‹ Pathologie et traitement des maladies de la peauChapitre 117 sur 214 · LUPUS. DIAGNOSTIC · texte numérisé non relu

LUPUS. DIAGNOSTIC

nodosités confluentes, ou ulcérations recouvertes ou non de croûtes, on devra rechercher ces efflorescences primaires, que l'on trouvera d’ordinaire dans le voisinage d’un foyer diffus. La difficulté la plus grande se trouve dans le diagnostic du lupus avec la syphilis tuberculeuse, serpigineuse et ulcéreuse.

Je recommanderai aussi de se rappeler, outre le caractère des nodosités récentes, les différences de nature que j’ai déjà montrées entre les ulcérations de la syphilis et celles du lupus, leur indolence, la mollesse de leurs bords, la formation abondande de granulations, leur peu de sensibilité, et je ferai remarquer que les tubercules du lupus ne s’étendant pas du centre vers la périphérie aussi régulièrement que les nodosités syphilitiques, ne produisent, par consécjuent, jamais d’ulcérations réniformes. Si .parfois le diagnostic ne peut pas être établi immédiatement d’une façon certaine, il sera possible après quelque temps d’observation. En effet, au bout de quelques semaines, ii se fera sûrement une nouvelle poussée de nodosités; et on pourra toujours s’assurer, ce qui sera un point important, que le traitement antisyphilitique local ou général, et surtout l’emplâtre mercuriel, qui agit d’une façon si remarquable contre les nodosités syphilitiques, n’ont aucune action sur le lupus.

Il ne faut pas oublier non plus que le lupus marche d’une façon beaucoup plus lente que la syphilis, et que les désordres, que le lupus met plusieurs années à produire, sont produits en pende semaines par la syphilis ulcéreuse. Dans le lupus du nez, la partie malade se rétracte plutôt qu’elle ne se détruit, tandis que dans la syphilis elle semble comme détachée avec une pince du reste des parties saines; enfin, on ne trouve pas dans le lupus de destruction des os, du vomer, de la voûte palatine. De même, lorsque dans un épaississement éléphantiasique de la jambe, comme celui que j’ai décrit, on trouve de petits tubercules, il faudra songer au lupus; car le lupus seul présente, pendant de longues années, cette forme de nodosités avant d’aboutir à l’éléphantiasis, tandis qu’une syphilide tuberculeuse persiste tout au plus quelques mois ou peu d’années; dn reste, les formes de S3rphilis qui aboutissent à l’éléphantiasis sont, d’après mes observations, de nature gommeuse, et donnent par conséquent des ulcérations qui ont un caractère spécial. Enfin, il faut se rappeler aussi que, quelle qu’ait été la durée de l’affection, le lupus récidive toujours sous forme de petites nodosités enchâssées, caractéristiques.

En prenant en considération tous ces points, on arrivera à établir le diagnostic entre le lupus et la syphilis, même dans les cas difficiles, et on n’aura pas besoin dans les cas embarrassants de recourir au diagnostic de « lupus syphilitique ».

QUARANTE-TROISIÈME LEÇON

Il y a également une forme de la lèpre tuberculeuse qui peut présenter de grandes analogies avec le lupus.

Il a déjà été établi (T. 11, p. 265) que le lupus érythémateux a un aspect tout différent de celui du lupus vulgaire.

QUARANÏE-ÏROISIÈME LEÇON

Lupus {suite). — Anatomie pathologique, traitement du lupus.

Scrofulose et tuberculose de la peau.

L’anatomie pathologique du lupus a fait, surtout pendant les vingt dernières années, le sujet d’un grand nombre de travaux histologiques d’une grande valeur. Ils retlètent tous, aussi fidèlement que les travaux contemporains sur l’inflammation, les idées de leur époque sur la néoformation et l’histogenèse des tissus pathologiques; ils traitent presque toutes les questions qui ont trait à l’histologie du lupus, à son siège, à son point de départ, à son caractère, à sa signification, aux rapports que présentent les néoformations du lupus avec d’autres; et bien que tous ces points y aient été étudiés à fond, ils n’ont jamais pu en donner une solution complète, eu égard même à l’époque à laquelle ils ont été écrits.

Pour pouvoir porter sur les points importants et compliqués qui nous occupent un jugement exact, il faut examiner des nodosités jeunes et siégeant encore dans la profondeur du tissu. Sur une coupe microscopique d’une portion de peau atteinte (fig. 49), on trouve, en examinant à la loupe, des masses de tissu plus ou moins grosses, arrondies (en forme de nid), enfoncées dans le chorion : ce sont les tubercules du lupus. Ils sont disposés sans ordre et à diverses profondeurs dans le chorion lui-même, tandis que ses couches supérieures, la couche papillaire et le réseau muqueux, paraissent à l’état normal.

Ainsi tombe l’opinion émise, par Berger, Pohl et O. Weber, que les tubercules du lupus se forment dans le réseau muqueux, et celle de quelques autres auteurs qui pensent que le siège primordial de la nodosité jeune est dans les couches superficielles du derme. Le réseau muqueux et les couches superficielles du chorion sont intacts. Les foyers de lupus contrastent par leur coloration jaune rougeâtre et leur exacte délimitation avec le tissu dermique environnant ; cet état est d’autant plus apparent qu’on a eu soin de colorer la coupe à l’aide du carmin, qui imprègne mieux le chorion que les tubercules.

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