‹ Pathologie et traitement des maladies de la peauChapitre 136 sur 214 · LÈPRE. TRAITEMENT EXTERNE · texte numérisé non relu

LÈPRE. TRAITEMENT EXTERNE

A Taide d’applications locales de toutes sortes : teinture d’iode, em- ] plâtre mercuriel, emplâtre de savon salicylé, pommade pyrogallique, chrysarobine, etc., on peut déterminer la régression des inflltrats i lubéreux et plats de la peau, ainsi que des taches pigmentaires.

Il faut appliquer sur les ulcères atoniques des pommades à la 1 créosote ou au camphre (1).

(1) Le traitement externe, topique, mécanique, chirurgical, de la I lèpre a pris, dans la période actuelle, de très grands développements, i Unna — Guérison d'un cas de lèpre, Ann. de Dermat. et de Syph., 2® série, T. VII, 1886, p. 22, repr. d’après le Monatsh f. prakt. Dermat.., 1 1883 — a institué un traitement méthodique, mixte, dans l’esprit des J médications externes intensives, déjà appliquées à diverses autres dermo- (| patines, à l’aide de Vichthyol, la chrysarobine, l'acide pyrogallique , la ij résorcine.

i| « 11 faut, dit Unna, employer les sels d’ichthyol à l’extérieur à dose élevée ; i! à l’intérieur, la dose ordinaire est, en moyenne, de un gramme par jour.

Comme ce sont les seuls remèdes de cette série que l’on puisse prendre 8; indéfiniment, ils ont une valeur exceptionnelle pour les lésions lépreuses des ;’ i| organes internes. A l’extérieur, ils conviennent chez les sujets faibles, à peau ij très sensible, dans les cas où les remèdes plus énergiques (chrysarobine, pyrogallol) sont contre-indiqués d’une manière momentanée ou absolue, ou ü ! bien encore lorsque ceux-ci ont déterminé des inflammations de la peau.

■ « La résorcine est très efficace dans la lèpre en pommade à 20 p. 100, mais

'I surtont sous forme d’emplâtre. Elle a l’avantage de ne pas sentir mauvais, de ' colorer peu la peau, et de ne pas irriter les yeux.

« Le pyrogallol est un antilépreux très énergique; on ne doit l’employer ; en pommade que à 5 p. 100. Sur les points où la maladie offre le plus de I résistance, on peut l’appliquer à dose plus élevée, soit en pommade, soit sous j; forme d’emplâtre.

I U La chrysarobine est, peut-être, le meilleur topique antilépreux; mais i dans la lèpre encore plus que partout ailleurs, il faut se tenir en garde contre |i son action irritante sur la conjonctive. Chez les sujets robustes, on l’emploiera sur le tronc, les jambes et les bras, mais il faut s’abstenir de l’appli- ! quer sur les mains pour éviter son action sur les yeux. Chez les individus ; faibles, on fera disparaître la plus grande partie des efflorescences avec les sels d’ichthyol et la résorcine, avant d’attaquer les lésions plus tenaces avec les deux derniers médicaments. »

Comme con’ecft/’de ces remèdes, surtout du pyrogallol, Unna recommande, à titre prophylactique et curatif, l’emploi interne, à doses aussi élevées que possible, de l'acide chlorhydrique, pour diminuer l’alcalinité du sang, et il conseille de continuer indéfiniment l’usage interne des sels i d’ichthyol pour arriver, avec le temps, à détruire les germes qui peuvent ‘ rester dans l’organisme. Malheureusement, l’observation ne confirme pas les espérances qu’il avait fondées de ce chef sur ce médicament dont l’action antilépreuse est très inférieure à celle des agents de la série phéniquée et salicylée, acide phénique etsalol.

En fait, dans une maladie semblable à la lèpre, le médecin ne peut refuser aucun secours; mais le choix des agents médicamenteux qu’il ! KAPOSI, 2« ÉD. — II. 36

QUARANTE-QUATRIEME LEÇON

Dans les cas peu avancés, surtout dans la lèpre tuberculeuse chez les jeunes sujets, le séjour dans des contrées exemptes de lèpre peut ralentir le processus pendant plusieurs années, et même produire une

applique doit porter d’abord sur les plus énergiques et les plus éprouvés. Dans tous les cas, il ne doit accepter la responsabilité d’une cure que s’il est mis en mesure de la surveiller lui-même et de la diriger rigoureusement.

La médication topique peut être variée dans de grandes proportions, sur le type de la médication externe intensive du psoriasis; toutes les pommades et tous les emplâtres peuvent trouver, suivant le cas, leur application.

Avec LuïZ — loc.cit. p. 73, Honolulu, 1890, — notre observation nous permet d’assurer que beaucoup de léprides, on pourrait dire toutes les léprides qui ne sont pas profondément anesthésiques ou arrivées à la période d’atrophie, peuvent être réduites par l’emploi extérieur des agents médicamenteux. Mais nous engageons très vivement les médecins qui emploieront les agents de réduction, et particulièrement l’acide pyrogallique, à exercer la plus grande surveillance , à examiner sans cesse Vurine, et à se reporter aux règles que nous avons données pour l’emploi de cet agent dans le psoriasis — Voy. T. I, p. o81,r?o/e2. — Nous ajouterons que, bien que plusieurs de nos lépreux, comme ceux de ZuRiAGA, loc. sup. cit., aient été intoxiqués lentement et longuement par l’acide pyrogallique, ils n’en ont pas moins été soumis, dans la suite, aux paroxysmes lépreux aigus ou subaigus; l’un d’eux, dont la situation n’a pas cessé de s’aggraver à la suite du traitement prolongé par l’acide pyrogallique qu’il n’avait continué que sur nos instances, a hautement accusé le remède d’avoir rendu sa situation plus grave ; cette accusation, justifiée ou non, est de celles que les médecins doivent s’attendre à subir quelquefois; mais notre devoir est de les prévenir que la médication dont il s’agit n’est pas souveraine; qu’elle n’est pas indifférente, et qu’ils doivent faire leurs réserves dans tous les cas de médication intensive externe ou interne, et prendre les mesures nécessaires pour couvrir leur responsabilité.

11 sera toujours sage, comme le fait Unna, de limiter l'emploi de l’acide pyrogallique à la face et aux mdins, de ne se servir de l’acide chr}'sopbanique que pour les léprides des parties couvertes, en protégeant les parties découvertes; ricbthyol à l’extérieur serait sans danger, mais son odeur en rend, au moins parmi nous, l’application difficile. Dans l’emploi du sulol en pommade, on devra se méfier des altérations chimiques qu’il subit en présence des graisses; dans plusieurs cas de notre observation personnelle, ou de notre rayon, des accidents assez graves de dermatite et de néphrite, véritables intoxications phéniquées, sont survenus.

Mélangée à de la lanoline ou à de la vaseline, l’huile de chaulmoogra, l’huile de gurgum — en proportions variables de o à 20 p. 100, nous a semblé constituer une médication topique utile dans toutes les léprides superficielles à grande surface. Zeferixo Falcao, loc. sup. cit., emploie

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