques, idiopathiques, Wilson signale une autre forme de « cicatrice fausse ou spontanée » de la peau qui n’est ni linéaire, ni allongée, mais ronde ou ovale, du diamètre d’un demi à un quart de pouce, succédant, sans aucune ulcération préalable, à des syphilides papuleuses.
« But we bave recently met witb another form of the sponlaneous or false cicatrix of the skin, vliich we cannot term stria, because it was neither a streak nor was it elongated; it was round or oval in figure, ineasuring about a quarter to half an iuch in diameter, andin the case in question was dispersed over the limbs and central région of the back, along the course of the spine.
The patient, a gentleman aged 26, called our attention to nnmerous glazed spots, which scarcely ditfered iu colour from the surrounding inlegument, and uniform in level wilh the rest of the skin. On pressing the surrounding integument, the spots immediately assumed the appearaiice of deep pits, covered by a tliin cicatrix-looking layer, that became rorrugated by the pressure. It was évident tliat the normal tissue of the skin was gone, and that these round and oval spots corresponded in structure with the stiiœ atrophicæ. They lirst made their appearaiice at the âge of twenty, hail progressively increased in number, and gave rise to a sensation of slight itching. The gentleman himself was pollid and thin, ami lhe skin imealthily nourished; lie had passed two years in the West Indies; had suffered from dyspepsia, from disorder ofthe liver and spleen, and also from syphilis; and, it is not improbable, with spots of syphilitic congeslioii of the skin. There had been no tubercles and no ulcération. »
En 1873, R. W. Taylor — On a rare form of idiopathic localized or partial atrophy of the skin, Arch. of. dennat., 1876, p. 114 — lut devant la Société dermatologique de New-York une observation de vergetures arrondies, pour lesquelles il réclame la qualilicalion d’idiopathique, comme mieux appropriée que pour les vergetures linéaires, dans lesquelles intervient plus manifestement la tension anomale de la peau — Cf. Duiiring, Stries et macules atrophiques idiopathiques
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i: et symptomatiquès, Traité cité, Trad. de Barthélemy et Colson,p. 522.
I En 1878, Robert Liveing, dans une courte note — Clin, observ. on maculæ atroph., Brit. med. Journ., p. 83 — décrivit une fonne rare de macules atrophiques localisées dont il a pu observer l'évolution : tache I érythémateuse, saillie dure, régression atrophique avec décoloration,
. forme ronde ou ovale, dimension d’une pièce de trois pences, au moins.
La nature exacte de la lésion première reste à étudier et à préciser, mais le fait de la pseudocicatrice, de la macule atrophique, de la lésion I vergeturiforme, reste établi.
En 1880, en commun avec A. Fournier, nous avons déposé dans le Musée de l’hôpital Saint-Louis, n“ 6C8, le moulage d’une série de !;vergetures arrondies, que nous avons étiquetées macules cyaniques,
! macules atrophiques, et dont la cause nous échappa entièrement. Sur ! différents points du tronc et de l’addomen, un jeune officier bien ' portant, exempt de syphilis et de toute autre dermatose, avait un jour I constaté une série de macules bleuâtres, arrondies, à épiderme plissé , et plissant dans les mouvements, à base chorionique absente. Le J sujet, très intelligent et très instruit, ne put nous donner aucun renseii gnement sur ce qui avait pu précéder ces altérations, i En 1884, la question est reprise, et étendue, par Celso Pellizari,
I dans un excellent mémoire intitulé : Eritema orticato atrofizzante i (atrophia parziale idiopatica délia pelle) — Giorn. ital. d.Malatt. Ven. \e. d. pelle, 1894, p. 230 — et appuyée, pour la première fois (la seule jusqu’à présent), par un examen histobiopsique.
Malgré cela, le sujet n’attire pas l’attention, et il faut arriver à j l’année 1887 pour trouver une observation isolée de Nivet, recueillie dans le service de A. Fournier — Macules atrophiques cutanées ayant .succédé à la résorption interstitielle d’une syphilide secondaire géné- Sralisée, in Ann. de Dermat. et de Si/ph., 2® série, T. Vlll, 1887, p. 641; let aux publications de F. Balzer, Vergetures consécutives à des syphilides papuleuses, — Bullet. de. la Soc. rnéd. 1887, p. 404;
fVerget. ou macules atroph. chez un syph., Franceméd., 1888, p. 402 ; let de Balzer et Tu. Reblaub, Gontr. à l’étude des verg. arrondies ou macules atroph., consécut. aux érup. papul. syph. et non syph., lObs. d’érythème polymorphe dissociant — Ann. de Derm. et de Syph., 2® série, T. X, 1889, p. 617 — travaux utilisés ou reproduits, sous d’inspiration de Baller par son élève Pelissier Vasiliu — Gontr. à l’étude des vergetures, et principalement des vergetures arrondies, macules atrophiques. Thèse de Paris, 1890 — Golcoït Fox, Linear atrophy and multiple lipomata, etc. Westminst. Hosp. Rep., vol. III,
j Le fait de la production sans ulcérations, de stigmates indélébiles ; avec disparition sous-épidermique du substratum dermique, consé- I cutifsàdes altérations néoplasiques diverses du chorion est bien connu.
( Dans la syphilis, par exemple, il est classique qu’un grand nombre de
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été communiqués par Buchwald (1) (atrophie idiopathique), Tou- i ton (2) (atrophie idiopathique acquise) et Pospelow (3) (atrophie '
idiopathique progressive), tous ces cas sont isolés. La peau paraît | alors, sur de grandes surfaces, aux membres inférieurs, aux fesses, plus rarement sur le dos des mains, aux bras, sur le tronc, amincie, flasque, pauvre en graisse, assez mobile, sèche, couverte de fines squames et d’un brun ou blanc brillant comme dans le pityriasis des tabescents, comme dupapierà cigarettes chiflbnné (Pospelow), en même temps sous forme de points, de stries et de taches dans les nuances les plus diverses, marbrée de rouge bleu et de rouge brun, comme si ; elle était atteinte de nombreuses ecchymoses produites par écrase- 9 ment. Ces dernières taches disparaissent en laissant après elles une 4 pigmentation brune. Aux jambes, la peau devient ensuite plus mince, f très fortement tendue. Le processus progresse peu à peu. Un cas de ce }i
Fin de la note des Traducteurs sur les ver gelures.
lésions non ulcéreuses laissent à leur -suite ce que l’on appelait une | cicatrice spontanée.
Ce qui est nouveau, c’est de séparer ces altérations des cicatrices, de les rapporter à un processus d’atrophie pure, et plus encore avec Balzer de les assimiler, en nom et en fait, aux vergetures, c’est-à-dire de ' les définir « une solution de continuité incomplète dans les éléments de la trame conjonctivo-élastique du derme., avec étirement des faisceaux non rompus, et sans réparation cicatricielle consécutive. » Le tissu inodulaire, élément de la cicatrice vraie, fait constamment défaut.
Pour Balzer, le processus éruptif, l’afflux congestif, l’exsudât, la néoplasie, latents ou manifestes, déterminent mécaniquement la dis- I sociation de la trame conjonctivo-élastique du derme ; les ruptures des fibres élastiques sont causées par distension ; mais il admet aussi des altérations de nutrition, altéi-ations vitales de tissu, issues de l’innervation vasomotrice.
Provisoirement, force est de s’en tenir à ces interprétations, et de ne pas mener plus à fond l’assimilation avec les vergetures linéaires; l’examen biopsique de Pellizari ne suffit pas à éclairer la question, et aucune étude anatomique, postérieure aux recherches de ïroisier et Ménétrier, n’autorise à formuler une conclusion complète.
Ernest Besnier. — A. Doyon.
(1) (2) (3) Voici la bibliographie des quatre cas dC atrophie idiopathique de la peau qui ont été publiés: A. Buchwald, Ein Fall v. dilT. idiop. Hautatroph., Viert. f. Dermat. u. Sgph., 1883, p. .333 ; G. Behrend, EinEall. v. idiop. angeborener Hautatroph., /r/<«. Wochensch.,
1883, p. 88 ; Toüton, Ein F. erworbener idiop. Atrop. d. Haut., Deutsche > med. Wochensch., 188fi, p. 118; Alexis Pospelow, Cas d’une atrophie I idiop. de la peau, in Ann. de Dermat. et de Sijph., 2“ série,'!’. Vil, 1880, ^
p. 305, avec planche. E. B. — A. D.