‹ Pathologie et traitement des maladies de la peauChapitre 139 sur 214 · I. — Préparations mercurielles à action très prolongée · texte numérisé non relu

I. — Préparations mercurielles à action très prolongée

a. ) Onguent gris (on retrouve le mercure dans l’urine au moins pendant six mois).

b. ) Le calomel (est la préparation qui se rapproche le plus de l’onguent gris, d’après Neisser).

c. ) Solution de sublimé de Lewin (on retrouve le mercure dans l’urine durant dix-huit semaines).

QUARANTE-SIXIEME LEÇON

IL — Pi'éjiaralions mercurielles à action prolongée moyenne.

a. ) Solution de sublimé et de chlorure de soude (on constate la présence du mercure dans l’urine pendant treize semaines).

b. ) Albuminate et peptonate de mercure (présence dans l’urine, dix à onze semaines).

c. ) Sérum du sang et mercure (présence dans l’urine, environ onze semaines).

111. — Préparations mercurielles à action faiblement prolongée.

a. ) Bicyanure de mercure.

b. ) Glycocoll de mercure (présence dans l’urine après huit semaines).

c. ) Formamide de mercure (présence dans l’urine après six semaines).

Quant à la justesse de l'échelle de sensibilité que Bockhart propose,

les avis seraient très divisés. Ainsi, par exemple, je n’ai pas trouvé le bicyanure de mercure particulièrement douloureux : celle des préparations qui cause le moins de douleur est le formamide de mercure.

On fait en général des injections avec 1 centigramme de la préparation et par conséquent avec des solutions d’après les formules suivantes :

Sublimé corrosif 1 décigramme.

Eau distillée 10 grammes.

ou bien :

Calomel 1 gramme.

Clycérine 10 — ■

Neisser, Kopp et Chotzen ont, l’année dernière, employé le calomel en suspension; Lustgarten, à ma clinique, le tannate de mercure en suspension d’après une méthode spéciale et dans diü'érents véhicules, par exemple :

Tannate de mercure oxydulé 2 grammes, eau distillée, acide sulfurique dilué I p. 1000, de chaque 10 grammes (Lustgarten);

Ou calomel à la vapeur 5 grammes, chlorure de sodium 1 gr. 25, eau distillée 50 grammes (Kopp et Chotzen), car ces auteurs ne faisaient pour une cure complète qu’une injection chaque semaine ou tous les quinze jours, en tout de quatre à huit injections. On espère en effet que le mercure insoluble, introduit par la méthode sous-cutanée, ne forme que peu à peu des mélanges chlorurés solubles et résorbables, et qu’il arrive ainsi continuellement de petites quantités de mercure dans le torrent circulatoire, tandis qu’avec l’administration de doses plus élevées de mélanges solubles une grande partie doit être éliminée rapidement.

SYPHILIS CUTANÉE, TRAITEMENT

A l’intérieur, les préparations mercurielles :

Sublimé, calomel, tannate de mercure oxydulé agissent en général plus lentement, quelquefois aussi assez promptement. Les deux dernières préparations, bien qu’elles occasionnent la plupart du temps de la diarrhée, ne déterminent cependant que de légers malaises gastriques et elles conviennent très bien aussi dans la pratique chez les enfants :

Tannate de mercure oxydulé. ... 5 grammes.

Sucre de lait 7 —

Divisez-en cinquante doses dans des capsules d'amidon : trois par jour. Aux enfants, je donne de 3 jusqu'à 3 centigrammes par dose, trois fois chaque jour.

Les Français préfèrent pour l’usage interne des préparations de mercure et d’iode, le proto et le deuto-iodure de mercure (1).

Le traitement mercuriel est indiqué, d’après moi, dans toutes les formes de la première période et celles de la période tardive des manifestations cutanées, ainsi que dans les lésions des os, des organes parenchymateux, du système cérébro-spinal dans les périodes aiguës; tandis que les affections du système nerveux à leurs phases ultérieures, celles des articulations et la céphalalgie syphilitique cèdent plus sûrement et plus rapidement à l’iode.

D’après quels principes devons-nous diriger notre choix parmi les nombreuses préparations mercurielles? Je suis persuadé que, dans la première période aiguë de la maladie, plus le traitement auquel on a recours est décisif et énergique, plus sûrement on est à l’abri soit des récidives, soit d’une évolution trop prolongée de la maladie.

D’après cela et d’après le mode d’action indiqué ci-dessus des préparations mercurielles, je suis d’avis que de prime abord il faut faire des frictions, et ce n’est que dans le cas oû elles ne sont pas possibles — ce qu’au reste je n’ai jamais trouvé — qu’on doit avoir recours aux injections, en choisissant celles qui ont l’influence la plus prolongée possible : Sublimé, calomel ou peptonate de mercure.

Neisser place à. ce point de vue les injections immédiatement après les frictions avec l’onguent gris.

Mais je pense que pour la première période les médications à action lente ne sont pas justifiées — elles traînent la maladie en longueur, par

(1) Sans avoir perdu toute actualité , ce renseignement n’est pas absolu; beaucoup de médecins français ne limitent pas leur pratique à l’usage d’une préparation mercurielle systématique, mais les mettent toutes en usage selon les indications, et les circonstances particulières.

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exemple les injections légères et la médication interne avec les préparations de mercure ou d’iode et de mercure. Pour les formes tardives, en tant qu’elles ne sont pas d’une nature menaçante, comme les variétés papuleuses régionnaires, etc., la médication peut être moins énergique. Mais si elles ont un caractère dangereux, comme l’iritis, les affections ulcéreuses du nez et du pharynx, les maladies du cerveau et de la moelle. Je suis encore une fois pour une médication plus active.

D’après mon expérience personnelle, la médication mercurielle n’a absolument aucun inconvénient, si l’on a soin de veiller attentivement aux complications.

On sait que certaines préparations occasionnent plus facilement de la salivation. Depuis des années, je n’ai pas vu de salivation à la suite des frictions, uniquement parce que je suis attentif (1). Quant aux ulcères dits mercuriels, à la cachexie mercurielle, etc., nous pouvons les passer sous silence.

Le deuxième spécifique contre la syphilis est l’iode.

Iode. — On le donne sous la forme d’iodure de potassium ou d’iodure de sodium en solution ou en pilules de 1 à 2 grammes par jour. Nous pouvons nous contenter de dire que l’iode est le médicament par excellence contre les affections des os et des articulations, contre les douleurs ostéocopes et la céphalée; du reste dans d’autres cas encore, il s’est montré très utile (2).

Mais c’est sans motif que l’on considère l’iode comme une sorte de correctif contre l’abus du mercure, quoiqu’il soit efficace là où d’autres remèdes ont échoué. Ce n’est pas ainsi qu’il faut expliquer ce fait d’ex-

(1) On ne saurait trop méditer les préceptes si précis et si simples que vient de formuler le professeur Kaposi. L'aride mercuriaiiser les syphilUiques sans occident ne réclame qu’une instruction suffisante, un peu d’indépendance d’esprit et d’initiative, et beaucoup de soin et de surveillance à l'égard des malades; ces derniers doivent être dûment avertis parle médecin qu’il ne prend la l’esponsabilité que des traitements qu’il dirige, et qu’il surveille.

(2) Toutes les syphilides néoplasiques subissent l’action de l’iodure de potassium, mais souvent à la condition d’en élever considérablement les doses, ou encore de Vassocier au mercure — médication mixte — ou mieux de donner, le même jour, séparément, du mercure ou de l’iodure de potassium — médication associée, qui est la nôtre. 11 faut savoir, dans la direction d’un traitement de la syphilis, agir en médecin, surveiller l’application et l'action de la médication qui, si elle est convenablement dosée et exécutée, doit agir dans les délais raimdes.

Ernest Bes.mer. — Doyo.n.

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périence qu’il est préférable d’administrer l’iode après une cure mercurielle.

Par contre, je n’approuve pas l’emploi exclusif de l’iode pour les accidents de la période primaire. Le processus serait ainsi sûrement allongé.

Contre les exanthèmes, il agit en général très lentement.

Quant au troisième remède, à la décoction de Zittmann, c’est un agent extrêmement actif contre les formes tardives, principalement les affections ulcéreuses du pharynx et même de la peau; je la prescris volontiers — par différents motifs — en même temps que les cures mercurielles, notamment les frictions. Son efficacité ne doit pas être attribuée à la petite quantité de mercure que peut contenir la préparation officinale, car elle réussit très bien précisément dans les cas où les frictions, etc.,, ont échoué. De plus, au xvU siècle ainsi que dans les temps modernes, on a préparé cette décoction sans petits sachets de calomel et de cinabre et on l’a trouvée efficace.

Quant û la décoction de Pollini (antimoine et brou de noix), je n’ai que peu d’expérience sur son action. Elle a très mauvais goût et enlève rapidement l’appétit.

Comme la décoction de Zittmann, en provoquant des garde-robes diarrhéiques, amène des troubles des voies intestinales, il faut observer pendant sou emploi certaines précautions, quant au régime. On fait boire, le matin de bonne heure, 250 à 300 grammes de décoction de Zittmann forte, chaude, et l’après-midi on en donne la même quantité de décoction faible.

En ce qui concerne les cures dites consécutives comme les bains sulfureux, les bains de mer, l’hydrothérapie, les cures dites de soustraction, elles n’exercent pas la plus légère inlluence directe contre la syphilis. Mais on peut les recommander pour exciter l’activité de la peau, les excrétions et favoriser le relèvement général des forces, ainsi que pour prolonger la période pendant laquelle l'observation médicale peut s’exercer (1 ).

(1) Ces diverses médications ne sont, en effet, que des auxiliaires de la cure spécifique, favorisant l’activité de la peau, les échanges nutritifs, l’élimination du mercure, etc.; elles relèvent les forces, et permettent d’élever notablement le taux de la mercurialisation. Les bains chauds, les douches chaudes exercent, sous ces divers rapports, une action marquée; enfin, les excellentes conditions hygiéniques des stations balnéaires placées à une certaine altitude, l’air pur, l’éloignement de toutes les causes déprimantes propres au séjour des villes, réalisent aussi un appoint favorable.

Parmi les eaux minérales et thermales, les eaux sulfureuses sont à KAPOSI, 2e ÉD. — XI. 39

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Pendant combien de temps et combien de fois"doit-on faire des traitements antisyphilitiques? On saitque les auteurs ont en principe répondu de différentes manières à cette question; ainsi Fournier pense qu’on doit traiter les malades pendant au moins deux ans et croit que l’on peut éviter sûrement les récidives.

Voici mon opinion : J’ai vu beaucoup de malades guéris après une seule cure et la guérison se maintenir. A quoi bon alors faire encore des traitements? J’en connais d’autres qui, malgré des cures répétées, ont eu constamment des récidives, ont nonobstant procréé des enfants sains, et parfois ont fini par succomber à une syphilis cérébrale.

Puisque tel a été le résultat du traitement renouvelé périodiquemeni, il ne faut donc pas généraliser. En somme, je conseillerai de faire le premier traitement long et suffisamment soigneux. Puis on le renouvelle aussi souvent qu’il survient des phénomènes syphilitiques vrais, ^ c’est-à-dire caractéristiques (lésions de la peau et des muqueuses, '

engorgement des glanglions, etc.), mais dans ces cas seulement. S’il n’y '

a aucun signe de syphilis, toute cure est superflue. Mais chez des individus d’ailleurs sains, une cure pratiquée d’une manière rationnelle est sans inconvénient. Je n’ai donc rien à dire en principe contre la répéti- | tion d’une cure de ce genre faite à propos pendant les premières années 'j' s C’est au praticien exercé de trancher la question.

Mais la tâche qu’impose le traitement rationnel de la syphilis n’est I a nullement épuisée par la mise en œuvre convenable des remèdes i l indiqués ci-dessus qui sont efficaces contre la maladie constitution- | i nelle. ■ al

On doit plutôt insister sur ce que souvent on a l’occasion et même le , 'T] le devoir de traiter localement une affection syphilitique de la peau, en "ÿ

juste titre, dans tous les pays, considérées comme les plus utiles; les plus fréquentées en France sont Ludion, Barèges, Uriage; en Allemagne, Aix-la-Chapelle.

Leur indication existe surtout dans les syphilis graves, dans celles qui sont rebelles, malignes, progressives, sans cesse récidivantes, et dans toutes les formes de la syphilis des viscères, réserve faite des cas de syphilis du système nerveux. On a dit aussi que les eaux sulfureuses étaient une « pierre de touche » pour la guérison de la svqihilis. S’il est vrai que, dans quelques cas, elles ont pu déterminer l’apparition d’éruptions syphilitiques, en raison de l’action stimulante sous forme de bains ou de douches qu’elles exercent sur la peau, celte action n’a rien de constant, et, en ce qui concerne le prétendu jugement des eau.v appli(piéàla question du mariage, le pouvoir décisif qu’on leur a attribué n’a rien de fondé.

Ernest Besnier. — A. Doïon.

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SYPHILIS CUTANÉE, TRAITEMENT

dehors de l’effet curatif que l’on attend de la médication antisyphilitique générale. Ainsi, dans le cas de syphilide ulcéreuse du nez ou d’un point quelconque de la face, on ne devra pas attendre les effets d’une médication générale qui, même dans les cas les plus heureux, tarderont assez pour laisser le processus destructif envahir des organes importants, tels que la cloison ou les ailes du nez. En présence d’un danger local pressant, il faut limiter le processus aux points atteints; on y arrive presque à coup sûr par des cautérisations au crayon de nitrate Ij d’argent ou de potasse, s’étendant jusque dans le tissu sain. Dans les cas (I moins urgents et là où on pourra l’appliquer facilement, on se servira ( d’emplâtre mercuriel qui adhère exactement; ce dernier mode de ( traitement est, à tort, trop négligé, car il est le meilleur pour provoquer •• rapidement la résorption de certaines formes de syphilides. On l’em- '< ploiera surtout dans le traitement du psoriasis palmaire et plantaire ancien, des condylomes larges, des papules avec rhagades doulou- I reuses, des paronyxis ulcéreux, du lichen syphilitique rebelle, des syphi- >1 lides à gros tubercules et des gommes, même quand celles-ci com- ; mencent déjà à se ramollir. Les ulcères guérissent aussi très rapidement par ce moyen, rinfîllration du fond et des bords de l’ulcère disparaissant sous l’influence de l’emplâtre hydrargyrique.

Le sublimé se recommande également comme médicament local à action rapide; dans le psoriasis palmaire et plantaire, sous forme de bains locaux (o pour 100); en solution légèrement caustique (1,0 pour 30 d’alcool ou de collodion), ou sous forme de solution de Plenck (sublimé, alun, camphre, céruse, esprit-de-vin, vinaigre de vin, ana 5,00) contre les plaques muqueuses.

La teinture d’iode, la glycérine iodée, l’iodoforme, l’iodol, le collodion et les pommades à l’iodoforme ont une action résolutive très manifeste sur les gommes, moins prononcée sur les autres formes de syphilides: leur action sur les ulcères n’est pas non plus assez rapide pour que, dans les cas pressants, on ne cherche pas à agir par les moyens sûrs indiqués plus haut (p. 589) (l).

(1) Le traitement externe, local et direct, d’un grand nombre de lésions syphilitiques, localisées ou généralisées, par les pommades, les emplâtres, les bains, les poudres, les caustiques, mercuriels ou autres, est usuel entre les mains de tous ceux qui traitent particulièrement la syphilis. Cependant, beaucoup de médecins de pratique générale oublient presque complètement l’utilité de ces applications, et cela à ce point que l’on a pu croire leur emploi comme nouveau, et les recommander comme une « nouveauté»; en fait, cette méthode est extrêmement ancienne, et ses règles ont été depuis longtemps formulées en France par les Écoles de Paris et de Lyon. Il n’y a donc qu’à

QUARANTE-SIXIÈME LEÇON

Suite de la note des Traducteurs.

approuver les avis donnés dans le texte courant; nous n’avons que cjuelques préceptes à ajouter. Ils s’ appliquent à tous les syphilitiques, et au traitement intégral de la syphilis.

I. — Chez tous les syphilitiques, la certitude où nous sommes que la peau, dans sa totalité, peut recevoir en dépôt, dès les premiers stades, des germes latents, foyers éventuels des syphilides de l'avenir, nous engage à faire une attention spéciale au traitement éliminatoire par la sud^ition, les bains de vapeur, les frictions, le massage, de même que nous provoquons systématiquement des éliminations réglées parle rein, et par les voies biliaires et intestinales. Chez tous, nous proscrivons sévèrement l’usage de l’alcool en boisson sous toutes ses formes, comme nuisible absolument, à titre local et général.

II. — Dans toutes les siiphilides généralisées non ulcératives, les bains mercuriels, les applications iodées, les emplâtres hydrargyriques en feuilles papyracées, conviennent particulièrement. — Exception est faite pour les formes secondaires anomales ou malignes, où la nature ulcérative des altérations contre-indique les bains mercuriels à cause du danger de l’absorption^ et où les emplâtres mitigés, les poudres, la gaze iodoformée, etc., conviennent particulièrement.

Dans les syphilides tuberculeuses ou papuleuses à évolution torpide, malgré le traitement interne, les emplâtres mercuriels, en couche épaisse, conviennent spécialement et, dans quelques cas, comme dans \os syphilides tuberculeuses lupoides de la face, on peut, par des applications de nitrate acide de mercure, convenablement faites et surveillées, obtenir des résultats extraordinaires de rapidité et de précision.

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III. — Pour toutes les lésions érosives humides, muqueuses, les lavages mercuriels faibles, iodés et iodurés, les gargarismes, les pulvérisations, les poudres bismuthiques et iodoformées, bismuthiques et mercurielles, l’asepsie et la propreté locale minutieuse, suflisent le plus ordinairement; on insistera en particulier sur ces dernières recommandations, toutes les fois où \esexc7'eta, l’urine, les fèces, etc., entreront en contact avec les lésions syphilitiques.

La cavité buccale réclame des mesures de prophylaxie et de traitement local spécial; le tabac, l’alcool, les aliments épicés ou crus, les irritants de tout ordre doivent être proscrits; la dentition mise en bon | état et, pendant toute la durée du traitement mercuriel, les gencives doivent être, plusieurs fois par jour, frictionnées à l’aide du doigt ou d’une brosse très douce, garnie d’une poudre impalpable, composée de parties égales de charbon de peuplier, de quinquina et de chlorate de potasse.

Il y a là toute une série de soins indispensables dont la nécessité pj s’impose, mais que le médecin ne sait généralement pas conseiller, ou ‘ néglige de prescrire.

IV. — Pour les lésions érosives, qui ne cèdent pas à ces moyens dans

MYGOSIS FONGOIDE

QUARANTE-SEPTIÈME LEÇON

Jlycosis fongoïde (Frambœsia). — Lymphodei'mie pernicieuse.

Sarcomalose de la peau.

MYGOSIS FONGOÏDE (ALIBERï)

Le terme granulome fongoïde (Auspilz) est la de'nomination aujourd’hui usitée pour désigner une des formes morbides de la peau encore inexpliquée sous beaucoup de rapports; forme commençant par des lésions à peine perceptibles, eczématiformes, et accompagnées d’un violent prurit, lesquelles, après un laps de temps plus ou moins long, se transforment en infiltrats plats et en infiltrats tubéreux, plus tard en tumeurs très étendues, fongueuses, ulcérées et papillaires; en général, la maladie se termine par le marasme et la mort.

' Le nom de mycosis fongoïde a été donné à cette affection par libert, qui a décrit et représenté (183a) sous ce titre un cas de tumeur

Suite de la note des Traducteurs sur le traitement externe des syphilides.

^es délais rapides, les cautérisations superficielles, mais réitérées, avec e crayon de nitrate d'argent, blanc, mitigé, doivent être mises en action vec la plus grande exactitude. Dans quelques cas de plaques rebelles e la peau ou des muqueuses, végétantes, diplithéroïdes, le nitrate d’arent est insuffisant, et l’on arrive promptement à la répression, à l’aide ’applications convenablement faites et surveillées, de nitrate acide de 'mercure. La douleur est très vive, mais elle peut être ti'ès atténuée par ^es imprégnations préalables de solutions fortes de cocaïne.

1 V. — Dans toutes les syphilides ulcéreuses, idcératives, ulcérantes, érébrnntes, etc., localisées, le nitrate acide de mercure, sur la peau ou ans les cavités, est le caustique spécifique; mais il faut, de la part du édecin, la notion du mode d’action énergique de ce caustique et l’apirentissage de son application. — Dans toutes celles qui, primitivement U secondairement, en sont à la période de l'éparation, le nitrate d’ar- ;cnt suffit amplement.

Dans les formes ulcéreuses généralisées de la syphilis secondaire .nomale ou maligne, le bain prolongé, les poudres au bismuth addiionné de 1 p. 100 de calomel ou d’iodoforme et de 1 à 5 p. de salol, la aze iodoforinée, conviennent particulièrement.

Ernest Besnier. — A. Doyon.

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spéciale de la face, sans cependant la distinguer comme un processus morbide particulier et notamment des deux autres variétés de mycosis indiquées comme syphilitiques (M, frambœsioïde et M. syphiloïde) (1). La conception d’un processus morbide spécial et symptomatiquement bien limité ne fut donnée qu’après 1860, au mycosis fongoïde.

(1; La maladie dénommée, en 1835, par Aubert « Mycosis fongoïde », avait déjà été décrite par lui en décembre 1812, sous le nom de « Pian fungo'ide », Frambœsia mycoides, et figurée dans la neuvième livraison de l’ouvrage grand in-folio qui porte le millésime de 1806-1827, et qui a pour titre : Description des maladies de la peau, observées à l'hôpital Saint-Louis , et exposition des rneilleures méthodes de les guérir, p. 157, et pl. XXXVI. C'est encore le titre de « Pian fungoïde » que l’on trouve dans les deux éditions petit zn-8 du Précis théoi'ique et pratique sur les maladies de la peau, 2® édit., 1822, p. 126. Le terme pléonastique de « Mycosis fongoïde » n’apparaît que dans le Tome 11 de la Monographie des dennatoses, gr. in-8, Paris, 1835, p. 413, et dans l’édition m-4, de la même année, p. 594, pour spécifier la seconde espèce du Mqcosis, genre créé, le second de la classe des dermatoses véroleuses, laquelle comprenait les mycosis fram boisé, fongoïde, syphiloïde.

A part les titres, et quelques variantes dans les mots ou dans la rédaction, la publication de 1812 contient tout ce que l’on trouve dans les reproductions ultérieures : voici les termes propres dans lesquels a été fondée l'espèce Mycosis fongoïde :

« B. Le mycosis fongoïde {mycosU fungoïdes). Je ne puis manquer de fonder cette espèce, que j’ai longtemps observée, quoique ce fnt toujours chez le même individu. Elle se manifeste sur une ou plusieurs parties du corps, par des tumeurs fongueuses, ovales, qui naissent et se développent successi-^| vement sur le visage, sur les membres thoraciques et abdominaux. Ces' tumeurs, dont le tissu a beaucoup d’analogie avec celui des champignons, ‘ après avoir pris de l’accroissement, s’ouvrent comme des fruits putréfiés, etl laissent échapper une matière ichoreuse, souvent puriforme, d’une odeur j repoussante... » 'j

Alibert n’a pas spécifié que les éruptions qui précèdent le mycosis fongoïde faisaient partie intégrante de la maladie, mais il n’a pas omis de rapporleb, dans l’observation de l’unique malade qu’il ait observé, le nommé Lucas, que la maladie « débuta par une éruption furfuracée qui' n'offrit d'abord aucun symptôme alarmant ». 11 a nettement signalé, aussi, le phénomène très remarquable de la conservation prolongée de la santé générale ; « On n’est pas moins surpris que cette maladie ail, duré cinq années sans empêcher Lucas de vaquer aux exercices de sonj, état, car il était employé à l’administration des eaux et forêts. » Enfin,: il y a lieu encore de constater qu’il avait reconnu le caractère de mali-^ gnité àc, la maladie. 1

Un dernier mot : Alibert a, il est vrai, décrit le mycosis parmi lesjj maladies « véroleuses » mais il ne les assimilait pas à la syphilis, il les comparait : « mycosis syphiloïûJe » et non sypbilïu'ÿiu?.

MYCOSIS FONGOÏDE 615

en premier lieu par les travaux fondamentaux de Bazin (1862-1873), de Gillot et Ranvier (1).

C’est en France aussi que furent publiées la plupart des observations ultérieures des cas de cette maladie et des travaux qui traitaient de ce

(1) Bien que la part d’Alibert soit un peu moins petite que ne l’a faite le professeur Kaposi, il est à reconnaître que sa description, enchevêtrée dans une série confuse de maladies mal définies, et pour la plupart exotiques, resta sans résultat effectif; les affections qui gravitent aujourd’hui autour du type qu’il a créé demeurèrent confondues avec des maladies diverses : si/philUiques, carcinomateuses communes, exotiques, avec des variétés de lèpre; avec les « molluscum », plus souvent encore, parmi les cachexies, et les cas extraordinaires de lichen, de pityriasis, ou d'eczéma pernicieux et malins — ou entièrement méconnues et innommées.

Dès l’année 1831, beaucoup plus tôt que cela n’est indiqué dans le texte courant, Bazin avait reconnu la maladie observée par Alibert sur le nommé Lucas, et U l’avait figurée et dénommée <à nouveau, « mycosis fongo’ide; » chaque année, il en faisait l’objet(de quelques-unes de ses leçons, ou de quelques-uns de ses entretiens cliniques, et il lui a donné place en 1862 dans le volume composite et très riche qui a pour titre : Leçons théor. et clin. s. les aff. eut. artificielles, Paris, 1862, p. 372. Sans dissimuler les inconnues de la question, il reconnaît qu’il y a là une maladie spéciale dont toutes les formes ne sont pas dégagées, la « Diathèse fongo'idlque » ; mais il y englobe, de la façon la plus inattendue, deux autres maladies : le fongus acnéique ; les tumeurs érectiles.

En fait, à cette époque où Bazin avait vu trois cas de mycosis, y compris l’observation de Nicolas Herbette — si remarquable par la régression des tumeurs — il avait reconnu définitivement que le cas d’Alibert, constituait bien une espèce morbide individualisée, distincte du « cancer ».

Pendant le même temps, Hardy, frappé surtout par les phénomènes eczématiques ou lichénoïdes de la maladie, la considérait comme une « dartre dégénérée », et la décrivait sous le nom de Lichen hypertrophique — Leç. s. les aff. eut. dart. professées à l’hôp. Saint- Louis en 1861, réd. p. Pihan-Dufeillay, p. 92. — Nous verrons tout à l’heure que, tout en abandonnant la dénomination, ce maître éminent a conservé, en réalité, son opinion première.

En 1863, se place le mémoire de Guérard, élève de Bazin, le rédacteur de ses leçons de 1862 — Du mycosis fongoide généralisé; des rapports qu'offre cette affection avec V éléphantiasis des Grecs — dans lequel l’auteur rappelle deux observations nouvelles, et expose les idées de son maître qui avait tenté d’assimiler le mycosis à la lèpre, et l’avait appelé « lèpre indigène », bien qu’il se soit défendu plus tard d’avoir jamais conclu à l’identité.

En 1864, dans un livre de « mélanges » qui est un des plus remarquables de la dermatologie contemporaine — Klinische u. experiment. Mittheilungen a. d. Dermat. u. Syph., Erlangen, 1864, Kap. IV, p. 33-47 — Heinrich Kôbner, qui avait observé à l’hôpital Saint-Louis, à Paris, les malades des services de Bazin et de Hardy, relate le premier examen

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