‹ Pathologie et traitement des maladies de la peauChapitre 138 sur 214 · TRAITEMENT DE LA SYPHILIS · texte numérisé non relu

TRAITEMENT DE LA SYPHILIS

Le traitement de la syphilis n’a pas marché du même pas que sa pathologie, bien que celle-ci, également, n’ait pas eu une allure très rapide. Sous le rapport des remèdes comme en ce qui regarde les

culeuses, avec lesquelles on les confond du reste assez fréquemment — Syphilides lupoïdes. V. Augagneur, Étude sur la syph, héréd.. Thèse de Paris, 1879, p. 89 — « Les lésions de la peau dues à l’hérédité se rapportent à deux espèces principalement :1a syphilide tuberculo-ulcéreuse et les gommes.

(1) Les exceptions sont nombreuses; d’une part, il n’est pas rare de voir des syphilides lentes à subir faction des agents internes, et pour lesquelles il est indispensable d'avoir recours à une médication locale, spécifique ou autre; et, de l’autre, la médication interne la plus énergique, la plus soutenue, et la mieux dirigée, n’empêche pas toujours la réapparition des syphilides. Sur toutes ces éventualités, les conditions individuelles propres, ou acquises, ont une action considérable.

QUARANTE-SIXIÈME LEÇON

méthodes, la thérapeutique n’est pas essentiellement différente de ce ([u’elle était à la fin du xv® et au commencement du xvi® siècle. A cette époque, on ne connaissait que la cure par les frictions au moyen de l'onguent mercuriel. Malgré l’emploi du mercure, on voyait survenir de graves récidives qui résistaient aussi aux traitements spécifiques répétés. Dans les trente premières années du xvi® siècle, on importa en outre des Indes Occidentales les décoctions de bois sudorifiques qui guérissaient rapidement, disait-on, les formes anciennes de la syphilis : il devint donc facile aux adversaires du mercure de faire prédominer l’opinion que les récidives n’étaient pas le fait de la syphilis, mais étaient dues à l’action du mercure ; aussi ce médicament tomba-t-il en discrédit comme antisyphilitique.

Mais les boissons sudorifiques ne donnèrent pas de meilleur résultat que le mercure. Après leur emploi, on vit aussi des récidives et c’est ainsi que, trente ans à peine après, le mercure revint encore une fois au premier rang parmi les antisyphilitiques sur lesquels on peut compter, et jusqu’à ce jour il l’est resté. La seule acquisition réelle que le traitement de la syphilis ait faite dans ces derniers temps, depuis la première moitié du xvU siècle, est l’iode qui a été introduit dans la thérapeutique durant les cinquante dernières années de notre siècle; puis, abstraction faite de l’administration interne du mercure, on a eu recours à des modes d’emploi de ce dernier remède, plus efficaces à un double point de vue : le premier est représenté par la cure de frictions, plus rationnelle en ce sens qu’elle évite les troubles hygiéniques accessoires, et le second consiste dans l’introduction sous-cutanée du mercure, méthode que l’on doit à Lewin.

Il n’y a aucun intérêt en l’état actuel, pour la tâche que nous nous proposons, de mentionner sans nous y arrêter l’école dite physiologique de Broussais, du commencement de ce siècle, qui indiquait le « laisser-aller » comme la meilleure méthode de traitement de la syphilis; il est tout aussi inutile de discuter la doctrine erronée que soutiennent à peine encore quelques auteurs, qui, comme à l’époque de Hutten, voient dans les formes tardives de la syphilis des « maladies mercurielles ».

Mais il est peut-être opportun, en présence des doutes manifestés à plusieurs reprises, par exemple par v. Bàrensprung, sur la curabilité de la syphilis, d’insister de la manière la plus énergique sur ce point, que nous considérons la syphilis comme une maladie curable; et même parmi les différentes affections constitutionnelles infectieuses, comme une de celtes que l'on peut le mieux guérir, puisque nous avons à notre disposition des remèdes et des méthodes, qui péuvent non seulement modifier les lésions locales, celtes des tissus et des systèmes, mais encore

SYPHILIS CUTANÉE, THAITEMENT.

influencer directement et de la manière la plus efficace la maladie générale du sang, la faire disparaître et guérir ainsi l’individu (I).

Si le médecin praticien, guidé par des connaissances pathologiques solides, sait varier le traitement de la S3^philis, en tenant compte de la période, de la préparation médicamenteuse et de la méthode d’application, avec la conscience du but à atteindre et avec l’énergie nécessaire, il lui est possible d’empêcher ou d’écarter beaucoup de malheurs individuels et sociaux. Or, comme le traitement de la syphilis est si certain, si plein de promesses, et en même temps pour l’individu et pour l’hygiène sociale si indispensable, il semble très désirable que tous les médecins praticiens, et non pas seulement ceux qui sont voués au traitement spécial de cette maladie, acquièrent des connaissances suffisantes et se forment une opinion personnelle au sujet de la valeur

- (1) Ici encore, il y a lieu d’assourdir un peu cette déclaration et ces promesses. Il est vrai que, pour un certain nombre de sujets, pour la majorité si l’on veut, la syphilis « guérit » en ce sens qu’après une période d’activité plus ou moins accentuée, tout paraît rentrer dans l’ordre; la santé est florissante, la résistance vitale intacte, les enfants procréés sont sains, l’existence suit son cours sans qu’il se manifeste rien. Tout cela, chose à ne pas négliger d’indiquer, non pas seulement chez les sujets traités avec suite et activité, mais encore chez beaucoup d’individus qui n’ont subi qu’une médication courte et éphémère. Comptez le nombre des sujets qui se présentent, dans une année entière, aux consultations de nos hôpitaux, atteints de la sclérose initiale, et qui y reparaissent pendant les premiers mois ; additionnez, d’autre part, les unités qui, dans le même espace de temps, viennent aux mêmes consultations pour des accidents secondo-tertiaires ou tertiaires, et qui, si la maladie persistait chez la majorité, devraient s’additionner chaque année, et vous serez étonné du nombre relativement grand de sujets chez lesquels la syphilis s’éteint spontanément. Donc, dans un nombre de cas que l’on ne pourrait chiffrer sévèrement, mais qui est vraiment considérable, la syphilis guérit; les syphilitiques ne semblent pas contaminer les femmes qu’ils fécondent, et procréent des enfants qui paraissent sains; particulièrement quand une médication judicieuse et énergique est intervenue, mais aussi, dans un bon nombre de cas (ainsi que cela a lieu pour la majorité des patients qui viennent aux hôpitaux) où il n’a été fait qu’une médication exactement limitée à la durée des accidents initiaux.

Mais il importe, d’autre part, de ne pas oublier qu’un certain nombre de malades, en dépit des traitements les mieux ordonnés et les plus persévérants, d’une hygiène appropriée, etc., ont d’incessantes récidives. Ces retours offensifs paraissent être, il est vrai, plus fréquents quand le traitement a été moins parfaitement suivi, les lois de l’hygiène méconnues, le malade débile ou dans de mauvaises conditions de santé ; affaibli, mal nourri, adonné à l’alcool, surmené, etc.

Ernest Besnier. — A. Doyon.

QUARANTE-SIXIÈME LEÇON

des expe'riences et, des the'ories concernant le traitement de la syphilis.

Certaines questions de principe jouent ici un rôle décisif, car c’est selon la manière dont on les résout qu’on posera et dirigera l’intervention médicale et pratique. Il est essentiel d’expliquer ici brièvement les plus importantes de ces questions.

1“ Est-il possible, à l’aide d’un traitement déterminé des formes initiales, d’empêcher l’infection générale ; en d’autres termes, existe-t-il une méthode de couper la syphilis?

Pour la solution de cette question, il est indifférent que l’on se place, comme je le fais moi-même, au point de vue unitéiste et que l’on ait la conviction que toute espèce de lésion primaire, chancre mou ou chancre dur, érosion, sclérose ou papule peut, comme produit de la contagion directe, être le point de départ et devenir la source de l’infection générale, ou que, comme les dualistes, on n’attribue ce rôle qu’à la sclérose typique. Il importe seulement de se mettre en garde contre l’opinion jadis professée par v. Bàrensprung, que la sclérose est une manifestation de l’empoisonnement général déjà réalisé, de la syphilis constitutionnelle complète. Car avec cela le terrain manquerait à priori pour la méthode de l’excision. Si l’on part de cette donnée, très probablement la seule vraie, que le virus spécifique reste au point de la lésion primitive un certain temps, qu’il n’est du reste pas possible de préciser, et qui vraisemblablement n’est pas toujours le jnême, et que ce virus n’est absorbé que pour être porté dans les courants sanguin et lymphatique, puis dans les tissus : théoriquem^t, il en ressort tout naturellement ce précepte qu’il faut empêcher cette résorption et par là l’infection générale, mettre obstacle dès le début à la syphilis constitutionnelle, la couper (1).

(1) Deux points sont à relever dans ce passage où l’auteur donne, du haut de sa chaire magistrale, un enseignement que nous considérons comme n’étant pas conforme à la réalité des faits : 1® La déclaration de l’identité de tous les chancres, l'unitéîsme ; 2° la doctrine de l'arrêt du virus syphilitique au point d'insertion , dans laquelle le chancre n’est pas considéré comme la première manifestation de l’infection syphilitique réalisée, mais seulement comme un accident local.

1® Unitéisme et dualisme. — Le lecteur n’attend pas que nous nous attardions à discuter des choses jugées ; il y a longtemps que Ricord, avec quelques réserves, Bassereau franchement, et surtout l’Ecole de Lyon, Diday, Rollet, ont fait complète justice de la théorie de l’identité, que le professeur Kaposi a reprise pour son compte dans son Traité de la Syphilis (1881), et qu’il poursuit encore aujourd’hui, lui seul.

Si quelques chancres simples s’indurent accidentellement, et si quelques chancres syphilitiques ne sont pas durs ; si les deux lésions

SYPHILIS CUTANÉE, TRAITEMENT

En réalité, la méilecine pratique n’a jamais renoncé à s’acquitter de cette tâche et à considérer les tentatives de couper la syphilis comme une partie importante de la thérapie.

Il y a pour atteindre ce but théoriquement et pratiquement trois moyens différents.

1“ La destruction du virus au lieu et place de son introduction, donc dans et avec la lésion primaire. On peut y parvenir de deux manières. Par une cautérisation énergique qui détruit le tissu et neutralise le virus qui végète là localement. Déjà Ricord a appliqué cette méthode, mais il n’en attendait pas de grands résultats.

2“ Par l’excision de la lésion primaire, de la sclérose.

Cette deuxième méthode a été pratiquée durant ces dernières années dans beaucoup de cas et par bon nombre de médecins et a été le sujet de fréquentes discussions. Les résultats ne sont, en apparence, satisfaisants que pour une très minime proportion des cas, et, pour la plus grande partie, négatifs.

Quant à ce qu’il faut penser des prétendus résultats positifs obtenus par la cautérisation ou l’excision (traitement préventif), il y a lieu de faire les remarques suivantes :

L’absence de la syphilis après la cautérisation ou l’excision de l’affection primaire ne peut pas être considérée en elle-même comme un résultat positif, puisque en premier lieu toute sclérose n’est pas néces-

peuvent coexister ; si la morphologie des chancres est souvent atypique; ces difficultés particulières ne. changent rien à ce fait général ^ni\ existe DEUX CHANCRES, absolument distincts, non pas seulement par l’ensemble de leurs caractères objectifs, mais encore par la durée de l’incubation, l’adénopathie, la ré-inoculabilité, les accidents ultérieurs, etc.

2“ Internement du virus syphilitique dans le chancre. — L’auteur déclare que si l’on admettait que le chancre syphilitique induré est déjà la preuve que l’infection syphilitique est faite, « le terrain manquerait, a priori, pour la méthode de l’excision. » Cette considération n’est pas philosophique, car, de deux choses l’une, le fait existe ou non ; si il existe, aucune des conséquences qu’il entraîne ne saurait faire qu’il n’existe pas.

Or, malheureusement, il existe; l’incubation du chancre syphilitique, la rapidité de la diffusion au système lymphatique, l’insuccès des excisions chancreuses les plus larges et les plus précoces, la non ré-inoculabilité, et bien d’autres choses encore, l’établissent surabondamment. Ajoutons seulement que celte question reste disjointe de celle du traitement « préventif » des accidents syphilitiques à l’aide du mercure, seul argument sur lequel compte la doctrine unitéiste, représentée par l’auteur, et dont nous nous occuperons un peu plus loin.

Ernest Besnier. — A. Doyon.

QUARANTE-SIXIExME LEÇON.

sairement suivie de syphilis (Bœck et moi-même avons cité des cas de ce genre) et parce que, en second lieu, il dépend uniquement du jugement subjectif du médecin qui opère à ce moment d’apprécier si la lésion primaire dont il s’agit représente bien une lésion indiquant la syphilis, une sclérose typique. Mais combien n’y a-t-il pas de lésions primaires qui n’ont rien de scléreux et qui cependant sont suivies de syphilis.

Il reste donc encore à mettre dans la balance les chiffres de la statistique.

Mais on a démontré jusqu’à présent qu’il faut réduire les chiffres dans une proportion qui est de plus en plus considérable à mesure que le temps de l’observation après l’opération est plus prolongé.

En outre, nous manquons de toute base sérieuse pour fixer un terme où théoriquement il serait permis d’admettre que l’extinction ou l’élimination locale du virus serait complète.

Sigmund a vu une sclérose appréciable dès le troisième jour. On ignore si l’absorption ne peut pas avoir lieu bien plus tôt.

D’autre part, la constitution de la sclérose présente souvent des variations que l’on peut observer dans bon nombre de cas jusqu’à la troisième semaine, ce qui tendrait à prouver que peut-être le virus reste souvent localisé pendant un laps de temps assez long.

L’absence d’engorgement distinct des ganglions voisins est un critérium négatif, attendu qu’on peut admettre l’absorption sans qu’il y ait engorgement ; mais la présence de l’adénite n’est pas non plus un caractère positif, puisque toute lésion, et notamment la suppuration, peut la produire (i).

La constatation d’un bacille découvert par notre assistant clinique, le D” Luslgarten, pourrait être un critérium certain pour caractériser spécifiquement une lésion primaire et par suite aussi ses conséquences pratiques, si le rapport de ce bacille à la syphilis était déjà solidement établi à tous les points de vue. En tout cas^ il parait indispensable de continuer encore les recherches en ce qui concerne le bacille de Lutsgarten. Il est vrai que depuis la constatation de bacilles dans lesmegma du prépuce par Alvarez et Tavel, la coloration caractéristique indiquée primitivement par Lutsgarten de son bacille de la syphilis a perdu de son importance, de même que d’ailleurs le rapport d'autres bacilles avec la matière colorante a perdu la valeur d’une caractéristi(iue ;

(1) L’argumentation de l’auteur ne saurait être acceptée; les faits atypitjues et les exceptions ne changent rien à la règle générale ; l’adénopathie satellite du chancre syphilitique est une des mieux différenciées et des plus sûrement établies ; il n’y a vraiment pas lieu de l’établir à nouveau. E. R. — A. D.

SYxORILIS CUTANEE, TRAITEMENT.

cependant il faut retenir le fait et considérer comme essentiel que Lustgarten a reconnu ces bacilles à l’intérieur des cellules, qu’ils ont été vus d’une manière certaine par moi et d’autres auteurs précisément dans les tissus d’origine syphilitique : scléroses, nodosités gommeuses, papules du tronc, etc., récentes, non ulcérées, excisées sur une peau intacte.

Pratiquement, l’excision est liée à certaines conditions d’anatomie topographique favorables. Par exemple sur le limbe du prépuce, on peut la faire complète ; sur le gland et dans le sillon coronaire, il n’en serait pas de même.

Malgré cela, les remèdes et les méthodes pour le traitement proprement dit du chancre, en tant que traitement de l’ulcère, présentent-ils tout à fait la même valeur ou sont-ils indifférents par rapport aux suites, c’est-à-dire à la préservation de la syphilis?

On sait que certains auteurs emploient volontiers, en vue du traitement local, des préparations de mercure, d’iode et d’iodoforme. Le font-ils en vue d’obtenir seulement un bon effet curatif local, ou avec une sorte d’intention inconsciente d’atténuer ou de prévenir les suites? Expliquer cela nous conduirait trop loin.

Mais je crois pouvoir insister sur ce fait que l’emplâtre hydrargyrique agit incontestablement d’une manière favorable sur la régression de la sclérose ; — il tarit la source de l’infection, et même, comme il me l’a souvent semblé, il empêche la formation de la sclérose.

Le second moyen qu’on a proposé et qui a été, dit-on, employé pour couper l’infection générale consiste à lier ou à enlever les vaisseaux lymphatiques. Puisque on est forcé d’admettre que c’est dans la première zone qu’alieu l’absorption du virus syphilitique par les vaisseaux lymphatiques et son accumulation dans les ganglions, on n’aurait (dans les affections du pénis) qu’à sectionner — à exciser — le vaisseau lymphatique dorsal, et si on voulait faire plus, il faudrait extirper aussi les ganglions.

Cette conception est bien un peu naïve. Que l’on examine donc un pénis dont les vaisseaux lymphatiques sous-cutanés sont injectés, et on remarquera que cet organe tout entier se trouve dans un réseau de vaisseaux lymphatiques. Quel vaisseau faudrait-il donc sectionner? Et les ganglions? Lesquels extirper et combien de ceux qu’on peut trouver, sans compter ceux qui échappent aux recherches? Et si de telles opérations on tire des conclusions relativement aux prétendus résultats, il y a assurément peu de chose à dire sur leur valeur.

On peut en dire autant de l’efficacité de la méthode de Lipp et d’autres auteurs, qui consiste à injecter des préparations de mercure, l’iode, etc., dans les premiers ganglions lymphatiques (pour le chancre génital, les

QUARANTE-SIXIÈME LEÇON

ganglions inguinaux) ainsi que dans le tissu ambiant, afin de détruire le virus dans les points où il s’absorbe (1).

Comme troisième moyen pour empêcher l’infection générale, il faut citer le traitement général préventif.

Si les moyens d’éteindre ou d’éliminer le virus syphilitique au point d’inoculation et d’établir à sa pénétration un obstacle mécanique dans les voies de résorption sont à ce point précaires, n’y aurait-il pas lieu de recourir de bonne heure à une médication générale et de chercher ainsi à

(1) Si l’on veut bien considérer que, dans un certain nombre de faits, petit, mais positif, la sclérose initiale n'est pas suivie d’accidents apparents d’infection générale, et que toutes les tentatives faites pour la stériliser sur place, aussi bien que son éradication, aboutissent à des résultats négatifs dans l’immense majorité des cas, on cherchera dans d’autres voies.

Sur tous les points où pénètre le virus syphilitique, il trouve le réseau lymphatique ouvert largement pour sa diffusion immédiate; sur le pénis en particulier, il rencontre un réseau serré de vaisseaux lymphatiques, sans barrière, et sans limite avant l’arrêt momentaiié dans le ganglion superficiel, lequel devient bientôt un centre actif de multiplication et de propagation, également illimité et sans barrière, à l’aide des anastomoses avec le système profond.

Gela dit, nous ne nous croirions pas autorisés à refuser la destruction, ou l’éradication de la lésion initiale de la syphilis, dans les cas où son étendue, et son siège, en rendraient l’exécution facile et inoffensive, à un sujet qui, éclairé sur la somme de probabilités qui existent en sa faveur, la réclamerait positivement.

Nous serions également disposés à tenter une destruction locale immédiate, ou une éradication, dans le cas où \xï\q plaie joréa/ai/e viendrait d’être accidentellement, ou dans un contact vénérien, contaminée certainement par le virus syphilitique ; il y a quelques circonstances dans laquelle cette indication pourrait réellement se présenter. Mais, même dans les cas où l’application de l’agent destructeur, ou l’éradication, pourraient être faites sans opération importante ni mutilation, nous conserverions bien peu d’espoir d’arriver à temps pour mettre un obstacle réel; la conduite à tenir en pareil cas serait exactement la même que celle qui est la règle à l’égard d’une plaie contaminée par le virus rabique ; la chance de succès également problématique.

Dans la syphilis, l’éradication de la sclérose initiale arrivera communément trop Lard; la piste suivie dans cette direction avec tant d’ardeur par les expérimentateurs est trompeuse — Voy. plus loin, le texte courant et les notes des traducteurs sur le chancre syphilitique .

Le succès est plus probable dans la voie qui a mené Pasteur et Kocli à leurs grandes découvertes dans la rage et dans la tuberculose ; la syphilis, il est vrai, n’a ni microbe connu, ni animal réactif; il faut, dans ce cas, expérimenter empiriquement , et par analogie, en prenant sur l'homme, le chancre, ou les diverses lésions syphilitiques comme terrain d’études

Ernest Besnieu. — A. Doyon.

SYPHILIS CUTANÉE, TRAITEMENT. o93

détruire dans une certaine mesure le virus dès son entrée dans l’organisme?

En d’autres termes, si une affection primaire, grâce à son caractère clinique, permet cette hypothèse qu’au bout de quatre à six semaines elle sera suivie d’une syphilis générale, ne sera-t-il pas rationnel de commencer immédiatement un traitement général dont l’eftlcacité est reconnue dans la syphilis déclarée ?

Déclarons toutefois qu’il serait rationnel de faire ainsi, et, comme les partisans de cette opinion le disent, ce serait même humain, car il paraît absolument irrationnel de laisser une maladie se développer dans toute son intensité pour ensuite la guérir, et inhumain de laisser le malade marcher tranquillement au-devant de la syphilis.'

Mais bien que théoriquement j’approuve le traitement général préventif, je dois cependant déclarer qu’il n’est pas pratique et par conséquent le déconseiller. En effet, toutes les fois que j’ai été porté par la logique ou par les circonstances extérieures à prescrire le traitement général avant l’apparition de l’exanthème, dans la pensée d’agir d'une manière préventive, je l’ai regretté. Les cliniciens très expérimentés, Hebra, Sigmund et Zeissl, ont déconseillé la cure préventive en s’appuyant sur les mêmes désillusions. L’expérience enseigne notamment que cette thérapeutique précoce n’empêche pas l’apparition des phénomènes généraux, qu’elle ne fait que les ajourner; qu’ils se présentent tout de même, non pas dans leur mode typique d’évolution, mais en désordre (unordentlich), et que le plus souvent on voit apparaître non plus exclusivement des formes exanthématiques légères, mais en même temps, par conséquent de très bonne heure, des symptômes graves, par exemple des lésions du périoste. On a donc ainsi allongé la période toute entière de la maladie, de plus on a provoqué une aggravation des lésions et on a perdu complètement le bénéfice de la première cure, puisqu’on est obligé de recommencer le traitement par suite du retard d’invasion des symptômes.

Il est donc selon moi, inutile, il est même nuisible pour le malade, et déconcertant pour le médecin c’est-à-dire eu égard à l’observation objective, de faire le traitement général avant que la syphilis se soit caractérisée d’une manière évidente. Je conseille même de ne commencer la cure que lorsque l’exanthème s’est complètement développé et non dès le premier indice de roséole (1).

(1) A quel moment doit-on commencer le traitement mercuriel? Faut-il abandonner, d’abord, la maladie à elle-même, et se borner aux moyens hygiéniques et diététiques, aux reconstituants, jusqu’à l’ap-

KAPOSI, 2« ÉD. — II. 38

QUARANTE-SIXIÈME LEÇON

Suite de la note des Traducteurs.

parilion des accidents secondaires, ou bien donner le mercure dès l’apparition du chancre?

Cette question est une de celles sur laquelle on discute depuis le plus longtemps sans que, jusqu’à ce jour, la lumière soit faite; à chaque Congrès, se produisent de nombreux et remarquables travaux, dus aux observateurs les plus autorisés, sur les temps d’opportunité de la médication spécifique, sans qu’on soit encore parvenu à s’entendre sur ce point, dont la solution, au premier abord, paraît cependant des plus simples.

Les uns donnent d’emblée le mercure dès que l’existence de la sclérose chancreuse est seulement soupçonnée; d’autres, aussitôt qu’elle s’accuse par une induration et par la pléiade ganglionnaire ; toute une école attend l’apparition des premiers accidents de l’infection générale; les uns regardent l’emploi immédiat du mercure comme superflu, d’autres comme étant nuisible; d’autres enfin ajournent autantque possible le traitement mercuriel, et commencent immédiatement un traitement ioduré.

J. — Pas plus qu’aucun syphiligraphe, nous ne croyons qu’un traitement fait dès le début du chancre infectant puisse assurer, absolument , contre les manifestations ultérieures de la syphilis?

Mais nous affirmons que la mercurialisation des tissus, quand elle est suffisante, les stérilise, et les rend momentanément impropres à la germination de l’élément virulent. Ce qui est exact, c’est que le mercure est impuissant à détruire cet élément, et que la mercurialisation nest pas une vaccination. Mais quelqu’imparfaite qu’elle soit, cette imprégnation jnercurielle, convenablement réglée, a une action préservatrice indéniable contre le nombre et contre la gravité des manifestations ultérieures de la syphilis; plus les années de pratique nous instruisent, plus nous en avons l’entière conviction.

Dans une statistique portant sur 218 malades atteints de lésions tertiaires, Jullien note la proportion suivante : les hydrargyrisés ah initio ne représentaient que 21 p. lOÜ, contre 51 p. 100 des hydrargyrisés a secundariis et 27 p. 100 de ceux dont la syphilis avait été abandonnée à ehe-méme. Les syphiliticjues mercurialisés a secundariis constituent la grande majorité des tertiaires ; viennent ensuite, par ordre de fréquence: les syphilitiques abandonnés à la marche naturelle de la maladie, et enfin ceux qui ont pris d’emblée du mercure. On retrouve le même ordre s’il s’agit de marquer l’allure, le degré de rapidité de la vérole. Enfin, il ressort d’un dernier tableau que ; la syphilis soumise au mercure dès l’accident primitif est celle (jui évolue le plus lentement, vient ensuite la syphilis abandonnée à sa marche naturelle, puis la syphilis mercurialisée seulement à partir des secondaires.

Sur ■ une statistique comprenant 5,036 malades traités dans une période de huit années pour la syphilis à l’iiôpital communal de Copenhague, la syphilis tertiaire a semblé, à II.vslund, due dans 80,73 j). 100 des cas à un traitement nul ou insuffisant (10“ Congrès iiitern. août 1890].

11. — Cependant, l’avis que nous avons exprimé n’est pas celui de

SYPHILIS CUTANÉE, TRAITEMENT

Suite de la note des Traducteurs.

plusieurs syphiligraphes éminents : le traitement de la première heure aurait, en outre, d’après quelques auteurs (Kaposi), l’inconvénient de troubler, d’une manière grave, la marche de la syphilis, de la retarder, et par suite, d’empêcher le médecin de se rendre compte de l’état vrai du malade; selon d’autres, il enlèverait au mercure une certaine part de son énergie en raison de l’accoutumance, et dans les cas où des accidents surviennent malgré le traitement, ou encore au moment où on vient de l’interrompre.

Pour d’autres, enfin, le traitement hâtif serait inutile, ou même dangereux : En 1890, au Congrès international de Berlin, l’illustre doyen des syphiligraphes vivants, Diday, s’appuyant sur une statistique comprenant deux groupes de syphilitiques, tous traités par lui, les uns avec le mercure, les autres sans mercure, a conclu que « quant à l’intensité de la maladie, et au degré de gravité des récidives apparues après une mercurialisation hâtive, prolongée et soutenue, par comparaison avec des sujets chez qui le mercure, omis au début, avait été donné ultérieurement d’une façon exceptionnelle, temporaire, parcimonieuse, il n'y a aucune différence. » Malgré tout notre respect pour l’autorité légitime de ce savant maître, nous ne pouvons souscrire à cette proposition, qui ne concorde pas avec les résultats de notre observation prolongée ; pas plus que nous ne saurions admettre avec Leloir (Congrès de Paris, 1889), qu’un traitement prématuré aggrave parfois la marche ultérieure de la maladie.

III. — Pour qu’un semblable conflit d’opinions puisse se produire, il faut que des conditions inexpliquées fassent varier le point de vue auquel se sont placés les différents observateurs. Pour nous, nous répétons que toutes les fois où la médication mercurielle a été, chez un sujet syphilitique, appliquée le plus près possible du début, sous une surveillance effective, en même temps que toutes les indications émanant de l'état particulier du sujet étaient remplies, nous n'avons jamais observé aucun accident qui lui fut imputable ; enfin nos chiffres sur la proportion du tertiarisme sont très voisins de ceux de Haslund.

Nous n ajournons l'emploi du mercure chez nos malades que sur contreindication SPÉCIALE, quand le mercure peut être nuisible gravement dans un étal pathologique coexistant • en cas d' intolérance spéciale; ou encore quand le diagnostic est douteux, litigieux; ou bien s'il y avait lieu de faire une preuve médico-légale.

IV. — Le retard de l’éclosion secondaire et du tertiarisme, le trouble apporté à l’ordre physiologique des symptômes, l’absence môme de phénomènes spécifiques, à la suite du traitement hâtif, dans le cas de chancres très indurés et d’un diagnostic indubitable — comme on en a cité quelques exemples — ont une signification qu’il ne faut pas méconnaître. Ces faits suffisent à démontrer que le mercure a une action sur la syphilis à l'état latent, ce que quelques auteurs lui refusent tout à

QUARANTE-SIXIÈME LEÇON

Suite de la note des Traducteurs.

fait, puisqu’ils s’appuient même sur cette donnée pour ne prescrire le traitement spécifique que lorsque la maladie est en action.

Y. — Partant de ce même principe, ces mêmes auteurs soutiennent avec énergie que, durant la période secondaire, on doit également réserver le traitement mercuriel aux seules périodes où la syphilis se révélera d’une manière effective. De Waïraszeswki, au Congrès international de Berlin en 1890, a reproduit les idées de Diday sur la vie latente ou manifestée du virus syphilitique, lequel à certaines époques, passe d’une de ces formes à l’autre : la syphilis, de latente devient manifeste, et il se présente alors une série d’accidents en même temps que l’organisme «se débarrasse » d’une partie du virus. Les spécifiques seraient impuissants contre la syphilis latente, tandis qu’ils agiraient avec succès contre la syphilis manifestée. Selon le même auteur, administrés dans la période latente, les spécifiques peuvent empêcher le passage d’une période à l’autre, « ce qui serait nuisible pour l’organisme qu’ils mettraient dans l’impossibilité d’éliminer le virus qu’il contient ».

Ainsi donc, selon ces derniers auteurs, le mercure n’agirait utilement que pendant la durée des manifestations de la syphilis soit objectives, soit traduites par des altérations des organes des sens, etc., soit enfin sur la fécondation ; son action serait nulle durant la période latente de la syphilis; leur méthode de traitement est opportuniste — méthode opportuniste.

YI. — Nous nous séparons absolumentde cettedoctrine etnotre méthode est toute différente. C’est le plus tôt possible, c’est-à-dire aussitôt constatée la sclérose initiale, que nous commençons la mercurialisation ; nous nous ferions scrupule d'en ajourner le bénéfice sous un prétexte quelconque.

La cure, une fois commencée, nous la continuons longtemps, avec les repos, les suspensions utiles, ou nécessaires, selon les cas particuliers. Nous nous proposons ouvertement , non pas de détruire l’élément syphilitique, mais de stériliser les tissus de l'organisme entier pendant toute la durée de la période virulente, c' est-à-dire pendant deux ou trois années en moyenne.

Si le médecin dirige avec sollicitude la médication, s'il l'approprie dans sa forme, dans son degré, dans son intensité, aux conditions particulières, et aux éventualités intercurrentes, il saura mettre son malade à l'abri de la plupart des accidents de la médication mercurielle, que l'on invoque sans raison, et qui sont, dans la grande majorité des cas, imputables non au médicament, mais au procédé employé, aux doses appliquées, à des conditions extrinsèques telles que une ynauvaise hygiène, un régime mal approprié, une diététique défectueuse, etc.

Ernest Besnier. — A. Doyon.

Tin de la note des Traducteurs sur les temps d'opportunité du traitement mercuriel de la syphilis.

SYPHILIS CUTANÉE, TRAITEMENT

La deuxième question qui doit nous occuper est la suivante :

Quels sont les avantages que les remèdes spécifiques offrent contre la syphilis et contre quelles formes pathologiques ces avantages ont-ils été constatés? Nous ne pouvons répondre qu’indirectement à cette question importante.

1° Nous établirons sur des bases solides le principe d’après lequel nous mesurons l’efficacité d’un remède ou d’une méthode de traitement ;

2“ Nous soumettrons les remèdes et leurs modes d’emploi, examinés en eux-mêmes, à une étude critique.

Il faut estimer un remède (ou une méthode), premièrement d’après la promptitude avec laquelle elle amène la régression et la disparition des phénomènes syphilitiques locaux visibles et appréciables (altérations de tissu de caractère inflammatoire et néoplasique), deuxièmement d’après l’absence de récidives.

Cette première condition pour l’appréciation est claire. Si une syphilide papuleuse, une tuméfaction osseuse douloureuse existent depuis trois mois, et si nous voyons que la première spus l’influence des frictions, la seconde sous celle de l’iode, présentent, le sixième jour de la cure, une régression manifeste des symptômes sur tous les points, nous avons le droit de considérer ces remèdes comme actifs. Mais si sous l’influence d’une autre médication, par exemple d’une décoction ou d’un extrait f(uelconque de végétaux ou d’une cure hydrothérapique, les symptômes disparaissent il est vrai, non partout en même temps, mais dans l’ordre de leur apparition et de leur ancienneté, en somme dans l’espace de trois à six mois, dans ce cas je rapporterai la guérison à l’évolution physiologique et non à l’action de ce dernier remède.

11 est plus difficile d’apprécier l’efficacité des médicaments en ce qui concerne l’absence des récidives, qui permet seule d’affirmer la guérison réelle de la syphilis. Vous entendrez dire dans ces cas, de l’un ou de l’autre remède ou de l’un ou de l’autre mode d’emploi : celui-ci donne très peu de récidives, celui-là pas du tout, cet autre fournit les données statistiques les plus favorables.

Mais vous comprendrez facilement que ce genre de preuves n’est pas propre à nous faire connaître la valeur des différents antisyphilitiques et des diverses méthodes de traitement; en effet, les données statistiques sur ce point, telles qu’elles sortent des hôpitaux, sont toutes dénuées de valeur.

Car les syphilitiques quittent les hôpitaux dès que les symptômes apparents ont cessé et que les malades (extérieurement) ne paraissent plus en état de transmettre la contagion. Ce n’est qu’un très petit nombre d’entre eux que l’on a plus tard l’occasion de revoir et qui, par

o98 QUARANTE-SIXIÈME LEÇON,

conséquent, peuvent servir pour une statistique — laquelle par suite n’a point d’autorite'.

Ce n’est que dans la pratique privée que l’on a l’occasion d’observer encore pendant des années les malades directement, ainsi que leurs descendants, relativement à l’effet d’une cure antisyphilitique.

Mais avec un matériel privé on n’établit pas une statistique officielle.

L’appréciation du résultat durable d’un remède ou d’une médication se réduit donc à l’expérience de chacun. Elle se développe et mûrit avec l’expérience, c’est-à-dire, toutes choses égales d’ailleurs, elle dépend de l’âge de l’observateur, et toute sa valeur se mesure à la confiance qu’il inspire.

Voici sur ce point mon opinion personnelle :

Un certain nombre de malades guérissent d’une manière durable après une seule cure de quelques semaines ou de quelques mois. Je connais beaucoup de cas de ce genre.

11 est certain aussi que bon nombre de personnes ont une ou plusieurs récidives et sont obligées de faire a diverses reprises des cures après lesquelles elles restent ^guéries.

Et enfin il n’est pas douteux non plus que, chez une petite quantité de sujets infectés, on peut voir survenir une récidive de la syphilis de la peau, du cerveau, etc., après des années et des dizaines d’années et même pendant et après qu’ils ont eu plusieurs enfants bien portants.

11 est donc tout à fait impossible de préciser pendant combien de temps une médication peut avoir un succès définitif, car une guérison qui a paru positive pendant vingt-cinq ans deviendra négative par l'apparition subite d’une récidive.

Je pense donc que, eu égard à toutes ces imperfections, nous pouvons et devons apprécier autrement les faits.

Si les symptômes de la première période éruptive aiguë entrent rapidement en régression et disparaissent sous l’influence du traitement, on doit le considérer comme efficace et comme d’autant plus efficace que les phénomènes morbides, ceux concernant les tissus et les symptômes, ont cédé plus promptement et plus complètement.

Par contre après une cure d’une durée que l’expérience aura indicjué comme suffisante en moyenne et qui aura amené la disparition des phénomènes visibles, on est en droit d’exiger :

1° Qu’il se passe au moins quelques mois sans phénomènes syphilitiques appréciables et avec un aspect et un état satisfaisant du malade. La régression de la polyadénite mérite dans ces cas notre attention.

2“ Que les récidives, en tant qu’elles affectent la peau, restent régionnaires, ce qui leur donne le caractère de formes tardives, autre-

SYPHILIS CUTANEE, TRAITEMENT

ment dit de ces formes que l’on observe d’ordinaire à une période plus avancée et dont l’apparition chez des malades que l’on n’a pas eu l’occasion de voir auparavant permet de conclure très justement qu’il s’agit de récidives éloignées.

Mais si un exanthème des formes de début revient peu de temps après une première éruption et qu’il se généralise, nous sommes autorisés à dire que le traitement qui a été suivi auparavant n’a pas agi ou a été insuffisant.

Nous devons considérer avec raison comme ayant une activité moindre les médicaments et les méthodes de traitement après lesquels on a observé plus fréquemment celte dernière espèce de récidives.

Mais ici encore ce n’est que l’expérience en somme qui permet de porter un jugement et l’on devra toujours tenir compte des exceptions.

Les remèdes et leurs modes d’application efficaces contre la syphilis sont les suivants :

A. Remèdes proprement dits :

1“ Mercure.

2® Iode.

3° Bois sudorifiques.

B. ‘Cures dites consécutives :

Bains sulfureux.

Hydrothérapie (Bains de mer).

Méthode de Fournier — cure prolongée — traitement successif.

On introduit le mercure dans le corps par différentes voies, en vue de combattre méthodiquement la syphilis ; par la méthode endermique, hypodermique, et à l’intérieur.

Endermique, c’est-à-dire à l’aide de pommades et de bains.

Parmi les pommades qui peuvent être constituées par différents mélanges de mercure (précipité blanc, oléate de mercure, etc.), l’onguent mercuriel officinal, l’onguent napolitain, est certainement le meilleur. C’est avec lui que se fait la cure méthodique par les frictions.

La cure de frictions est le traitement le plus actif et le plus sûr que l’on puisse opposer aux lésions locales ainsi qu’à la dyscrasie, c'est aussi celui qui donne les résultats les plus durables, et dans tous les cas où il y a péril, c’est le plus rationnel que l’on puisse employer.

Au lieu de la graisse ordinaire, on a dans ces derniers temps recommandé pour la préparation de l’onguent gris un mélange de lanoline (Liebreich) avec 10 p. 100 d’huile d’olive. Dans ces dernières années également, Charcot, Schuster, Oberlànder, Nega, Janowski, Schwimmer, etc., ont conseillé pour la cure méthodique de frictions l’emploi de savons mercuriels. Je préfère, en ce qui me concerne, me basant sur mon expérience, l’onguent gris aux autres préparations ci-dessus.

GOO

QUARANTE-SIXIÈME LEÇON

On prescrit : onguent gris, 30 grammes, que l’on divise en dix ou douze doses égales et on fait pratiquer de préférence le soir dans une chambre chaude une friction sur les différentes régions du corps, en les faisant se succéder dans un cycle déterminé. Ce dernier mode est nécessaire pour ne pas exposer trop tôt une région de la peau déjà frictionnée à une nouvelle influence irritante du mercure et au danger d’une éruption eczémateuse. On sait, en effet, que l’eczéma mercuriel compte au nombre des eczémas artificiels les plus intenses.

Si cela est possible, on laisse le malade faire lui-même les frictions.

Il est inutile d’insister ici plus en détail sur les méthodes, les précautions, les soins de la bouche et de la peau nécessaires pendant la cure des frictions (1).

(1) Le procédé des frictions représente, à n’en pas douter, le mode par excellence de mercurialisation ; et, dans les cas intenses ou graves, le procédé indispensable.

Variable selon les cas, la dose d’onguent employée doit souvent être très élevée ; 6, 8, 10 grammes, et davantage par vingt-quatre heures, car dans les formes sévères, dans la syphilis oculaire, nerveuse, viscérale, l’amélioration ne se manifeste que lorsqu’on arrive à ces doses. Toutefois, la généralité des praticiens ne donne que rarement la préférence à ce mode de traitement que beaucoup de malades trouvent incommode, malpropre, difficile à dissimuler, etc.

Le lieu d’application des frictions peut être varié selon les circonstances : les jambes, les plis de l’aisselle, de l’aine, les régions cervicales, — région des ganglions, Kôbner — mastoïdienne, temporale, les tlancs, et même le cuir chevelu.

La durée des applications, leur étendue, sont réglées par l’action exercée sur l’état des gencives, que l’on doit surveiller avec soin, et sur l’état thérapeutique réalisé. Le plus habituellement, nous ne faisons conserver l’onguent que pendant la nuit; le lendemain matin, les surfaces sont lavées avec' soin, et poudrées, ce qui permet, le plus ordinairement, d'éviter tout accident d’hydrargyrisme local; quelques malades préfèrent, au contraire, faire leur friction le jour; le résultat est identique.

La cure par les frictions est tout particulièrement à sa place, durant une saison aux eaux minérales sulfureuses. Tous les médecins qui exercent dans ces stations ont constaté (|ue cette cure est bien supportée, même pendant un ou deux mois; qu’elle s’accompagne très rarement de salivation ou d’autres accidents mercuriels; que jamais elle n’est nuisible pour l'état général des malades, mais qu’au contraire presque toujours, sous cette influence, la nutrition s’améliore. On voit de nombreux syphilitiques en état de cachexie, qui, au bout de quelques semaines, reprennent la santé et la vigueur; au fur et à mesure que les forces reviennent, l’amélioration de la santé générale, et l’augmentation du poids du corps, coïncident avec la disparition des symptômes spécifiques. Chez cent syphilitiques traités à üriage, et dont le poids avait

SYPHILIS CUTANÉE, TRAITEMENT. 601

Les emplâtres hydrargyriqiies de quelque espèce qu’ils soient (de Vigo, de mousseline sur de la gutta-percha, Unna) ont au point de vue du traitement général trop peu d’action ; par contre^ ils sont très efficaces contre

été pris très exactement au début de la saison, l’un de nous constata, chez plus des trois quarts, l’accroissement du poids du corps variant entre 1/2 et 2 kilogrammes; les mêmes succès se produisent auprès de toutes les sources sulfureuses où l’on applique avec soin la même médication.

Comment le mercure employé en frictions pénètre-t-il dans l’organisme? Le métal traverse-t-il directement la peau, ou bien pénètre-t-il dans les follicules où, sous l’influence des sécrétions glandulaires, il subirait des transformations en chloralbuminates ou en oxydalbuminates solubles, comme le pensaient Mialhe, Voit et Overbeck? Ou bien enfin les vapeurs mercurielles qui se produisent pendant les frictions sontelles le seul véhicule, le seul agent de transport du mercure dans l’organisme?

Des expériences les plus récentes, il résulterait que le mercure, ni à l’état métallique ni même à l’état de vapeurs, n’arrive dans l’économie à travers la peau intacte. L’absorption se produirait, durant la cure de frictions, par le mécanisme suivant : le mercure s’introduirait suit par effraction dans les follicules pileux et les conduits des glandes sébacées (d’où il passerait dans la circulation), soit à l’état de vapeurs. Ces vapeurs mercurielles peuvent ainsi participer aux échanges gazeux dont les poumons sont le théâtre, étant ainsi parvenus directement dans le sang, au même titre que les gaz atmosphériques auxquels elles sont mélangées. (Voir à cet égard la très remarquable thèse de Merget: Action toxique, physiologique et thérapeutique des vapeurs mercurielles. Recherche du mercure dans les liquides et dans les tissus de l’organisme. — Thèse de Bordeaux, décembre 1888.) Selon cet auteur, les frictions n’agiraient qu'en donnant lieu à une abondante émission de vapeurs mercurielles dont la pénétration dans l’organisme ne se ferait que par la voie pulmonaire. Aussi s’appuyant sur les recherches expérimentales qui lui sont propres, cet auteur fait-il préparer des flanelles mercurielles de 8 à 20 décimètres carrés de surface, qu’il renferme dans des sacs en toile fine, bien clos. Il conseille d’en recouvrir la partie du traversin sur laquelle on appuie la tète en dormant, ou bien de les porter sous forme de plastrons suspendus au cou par-dessus le linge de corps. Dans une expérience qu’il a prolongée pendant trois mois sur lui-même, il a observé que, dans le premier cas, l’air qu’il respirait pendant son sommeil était saturé de vapeurs mercurielles. Cette absorption se produisait même très rapidement, car Merget a constaté la présence du mercure dans les sécrétions et excrétions recueillies aux premières heures de la matinée qui suivit la première nuit d’inhalation. L’élimination étant moins rapide que l’absorption, lorsque celle-ci a pris fin, le mercure n’a totalement disparu qu’après un intervalle de trois semaines.

Le mercure introduit dans le sang se mélangerait intimement avec lui. Une fois le sang saturé, le mercure en excès tend à passer dans la trame des tissus organiques à l’intérieur desquels le mouvement circu-

QUARANTE-SIXIEME LEÇON

les lésions locales. On ne saurait assez les recommander contre les formes gommeuses, ulcéreuses de la peau et du périoste (1).

Comme bains mercuriels il faut employer le sublimé, 10 grammes par bain, pour les adultes ; 1 à 2 grammes pour les enfants à la mamelle. Ils sont très utiles dans la syphilis des nouveau-nés et chez les adultes, en cas de lésions gommo-ulcéreuses étendues.

Dans ces dernières années, les médecins spécialistes se sont beaucoup

latoire l’a fait pénétrer. Le sang des capillaires étant en rapports continuels d’échanges endosmotiques avec les liquides des tissus dont il parcourt la trame, le mercure ((u’il contient à l’état de division moléculaire participe, lui aussi, à ces échanges, et pénètre ainsi dans les oi’ganes qui en sont le siège, le tout sans avoir perdu son état métallique (Merget).

Donc, selon cet auteur, le mercure ne subit aucune modification chimique et conserve intégralement dans le sang et dans les tissus son état métallique. Mais s’il en était ainsi, on devrait retrouver trace de ce métal en nature dans les urines des animaux intoxiqués par le mercure ou dans celles de syphilitiques traités par les frictions, ce qui n’est pas.

Quoi qu’il en puisse être des observations délicates que nous venons de relater, il est hors de doute que le mercure, employé en friction, pénètre par les orifices sébacéo-püaires et sudoraux; que Faction mécanique de la friction joue un rôle efficace et nécessaire dans l’application, qui doit être faite énergiquement pendant o à 15 minutes, et par petites quantités, jusqu’à siccité.

Ernest Besnier. — A. Doyon.

(1) Tous les médecins connaissent depuis longtemps, et emploient les emplâtres mercuriels dans le traitement local des altérations syphilitiques les plus diverses. Mais Unna, et plus récemment Quinquaud — Traitement de la syphilis par le sparadrap au calomel — Ballet, delà Soc. franc, de Dermat. et de Sijph., 1890, p. 63 — ont proposé d’appliquer ces emplâtres au traitement général de la syphilis. Cette proposition est très logique, et il est remarquable qu’elle n’ait pas été faite plus tôt, car il n'est pas de syphiligraphe, traitant des accidents locaux par l’emplâtre de Yigo à grande surface, qui n’ait vu se produire des accidents d’absorption mercurielle; — nous en avons, pour notre part, fréquemment observé dans ces dernières années, en traitant plusieurs dermatoses, notamment, et avec un succès certain, le lichen plan, par des enveloppements étendus d’emplâtre de Vigo.

La formule du sparadrap au calomel donnée par Qüinquaud est la suivante :

Emplâtre diachylon du Codex 3,000

Calomel â la vapeur 1,000

Huile de ricin 300

— La dimension à appliquer est d’un décimètre carré; le lieu d'élection, la région splénique, après avoir préalablement savonné la peau; il est évident que 1a surface d’application peut être accrue, avec la su7'~

SYPHILIS CUTANÉE, TRAITEMENT

plus occupés du traitement de la sj'philis par les injections hypodermiques de mercure proposées par Lewin que de toute autre méthode, notamment de la cure de frictions. Ceci se comprend. Cette dernière méthode est plus directe et plus exacte que la méthode endermique; et, outre la facilité de son mode d’emploi, elle a l’avantage de faire pénétrer dans l’organisme des mélanges mercuriels définis chimiquement et quantitativement déterminés d’une manière rigoureuse (1).

veillance nécessaire. Quinquaud « enlève et remplace l’emplâtre tous les huit jours ».

C’est assurément un mode de mercurialisation simple, commode, et qui peut, au moins, servir de ressource chez des sujets dont les voies digestives ne supportent pas les préparations hydrargyriques.

Ernest Besnier. — A. Doyon.

(1) A toutes ses périodes, la syphilis se particularise à ce point dans les individus que sa médication nécessairement complexe, embrassant une série d’années, souvent de longues portions de l’existence, ne saurait être réduite aux proportions d’une formule unique. Or, les wjections sous-mtanées de mercure 'insoluble ou soluble ne représentent riep autre chose qu’un mode particulier d’introduction du mercure dans l’économie, (\\x un procédé de mercurialisation; elles ne constituent pas une méthode proprement dite de traitement de la syphilis.

Il y a déjà longtemps que l’un de nous — Amy. E. Besnier, Sur les procédés de mercurialisation par voie hypodermique, appliqués au traitement de la syphilis, et particulièrement sur les injections de mercure insoluble, Bullet.de la Soc. rnéd. des Hôp., mars 1887, p. 12o — après avoir mis à l’épreuve publique les divers modes de mercurialisation hypodermique, a montré qu’il n’y avait malheureusement, par l’introduction de cette « méthode », rien de changé dans le traitement général de la syphilis.

En fait, les injections sous-cutanées de mercure soluble sont restées ce qu’elles devaient rester, un excellent procédé de mercurialisation aiguë ou instantanée, applicable à certaines lésions, à certains sujets, mais sans objet et sans justification dans la grande majorité des cas de syphilis vulgaire, pour lesquels la médication hydrargyrique peut être appliquée de la manière la plus énergique, et la plus parfaite, par une nombreuse série d’autres procédés, aussi efficaces et moins traumatiques.

Quant aux injections de mercure insoluble, non seulement elles ne guérissent ni mieux, ni plus vite, que les procédés ordinaires de mercurialisation externe ou interne, mais encore, elles laissent plus que ces derniers, les malades exposés aux récidives rapprochées, et aux accidents du tertiarisme. Ce n’est pas tout, des accidents généraux graves peuvent survenir à brève échéance si l’injection est pratiquée chez un sujet à intolérance mercurielle, et des accidents locaux., graves même pour la vie, peuvent survenir si, par erreur, ou autrement, la dose de mercure mise en dépôt dans les tissus a été trop forte.

Dans le n“ 41 de 1890, p. 940 du Berlin, klin. Wochensch., Vogeler

QUARANTE-SIXIÈME LEÇON

Depuis que Lewin a, pour la première fois, il y a longtemps déjà, employé exclusivement les solutions de sublimé en injection, on a cherché, préparé et expérimenté toute une série de sels mercuriels pour

rapporte, au cours d’un long mémoire sur les injections de calomel, que Leser, privat-docent à Halle, en présence de la gravité de symptômes généraux consécutifs à des injections de calomel, s’est vu, dans deux cas, obligé de pratiquer une incision au niveau du point injecté, pour aller enlever, dans la profondeur du muscle, le foyer mercuriel, ce qui ne se fit pas sans de longues recherches au milieu d’un tissu sanglant; il est convaincu que dans les cas du même ordre qui ont eu une évolution fatale, les malades auraient pu être sauvés par une intervention opératoire énergique.

Il serait au moins superflu de mettre en parallèle l’iitilité problématique de ces injections avec l’éventualité de semblables accidents. En vain on allègue que le procédé de Scarenzio assure, dans une certaine mesure, la médication mercurielle contre l’inexécution des prescriptions médicales ; on n’a pas assez remarqué que les malades se soustraient d’autant plus aux médications que celles-ci sont traumatiques et douloureuses. Et d’ailleurs, la syphilis est-elle une maladie que l’on puisse juguler? Peut-on oublier qu’elle a une période de virulence ouverte, ou latente, de trois années au moins, pendant lesquelles le syphilitique prudent prolonge, avec les entractes convenables, l’imprégnation mercurielle qui , seule, peut assurer une stérilisation relative de ses tissus contre les poussées germinatives de la maladie inextinguible. Or, pour la généralité des cas, où la syphilis est inavouée et inavouable, dont le traitement doit être silencieux, souvent dissimulé, n’est-il pas manifeste que la majorité des malades préférera un traitement moins intensif, et plus discret, que celui des injections hypodermiques.

A aucun titre, nous ne pensons qu’il soit plus mathématique, plus scientifique de déposer dans les tissus du syphilitique un stock de mercure insoluble, et de l’abandonner au hasard des réactions chimicovitales, que de faire des frictions méthodiques, ou d’administrer le médicament par la voie digestive. Nous trouvons, au contraire, infiniment plus médical, plus mathématique, de garder toujours la clef, si l’on peut ainsi parler, d’une médication que le médecin ne peut jamais trop étroiitement diriger et surveiller.

Dans maintes circonstances, en outre, peuvent exister des contreindications formelles; nous signalons particulièrement la de certains sujets à la syphilis cérébrale (sujets à antécédents nerveux, cérébraux, personnels ou familiaux), V alcoolisme si commun, les altérations des vaisseaux, l’àge avancé, etc.

Dans les cas où il faut agir vite, et énergiquement, au contraire, ce serait perdre son temps que de recourir aux préparations de mercure insoluble. Telles, par exemple, les affections syphilitiques de l'œil, dans lesquelles la salivation calomélique vulgaire, les frictious mercurielles, et mieux, la mercurialisation aiguë par les injections de mercure soluble, vont plus rapidement et plus droit au but.

Euxest Besmer. — .\. Doyox.

SYPHILIS CUTANÉE, TRAITEMENT

les injections sous-cutanées en s’efforçant d’administrer le mercure dès l’abord sous la forme ou approximativement sous la forme où, comme on se le représente, il circule dans le sang.

Ces sels sont :

Solution de sublimé de Lewin;

Sublimé et chlorure de soude (Stern-Auspitz) ;

Albuminate de mercure (Bamberger) ;

Peptonate de mercure (Martineau) ;

Bicyanure de mercure (Martineau) ;

Formamide de mercure (Liebreich) ;

Calomel en suspension (Scarenzio) ;

Mercure et sérum du sang (Bockharl);

Glycocoll-asparagine et alanine de mercure (Wolff et Nega) ;

Tannate de mercure oxydulé (Lustgarten) en suspension;

Oxyde jaune de mercure (Watraszewski).

Si l’on considère cette grande série de mélanges mercuriels, qui tous sont employés avec plus ou moins de succès contre la syphilis sous forme d’injections sous-cutanées, il sera difficile de discuter leur valeur respective avec l’espoir de s’entendre relativement sur plus d’un point important, savoir : la douleur qu’elles occasionnent, leur facilité d’absorption, leur tendance à déterminer de l’inflammation et des abcès au point injecté, leur rapidité d’élimination, leur efficacité directe, leur action préventive des récidives, etc.

Mais si je compare mes expériences à celles qui se sont produites de différents côtés et à celles qui ont été émises au Congrès international de Copenhague, je crois en somme pouvoir me ranger à l’avis de Bockharl qui, pour l’appréciation de l’efficacité d’une préparation mercurielle, pense que ce sont celles qui séjournent le plus longtemps dans le corps qui ont l’influence la plus durable et la plus efficace et qui, par conséquent, s’opposent le mieux aux récidives.

D’après leur séjour plus ou moins prolongé dans' l’organisme, condition que l’on ne peut apprécier que d’une manière approximative, Bockharl divise les préparations mercurielles en trois groupes.

Page 1