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cela, habituellement, d’une indolence remarquable, quoique non absolue. Destructions rares, sauf à la luette; perforations et lésions profondes appartenant seulement à certaines formes malignes de scrofulotuberculose qui s’étendent à l’arrière-gorge, au pharynx nasal, et laissent à leur suite des mutilations, des pertes de substances, des brides fibreuses, dont le diagnostic rétrospectif est souvent laborieux. Tout ce qui concerne ce point particulier est à reprendre avec des faits nouveaux dans un parallèle diagnostique entre la syphilis, la lèpre, la tuberculose, le lupus, et le rhinosclérome .
4“ Lupus du larynx. — La limite des localisations muqueuses communes de la tuberculose lupique est au larynx, où on les observe au moins dans 10 p. 100 des cas de lupus constaté sur le visage ou ailleurs, lupus tuberculeux le plus ordinairement, mais aussi dans le lupus érythémateux, sans qu’il ait été encore possible de distinguer, dans cette région, les caractères des deux lupus qui paraissent identiques — Voy. l’excellente monographie de notre élève distingué J. Marty, Le lupus du larynx, T’/^è^e de Paris, 1888 et Cf. Alex. Haslund, Z. statistik des Lupus laryngis, Viert. f. Dermal. u. Syph., 1883, p. 471.
Sauf exception très rare — Voy. Luc, Lupus des voies respiratoires supérieures avec intégrité de la peau, Paris, 1888 — le lupus du larynx est secondaire ou consécutif à un lupus de la peau. Son début est latent, ses altérations sont découvertes par celui qui les cherche, chez des malades qui ne présentent aucun symptôme manifeste, et qui n’ont aucune notion d’une altération du larynx ; c’est seulement aux périodes avancées, et quand les cordes vocales sont occupées, que la maladie se démasque par la raucité de la voix, la toux, la dyspnée, et les accidents de propagation ou de voisinage.
Les lésions se présentent sous des aspects divers, pâleur générale du larynx, coloration gris cendré, tuméfaction lisse, ou élevures nodulaires, tubercules gris cendré, état hypertrophique, végétations muriformes ou polypiformes (lésions pouvant se propager au voisinage de , la trachée) et cicatrices consécutives.
t Dans les cas bien caractérisés, il n’est pas difficile de distinguer ces altérations, sèches, végétantes, cicatricielles, indolentes, des lésions ■ douloureuses, ulcératives, et présentant les granulations tuberculeuses miliaires, caractéristiques de ta tuberculose laryngée des phthisiques. Mais quand il s’agit de différencier ces altérations de celles de la syphilis, de la lèpre, ou du rhinosclérome, etc., la difficulté devient beaucoup plus grande; il est alors nécessaire défaire intervenir dans le jugement l’étude entière du malade, et de ses coïncidences pathologiques.
5“ Lupus de la muqueuse des organes génitaux. — Déjà très rare sur le fourreau de la verge, sur le scrotum, sur la partie cutanée des grandes lèvres, le lupus disparaît sur la surface dite « muqueuse » du gland, du prépuce, des petites lèvres, et de l’appareil clitoridien, ou, au moins, nous ne l’y avons jamais rencontré, et nous n’avons jamais reconnu de lupus vrai dans les différents cas de lésion « esthioménale » qui ont été soumis à notre examen comme étant de nature lupique. Cette
immunité, si extraordinaire, des sw'faces muqueuses des organes géni- f taux pour la tuberculose lupique, est bien importante à rapprocher de celle qu’elles présentent, également, pour la lèpre, et à opposer à > l’extrême facilité que la syphilis trouve à y implanter toutes ses manifestations.
§ 111. — Pronostic du lupus.
Le pronostic du lupus est extrêmement variable selon les sujets, les cas, les formes et les variétés, l’état de simplicité ou de complication, la période de la maladie, et l’époque à laquelle un secours éclairé et efficace a été apporté au patient.
Au titre le plus général, il est impossible de ne pas déclarer sérieux le pronostic d’une affection qui comporte comme agent pathogénique essentiel un élément tuberculeux. Atténuez-en autant que vous voudrez la virulence ; faites valoir cet argument vrai que la peau est un terrain de culture très peu favorable; ajoutez, si vous voulez être exact, que la phagocytose s’y exerce dans la plus large proportion; énumérez le nombre considérable de lupiques qui ne présentent pas de localisations viscérales même après un très grand nombre d’années, etc., etc., cela n’empêchera pas que, dans un très grand nombre de cas, le lupus ne soit suivi I de localisations tuberculeuses du côté du poumon, de la plèvre, des ' méninges, et que, tout éloignée qu’en soit souvent l’échéance, il ' n’en est pas moins redoutable de conserver en culture sur son propre tégument le bacille de la tuberculose — Voyez sur ce sujet l’excellente monographie de notre élève distingué Emile Renouard, Du lupus et de ses rapports avec la scrofule et la tuberculose. Thèse de Paris, 1884.
En vain objecte-t-onque les observations sur lesquelles est basé notre jugement portent sur des malades hospitalisés, placés antérieurement, ou par le fait de leur séjour à l’hôpital, dans de mauvaises conditions d’hy- i giène, en même temps qu’ils sont exposés à la contagion nosocomiale. ! Comment, en effet, admettre qu’il faille accorder la préséance à ces con- ' ditions diverses mauvaises, qui n’ont rien d’exclusif aux lupiques, et à la contamination éventuelle venue du dehors, sur la. présence réelle du bacille tuberculeux, que le malade porte sur lui-même en permanence?Latuberculose lu pique ferait-elle une exception, et ne serait-elle pas, comme toutes les tuberculoses locales, un danger permanent pour celui qui la porte ?
En nous basant sur une observation aujourd’hui suffisamment prolongée et étendue pour être autorisés à formuler notre opinion ferme, j nous affirmons que le lupus dans toutes ses formes, que la tuberculose ! la plus atténuée de la peau représentée par le tubercule anatomique, par exemple, peut être l’origine, le point de départ, de tuberculoses j ganglionnaires et viscérales, au nombre desquelles la tuberculose pul- I monaire occupe le premier rang. j
Dans beaucoup de cas, cette infection secondaire ne s’exerce que : comme elle le ferait sur un sujet prémuni par une sorte d’autovaccina- ; tion, et les localisations pulmonaires empruntent à leur caractère j fibreux une bénignité, ou une lenteur particulières; mais si l’on suit les | malades au cours de leur existence, aussi bien que dans la pratique de la ville que dans celle de l’hôpital, on constatera, comme nous