PRONOSTIC ET TRAITEMENT DU XANTHOME
cas elles ontune signification plus grave(l). Jusqu’à présent, ce xanthome n’a pu être guéri que par l’excision ou le raclage avec la curette, mais là aussi il est survenu une récidive locale (Poensgen). J’ai souvent
lions. Dans l’oreillette gauche, sang non coagulé, il en est de même dans le cœur gauche, qui paraît un peu hypertrophié. Pas d’insuffisance aortique.
Au-dessus des valvules commence une dégénérescence de la membrane interne de l'aorte, qui a provoqué un certain degré de sténose. La surface du vaisseau paraît inégale par suite de la présence de saillies en forme d’îlots ou de rides qui rappellent d’une part des plateaux sclérosés, de l'autre, par leur coloration hlanc jaunâtre, du xanthome. Exposées à l’air, ces élevures deviennent jaune foncé. Elles augmentent vers la partie moyenne de l’orifice, pour atteindre leur plus grand développement dans la région de Tislhme, vis-à-vis l’insertion du canal artériel (environ 3 millimètres); en même temps, elles entourent le calibre des vaisseaux en forme d'anneaux. C’est en ce point que la sténose de Taorte est le plus caractérisée. La carotide gauche est presque complètement obstruée par une prolifération semblable de la membrane interne.
La mitrale présente, sur la face opposée de l’aorte, à la ligne d’origine de son extrémité antérieure, une chaîne continue de quatre plaques de xanthome, de la grosseur d’une lentille, d’une teinte jaune très accusée. Sur l’autre valvule, épaississement du bord libre et relâchement du tissu, de sorte que lés tendons ne peuvent pas tendre les valvules, qui par suite ne peuvent pas se fermer.
Les deux artères coronaires, principalement la gauche, présentaient de nombreux dépôts analogues dont le volume dépassait celui d’une tête d’épingle. Rien du côté du foie.
Au point de vue anatomique, il n’est pas douteux qu’il ne s’agisse, dans le cas actuel, d'altérations de la paroi vasculaire, lesquelles sont identiques au processus xanthomateux de la peau.
Eu ce qui concerne spécialement le xanthome de la membrane interne, il paraît évident à Knauss, d’après ses préparations, que le sang est amené dans la tumeur par les vasa vasorum — ainsi que dans certains processus endartéritiques.
On ne peut pas s’expliquer autrement que les parties profondes de la tumeur, qui pourtant ne peuvent pas recevoir leur nourriture de la paroi interne du vaisseau, comme la membrane interne, ne présentent pas les plus légers signes de dégénérescence.
Mais ceci indique combien est grande l’intensité du processus xanthomateux et combien est considérable sa destructivité. Si les cas comme celui-ci sont rares, ils jetteront toujours sur le pronostic du xanthome une lumière significative.
Cette observation n’est pas isolée; l’un de nos xanthomateux est atteint d’insuffisance aortique caractérisée; et cette année, A. Pollosson a présenté à la Société des Sciences médicales de Lyon — Lyon médical, t. LXIll,p. 311, 1890 — un malade atteint de xanthome multiple, plan et en tumeurs. A l’auscultation, ce malade présentait un souffle sy.stolique avec maximum d’intensité à la base; le malade était sujet à des accès « d’angine de poitrine ». Ernest Besnier. — A. Doyon.
(1) Le pronostic du xanthome est extrêmement variable selon les formes et dans chaque forme, selon les cas particuliers.
Il est incontestable que chacun connaît des personnes atteintes de
TRENTE-NEUVIÈME LEÇON
excisé avec un succès durable le xanlhome plan des paupières. E. Besnier dit avoir vu la régression rapide des nodosités sous l’influence de l’usage interne du phosphore suivi d’une médication térébenthinée (1).
xanthome palpébral isolé, qui poursuivent une longue carrière sans I qu’aucun incident grave survienne qui paraisse se rattacher à la mala- | die ; mais il reste, de- ce côté, quelques circonstances inconnues. La j même bénignité générale, relative, s’applique aux formes en tumeur, au | point de vue de \a, généralisation viscérale] mais, d’autre part, le pronostic acquiert, dans ces dernières, une signification particulière en raison j du volume des tumeurs, des insertions profondes de quelques-unes j d’entre elles, et de la nécessité d’une intervention chirurgicale.
Pour le xanthome généralisé, et même quelquefois pour le xanthome localisé aux paupières, les exemples que nous avons rapportés ci-dessus i montrent combien le pronostic doit être généralement réservé, et com- ^ bien il faut de soin dans l’examen viscéral des malades. II y a, de ce chef, dans la pathologie du foie, des vaisseaux et du cœur, un chapitre \ à peine ébauché, mais sur lequel il est k présent impossible de ne pas ' ouvrir l’enquête. E. B. — A. D.
(I) Le traitement interne du xanthome vulgaire reste empirique : après quelques essais de médication térébenthinée après phosphorisme — !
voy. I” édit., T. II, p. 220, note 2 — ,nous avons réduit la médication à 'j
l’emploi des alcalins — cure de Vichy - et à l’usage de la térében- {
thine donnée avec persévérance à dose tolérée, non que nous ayons f:
abandonné l’idée de Tutilité de l’action préalable du phosphore, mais à cause de la difficulté et des dangers de l’application de cet agent, pour i. la peau, le rein, la vessie.
Le xanthome des glycosuriques est plus ou moins lié, dans ses oscillations, aux variations de la courbe glycosique; il est donc justiciable de la médication antidiabétique.
Chirurgicalement, le xanthome se comporte comme les néoplasmes , bénins, c’est-à-dire qu’il ne se reproduit pas sur place, à la condition bien entendu d’en faire la résection cow/j/è?e. Mais il est inutile de dire j que l’intervention mécanique ne s’applique qu’aux altérations localisées; elles varient suivant les cas et les régions.
Dans un cas de xanthome des deux paupières inférieures, Stern — i Zur Therap. des Xanth., Berl. klin. Woch., 1888, n° 50 — a eu recours à des applications sur les plaques jaunes de collodion au sublimé à 10 p. 100. Il se forma une eschare grise, de couleur plus foncée les jours suivants: peu après sa chute, elle laissa une petite surface excoriée qui se cicatrisa rapidement. Les modifications survenues dans les plaques \ de xanthome étaient très frappantes ; à un examen attentif, on pouvait j encore les reconnaître. Mais la coloration jaune-paille avait complète- 1 ment disparu. Les paupières étaient restées molles et souples, sans la I plus légère rétraction. • [
Dans beaucoup de points, l’électro-puncture interstitielle, convenable- ' ment appliquée, peut être employée avec un succès facile.
Ernest Besnier. — A. Doyon. |