I. — Forme vascul.\ire
Elle comprend trois variétés : a), le luqnis érythémateux simple ; 6). le lupus érythémateux exanthématoïde, lupus exanthématique', c). le lupus érythémateux livide, aspjhyxique, lupus pernio.
a) . Lupus érythémateux simple. — Ses caractères prédominants se rapportent au type érythémateux pur, que nous venons de décrire : Une partie plus ou moins grande du visage, du cuir chevelu, des oreilles, tantôt avec une symétrie parfaite autour du centre de la face — vespertilio; tantôt avec une symétrie imparfaite, ou nulle, est occupée par des plaques lisses, légèrement élevées, lis.ses, vernissées, ou au contraire desquamant à la manière du « pityriasis » ou du psoriasis — lupus érytliémato-squameux, pityriasi forme, psoriasi forme, etc., ou recouvert d'un enduit stéatosique sec ou huileux — L. séborrhéique ou séborrhoyique, etc.
La marche de l’affection est lente; Fin filtration du derme quelquefois très accentuée — L. ér. hypertrophique ; Valvephie pro^rcssixe e\ indélébile, — inévitable; la curation difficile. Le mode évolutif, la chronicité, le progrès périphérique et l'atrophie centrale, le type desquamatif, l’hyperesthésie spéciale au toucher, l'infiltration dermique, l'alopécie, etc., constituent des éléments de différenciation très prècis.
b) . Lupus érythémateux exanlhématoide, hupus exanthématique. - Cette variété se particularise par la symétrie qui est très accentuée, la dissémination, le c<iractère partiellement ou totalement résolutif, intermittent, ou plus exactement rèmittent, la marche su!)aigué, et par une variété d’eflloresceiices qui lui donnent parfois les caractères de l'éiAthème multiforme, parliculièi-eineut de l’ôis' et d'une espèce à'hydroa — Lupus iris.
Mais, même dans les cas les j)lus frustes ou les mieux larves, (juelques éléments présealeut toujours les caraclèi-es du lupus érythémateux simple, commun, soit au iiidieu des groupes érythénialoïdes, soit sur un point difl'érent, lei que le cuir chevelu. Do {)lus;
si l’on suspend son jugement pour suivre l’évolution des éléments éruptifs, à part quelques cas exceptionnels, entièrement résolutifs, on peut toujours retrouver les traces de l’atrophie centrale, ou voir se développer des accidents plus profonds du côté des ganglions, des viscères, des méninges, des synoviales.
Le lupus exanthématique peut être localisé., ou disséminé; dans les deux espèces, il présente des formes légères, moyennes, graves ou malignes.
L.exanth. /oea/iîfé;Tantôt l’éruption occupe une petite partie du centre de la face, le dos du nez par exemple ; tantôt elle occupe tout le centre, les oreilles, la région mastoïdienne avec ou sans déterminations sur le cuir chevelu ; elle est typiquement symétrique ; l’évolution de chaque élément est rapide, son progrès centrifuge très évident, l’infiltration dermique peu accentuée, la bordure érythémateuse très nette. Mais la symétrie, la localisation centrale, ne sont pas constantes, la lésion peut être latérale, de même qu’elle peut être parfaitement symétrique dans les formes folliculaires, lesquelles comme les formes vasculaires peuvent, par leurs dispositions, comporter les termes de papillon, de vespertilio, de baTs wing disease, etc.
L. exanthématique généralisé. En même temps que les altérations se développent à la face, ou plus ordinairement à leur suite, on les voit apparaître sur le col, sur le dos des mains, les côtés des doigts, la face palmaire, plus rarement sur la totalité des membres supéiâeurs, le haut de la poitrine, etc. — Voy. Hallopeau, Musée de l’hôpital Saint- Louis, pièce 1540, année 1890.
Plusieurs variétés sont à distinguer : parmi elles, l’une propre aux très jeunes sujets, quelquefois saisonnière — lupus-engelure — relativement bénigne, pouvant disparaître sans laisser d’atrophie cicatricielle appréciable, mais pouvant être suivie d’adénopathies secondaires persistantes, et de tuberculose viscérale; l’autre, propre aux adultes, rare, quelquefois subaiguë, avec ou sans arthr apathies, encore curable, mais d’autres fois, aiguë, galopante, infectieuse, maligne, menant, avec ou sans rémissions, à la terminaison funeste, avec lésions pulmonaires tuberculeuses, néphrite albumineuse, etc. Tel le cas de la malade dont l’un de nous a déposé les pièces, moulées par Baretta, dans le musée de l’hôpital Saint-Louis, sous les n“® 284 et 285, année 1873. Dans ces formes malignes, l'affection peut encore présenter des rémissions assez prononcées pour faire prendre le change ; mais des pous- |Sées nouvelles se manifestent; des stases circulatoires considérables ; apparaissent aux extrémités, qui sont dans un véritable état d’asphyxie j locale; des complications pulmonaires, cardiaques, et rénales, sê : manifestent, et la mort survient rapidement.
! Cette même forme morbide peut être observée, au contraire, avec I une marche lente chronique, et se prolonger pendant d’assez longues I périodes. Une des infirmières de l’hôpital Saint-Louis est dans cet état i depuis plusieurs années, faisant son service malgré des congestions ] bronchiques fréquentes, ayant de l’œdème des membres inférieurs.
TRENTE-SEPTIÈME LEÇON
Suite de la note des Traducteurs.
et une albuminurie considérable. Elle n’a jamais voulu consentira accepter un lit d’hôpital, et à se considérer comme une malade.
Nous n’avons observé ces formes morbides que chez la femme adulte (vingt-cinq à trente-cinq ans).
La variété subaiguë, iris, se distingue nettement par sa généralisation simultanée à la face et aux extrémités; par la rapidité de son évolution; par la vivacité de l’anneau érythémateux, contrastant avec la pâleur du plateau central que l’on trouve encroûté par l’exsudât, entièrement plâtreux au centre quand l’élément est petit, et seulement en dedans de l’anneau rouge quand la surface est élargie par un processus rapide.
Chaque disque comprend : a) un plateau central pâle, blanc, squameux; b) immédiatement, un anneau rouge pâle; c) et en dehors un anneau rouge vif.
Lorsque les anneaux se rencontrent, leurs bords d’affleurement s’effacent plus ou moins complètement et forment un contour festonné.
A la paume des mains, l’épaisseur de la couche cornée rend la lésion plus fruste, et l’anneau érythémateux diffus ; mais la desquamation < crétacée s’y retrouve nettement.
c). Le lupus érythémateux , asphyxique ,pernio oh?,QTyQ k\a, et aux (
extrémités; il débute sur les pavillons au niveau de l’ourlet, puis appa- i
raît sur le dos du nez ou sur les régions malaires, et sur le dos des mains.
Sur la face et sur le nez, la teinte initiale est érythémateuse, avec la ponctuation folliculaire vulgaire; sur les oreilles, il ressemble surtout à l’engelure livide indolente, ou â l’asphyxie cutanée; mais au lieu de ne s’accompagner, comme dans les formes communes, que d’une exfoliation crétacée au-dessous de laquelle se forment les cicatrices érodées, il se produit des points de nécrose auxquels correspondent des exulcérations bourgeonnantes, superficielles, croûteuses, â la répétition desquelles succèdent de véritables pertes de substance. Sur le dos des mains, les lésions discrètes, sont celles du lupus érythémateux vulgaire avec lividité plus accentuée. Tous ces caractères sont représentés sur la pièce 992 du Musée, déposée par nous en 1884.
Les lésions progressant lentement, par années, deviennent plus accentuées et plus livides — pièce 1150, année 1880 — des varicosités volumineuses se dessinent; le tissu atteint reste friable, dépourvu de résistance à la pression — pièce 1230, année 1887 — ; enfin, des nécrobioses se produisent comme sur les oreilles — pièce 1129, année 1889 — de nouvelles plaques <le lupus érythémateux coinnum apparaissent sur les extrémités, et les synovites fongueuses, qui exis- J, taient presque dès le début, deviennent plus accentuées — Voy. 1 E. Resnier, Lupus pernio de la face; synovites fongueuses (scrofulo- < tuberculeuses) symétri(iues des extrémités supérieures, Héunion clin, des i‘ AJéd. (le riiôp. Saint-Louis, 1888-89, p. 82.
Suite de la note des Traducteurs.